L’ART DU JAPON
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Ouvrage publié
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Commission impériale du Japon
à l’Exposition universelle de Paris, 1900,
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WORLD'S • FAIR • COLLECTION
HISTOIRE
DE
L’ART DU JAPON
Ouvrage publié
par la
Commission Impériale du Japon
à l’Exposition universelle de Paris, iqoo
PARIS
MAURICE DE BRUNOFF
IMPRIMEUR-ÉDITEUR
4, place Denfert, 4
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AVIS AUX LECTEURS
L’ouvrage < { u 1 vous est présenté, à l'occasion de l'Exposition universelle de
ijjmo, par la Commission impériale japonaise, renferme la première histoire digne de
ce nom (pie nous ayons écrite de* notre art. Elle le prend à ses plus lointaines
origines; elle le sml, de période en période, jusqu’il 1ère actuelle de Meiji. C'est un
travail de bonne foi, dominé par un esprit de critique rigoureux et un souci d’exac¬
titude absolu. Puisse— t— il, par les lumières qu'il jette sur des points longtemps
obscurs, même pour nous, faciliter l'intelligence de notre art et le classement régulier
de scs richesses aux innombrables amis, connus ou inconnus, que le Japon possède
en Europe et en Amérique, et qui le suivent, depuis tant d'années, d'une curiosité,
mêlée de sympathie, si flatteuse!
Nous aurions voulu vous l'otfrir dès le début de la grande fête internationale
dont l’approche en a suscité chez nous la pensée. Dans ce pavillon japonais du
Trocadéro, où le gouvernement impérial a mis sous vos yeux tant de reliques d'un
passé si brillant et si noble, il vous eût servi de guide. 11 eût offert aux visiteurs
éclairés que vous fûtes la désignation et le commentaire analytique de chaque pièce.
Nous n'avons pu réaliser en temps voulu ce grand effort. C'est pour la clôture de
l'Exposition qu’il s'achève. J’ai confiance qu'il n’en sera pas moins favorablement
accueilli.
L'établissement des textes avait été confiée à la Direction des Musées impériaux.
Mais le travail était à peine commencé que le principal rédacteur M. Foukoutchi, et ses
VI
AVIS AUX LECTEURS
collaborateurs, se trouvèrent aux prises avec des difficultés <|u ils u avaient pas soup¬
çonnées. On s’occupa tout d’abord de dresser la liste des œuvres à citer. Cette liste
établie, non sans peine, il fallut procéder, pour chaque œuvre, a la vérification de
l’authenticité et de la date, confronter avec les archives du musée, avec 1rs archives
des temples, les traditions qui constituaient souvent tous les titres de tel ou tel
monument.
On imagine le temps que durèrent toutes ces recherches et la peinr. par
surcroît, qu elles coûtèrent. C’était le plus pénible, sau> doute, de la lâche assumée
par les rédacteurs, mais il leur restait, l’état civil de chaque pièce constitué*, un lra\ail
encore formidable. Aucune photographie des monuments à îvpnx luire n’existait. Ce
fut une interminable série de pèlerinages entrepris, sur tous les points du Japon, par
les missionnaires officiels chargés de recueillir, chez les particuliers, dans 1 * s l.-mplrs,
la matière d’une illustration abondante, variée et probante. I in f rt* temps, on s'oenip.uf
a lokio de rassembler en un texte définitif la documentation énorme réuni'*.
L’ouvrage enfin terminé, il s’agil de le traduire, et les difficultés. I.i rucoic.
furent nombreuses. De tous les dictionnaires publiés jusqu à ce jour, aucun ne
renfermait les termes techniques usités dans chaque branche de l'art. Il fallait au
tiaducteui une connaissance approfondie, non seulement de notre langue, mais de mi>
industries artistiques, envisagées au point de vue du métier. Avant même de se
mettre au travail, il lui était indispensable de créer son vocabulaire de Imites pièces,
et la tâche était lourde, même pour un japonisant de première force. M. I remplois
s’est montré à la hauteur de cette tâche. En s’en ae.piilla.il comme il sen est
acquitte, avec une fidélité incroyable, avec un souci d’exactitude poussé jusqu'aux
dernières limites du scrupule, il n’a pas seulement mérité notre reconnaissance; il a
rendu un inoubliable service à tous ceux que tentera désormais, en Europe, IVlu.le
de notre langue.
M«is le temps avait manqué à 51. Trou,, . s pour achever, comme il | „,„ail
vottla, sou travail. La traduction lillérale une foi, faite, il . . . . .
la récrire eu au, langue d'uu tour plu, aisé . . . m,,.,.. I.'oblig . . . . . .
»o, urnes vus, pour paralire à date fixe, ,1e faire . muer « ,„,tre .
eulevé les moyens. M. Thiébaull-Sisson, criiirpt. d'art du T, . fi,'. .
charger du travail de la mise en forme. Le concours uu’il nous i
I '11 Ilü,,s <i jirele lui pi,eci(*ux.
iXous lui en adressons tous nos remerciements.
Passons à l’ouvrage en lui-même.
AVIS AUX LECTEURS
YII
On y a respecté, autant < j \ 1 7 1 1 s’est pu faire, les textes anciens utilisés par les
différents rédacteurs. Les indications détaillées fournies par des écrits antérieurs ou
contenues dans des pièces d’archives ont été religieusement conservées et encadrées,
pour lin donner plus d’autorité, dans l’ouvrage. 11 se présente, par suite, sous l’aspect
moins <1 un livre à lendances personnelles que d’un recueil de documents. Nos lecteurs
apprécieront certainement le caractère d’exacte vérité qui lui a été imprimé par ce
procédé de composition cl de travail. Ils n’apprécieront pas moins les renseignements
inédits qu'ils trouveront dans toutes les parties de notre livre, dans la première en
particulier, relative à l'enfance de notre art.
Bien de j » 1 us curieux, en effet, que la spontanéité avec laquelle notre tempé¬
rament national s’esl révélé, en art, dès le début. Quelque influence qu’aient exercée
sur nous les Coréens, les Chinois, les H indous, jamais nous n'avons pu nous défendre
de marquer d'un caractère de race et d'une physionomie personnelle même les œuvres
imitées ou copiées de nos initiateurs et de nos maîtres, fout en empruntant aux
Chinois leurs procédés d’exécution, les premiers de nos peintres ont différé des
Chinois par le slvle. On reconnaît leurs travaux à la souplesse des lignes, à la
douceur des tons par lesquels ils ont remplacé la froideur des traits et la lourdeur
des colorations qui déparent tant d'œuvres chinoises.
1 >(» même pour la sculpture bouddhique.
Après avoir commencé par la copie pure et simple des Bouddhas apportés par
1rs Coréens, elle s’est dégagée rapidement de l'imitation littérale. La sévérité du modèle
coréen disparaît sous la grâce nerveuse des formes; à l’uniformité du type primitif
succède une variété extraordinaire de modèles engendrée par l’observation de la nature.
Le sentiment religieux s'exprime, sous la main de nos sculpteurs, non, comme chez
les Hindous, par des images abstraites, mais par des attitudes qui vivent et des
physionomies qui respirent. En sculpture, en un mot, comme en peinture, les figures
bouddhiques du Japon ne ressemblent en rien à celles que ses voisins ont créées.
Même les divinités (pii appartiennent au bouddhisme du Sud, et qui paraissent
avoir une même origine que les divinités enfantées par l’art klimer ou par l’art java¬
nais, s’écartent du type initial dès qu’elles sont introduites au Japon. Nos artistes
leur donnent aussitôt une dignité d’attitude qu’on ne rencontre ni au Cambodge ni
dans la Malaisie. S'agit-il de sujets empruntés au bouddhisme du Nord, de motifs
provenant de la même source (pie ceux du Thibet et de la Mongolie ? Même consta¬
tation. Les transcriptions qu’en exécutent nos sculpteurs sont plus calmes, et le carac-
VIII
AVIS AUX LECTEURS
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1ère en est moins fantaisiste. An mouvement agité des I levas rl des I Hiarmapalas
qu’on importe chez nous, ils substituent une expression de torce rl de puissance dont
le caractère est manifestement japonais.
Jetez les veux sur l'architecture : elle diffère essentiellement par son ^ I \ I « • des
C' I I
modèles étrangers qui lui ont servi de point de départ. Elle répudie les toitures trop
relevées des Chinois; elle répugne à la confusion des motifs e! à la juxtaposition
des charpentes inutiles; elle fait choix de matériaux logiquement ordonnés; clic s.*
propose avant tout les combinaisons harmonieuses de lignes. — et c’est pourquoi
1 architecture japonaise de belle époque, loin de fatiguer l\nl. le repose et satisf.ul
l’esprit par là même. L’extérieur de nos temples, toujours simple. iToltVe ni l’exubé¬
rance de relief sous laquelle l’ossature des monuments indiens disparaît, ni les n<>l
de couleur trop vives dont s’égayent les pagodes chinoises. D'instinct, nos constrih lin
ont de la tenue.
Partout, d’ailleurs, saute aux yeux ce même caractère, ce goût de sobriété qui
s’affirme dans les œuvres de nos architectes. Quel que soit le genre qu'ils traitent.
nos artistes anciens ne se complaisent jamais aux décors par trop éclatants. IU
préfèrent la simplicité à la complication, la légèreté à la lourdeur, les mol ils isolés
aux ornements qui tourmentent la surface. Le coffre «le la«pie «le la cullecli.m impérial-
est un exemple frappant. Sur un fond noir aminé, Larliste a incrusté des i n «•« I. ■ « 1 1 . . « « -
en nacre dont le motif est fourni par l’oiseau hô-ù. Le médaillon lui-même n'esl p.,.,
entièrement fait en nacre. Le dessin «lu motif s’y accuse sur le, noirs «lu fond.
L’effet décoratif n’en est pourtant pas moins puissant «p,e sur un numide oriental
entièrement revêtu de nacre.
On snil que le laque est un art . . la gloire ravi . . . .
Cesl eu même temps ,1e tous no, ads . . . la variélé la ,, ,,
radicipe Je tous le, ad» à la fois. Il comporte . si |,i„„ . i, .
que le revêtement le plus magnifique «I le . riche. Tel ol.je, es, à . . . . w
aulre esl couvert d'or. On « inventé pour celle forme d'ar . . . . ,,,.
nuances e. Je ion, dor. L'arliste „> est astreint qu'au, règles liages . - |„i.„„'. .
A cote Je ce morceau d'une extrême finesse on trouve des dessin, J, |', . ,
**" la"ge' 'Ci' ‘e P'”*" " . . » i, »a verve cl à sa . sic" là
modal, on est bornée à des formes purement géométrique».
Notons encore eeei. L'art japonais u'e.vclut nullement la svméirie. . . e,,,,,,
. . . '» : on la respeele. . . . J Ces . . .
AVIS AUX LECTEURS
IX
dans 1rs pièces de pur agrément on remplace la symétrie, s'il y a lieu, par des pen¬
dants don! les elfets opposés se balancent. On obtient ainsi l’équilibre.
11 es! su péril u d’en dire plus. Je n’ai pas à faire ici une étude analytique
de nos ai ls. Des renseignements nus à la portée de nos lecteurs futurs par ce livre,
des documents qu’ils y trouveront reproduits, ils tireront d’eux-mêmes la morale.
Ils saisiront à merveille l’intérêt spécial qui s’attache à toutes les branches d’art
dans lesquelles nous nous sommes exercés, la céramique, le bronze, le bois, les
métaux, la ciselure, l'incrustation, la soie, la broderie, les gravures, les estampes.
Ce qu'il me suffit, à moi, d'indiquer, c’est la conclusion bien nette qui se dégage
de l’élude de ces formes d ai l et des particularités par lesquelles chacune se
signale : tout y esl japonais.
Caris, oc loi) ri' i<jo >.
I A 1>AM A S A. HAYASHI,
Commissaire général cl ci Japon à I Imposition universelle de 1900.
PRÉFACE
Il n'esl pas inutile, pour présenter cel ouvrage, de définir en quelques mots
notre Empire.
( '/est un admirable pays où le poétique et le pittoresque se combinent dans une
mesure parfaite, où la terre ef l'eau, avec un rare bonheur, se marient, et que pare
une verdure luxuriante émaillée des Ileurs les plus belles. Le climat en esl vivifiant
et sain dans tonies les saisons. Au printemps, le chant des oiseaux emplit l'air d'une
douce mélodie, et les insectes y foui bruire, en automne, la joyeuse musique de leurs
ailes. Le relief mouvementé des terrains présente partout des aspects d'une diversité
infinie. Dans les massifs montagneux qui le recouvrent, des rochers gigantesques,
au-dessus des précipices, dressent leurs murailles à pic. et leurs sommets se découpent
sur le ciel en silhouettes inégales d'un charme incomparable. A la beauté des formes,
joignez le contraste magique des couleurs. Au sable des vallées, d'un blanc de neige,
opposez l'harmonie vert et rouge des forêts, riches en pins, qui garnissent le liane
rugueux des montagnes, et vous aurez quelque idée du tableau qui le plus commu¬
nément frappe nos veux.
Ce paysage fait à souhait pour le rêve, c'est celui qui caractérise notre Empire.
Kl nous qui naissons sur ce sol, nous qui formons le peuple étroitement uni de cet
Empire, nous en goûtons les beautés naturelles avec une joie incessamment renouvelée,
car on peut dire en vérité (pie le Japon est comme le parc public le plus pittoresque
et le plus varié de F univers.
XII
PRKl'ACK
Nous ne nous enorgueillissons pas seulement des beautés de noire sol ; nous
nous vantons également des beautés <|ui se manifeslenl avec tant d’éelal dans notre
histoire et dans notre art.
En regard, en effet, du Japon voyez la Chine el l'Inde. Ce sont les plus v ieux
empires de la terre. Quelle impression pourtant nous laissent-ils? A les considérer
dans leur état actuel, une mélancolie profonde nous pénètre. Jadis ils . .nt alleml I un
et l’autre au de «ré de prospérité le plus haut, et leur civilisation lui étrangement
raffinée, mais cette splendeur ancienne ne s'atteste aujourd'hui que dans d.-s rmiu-s,
et rien 11V subsiste à présent qui puisse se comparer à l'ellm l énergique et s.nil. ini d<
notre race. Dès longtemps notre peuple a connu la hienfaisantr et prolerh h <• ,nI1u<id<
d'une suite d'empereurs vénérés, soucieux de son développement. d< n I » i . n— * 1 1
Sous une administration paternelle, il mène depuis trois siècles nie* vie pai-ahb <■!
heureuse. 11 s'efforce enlin, à cette heure, de répandre ^a gloire au d<lnu> *1 d « n
propager par tous les pays le renom, (/en est assez pour prouver i |i i « • smi ln>l<ei. .
digne d'admiration comme d'étude, est féconde autant que son sol eu h ml. s.
Il n'en est de même ni en Chine ni aux Indes. Là, les guerres sont m - s. pr. ><pi
toutes, d'un choc entre races opposées, quoique vivant dans le un me I mpir<- — et
ces luttes ne se sont presque jamais terminées pur de simples < Iuiiil mmU d< dvn. -I:
Toute guerre intérieure, toute révolution entraînait en Chine comme iu\ Indes |.,
destruction complète des œuvres d'art soigneusement créées, amoureusement < .u -
pendant la période antérieure. 11 ne restait ainsi de tous les éléments de beauté r« unis
par une génération, des témoignages passionnés de son goût, des ell'orls accumulés d.
son talent et de son énergie que d'insaisissables vestiges. Il s'ensuit qu'à l'heure actuelle
tous les arts qui, pendant des mdliers d'années, lleurirent là sont rentrés aujourd'hui d.uis
le néant. De ses productions d'autrefois, le sol natal n'a gardé — quand il en a -ai dé
que des fragments. Les spécimens les plus complets qui en subsistent ont passé, de
siecle en siecle, en nos mains. Dépositaires maintenant de ces richesses, trop peu
nombreuses à coup sûr, mais sans prix, nous les conservons pieusement, comme .les
relkp.es. Les foyers d’art d’où ces étincelles ont jailli se sont éteints, mais à . . lover.
toujours chaud, nous entretenons ces étincelles toujours vives - et . . s lirons de
cela aussi quelque orgueil.
Ce fut sous les dynasties de /oui et de r|
I1 '
O
qut nous entraînes pour la première
fois en rapports avec la Chine, et après le règne particulièrement prospère d’Asoka
avec l’Inde. Des relations plus fréquentes, plus intimes, s’établirent ensuite, el ceux
PRÉFACE
XIII
d’entre nous qui visitèrent dès lors ces pays, soit dans un but d’étude générale, soit
pour s’instruire plus à fond des doctrines religieuses, en rapportèrent successivement les
merveilles, réalisées par des artistes chinois ou indous, qui ont éveillé notre art et que
nous entourons encore aujourd'hui, dans nos temples ainsi que dans nos musées, d’une
admiration si respectueuse et si humble.
11 serait superflu, dans la Chine et dans l’Inde de nos jours, de chercher l’équi¬
valent de ces merveilles. C’est chez nous seulement, grâce à elles, qu’on peut se livrer
à l’étude de ces formes d’art disparues. C’est au Japon uniquement que l’érudit peut
trouver des matériaux suffisants pour reconstituer les caractères généraux de l’œuvre
d’art, telle (pie la Chine et l’Inde l’ont comprise en ces temps mal connus et lointains.
A Shoeoïn, à Xara, à Koyasan dans la province de Kii, à Toji et à Daïgoji, à
Kyoto et dans d’autres temples célèbres, vous découvrirez, admirablement conservés,
presque tous ces chefs-d’muvre dont la perfection et la noblesse nous ravissent. De
tout -temps, le Japon les a estimés à leur prix. En eux, il a vu les modèles les plus
propres à développer son art et à rendre le goût de ses artistes plus subtil. Par eux,
nos arts du dessin se sont formés. Ils ont été, au début de notre histoire, nos vrais
maîtres. Sans entamer en rien le caractère particulier, national, des artistes qui ont
travaillé, depuis douze siècles et plus, à la constitution de notre patrimoine artistique,
ils ont guidé pendant de longues périodes leur effort, stimulé leur activité, soutenu
leur iréine naissant et leur zèle.
O
Nous avons en effet, en art, commencé par nous assimiler les formules, la
technique et le sentiment personnel des nations orientales. 'N ous retrouverez dans les
peintures murales du Rondo et de lïorvûji les mêmes tendances et le même style
que dans celles d’Ajunta aux Indes.
Les statues de Bouddha à ù akoushiji et dans d’autres vieux temples de Xara,
sont identiques d’expression à celles qui subsistent encore à Ryûmon et à Iketsou,
en Chine.
(Quantité, enfin, d’œuvres d’art d’une extrême variété, des écrits, des peintures,
des ustensiles de cérémonie et des intruments de musique, attestent encore à nos
yeux, par l’originale beauté de leurs formes, le goût d’art qui fut propre à ces races
dont les leçons, jadis, nous formèrent. La conservation de ces épaves uniques nous
permet, sans exagération, d’affirmer que notre Empire n’est pas seulement un parc
public du monde, mais aussi un trésor où tout ce qui reste de l’ancien art oriental
s’est gardé.
XIV
PRÉFACE
Et nous, ravi de demeurer dans ce parc public du momie, ravi d’y
employer notre vie à enrichir et à conserver intact ce trésor, nous avons . . .
qu’il était de notre devoir de mettre en valeur aux yeux .les nations les merveilles
commises à notre garde. C’est le plus sûr moyen pour nous d’exaller . gloire
nationale. Depuis l’établissement du Bureau des recherches des trésors artistiques
nationaux, nous nous sommes assidûment applique a un soigne ux . x.um n de s 1 1< le
que contiennent les différents temples de l'Empire. On en a fait une critique minu¬
tieuse, très sévère en ce qui concerne les noms et les dates, les tonnes et la qualil< .
scrupuleusement cxuctc clans le relevé des traditions historiques. I n Ici 1 1 . » \ . m I ,
toutes les garanties de sincérité <jii il présente, est laen tait, soiiildr-l-d. p<,,n 4 « • 1 1 ^ 1 1 1 u < i
une histoire complète de notre art et, par la, donner a ceux «pu le j»ral npe nt 'iipnii
d'hui le plus précieux des encouragements.
Nous étions donc déjà préparé, par nos recherches anterieures, a écrire d une |,n ..n
définitive l'histoire des évolutions successives de notre art. et I execution « n et. ut d* j t
commencée quand nous avons dû, à la requête de la Pnnumsxmn nnjtrnutr jnoir I I ■/><■-
sition internationale de Pari s, entreprendre le présent ouvrage, simple cmip d n d ur
révolution historique de notre art. Nos collections se composent, en elle!, d'un tr*q>
grand nombre de pièces et de natures, en réalité, trop diverses pour que d> plus amples
recherches et des études archéologiques plus poussées ne nous appar.usst ni p.is ..i iiii
absolument nécessaires désormais. L utilité, pour nous, s en impose, non srulene ni
au point de vue de 1 histoire détaillée des styles et des eeoles qu ils c;u\n l« ris' ut.
mais au point de vue de l'histoire générale. Il faut, pour qu'un ensemble de c l te
sorte soit complet, le fortifier par des recherches parallèles sur les coutumes et les
mœurs qui ont caractérisé la société de chaque époque.
Celte histoue complète, nous avons du, momentanément, renoncer a 1 écrire ;
mais l’exécution n’en aura été que de très peu retardée. Nous en élèverons d'année
en année les assises, avec des matériaux recueillis un à un, jusqu’au jour où le . . .
ment, dans toute son ampleur, sera dressé.
En même temps que l’encyclopédie des arts orientaux, il renfermera l’histoire
même de l’Orient. Trésor d’art du monde oriental, le Japon est le seul d . on puisse
attendre ce magistral ouvrage. Seul, il en a dans ses mains tous les éléments réunis.
Seul, il l’accomplira. Xi l’Inde, ni la Chine ne le sauraient.
Nous tenons, avant de terminer, à remercier publiquement les érudits actifs et
zélés qui ont collaboré à la préparation de ce volume. Le Musée Impérial de T.’.kio,
PREFACE
xv
ayant accepté la lâche que réclamait de lui la Commission de l’Exposition, le travail
de compilation Ail confié à M. Kakouzô Okakoura et le classement des matériaux,
le plan de l'ouvrage et la forme qu'il convenait de lui donner, lurent examinés et
arrêtés de concert avec lui.
Mais M. Okakoura était à peine en fonctions qu'il démissionna. M. Mataitci
houkoulci fui nommé à sa place, et on lui donna M. ^ osliio Ki comme adjoint. On
introduisit alors quelques changements dans la forme et le plan précédemment adoptés.
C'est grâce à l'activité incessante et aux efforts diligents de ces Messieurs que l’œuvre
a pu être achevée.
M. V mimanuel Tronquois a hien voulu se charger de la traduire. Les personnes
qui se sont donné la peine de fournir et de reviser les matériaux doivent être aussi
mentionnées. Ce sont MM. le 1) Mavori Kourokawa, N onékitci Miyaké, 1 ciùta
lté», ûsakou Imaïxoumi, Soughimoura Kosougm et Kem Saito. N'oublions pas enfin le
personnel du Musée Impérial, dont la collaboration a rendu de signalés services à
1 ouvrage. MM. Shiguénobou lliravama et Kanaï Koubota ont assumé le contrôle
c"» O b
général de tout ce qui avait Irait à la publication.
<Si plfiiibrc i S « |i j
1 5 ARON RIYUITCI KOUKI,
Directeur génétfal du Musée Impérial.
■
U I
Histoire de l’Art du Japon
INTRODUCTION
I
Treize siècles environ sont maintenant écoulés depuis que la fraîche Heur de l’art s’est
épanouie au .lapon. Au cours des temps, les Beaux-Arts ont eu chez nous leurs jours d’éclat et
< l'effacement ; car nulle création humaine ne saurait échapper aux vicissitudes. Mais jamais on
n’eut à déplorer leur dégradation absolue. Bette constatation est, pour celui qui retrace ici leur
histoire, lu source d une joie profonde.
Dans toute «eiivre de 1 art japonais, qu’elle relève de la peinture, de la sculpture ou de
l'architecture, il est impossible de méconnaître un caractère très particulier. Ce caractère, cette
originalité tiennent au terroir, à 1 ambiance, aux dons propres du peuple, à ses aspirations, comme
a scs institutions, à sa religion. Voilà donc les facteurs dont il nous faut d’abord étudier l'influence,
si nous voulons mais rendre compte de Dévolution des Beaux-Arts au Japon.
Notre archipel s allonge dans le Nord-Ouest de l’océan Pacifique en bordure de la cote Est du
continent d'Asie. Les cinq îles principales sont Ilokkaïdo Ezo , llonshvou Hondo', Shikokou, Ixyou-
shvou. Taïwan Kormose .
La [)lus grande d'entre elles, llonshvou, occupe à peu près le centre de la ligne et a toujours
été comme le foyer de la civilisation japonaise. L’archipel entier s’encadre entre les 2 1°, 45 et 5o°,56'
de latitude Nord et 1 iq°,2<> et 1 5(>V)2 de longitude Est du méridien de Paris. Sa direction générale
est du Sud-Ouest au Nord-Ouest. La forme, dans son ensemble, est celle d’un collier de pierres
précieuses, jeté obliquement, mince et allongé.
Comme le Japon s’étend sur un peu plus de 29 degrés de latitude, il pénètre, au Sud, dans la
zone tropicale cl, au Nord, il n’est distant du cercle polaire que d’un peu plus de i5 degrés. Deux
courants, l’un chaud, l’autre froid, suivent les cotes de l’archipel. Les vents alizés les balaient.
Enfin, dans l intérieur du Japon se dressent les deux grandes arêtes montagneuses qui
continuent les systèmes orographiques de Chine et de Saghalien, ainsi qu’une infinité de chaînes
secondaires, de sorte que le sol est des plus accidentés. Il résulte de toutes ces causes que les diffé-
)S Je climat no sont pas seulement sensibles aux extrémités Nord et Sud* mais que, mémo à I. ill¬
égale, la température varie notablement avec l'altitude. L’est pourquoi, sans parler de eelle> de
le tempérée, les productions des zones froide et torride prospèrent au -lapon. Les oiseaux ne nu ,
i s'élèvent à la surface, ont fondé*
nouvelles se sont développées. I.os m>* ■< l< <•!
ou s notre climat,
sont a 1 état de
rences
tude ég
la zone tempérée, les production
en se reposant de leurs traversées de l’océan Pacifique sur nos îles qui
quantité de colonies au sein desquelles des espèces nouvelles >e soi _ _
particulièrement les libellules, y sont d'une beauté remarquable. Mlles ont passe, soi
par des transformations curieuses. La tiédeur de l’air, influant sur leur vie quand « * I b * s
chrysalides, a modifié jusqu aux individus d une meme espèce et a produit de iu>mhi<'Us< - vue t.
inconnues ailleurs qu’au Japon.
Ce pays est donc, en vertu des facilités de vie et de croissance qu il offre, un (!»<)/- <m I
nature se montre sous les aspects les plus divers et les plus changeants. Lu pr- •>. ne. . 1 . • i l- -j ■ .
tacles, l’esprit de 1 homme s’éveille de lui-même, 1 imagination senruhil, Ls mq i ai-
plient. Aussi notre littérature et nos arts ont-ils montré une lendance à >•>< • up- r naan- .{. Il mi
que des aspects de la nature. Quelle preuve plus forte pourrait-on trouv-r d- Linllm *rn*e des condi¬
tions géographiques qui ont ainsi modelé le génie japonais 1
Donc, notre pays tient à la fois par son climat aux trois zones froid.*, t. mp i 1 1 |
extrêmes de froidure et de chaleur favorisent le développement d une natiir* p I • • 1 1 1 . • d- \ u u - ,
être assez intenses pour opprimer l’activité physique et intellectuelle «h- I honnir D ,i||. -, j, .
les deux extrémités du Sud et du Nord del hmpire subissent de grandes elnh in'- ai h ^ ? i n
Dans toutes les autres parties du Japon, la température est généralement d'une tiédeui agréable qui
laisse a 1 esprit et au corps toute leur vivacité.
Le sol est riche; la pluie tombe en quantité suffisante; 1 heureuse proportion «lu <*t J,
l’humide favorise remarquablement le développement des plantes et des animaux. Le ris, bas* J
l’alimentation nationale, vient si bien qu’un des noms du Japon est, depuis les am
Midzou ho no koumi, « Je pays du riz abondant ».
Dans les montagnes, l’or, l’argent, le cuivre, le fer, le charl . . et bien d’autres . .
se trouvent en abondance. Dans les mers, nne foule de poissons et de coquilln . „fl
pécheurs. Los ressources naturelles suffisent largement aux besoins primord
généralement se procurer sans difficulté la nourriture et le vête . . san- être de - _ _ ,
1 étranger.
Les animaux féroces, les serpente venimeux sont très rares. Quant aux eataelyami
tels que les tremblements de terre, . . subit bien de temps eu tempe qui sont assez violente m -
ces exceptionnellement q„ ,ls se . . assez étendus pour frapper plusieurs provi. . set produit,
beaucoup d effet <feetruet.Br. lia, ad • pu I™ d. . •« . |,,i..,..r . . „j
^ ° .rj . . . . * . . . » . . . « h r! . . pi»
courts mojens de communication et un,, ceinture protectrice Vus , nnl , i
infliger la honte d une invasion armée et d’une conquête ‘ ' ' . . . ' .
G est ainsi que sous un climat heureux et «m- ,,,, i , • ,
s’accroissent encore de celles que fournit . . la vie est faciteTk pZpérité
choses de l'esprit P On voit ^one nue ' I ^ . . .
les plus favorables au développement Z uZITiZ IZ . T"' Z . . . . . .
une propension naturelle à manifester ses dons. ’ ' ’ "" *' '"'"I'1"
1 ar sa situation et son économie 0-éoo.ranhimioc
Les sites remarquables y abondent C’esH' " ' i ■ ™ '“sl r"'lie 0,1 l»<-aul.-s nnlurellcs.
faveurs du ciel ,,, v la’ avec la P“'«wnto vitalité. .
laveurs du ciel que 1 univers entier lui
pii s y mon ( re, Lune des deux
1 uinvtjis entier lui reconnaît i r. *
est particulièrement dévelonné Toc lu •. ,* ' ’ a*>0n ‘‘sl 11,1 arc^q>el dont h* contour côtier
PP L*S d“ro"*. '« paomontoirs, l«„ golf» . . j, ,
à chaque pas. Partout s’offrent aux yeux des îlots semés çà et là. Cet ensemble de conditions con¬
tribue à créer des sites admirables ; si bien qu’on peut dire que le Japon réunit au suprême degré
toutes les beautés du paysage insulaire. D’autre part, le Kouroshiwo et ses branches, ces courants
marins chauds et Froids Font circuler les eaux du grand Océan, activent également leur évaporation
cl se rencontrent entre eux. Les vents de l’Ouest et du Nord, qui viennent du continent, déchirent
les vapeurs de la mer du Japon, tandis que ceux de l’Est et du Sud, qui arrivent de l’humide océan
Indien, se heurtent a notre haute arête montagneuse centrale. Tous les magnifiques phénomènes
qui accompagnent la condensation des vapeurs s observent donc au Japon en grand nombre,
brouillards, bruines, gelées blanches, pluies des quatre saisons, comment pourrait-on les énumérer
tous ?
La Forte proportion de vapeur d’eau que contient notre atmosphère donne à la végétation une
couleur puissant»». C’est cette humidité qui délite les roches et les pierres, dont les effritements,
culmines par les pluies d'été, dénudent les escarpements de l’ossature montagneuse, les rendent plus
sauvages, et font plus grandioses encore les perspectives que la nature a créées chez nous de toutes
pièces.
Tout es ccs roches ét ant d une constit ution dure, donnent de la solidité au sol, laissent filtrer
des ruisseaux qui vont Fertiliser la terre meuble. Sur ces roches désagrégées par les eaux courantes,
débarrassées des éléments su perdus, des forêts de pins se groupent dans les endroits plans.
Enfin, les [liions d’origine volcanique sont tous des montagnes remarquables de notre
pays. Leurs rochers déchiquetés et tourmentés, leurs sommets en aiguille arrondie constituent
une beauté caractéristique d d'un aspect imposant, foutes ces montagnes volcaniques, par suite
du climat pluvieux <*t humide, produisent des arbres de haute futaie et des fourrés d’arbustes.
Sur nue de ces montagnes, on a observé yo familles et 100 espèces végétales; souvent la grâce
îles arbres \ est rehaussée par les lianes folles qui les entourent. Les cratères, qui autrefois
vomissaient du feu et de la fumée, sont maintenant remplis par des lacs aux ondes miroitantes,
qui se déversent par des ruisseaux tantôt apparaissant et tantôt se cachant dans les gorges. Ces
lacs et ces ruisseaux présentent ainsi des beautés merveilleuses.
Entre tous, le I ouji vnma est le jirototvpe des montagnes de l’Empire, ce que la conception
des dieux et le travail des génies a Fait de mieux. Il est universellement admiré; et son admirable
silhouette affermit l'idée de la puissance divine autant qu’elle entretient 1 amour pour une patrie
douée de telles merveilles, et qu'elle inspire le sentiment poétique, don du ciel. Cette montagne a
produit nue impression ineffaçable au cœur du Japon tout entier.
Notre Me principale étant resserrée dans des limites étroites, les chaînes de partage des
eaux \ sont très nettes, mais ou ne découvre ni monts très hauts ni grands fleuves. Le Fouji yama
lui-même ne dépasse pas 3 y >o mètres. Les cours d eau ont les caractères des gaves.
Depuis l'antiquité, les peintres japonais ont représenté des paysages de rochers étranges et
escarpés. Ils ont été frappés par les sites qu’ils ont vus dans notre pays, en même temps qu’ils
reproduisaient des formes prises aux soies peintes de Chine.
l ue particularité caractéristique du Japon, c’est qu’il est essentiellement pittoresque. La
nature présente aux peintres une foule de tableaux tout composés.
Si notre peuple est généralement cultivé et doué d'un profond sentiment du beau, ce n’est
donc pas sans cause.
4
I 1
Dons naturels des Japonais. — Leur goût pour les J rts.
Environné de cette beauté naturelle, placé dans des conditions favorables d divine et de
conservation vitale, élevé dans un terroir et sous un climat propices au développement de In civilt
le peuple qui a créé la culture intellectuelle et fondé l'art au Japon s appelle la I. .mille 4 amalo
Le caractère de cette famille est différent de celui .les aulr. s, soit par hérédité, -ut pal «ml.
des influences de terroir, et bien qu’elle se soit mélangée avec les antres, elle* à sa « te. di puis plus
de deux mille ans, une dynastie ininterrompue, de génération en génération. Elle est abori-. ne.
et aussi loin qu’on remonte dans les âges, on retrouve cotte race ;mt njin*.
Elle fut le noyau de la civilisation do l’Empire, et «-elle rivilisnlinii a | •* — d* il. - i
merveilleuses de littérature et d’art. Pour conduire à la . . préhension des arts .In Japon, je \ .< i-
examiner quelques points du caractère qui leur est particulier.
i° Les Japonais s’enorgueillissent de leur loyalisme envers I Empereur * > «b* Lui n 1
la patrie. En effet, notre maison impériale est la descendance du fondateur de I htnpin \ussi est elle
l’objet d’une vénération sans égale et d’un dévouement inaltérable. I .<• _■ i.e- ! > • r i . I . t • ; i r .1.
Empire a posé les bases solides et durables du bonheur du peuph-. \u-m • ^t il. } • u r . . n. f ■
adoré et vénéré; et sa descendance est regardée comme la première famille du p. upl< j e
source de tous bienfaits et de tout prestige. L’est là la cause de I amour d » • luii*», -t. ; ! . t p. fit
pour la patrie qu’autrefois l'ancètre divin a daigné fonder, et que >.■» descendants «uit _ a\ m. .
jusqu’à ce jour, grande famille de l’Empereur actuel.
2° L’amour de la propreté et de la netteté est une vertu japonais.- le r- dilair. 1 p. ni.,i
de même que l'honnêteté, la moralité, l'intégrité, Ces vertus ont dominé les impur- d- • (
ont imprimé un cachet particulier aux usages, à l'étiquette, au vêlement, à la noumtiir. I I, j,
tation. En tout ce qu’on fait les Japonais se retrouve l'idéal de propreté- H d- pur. t. qui - t I- |. . -
en toutes choses.
3° Les Japonais, tout en étant aimables et comtois, ne manquent ni d « • 1 1 e i — i . m d hune ur
vaillante. Jamais, au cours de l'histoire, ils n’ont subi l'injure d'une invasion de l'ennemi . I i d. me. m
et la facilité de vie que leur offre la nature leur ont assuré un sort prospère d heureux, i ,.s| I.,.
doute, la cause qui a donné à leur caractère des habitudes avenantes et ««Tneien<o*
Cependant, notre pays est appelé le pays de /\wcts/u/>ol’o I rln tnrou , e esl-à dire de I . \p.
rience complète des armes. Depuis l’antiquité, les arts militaires \ sont en honneur. |. amabdilè- et
la douceur ne sont jamais devenues lâcheté ni mollesse. De même l'énergie eombat I iv«- n'est j;l,n..i~
devenue grossièreté ni barbarie. Cet équilibre des qualités tient sons doute au mutuel roi.irepuid*
que se sont opposé les propensions naturelles des habitants. Nous et les Chinois, nous appelons le
Japon « 1 île lortunée née des flots de joie » ou encore « le pays d’abondance ». C'est que la nature
humaine y est aussi heureusement douée .pie le sol et le climat, et <*YS| que tout \ est
harmonieux.
4° La méthode d observation et de perception des Japonais est svntliéliqne. Cola doit tenir
pour une grande partie aux habitudes d’esprit données par l’adoption des croyances bouddhiste H
tadiste. L esprit japonais, ainsi entraîné, excelle à la perception complète et instantanée des idc
Il se plaît moins à l’analyse, à la décomposition minutieuse des idées (t des faits eu éléinc
t‘S.
lits
.)
successivement examinés. L’esprit synthétique s’est manifesté brillamment dans la littérature et
dans l’art.
V* Dés l’origine, la sensibilité et l’intelligence des Japonais ont été, en général, très aiguisées.
Ils ont toujours montré un très profond sentiment des beautés de la nature. Enthousiastes, il se sont
livrés avec ardeur au développement de leurs dons innés. Aussi leur activité intellectuelle, toujours
florissante, a-t-elle gardé un caractère alerte et pénétrant.
C>" Liiez les Japonais, l’imagination est fertile. Des qu’ils ont reçu de l’extérieur une notion,
une excitation intellectuelle, il se fait chez eux un travail personnel qui transforme cette notion, cette
excitation, la transpose, I harmonise, et lui imprime un caractère intense d’originalité. La fantaisie
d une riche imaginai ion s’allie la sûreté de la raison pour modifier les conceptions. Lar l’esprit japonais,
toujours en travail, ne saurait tomber dans la stagnation des idées reçues, dans l’immobilité
archaïque, «Lins l'usage paresseux des moules démodés. D’heureux dons naturels l’incitent à pour¬
suivre toujours la nouveauté. De tout temps, philosophie, lettres, beaux-arts, industrie, etc., ont
reçu, sous le travail des Japonais, une empreinte caractéristique, au point de sembler tout à fait
différents de ce qu ils sont à l’étranger.
La perception et le goût des beautés de la nature sont innés chez les Japonais. Un beau
paysage, un panorama magnifique, les effets du matin et du soir, la majesté des montagnes, le charme
des rivières excitent ( liez eux une admiration profonde, qui se traduit soit par la poésie, soit par
h>s arts plastiques. Il est doue tout naturel qu ils aient acquis une grande maîtrise en ces arts.
S" Les Japonais sont doués d'une extraordinaire habileté manuelle. Aussi dans les procédés
de fabrication délicats et ingénieux, tout le momie leur reconnaît cette faculté. Ils sont aptes à acquérir
aisément des tours de main particuliers.
Lu dehors (h* tout cela, est-ce leur qualité d’insulaires qui leur assure une originalité très
marquée? Est-ce la nature volcanique du sol qui leur communique sa flamme, son ardeur et la
tendance à l'enthousiasme? Toujours est il que les Japonais se sont faits à des habitudes d’esprit tout
à fait particulières, nées autant de leurs dons innés que du milieu où ils ont évolué, et différentes
évidemment de celles des autres peuples.
Le goût solide et sûr des Japonais préfère avant tout la netteté, la pureté et le simplicité. Leur
amour de la pureté, de l’ingénuité, qui est devenue une de leurs qualités essentielles, tient proba¬
blement i l’impression produite par la nature admirable qui les environne. Toute souillure leur est
en horreur, et était même considérée par nos ancêtres comme un crime. La pureté leur semblait
un raffinement nécessaire à la beauté.
De tous temps, nos artistes ont banni de leurs sujets tout ce qui est bas et impur. Ils ont
manifesté toujours l'amour de la simplicité et l’horreur de ce qui est compliqué ou monotone. Les
peintres ont rejeté les couleurs épaisses et crues qui sont déplaisantes à l’œil ; ils ont évité d’éveiller
drs sensations violentes ou basses, comme de montrer des décorations compliquées. Ils fuient tout ce
qui peut donner des émotions violentes, lis aiment dans les idées et les formes le calme et la douceur,
ces qualités qu'ils trouvent dans le climat natal. Ils ont le sens de la distinction et du pittoresque,
qualités que possèdent les monts, les eaux et les arbres de leur pays. A considérer les catalogues de
leurs peintures, on voit qu'ils préfèrent à l'immensité de l’océan les bords retirés des clairs ruisseaux,
aux pics ardus les coteaux verdoyants, aux grands et larges fleuves les gaves et les lagunes bleues.
Ils recherchent la variété, le mouvement, la vie, et ne négligent pas l’étrangeté. Les enseignements
du lîomhlhisme et du Confucéisme leur ont donné le goût du sublime. Enfin, dans sa conception et dans
ses formes, l'art japonais est plein de variété.
— G —
m
Caractère particulier de l Art japonais.
L’art japonais s est développe sous 1 influence d un lernur, d un milieu, <1 un p- upl- * 1 i
civilisation à part. En même temps qu’il était pourvu d'une lendauc n-mrale dei.-nnm« I I m. 1
dès son origine, il lui est arrivé d’acquérir un caractère tout particulier, gràe. ■ n - 1
venues de l’extérieur, de l’intérieur, du passé et du présent < >rt*-s, chaque l.i.m- le I * i ,
école, chaque maître a ses tendances propres ; cependant dans son mise mille, I art japonais a sa
personnalité bien définie, il ne sera peut-être pas hors de propos, avant d » ■ 1 1 1 1 • • i <! n II
proprement dite de lart japonais, de retracer les caracléristiques de < t il J. \ o |. i , .
succinctement.
La branche de l’art japonais qui a toujours occupe la plus liant- >ituati<m. qu - ‘ I . | ! - i,.
tant comme qualité que comme quantité, qui est la plus digne d attentmii. « est L j . . n,t i n 1
peinture japonaise est I honneur de lart. Sa grandeur et sa dec idem .ml <u un ta¬
tous les autres arts ; elle a, comme la littérature, un rapport étroit a \ e < notr<-ei\ iIin.iI nui ( I! j
retlète le plus vivement le sentiment de la nation. Ses caractéristique?. »ut . -ai n ai . a 1
multiples. Mais les principales peuvent être énumérées; c est la t.é lu- qu-- j < • ? r . ; l 1.
paragraphes qui suivent.
I- La peinture japonaise a le caractère d'une esquisse. Saisir avec un trait la
choses, tel est le propre du dessin japonais. C est là sa principale dillV-rmic. ,»\. - I.. p. ni n I i , |.
européenne. Dès 1 origine, le dessin japonais cherche uniquement la ligne C est i
recherche qu’on le considère comme dérivant du dessin chinois. Le pim . ni et E.-m r. d. (don- . :
tout le materiel dont il a besoin pour s’exprimer, matériel le plus commode pour d. ^im r de* h ,,t
Les procèdes de dessin se perfectionnèrent et atteignirent une maîtrise su] l
sont admirablement doués pour l’habileté manuelle. Comme ils sont excellents dan
dextérité, ils sont rapidement devenus experts dans le maniement du pineeau et de l’encre I!
donner au pinceau la légèreté et la lourdeur, la vitesse et la lenteur, la tenue droite et I in< Un
a 1 encre 1 épaisseur OU la clarté. Ils peuvent représenter les objets grâce à la force ou ô la délie
c es traits, a leur grosseur ou à leur ténuité. Le traitlui-mèmea son esprit. ; par su force „„ mdd.
par sa courbe ou sa rigidité il prend des significations différentes, si bien qu’un vocabulaire spécial sVst
créé pour designer les espèces diverses de traits. Parmi les peintres japonais, ceux qui ont atteint I »
™ *» *> — » . », ... Ri„ . . i, . . . .
r^r . *■ . . . . . . ”■■*** . - . . . . . LM . „
t sr^r““' . . . . . * . . - - 4
p— "■ w ïztjxt: . r,* ? . . . . . . -
, . . °U1- A cclu‘ ««gl'gence du clair-obscur il y . . . rn:solls
pinceau et de drelo,,|M; l,,s . *• . . « *
objets sans s’occuper du clair-obscur ; ** 61
p» j; p,s *■* - — . - - — . « . .
*SHt*
lie semldenl
>" Les artistes japonais estiment plutôt le dessin idéaliste. Le dessin réaliste leur paraît un
point < I < * dé-part. Or l<- clair-obscur cherche à rendre l imitation directe des aspects de la nature.
Le n'esl donc pas sans motif s’il n’a pas été étudié par nos artistes;
V Dès l’origine, on a aspiré à rendre avant tout le caractère avec intensité. Aussi nos
peintres ont-ils dédaigné de tenter la reproduction servile des aspects de la nature.
La peinture japonaise ne montre pas une parfaite compréhension ni une observation
rigoureuse de la perspective comme dans la peinture européenne. Il existe à cet état de
choses des motifs particuliers. Dès l’origine, les peintres japonais ont donné aux divinités
des attitudes immuables et leur ont attribué des places déterminées pour toujours. Ils
reconnaissent, à ce sujet, ce (pi on appelle les douze fautes à éviter. Les traités de peinture
chinoise émettent, sur l'absence de perspective, des idées que les peintres japonais ont suivies,
(lu recherche avant tout le sentiment décoratif dans la composition. Si bon constate, de temps
en temps, dos erreurs dans les lois de l’éloignement et de la perspective, ou des fautes de
proportion, on peut croire que la science de la perspective n’avait pas fait de progrès et que
les peintres, eu général, ne sont pas parvenus à posséder pratiquement ces connaissances,
delà doit tenir aux mémos causes qui ont influé sur les peintres occidentaux de la période
antérieure à la I lenaissance.
La couleur des peintres japonais, dans les peintures bouddhiques surtout — et si on laisse de
eût é certains genres de peintures décoratives — procède ingénieusement par demi-teintes harmo¬
nisées. bile est, en général, légère et superficielle. Aux couches épaisses, de couleurs épaisses et
luisantes, ou préfère le coloris léger, sans dépôt. Gela concorde avec les goûts du peuple, et c’est ce
qui convient le mieux aux peintres, visant à l’élégance et à la franchise de la touche. Il existe
néammoins, depuis les origines jusqu'à maintenant, des peintures éclatantes et chargées en couleurs,
(-1 considérées pourtant comme belles. Lest que ces œuvres ont été exécutées sous des influences
étrangères, sans avoir subi la transformation japonaise; car il ne faut pas croire que la peinture
japonaise soit uniforme et sans variété.
Dans la peinture européenne, l'artiste doit couvrir toute la surface de la toile et ne doit pas
laisser un vide d’un pouce. Le peintre japonais veut attirer 1 attention sur la partie où s’est
concentré son elîort : en sorte qu'il ne se préoccupe pas de laisser vide, ou non, quelque espace du
tableau.
Le dessin japonais, en dehors de la conception qui 1 inspire, présente plusieurs caracté-
rist iqucs :
i" Il est particulièrement, fécond en inventions décoratives. Les maîtres japonais, depuis
l’antiquité, influencés par des idées indiennes et chinoises, se sont proposé pour but une idéalisation,
cl ont toujours cherché à exprimer des idées. Cependant, leur conception générale n offre pas, en
Inde ou en Chine, un caractère très fantastique et irréel. Cela doit tenir à ce que nos peintres, en
transformant et interprétant les beautés de la nature, se sont efforcés de les rendre sur une petite
surface.
•i° Le dessin japonais se propose une interprétation idéalisée. Il est fidèle à ses traditions
plutôt qu'à la reproduction réaliste des objets. Cependant il excelle à exprimer avec intensité le
caractère synthétique, le calme, la grâce, la sérénité, la perfection des formes. Il poursuit toujours la
réalisation d’une idée. Ses intentions sont profondes. Plus on regarde un dessin de maître, plus on y
découvre une signification puissante.
3° La peinture japonaise préfère le beau typique au beau individuel. C’est moins la vie
de l’individu qui l’intéresse que la vie de l’espèce. Elle est éprise d’un beau abstrait. Cette
tendance, née d’une conception haute et mystique, s accorde bien avec les idées bouddhiques,
qui proposent le développement social plutôt que le développement individuel.
8
Mil t
(!<• in seul ntiirc
Sculpture. — Il n v a pas lion ‘1 insister sur les <*a raol < • ri > I
japonaise autant que sur celles de la peinture, bar, entre notre sculpture et r«dh- « I » * I < >< < • i • I < • i , t .
il n’y a pas de différence aussi sensible qu entre notre peinture et la sienne
Dans l’antiquité, Fart de sculpter des Bouddhas a progresse parall« leiu»>iil a\ec I i
prospérité de la loi bouddhique. On a vu produire, sans discontinuer, des "lalies d ■ Dniiddli.i
en laque dure, en terre, en bois, en bronze, etc. Il en existe en pierre, mais - Iles snnl plus
rares. Des chefs-d’œuvre ont meme paru en grand nombre; mais, à partir du jim»\>ii .»_■
l’art a dégénéré. On a négligé progressivement les autres matières pour i •\»,mr .m b<a^ >. ulpi, ,
et la production revêtit un caractère plus industriel qu'artistique.
La sculpture de la haute antiquité s est appuvée cntièremrnf sur h L •mhljiDm*-. ,t
sujets, pour la plupart, sont empruntés à cette foi. Les œuvres bouddhiste* rxpiiui' -ni • i !
des conceptions d un haut ésotérisme, ou des symboles, ou des modèles d» ne dit.it i»»n . ■ > i
représentent des personnages ayant eu une existence réelle et avant hn n m- rit- d- ■ • *t t ■ i. b_ . .
dont on veut conserver la tradition et reconnaître les bienfaits.
Il subsiste ainsi beaucoup d’œuvres dont le caractère est su r n. • I n i • ! .t - , ,
L habileté de facture s observe aussi sur de très nombreuses . mi\ r»-*
Quand on arrive à l’époque de Kvvammoii Tenno, les sectes de D-ndai . t sj, :!1_ , j . r . ,
un essor éclatant. Les modèles de statues bouddhiques sont exécutes <-n n ndu « i - i f , ; J.
ils sonl dus surtout a la prospérité de la secte Shingoii, qui faisait faire un. i j - ,j
pour exprimer ses canons. Beaucoup d couvres majestueuses j»arurent .d a-
Dépendant, a partir de cette epoque, les variété-s dans la matière enqt|.»\a •• diunii u. ut p. ,
à peu, et l’on sculpte surtout le bois.
A l’époque de Foujïwara, plutôt que de s’inspirer des mo.IM.-s transmis ,,.,r I Ind. ....
aspire à produire dans le goût du beau japonais. Les artistes pre . ni vol.
les grands personnages leurs contemporains, de sorte que leurs .envres .ml . . i.
raffiné et très beau.
A 1 epoque de Kamakoura, en même temps qu'on proci-.le a la réfection du |).i,|.ouls..„
<e Nara’ ouvra8’e colossal, on voit apparaître les ..-.ivres fameuses de Ounkéi. It .uk- i H .
a scuIPture jette alors un grand éclat. Ses . . ptions sont belles et
ses tendances deviennent réalistes
Après cette époque, la sculpture bouddhiq . lécline pea 4 peu La dé<
la préoccupation principale de la sculpture, et les artistes imitent exclus»
du temps passe, sans chercher à rien produire de nouveau.
A l’époque de Toyotomi, la sculpture ue s’emploie plus qu’à la décoration et ... fur.-
1 auxiliaire de l architecture.
A l epoque de Tokougawa, elle produit les O kit
une production presque industrielle.
peinture, elle a montré ^ ^ . do ,a
remarquables, et ne manque pas du 'caractère , t’ ' tFF'A s,l’0,"|j,"‘ . .
certaines statues bouddhiques, on trouve à ^statuaire 1 Sl ’1"
même reclicrr-ltA .]’;,iajx„ic . . ' ,,m r ,ll,'lll,‘ '‘s|uil q 1 1 a la peinture. I . t
une grande habileté d’exécution, qui se manifeste du
Umono , les Net ot< . ol tombe dans
les laques, les bois, les terres, etc.
^*^aInMdKTo^u’ëîle^,'cm!>W«^Upot^a?T*,,'S,J *** I"***"
Japonais ont commencé a travailler outre' "eT' ’ i no"s ""seio,,,. que I
’ tre le b01S’ la l’ierre et la hriqm. à U . . „
ans
reculée. Mais, si de tout temps on s’est borné h réemployer que le bois pour la construction,
o es I que dans noire pays le bois de construction abonde ; on ne parvenait pas à l’épuiser,
quelle que Int la quantité que l’on en coupât. D’autre part, le climat étant très doux, le froid,
le cliaud, le venl cl la pluie n’étant jamais excessifs, on n’éprouvait pas le besoin de se
protéger par des murailles épaisses et solides. Puis, le peuple, aimant avant tout la propreté
et la simplicité, employait volontiers à la construction le kéyak, le matsou, le hinoki, le
soiighi, dont la surface polie n’offre que des nœuds très rares.
•>." Del emploi presque exclusif du bois permit d’atteindre une habileté surprenante dans
I art de la charpente. Dans l’architecture universelle, on ne trouve rien de comparable au
style dit de Majouça plate-bande, qui peut passer partout pour admirable.
>" Des parties extérieures sont extrêmement simples. Elles sont quelquefois colorées ;
mais le plus souvent celte coloration se borne à une couche d’oxvde de fer rouvre.
j" E est a la partie intérieure qu’est réservée la décoration la plus raffinée, soit qu’on
applique des feuilles d or sur les parois, soit qu’on y sème de la poudre d’or ou d argent,
soit qu on \ lasse d»*-, peintures artiste [lies. Les parties telles que les colonnes et les linteaux
sont laquées; on y fait des dessins laqués ou des incrustations de nacre. Les frises et les
vantaux sont sculptés. Ou prodigue là les ressources de la décoration riche. Dans ces conditions,
sont construits les palais et les temples bouddhiques. Lorsque l'architecture se trouve en face
des forêts et des eau\ naturelles, dans un site agreste et pittoresque, elle cherche à mettre
s«m ouvrage en harmonie avec le décor; elle emploie les bois les plus faciles à obtenir,
soughi, matsou, hinoki, maca; elle construit de petites maisons quelle ne soumet pas à
un travail ingénieux; un toit de chaume sur des colonnes de bambou, une maison très
simple. Oiiehpiefois, au contraire, on s'abandonne aux inventions d’une imagination décorative
extraordinaire. Les constructions sont dans le genre des pavillons de thé.
V' Les st vies se divisent en plusieurs catégories. Les temples bouddhiques sont différents
suivant les sectes, visent au grandiose ou à la simplicité; quelques-uns s’inspirent de modèles
etrangers La variété e^l assez grande. Mais les temples qui ont conservé un aspect de simplicité
et ne >imt pas surchargés d'ornementation relèvent d’une architecture concordant davantage avec
les autres branches de I art japonais;
L Les plans u offrent pas une échelle vaste. Les palais, lestemples bouddhiques et shintoïstes,
ainsi que h*-> châteaux des daïmvaus, des temps féodaux, présentent assez souvent de vastes
constructions; mais, en général, h-s constructions ne sont pas très grandes.
Pourquoi l'architecture japonaise manque-t-elle de vastes proportions? On peut trouver a
cela plusieurs raisons :
i" Les peuples insulaires n’ont guère la conception du vaste ;
•>" I nc architecture aux proportions vastes correspondrait mal au paysage montagneux dont
les horizons sont tranchés :
D L'emploi du bois limite l ampleur des dimensions;
j" Dans la liante antiquité, les empereurs ont constamment transporté le siège de la capitale.
Autre cause: lorsque quelqu'un mourait de maladie, il était dans les règles du deuil de rebâtir sa
maison. Autre cause eniin : les kokhousi changeaient de résidence ollicielle, chacun suivant son goût.
Des lois somptuaires réglaient la construction des maisons, établissaient des différences entre les palais
impériaux (‘I ceux des fonctionnaires et des particuliers. La construction de maisons et yashikis
hauts et grands par les fonctionnaires et les particuliers était considérée comme une usurpation.
Au nioven âge, lors de l’organisation féodale militaire, on ne s est plus conlormé aux vieilles règles
,1e construction: les Boushi ont visé surtout à la simplicité. Sous les Tokougavva, le Shaugoun
1 lié mitsou défendit aux daïmvaus Fondai d’outrepasser leur rang dans la construction de leurs
I O
châteaux. C’est alors que pour la première fois on P-hns,. des . M* -I- . . r «" .
agriculteurs ou marchands. L’architecture fut soum.se a des reg es. , .
' C’est dans ces faits qu’il faut voir les raisons pour lesquelles les grandes congrue lurent
en désuétude. Je pense aussi que le -la, . par une faveur céleste, fut toujours assez abonda,
matériaux artistiques pour occuper une place de la plus haute unporlanee dans les Beaux- \r.s de
l’univers.
En cherchant encore, on peut trouver d'autres causes à la petitesse des proportions arc Inlce-
turales. La fréquence des tremblements de terre devait inspirer l’idée de bâtir les maisons .le
à pouvoir les transporter commodément.
D’autre part, les hommes, s’asseyant et se couchant sur le plancher, n’emploient ni - liais. s
ni tables.
La fréquence des tremblements de terre et les habitudes du peuple ont du < •■•rlain. -meut
exercer une influence sur les Beaux-Arts. Cependant on peut se refuser à voir lu un obst i. b* fond
mental au développement de la grande architecture dans notre pa\s. l it rllVt , noir* , ->t vT uiiiqu,
mais, dans le Kinaï, où a évolué notre architecture, b*s tremblements de tern de * • *ul t mp
été rares, et jamais il n’est arrivé que des bâtiments aient été démolis.
Le caractère volcanique du sol a influé plutôt sur le choix des m.il. -riaux . • ' • • ■>' nie d<
raisons qui ont fait délaisser la pierre.
Ainsi que nous le verrons plus tard en détail, noire architecture, > « t.uil • 1 • • \ • ' q ■ , _ i ! .. !
lement, n’est pas indemne des influences extérieures, bile prend ses nu mI* h d.ms h pm \ » i - 1 n -
et se les assimile.
La religion bouddhique a eu sur elle une influenceconsid»' Table I • ^1 I .irn\- . «lu I » 1
qui lui a permis d obtenir son éclat. Palais, temples, maisons, tout recul 1 mlluen, .» 1 ( s , L 1 1 m . j i : .
En étudiant l’évolution de l'architecture japonaise, on peut la diviser .ai 1 p. in, A-
La première, antérieure à l'importation du Bouddhisme, peut être d> mmum ( - II- J. ! i. I
lecture japonaise propre.
La deuxième va de l’importation du Bouddhisme jusqu aux <!• i ni> r> •> me . d i t . i , , j • - .!
Foujiwara. C’est l’époque de l imitation directe de la civilisation des S«»ui et d. s f «b* < Ici . •
du développement de la civilisation japonaise.
La troisième va de Kamakoura aux Tokougawa. C’est la période où I on a n en I i n tl n. n« . ,b
la civilisation des Soung et des dynasties suivantes de la Chine, et la période eorre-.p.,nd.ml,- d- I
civilisation japonaise.
Au point de vue religieux, la ire période est celle de l'architecture shintoïste la y , , ||, (,»
secte de Zen et des suivantes. La fusion des architectures shinto et bouddhique a roniuirm • .Il
terminée pendant les 2e et 3e périodes. Telle est, en résumé, l’évolution de l'architccturc japonaise,
que nous étudierons en détail dans divers chapitres, époque par époque.
Les objets fabriqués par l’art industriel et les objets «l'art du Japon jouissent d une grande
réputation. Cela doit tenir a la perfection de l'exécution et a la beauté du sentiment dont ils
procèdent. Mais, tout en manifestant leur tournure d’esprit originale, les Japonais ont toujours une
prodigieuse habileté manuelle.
Les objets d art, japonais, tout en se développant parallèlement avec l'architecture d la peinture
ont pris une importance considérable et ont fait des progrès en Imite indép . .
bl.ahilude de l’Occident n’est pas de donner, parmi les Beaux-Arts, la première place à
1 architecture. C est une des raisons pour lesquelles je n’ai pas commencé Lhisloire des Beaux- V, -N
par 1 architecture.
IV
Histoire abrégée des Beaux- Arts japonais.
Lrs I t‘in lances cl les procèdes de I art japonais, depuis les origines jusqu’aux temps modernes,
semblenl passer j>ar une dizaine de phases principales. La cause première, le point de départ des
mouvements nouveaux a presque toujours été une excitation venue du dehors.
Noire pays étant un archipel isolé dans l’océan Oriental, et pouvant par lui-même subvenir
a ses premiers besoins, tels que la subsistance, le vêtement, l’habitation, etc., le peuple, s'il n’avait
‘‘le stimule par des idées venues du dehors, se serait habitué à l’indolence et aurait coulé des jours
satisfaits, sans tourner son esprit vers d autres pensées.
Premiers temps. Dans les premiers temps, alors que les relations avec la Corée et la
Chine n étaient pas encore intimes, les Deaux-Arts étaient dans une enfance complète. C’est à peine
si I on couvrait l«*s vêtements et les armes de dessins où s’entrelacaient des lignes droites ou des
courbes, t >n ne tendait qu a rendre plus belle la forme de certains objets, sans chercher plus loin.
Il semble qu il n \ avait rien à cette époque qui valut d’être considéré comme de la peinture
ou de la sculpture.
Époque de Souiko Tènnau. — A partir du règne de Iviiumei Tènnau 5 jo de 1ère
chrétienne, la Corée prend un rôle d intermédiaire et transmet les arts chinois du temps des six
dynasties. Avec le Douddhismr et le Confueéisme, la peinture et la sculpture pénètrent au Japon pour
la première fois, et les Beaux-Arts trouvent un point de départ.
Souiko Tènnau vers )ip ap. J.-C. protégea le Bouddhisme, lit élever des temples et des
pagodes, fabriquer des statues bouddhiques et des objets de culte; de sorte que l’architecture et la
x idpture eommenceriMit à se développer et à présenter des formes suflisantes. Mais un grand nombre
d n u \ res de ce temps sont «lues au travail de Coréens naturalisés, et sont, par conséquent, em¬
preintes il im caractère purement coréen.
Epoque de Ten-tchi Tènnau. — A partir de 65o ap. J.-C.) environ, par suite de réta¬
blissement de relations directes avec la Chine, les idées et les arts de ce pays parvinrent au Japon. On
imita alors la peinture et le dessin de la Chine de l'époque des six dynasties et de l’Inde influencée par
lr> Grecs. Au cours de cette période, l’art manque encore de délicatesse en beaucoup de cas. Cependant
on arrive a produire des œuvres grandioses.
Époque de Shyaumou Tènnau. — A cette époque, qui commence en 720 (ap. J.-C. g
les empereurs successifs, en montant sur le troue, transformèrent leurs palais, modifièrent les usages
anciens. Le siège de la capitale fut établi à N ara, en Yamato. Le palais impérial, les demeures des
principaux fonctionnaires, les temples bouddhiques y furent réunis. N ara devint le sanctuaire et le
centre des Beaux-Arts et des lettres.
A cette époque, les civilisations du Nord et du Sud, en Chine, s’allièrent et prirent un
développement florissant. La cour des T’ang, subjuguant tous les royaumes voisins, rassembla dans
sa capitale tous les éléments de haute culture. Les Beaux-Arts, pour la conception comme pour
l’exécution, jetèrent un éclat sans précédent et sans suite.
12 —
t i An l.-iDoii «i u i avaient passé en Uiiine
Les fonctionnaires, les étudiants et les P" ■ -i n r i; i Fut
se pénétrèrent à l’envi de ses arts, et en rappoitn 1 , , ,
La manière Je vivre de la haute société changea .lu tou au oui . .
i i Pii ' \ lo nroduction des obiets il art. F»li\ million I 01111.111
devinrent plus riches. Un grand élan fut donne a la prodm >n i J .
et l’impératrice Kwau myau, d accord a\ec les bonzi s 4 ' . i i i
élevèrent de nombreux temples dans la capital* N. < • ,
Roshana. Ils bâtirent dans chaque province un temple désigné sous le nom de Kokoo ÏU . tji .
de la statuaire lit alors des progrès notables, L:, sculpture du bois, de la pierre de là laque dure,
et la fonte perfectionnèrent leurs procédés. L’élégance de In forme, •« eau
décoratives, dans la statuaire d’alors, s, .. virent longtemps de modèle aux générations futures.
Kouammou Tènnau 780 ap. J. -C.) transféra de nouveaula capitale en Yamashiro. . bAt.1 un
palais impérial en sélectionnant ce qu’il v avait de plus beau dans le si? le des I
encore, il va un va-et-vient continu d ambassadeurs et d’étudiants entre le Japon et la Lhini U
prêtre Koukaï Kan bau Daï Shi. , étant aile en Chine, en rapporta la doctri . ’vsoU
Des objets d’art de toute sorte arrivèrent alors au Japon. A partir de ce moment, les B
indigènes prirent un grand essor. On s était fatigue des moilc> rl|||l,,|~' ' I 1 ! ;
au goût et au caractère japonais, et Ion arriva a produire des œuvres d un 2 oûl p 11
A cette époque, le transport de la capitale a lliezau, I expedil i«mcinit 1 I - ^ 1 ' ' 1 1 - • ^
des deux sectes Tendaï et Shingon, l’apparition soudaine de la liiter.it ni'* * ‘ I " n 1 ’ ' ' , N’ d< ! ! !■
Japonais une grande poussée intellectuelle et les incitent a de grands travaux. I .• » I 11 ' ■ - ■ >•
et les arts se développent vigoureusement.
Époque des Foujiwara. — A partir de N~o ou <SNo de I ere « 1 1 r • 1 1 • * n I
Foujiwara s’empara du pouvoir. Cette seule famille prend le monopole «b* la ^pb-mb-m \ •
on cesse d’envoyer des ambassadeurs en Chine; on ferme le pays aux etrangers, • t l-« < i\d - item j nd
un caractère exclusivement national.
Les Arts aussi s’inspirent alors d’un esprit proprement .japonais, • I p"iirsiii\' ut un ni- I
d’élégance et de beauté. Un stvle apparaît que les générations suivante*, p.m n-ndi • ! 1
à imiter.
Mitchinaga, de la famille des Foujiwara, prodiguant For, lit « I * * \ e 1 h> |. 1 1 1 1 • I • d> Il I
commencer par la statue majestueuse du Bouddha la décoration intérieure du Jeu <>n >.• . . . t,
dans sa force l’art de l’époque et son admirable idéal. L’art de ce temps s'éloigne du 1. di-im .
cherche la grandeur et 1 élégance et tend à la beauté mystique. Aussi n’»*>t*il |m>* .10 • ^ibé
au vulgaire.
O
C est dans cette époque des foujiwara qn il faut chercher I essence de I art lapoimi^ I |ii*.|«>ii r
des Beaux-Arts en Orient n offre pas de plus belle période. L’art des rang, avec ses riches matériaux,
ses conceptions et ses procédés, se mêle intimement au sentiment japonais et donne mm lin raison
merveilleuse.
A la décadence des Foujiwara DOoap. J.-C.;, les Tal.ira leur succèdent. La . . h, . ,|,.s
Beaux-Arts se modifie encore. Elle prend le style des Soung de China à hoirs définis. Klfi. pmir-nil
l’habileté. La peinture recherche la délicatesse de dessin et de coloris. En même temps, on voit
apparaître un nouvel et double idéal. La famille des Tahira aime beaucoup les lettres ; ses .meurs s .
luxueuses. Elle favorise un idéal aimable et facile. D’un autre cité, une réaction se produisit . .
la tyrannie des Foujiwara, qui amena la prépondérance dos militaires. De là naquirent des .euvres dm,
caractère puissant et large.
La sculpture des Bouddhas, «au temps des Tahira comnarée \ pnli.» ,i« r * 1
i 0 1 «um«i, comparée «1 celle de I époque precedente
plus longue de proportions, plus libre et plus vivante.
L<‘s («'livres d(3 C(il le période, n ayant pas encore perdu l'idéal du beau japonais, sont d une
< | u a i il r assez élevée.
Kamakoura. - La vg année Boundji de Toba 1 1 86 ap. J.-G. , Yoritomo ouvrit la
I" 1 1 ‘ ^ ' é odalc le Bakonhm a Kamakoura. Les militaires, ayant en mains le pouvoir, firent peu à
I" 11 l",>r| ^Ml1 inlluence sur les Beaux-Arts, < ji i i tendirent à la force, à la vigueur, au réalisme. En
s« nlplure, relie rpncjue vil refaire le Daïboutsou de Nara <*f apparaitre les œuvres célèbres de
d aul res arl isles. La aussi on cherche à s’approcher de la réalité, et on arrive à obtenir
une rigoureuse justesse de proportions.
En general, a celle epoipie, les arls montrent un idéal de forci? et de magnificence décorative.
Le sl\lr des peint ii ros bomld hiques, emprunté aux Soung chinois, pompeux et très fort en couleurs,
plus en plus violent quand on arrive à l’époque des deux cours, à la fin de Kamakoura.
L'1^ s t ; » 1 1 1 « *s bouddhiques cherchent à acquérir de la force par un coloris puissant.
L‘*s objets d arl, vers les dernières années, deviennent d’un très beau travail.
Epoque des Ashikaga. Dans la première partie, on ne voit pas de grande différence
avec I époque precedente. Mais à partir de i ] > « » ap. J.-G. environ, par suite des troubles, aucune
grande œuvre n apparaît. L’extension de la secte Zen, qui modifie la haute société et la tient courbée
sous la loi, exerce une influence profonde sur les arts. Cette secte propage l’esprit contemplatif et le
goût de la retraite el de la solitude. Elle amène dans les arts une simplicité un peu fruste, et comme
ascétique. < >n aime alors \i‘< dessins sobres à Leurre de Chine, dans le style des Soung et des Youen.
Hn néglige la décoration dans les objets.
D’autre pari, le Shaugoun Yoshimaça se retire à I ligashiyama, et collectionne avec amour un
grand nombre de pointures et «1 objets précieux de Chine et de tous les royaumes du Sud-Ouest. On
voit alors paraître un grand nombre de connaisseurs, et tous les objets réunis par eux doivent servir de
modèles aux artistes futurs.
En ce qui concerne l'art particulier du temps des Ashikaga, la première place appartient aux
dessins a l'encre de Chine, d'un goût idéaliste, sortis des mains des prêtres de Zèn. Les paysages
simples . I sereins, h-s images des énergiques fondateurs montrent l’art très haut de cette époque.
Époque de Toyotomi Hidéyoshi . — A la fin des Ashikaga, le Japon étant troublé,
llidévoshi, d'abord simple palefrenier, parvint vers i58o , à balayer les perturbateurs et à pacifier le
pavs. Il envahit et vainquit la Corée et porta au comble la puissance à cette époque.
Ce fut alors une renaissance pour les arts industriels qui périclitaient, et pour les Beaux-Arts.
La construction du palais de llidévoshi et de son château de Momoyama stimula l’architecture. L'art
décoratif fil à cette époque de très grands progrès, depuis la décoration architecturale intérieure
jusqu aux meubles et aux vêtements de cérémonie. On ne se base pas sur les types des temps précédents.
I ne conception indépendante se manifeste. On emprunte à l’étranger ce qu’il offre de mieux ; de sorte
qu'on voit apparaître des formes nouvelles, d'un caractère souvent étrange, et qui déconcerte les
tenants des anciennes formules.
Le style de la peinture même penche vers la décoration. Celle dont l'habileté des maîtres
comme Yeilokou, Sanrakou, etc., a orné les portes à coulisses elles écrans à Jurakou et à Momo-
yama, accuse cette tendance.
A la fin de la période précédente était né le cérémonial du thé. A l’époque de Toyotomi, il se
codifie ; on commence à construire les Salons de thé , discrets et élégants. D’autre part, les Soumiyé
idéalistes sont extrêmement appréciés.
Époque des Tokougawa — Depuis les Tokougawa i( . jusqu h 1870 environ), il y eut
une paix interrompue pendant près de trois siècles. Aussi les arts, -rare à la . . . . lu . . .
et au luxe de la nation, sont prospères.
Dans la première période, c’est-à-dire pendant les années lwvan éi i 1 <*> î j , les n iai mus avec
les nations étrangères furent sévèrement prohibées; on cessa de construire de grands naures. huit,
influence du dehors fut alors impossible, et la civilisation prit un caractère exclusivement national
Dette première période voil se développer cette élégance «pii caractérisé le temps «h- Nid. \ • -lu
L architecture fit surgir les temples de Nikkau et le cluUeau de Nidjo par exemj.le, qui ne. ni i .-i .-ut
au suprême degré la sculpture et la coloration décorative.
D’autre part, la gracieuse peinture de l'école Oukivo continue h obtenir un sm •< ■ - d> j.l . n
plus grand. A partir de 1ère Gliènrokon jusque vers 1ère kyolm. I l.mpiiv jouis- ml d un • p.n\
profonde, les amateurs se montrèrent de toutes parts qui recherchèrent av« ■< ardeur l< - • • I • j • ts d .ni
de toutes sortes; et les artisans rivalisèrent d habileté. Le> objets décoratifs .1. un i l I I j i
sont alors très remarquables.
A partir de Mehva et Auvéi, on subit l intluence des objets rapport. *s d. < lue . ( I II di I
surtout celle des dessins de l'école chinoise méridionale. Les ustensile- d* lie -t I «■!.) 1 d
bibliothèque devinrent de plus en plus en faveur. On imita leur fabrication.
A partir de Tèn mei jusqu’en Dounkwa, les lettres japonaise- et eliin. u -•••* I ■ i
surprenants. L’étude des antiquités de la langue japonaise notamment fut p ai->. f. .ad t
des découvertes remarquables dont quelques-unes apportaient aux arts <f pi. ■ • i\ n a i
Cependant le Bakoufou des Tokougawa tombait. Les bàtinenl- «I- g u - 1 1
succédaient sans interruption à l’entrée de nos ports. Il devint impossible d iiit.-rdi r- I • t
les étrangers. On était parvenu à un tournant de révolution. Le- Ib-aux- \rls ne >nt i an nt
des velleites d activité et de force, mais leur développement se ressentait d* I . l.il .1 p
L empereur régnant monte sur le troue, reprend le- rênes du lo nivei ic ne ut .1 d i_n. . i
la grande œuvre de la restauration. Son zèle encourage à la fois les lettres et |. s .mie S..n « -put
p< nctr ant choisit tout ce qu o firent, de bon 1 Lurope et I Amérique. Il veut bien, i dd 1 1 un i
constitutionnel. Dès lors, les phénomènes sociaux prennent, mie apparence nouvelle. Lu ne-ne- t. n,p-
les Beaux-Arts et l’industrie montrent un nouvel idéal, et bientôt il- vont porter des Ih.iais. ,„s et ,1
fruits merveilleux.
PREMIÈRE PARTIE
m:i’l IS LE S ORIGINES JUSQU’AUX ANNÉES TÈMUYAU, SHYAUMOU TÈNNAU (XLV)
LIVRE PREMIER
Arts primitifs.
CHAPITRE PREMIER
Milieu social.
La < nii>i itul imi il»* I Empire japonais a pour point de départ un fait unique dans l’histoire du
monde . < •• lait, r « * s I la partie absolue de la race japonaise contrastant avec l’hétérogénéité des
p. uples df" autres pa\s. \m>i, le> familles souveraines de la Chine aussi bien (jue celles des empires
• 1 < iccident proviennent toutes du mélange de familles différentes. De sorte qu’aucun des chefs de
9
ces l.tal- n **>l au-dessus du peuple en vertu de sa qualité de descendant direct d'une lignée unique,
e| que res prim es ont dfi chercher ailleurs les bases diverses de leur souveraineté. C est ainsi que
la Chine a pris pour hase la vertu d’un seul ; que lîome, modèle de tous les empires d Occident, avait
choisi la sagesse d’une assemblée.
Dans notre pavs, il n on a pas été ainsi. Certes, la descendance directe de la branche de la
famille principale s’est ramiliée et dilïérenciée ;i l’infini, dans le peuple; mais dans leur ensemble,
les Japonais n en constituent pas moins essentiellement une seule famille. Avant même que le Fils du
ciel ne fut descendu ici-bas, les hommes qui étaient installés sur le sol et gouvernaient le pays étaient
de même origine ancestrale. Ils n’avaient pas complètement exterminé les tribus des lakérou et des
Tsoiil ehigoumo qu’ils avaient rencontrées partout, mais ds avaient traité (‘es barbares en serls
auxquels ils ne reconnaissaient pas la qualité de citoyen. De plus, comme la position géographique
de FFmpire empêchait naturellement l’invasion des étrangers, le Japon finit par former une nation
sans mélange aucun de peuples d’autres races.
\ i j i si donc notre peuple est une seule grande lamille. C est une lamille compacte. Notie nation
<*sl la seule famille qui se soit développée ainsi. Et son tronc et sa bianclie-meie sont la lignée
impériale, descendance directe de Tènshyau Dai jinn.
La famille impériale étant le tronc, les familles du peuple sont les rameaux. Il en résulte (pie
les Japonais doivent actuellement et toujours, d’q.rés les lois de In famille ■l"' ' Hr ’ ' "j'1'"' j1''’"' ' ''
et, devenues celles de la nation, regarder l’Empereur comme leur >ou\< luin * « I
le peuple, Il n’y a pas de famille plus «ligne d’être vénérée que celle de I l-.mper. ur.
On voit qu’à côté des autres constitutions «pii donnent la «bgml«- | .
vertu, ou limitent le choix du souverain par un arrangement délibéraUf, k . **« . fl . .
repose sur un principe absolument difiérent.
Le peuple qui a édifié sur cette base un Empire, dont la civilisation s «•*( • "fl .
façon la plus brillante, est purement celui qu on appelle \amato, uni pm la . . .
descendant traditionnellement d’un même royaume céleste, et regardant . . ses am élr. s . . b-
dieux existant dans cet A malsou kou ni.
Ce peuple s’est développé de bonne heure, car à luge des dieux il élail d.-ju ••iiln* daim la
civilisation. Il reconnaissait un chef suprême, souverain désigné par les lois de la famille Regard
comme premier devoir d’honorer les dieux, il avait des cérémonies ndigmu— t*. pl ..| .1 — • >
nombreuses. Il savait travailler le bois, fondre des métaux, forger, tisser, polir l"' I
faire de la poterie, labourer et élever les vers à soie. Il connaissait I usage •b*'» \ • 1 ' ' 1 1 1 ‘ ‘ 1 1 ’ .
de dessous, portait du linge et des coiffures, se parait de colliers de perlas et de pi**' ‘ ' |" ‘ " ;1'
Il composait enfin des chants pour exprimer ces émotions: il Hait nmnm ' • ■ r-« ■ d |(1" '
musique et de la danse.
Depuis le descendant du ciel, llikoho no niniglii no mikolo, venu m -I • ' | ” 1,1 '| 1
le Daï Nippon en don de Tènshyau l)aï jinn, jusqu au pare da .limimm lainim. (,n_ t\ 1 «I
no mikoto, trois générations d empereurs firent le bonheur des peuple-* poieLui' «k
pleines de gloire, dans l’ouest du Japon: mais la resta du pays n était pa> encor.- « i'di-< I mil
impériale n avait pas pénétré les provinces éloignées : las bourgs ataient smiiiiis .t <!■ -
les villages à des chefs; mais comme chacun fixait ses propres limitas, tous ampi« -l.m ut a !■ • a
On n’avait pas encore la notion d’un empire compact. .limmou Tànnaii, iimpiia |«. n -.n _ m - ,
détendre sa mission céleste. Il mit donc ses troupes an moiivrmaiil al, m.intiuit vor- Il ' i
les hordes barbares, établit sa capitale à Kasliiw abara eu Vimalo, .•! vit tmit la |uv- .■ - p
Il choisit alors une impératrice, donna l’investiture au\ plus méril.nits d« -i - - i, n -
montra plein de respect pour le culte et établit ainsi sa famille pour dix mille - . • , • i .‘mi
Le grand œuvre de la fondation d un empire solide accompli, I 111II11<11<< da Nhk.nl. . « ■ 1 , , ! « :
graduellement au loin. Les empereurs qui succédèrent au fondateur « I • - I Lmpiiv m 1,. _l,_ t : ,
les Kami s célestes et terrestres, et, au dedans, nous le> vovons maintenir l< p< ii|<l< < n j • . . 1 \ ! « 1
construire des bateaux, encourager l’agriculture, creuser des bassins et da-. canaux, . mœl 1 mi < . I .
routes, défricher les campagnes; au dehors, ils châtient las tribus insoumi>es al pi<ii--< ni fi n-
conquêtes à l’orient et à l’occident.
1 arallélement au développement de la société, le ranouvellament sa com|tliqiic On « ■ L » ^ >• < ■ l.i
population pour répartir les taxes, un prince du sang est nomma au commandamenf du l'n/nmh .11/
■circuit des montagnes de 1 Est ; on crée des premiers ministres de la gauelia H da la drnila olionmi,
oliotnouraji , 011 met des miyatsouko à la tête des provinces et «las districts, <m établit «b- main-.
(maghi) , on partage le pays en provinces et districts en prenant comme frontières le- montagnes H las
rivières, ou les chemins pour les petites circonscriptions. Enfin, sous le règne de Sou jinn le V de la
dynaslie des Tènnau , en l’an 5;j de l’èro japonaise 87 avant J.-C. , des étrangers, «ni e-raml nombre,
reconnaissent la suprématie du Japon. Le Mimana S.-O. <l.« la Corée actuelle . . Mee offrir un
tribut. C'est là le début du retentissement au Japon des agitations de la terre «],-s Trois Kim. I J
SI au nord, les Llneou, a I ouest, les Koumaço, se montrent également inconstants dans la révolte 011
la soumission, derrière les premiers on sent l’appui des gens du Siragbi. Les préoecupalions de . tes
sortes que ces affames créent à la nation activent de plus en plus le mouvement des intelli., -onces.
I 7
j
L’histoire nous apprend donc! que nos relations avec I <3S Trois K an c’est-à-dire les royaumes
d‘* Shiraglii, Konia et koudara, qui sc partageaient alors la presqu’île coréenne) furent les
premières que nous ayons eues avec Têt, ranger. Originairement, il y avait trois Kàn : le Bakàn, le
S 1 1 i 1 1 1 1 1< n 1 1 H le Bènkàii, el le Shiraglii, le Ko ma et le Koudara étaient primitivement des divisions
de ces Irois Kàn : plus tard, chacun absorba tour à tour les provinces voisines, et une fois devenus
grands el loris, ils prirent le nom de Trois Kàn.
F
la* Shiraglii, qui s’étendait le long de la mer du Sud-Lst par rapport à la Corée , était 1 Ltatle
plus voisin du .Japon. Or, dans l’extrême antiquité, Souçanowo no mikoto frère cadet de fènshau
Daijinn (‘tait allé là avec son (ils Idakérou no kami; du temps de l’Ohokouninoushi no kami, un
prince royal de Shiraglii, Ama no liîhoko, s’élait naturalisé et fixé à Tajima ; le frère aîné de Jimmou
lènnau, Inahino mikoto, avait passe' la mer et était devenu roi de Shiraglii ; enfin l’histoire nous
apprend encore qu'un certain llauko, personnage célèbre de ce royaume, était un Japonais
émii'Té.
O
Lu I an h avant Jésus-Christ, sous le règne de Souïninn lènnau, on voit le grand royaume
île Ixara au Sud de Shiraglii , qui déjà offrait le tribut, envoyer un ambassadeur à la capitale
pour faire \ isile au mikado. L Empereur, regrettant que cet envoyé ne fût pas venu assez tôt pour
voir son prédécesseur Alimaki, daigna, pour rappeler cette circonstance, changer en Mimana le
nom du pays tributaire. Lutin lorsque l'ambassadeur prit congé pour retourner dans son pays,
h* lènnau lui donna cent pièces de soie rouge pour les offrir à son roi. Les gens du Shiraglii
attaquèrent I ambassadeur en route et le volèrent. Ce fut là, dit-on, l’origine de l’inimitié entre les
deux pavs.
Plus tard, Mimana et Shiraglii se disputèrent le territoire des Trois llamom Xord-Est du
F
Mimana . Le premier de ces deux Liais, n arrivant pas à résoudre le différend par ses propres armes,
euvo\a au Japon un ambassadeur demander un général pour ramener l’ordre dans le pays. Souïninn
lènnau liai conseil el daigna leur donner Shiwotaritsou hiko avec mission de rétablir la paix. Telle
fui la Ionie première occasion de l'installation d'un résident japonais en Mimana.
Sous le> règnes de Soujinn et de Souïninn, la dépendance du Mimana devint de plus en
plus élroilc. Ou doit penser que non seulement il apportait des nouvelles des Kàn, de la Chine, etc.,
mai> encore qu il dut offrir des objets d’art et autres produits de ces pays. Or, à cette époque, Shiraglii
Hait b* plus florissant des trois Kàn. Il opprimait ses voisins et passait même sur les cotes de
tsoukoushi, qui nous appartenait, pour y exciter les Koumaço et autres tribus et les encourager
à la révolte. Le Japon, en ce temps, n’avait pas de relations qu’avec les Trois Kàn. Les rapports étaient
Fréquents entre la Chine et plusieurs de nos mivatsouko du Tsoukoushi. Le fait est nettement démontré
par la réception de quelques-uns d’entre eux à la cour de l’empereur Kwang \\ ou des llan orientaux
a )->8ap..l.-C. , auquel ils le présentent comme envoyés du royaume des Mido, et par le don qui leur
esl lait d un sceau d office avec ses rubans.
Or, le milieu du règne de Souïninn Tènnau coïncide avec la disparition en Chine des
premiers llan et l’élévation au troue des seconds llan. Le progrès politique et social qui suivit
cette révolution entraîna, plus ou moins, les Trois Kàn, et il dut arriver que les Koumaço de
notre cote occidentale, ainsi que les Agatanoushi et autres qui avaient d’abord noué des
r
relations avec ces Etais, voyant la Chine redevenue un grand empire, vaste et florissant, plein
(h* ressources et de culture, recherchèrent sous main son investiture et resserrèrent leurs liens
avec elle.
L impératrice Jinngou avait bientôt compris que les gens du Shiraglii étaient derrière
les Koumaço. Pour dompter ceux-ci et extirper dans la racine leurs révoltes, elle prépara une
expédition navale, et, faisant un puissant effort, marcha droit contre le Shiraglii. Le roi de
Shiraglii demanda à capituler, offrit quatre-vingts bateaux chargés d’or, d’argent, de couleurs,
j 8 —
de soies damassées et broehées, ,1e soieries légères, et . . . en outre . rd . . de
quatre-vingts bateaux. Le Koma et le Koudara, qui avais . bserve I-, - - - 1 -
vinrent aussi faire leur soumission. Les Trois Kàn devinrent latérale . ni une Pr .
japonaise. Ainsi, dans cette campagne, les Koumaço avaient été .1 . ptés, le» Trois Kàn -
et la majesté de l’Empire proclamée au delà des mors.
Ce ne fut pas tout: les lettres, les arts, leurs instruments et leurs, produits I"
au Japon les uns à la suite des autres, et toutes ces innovation» - ''"'-ni de I'" ~ 1
mœurs et les goûts du peuple changent, la civilisation se développe, I Ku . le I E"»p
éclate et brille plus que jamais.
Mais avant d’entrer en relations avec les Trois Kàn, le Japon avait d**ja pusse pai un
premier degré de civilisation parfaitement original. Tous les ails, a commencer pur b* v t' iin iit,
le vivre et l’habitation, le chant, la danse, la musique et toutes les induMries, étaient «b |u
parvenus à un développement relativement remarquable.
En effet, pour le vêtement on avait la toile, la ><>ie et I miçnumouo : on lubnqu.iit d* -
tissus avec 1 écorce du chanvre, du kadji, du kouzou. ilu kaudzou. < .< » 1 1 1 m i • * ci»ub*ui, • • 1 1 • -imi • .
surtout le blanc de neige. Le rouge, le bleu, l’orangé, etc., venaient apr*s: "ii a\.nt »u->i D
noir. On teignait, paraît-il, les étoffes avec le suc de cerlmnes pluiitrs eu .i\
colorées dont on frottait les tissus. Il va sans dire que le eo>hime • 1 1 H • *i ut !
des personnes.
Depuis les temps préhistoriques, on faisait cuire les ;ilimenl>, <»n iiunihMii ! •
de céréales et de légumes, de la chair des oiseaux ou des animaux, de pei^.ui* • l « I - ne n
coquillages. Le kouroki saké doux, le shiroki saké* blanc, le \asbim>mi .il . I d.- Ii.n'- ■!
étaient les boissons communes. L art de la cuisine était également a\aie ■.
Depuis .1 immou Tènnau, tous les souverains avaient regardé* l agi u ull ni - , n m
nourrice des peuples de l’Empire et s’étaient efforcés de l’cneoui ager, de suite « | u ■ I b u.ix.iu
cessé de progresser. Les maisons étaient généralement en bois. Leur « • >ii i n« t i< >u é, i , *
développée et nous verrons plus loin qu’elle était assujettie a certaines r, gb- siiix.mt I ! *
des personnes. L’art militaire avait surtout fait de grands progrès. Dis |.» |,hi> huit, .u,ii,|in!
on avait l’arc, la flèche, l’épée généralement droite et. à deux tranchants, le >abre a un -. ni
tranchant (katana), long ou court, et la lance. On se servait de fourreaux, .b- l arqimis, du
tomo (petit bouclier rond que les archers se passaient au poignet , de pavois
Au temps de Souïninn Tènnau, nous voyous offrir à tous les temples d. - ares, d.-
flèches et des sabres. D’autre part, cet empereur donne des taténouïbè fabricant^ de pavois
et des youghébé fabricants d’arcs) au prince impérial Inisliiki, .1 .-. lui-, i ordonne un fo. eeroi.
Iwakami de déposer nulle sabres dans le jinngon d’Içonokami. Ce sont lu des oimiei- .pu
l’Empereur donne au prince: bè signifie compagnie. Ces feits prouvent qu’en ce temps le» arts
sont florissants et occupent de nombreux ouvriers.
Passons à la céramique. Nous en entendons parler pour la première fois à propo. d’un
décret de l’empereur Souïninn, abolissant la pratique du />«,„/,/. Ce . . . eonsislait à
tuer les serviteurs sur la tombe de leur maître afin qu’ils fusse,,! à su disposition dans l’autre
monde. Comme conséquence de cette interdiction, un certain No, ni no souk . . . . à
cent hommes du hashibé (corporation des potiers de la nmvi„(in ni , , , ,
figures d hommes et de chevaux pour les planter sur le tombeau de l'impératrice. Pour ......
e nombre des ouvriers céramistes d’une seule province s’élevât à ce chiffre, il . . .. ils
ussent déjà très nombreux. Gomme poteries de cette épooue imn< rlv i • / •/ *
i > . i 1*1 1 poque, nous avons les uvafubc sortes
.VaSeS;’ , 'SOHOS d° PlatS'’ ‘I"'011 retil'e aujourd’hui des anciennes . . IVautre
paît, on se servait beaucoup de pierres brillantes pour l’ornementation des coiffures; on en faisait
T9
des colliers, « 1 <‘s bracelets, Ces sortes de parures, ainsi que les sabres et les miroirs, ont été très
recherchées des Japonais depuis la haute antiquité; il nous reste encore à présent, comme
reliques de ces époques anciennes, quantité de nia g ata nia, de kondatama , etc...
Comme moyens de transport, on avait des bateaux et des voitures. Comme instruments
de musique, la (Iule et le koto. Le kagonra était le genre de musique le plus estimé. Il y
avait encore In danse de haija.hito , le kousoii ou la , le k ou nié onia , le kis/iimaï, le y a ma to mai , etc.
Dans les festins, on jouait d’instruments à cordes et on chantait; aux funérailles, on exécutait
des cliants et des danses. Il semble que les outa , naga ou ta. , tàn la , le norito , le sèmmyau, etc. ,
étaient les genres les plus spécialement développés.
A cette époque, il n y avait pas d écriture d’un usage général. Les paroles de ces chants
se sont transmises à nous de bouche en bouche. On prend plaisir encore à les entendre, tant
pour l’intérêt du fond que pour celui de la forme. Tel était l’état de la civilisation japonaise
avant nos ridai ions avec les Trois Kàn.
Cependant la culture coréenne, et, par elle, la culture chinoise pénètrent au Japon. La
Y' année de kimméi Tènnau 5j> ap. J.-C. , le roi de Koudara, Séiméi (Syèng myèng, 523-55 j ,
ollre en tribut des choses précieuses de Lounàm. Comme Founàm est une île de la mer des Indes,
on ne saurait douter que, dès cette époque, des objets de 1 Inde propre aient pénétré au Japon, mais
on ne sait pas exactement quels étaient ces objets précieux. De plus, de tous les pavs arrivent,
appelés par I Lmpereur ou offerts en tribut, des menuisiers, des forgerons, des couturières, des
peintres, des tisseuses, des potiers, des constructeurs de temples, des faiseurs d’images du Bouddha
ices images se faisaient en bois, en bronze et en broderie , — des musiciens, des faiseurs de
pinacles de pagode, des tuiliers, <b-s médecins, des docteurs ès cinq livres canoniques Shi king,
'ii king, Shou-king, Teh’oun Isiéou , etc. Tous ces artisans ou professeurs étaient accueillis avec
faveur par b* mikado et, sous sa chaleureuse protection, chacun développait son art, excitait le zèle
des ouvriers de sa corporation. Tous enfin, et les étrangers déjà naturalisés comme les autres,
consacrèrent, leurs forces à transplanter la civilisation continentale. Les progrès redoublèrent
en tout.
Lu elfet, le plan drs habitations s’améliore peu à peu, on bâtit même dévastés demeures et
de liants pa\ liions. \ partir de Kimméi Tènnau WIV' de la dvnastie, 5jo-)ji , on couvre même
dfs temples bouddhiques en tuiles. Le jardin du palais de l’impératrice, femme de 1 Empereur
Innglivuu XI V de la dvnastie, /ii2-jV$ était cité comme un modèle d’architecture du genre. Ces
faits prouvent les progrès accomplis. Cependant deux grands faits historiques devaient entre tous
etfectuer une profonde transformation dans Laine des Japonais, exercer surtout des effets caracté¬
ristiques, lutter la marche de la civilisation et représenter toutes choses à la société sous de nouveaux
aspects : le Confucéisme et le Bouddhisme venaient de passer la mer. Le confucéisme fut introduit
au Japon sous Ojinn Tènnau \\v de la dvnastie, aoi-3u . La i(B année de son règne a8 5 ,
un certain Muni, de koudara, offrit les io volumes du Longo et le Tsen jimon. Les faits his-
loriques ipii apparaissent comme résultant directement de cette introduction sont les suivants :
r la demande de plus en plus répétée do savants et de livres en guise de tribut; envois qui
concourent largement à élargir notre civilisation; 2° l'adoption des caractères chinois purs dans
l’enregistrement des chroniques, ce qui conduit à les employer universellement avec une profonde
vénérât ion.
Dans la liante antiquité, de bonne heure, on avait bien au Japon des caractères servant à
représenter les choses et pouvant être employés pour les enregistrer, mais leur usage était restreint
à une maison ou à une famille, tout au plus s’étendait-il à un village ou à un bourg. Ce n’étaient donc
pas encore des caractères adoptés par tout le monde. Du reste, ce que le confucéisme enseigne,
le respect des esprits, le culte des ancêtres, la fidélité au prince, la pitié liliale, toutes ces
idées directrices, sans être rédigées on maximes, non existaient |«.s moins depuis la plus
liante antiquité au fond du cerveau de nos peuples, et leur inlliienco sur les senti . ils el les
mœurs ne s'était jamais relâchée. Cependant, ce n'est qu’à partir .le la pleine expansi . lu
bouddhisme que les doctrines confucéennes propres acquirent une force considérable dan- notre
monde intellectuel.
Le bouddhisme fit sa première apparition il \ a i > |«> et quelques années, I on i « de
Kimméi Tènnau (55a), lorsque le roi Syèng nivèng de koudara niïril un Bouddha de bmn /• don
ainsi que des soutras, des bannières et des dais. I ou t d abord abandonne .1 bn-uieine p. œl,.ni
02 ans, il ne prospéra guère, mais à partir de la 1 >° année de BidaKou lèuuaii \\\ d- I
dynastie, 572-385), il se répandit beaucoup et transforma presque complètement ! 1 »... u !• l-m!
entière.
Ln résumé, pendant les qoo et quelques années qui se sont écouler» <b pni» q i in .
Tènnau s’est proclamé empereur jusqu’à la régence de 1 impératrice .limig<»u. <••»!-. lu I œ.,,
avant Jésus-Christ à 201 de 1ère chrétienne, le gouvernement est purement japon. u», I i l u v !
de la politique avec la religion est parfaite, la société, à tou» le» poiuU de vin <•»! j u .-t
alliage.
De cette dernière époque à Soushvoun Tènnau YWII' de lu d\na»tif. ss |, *
environ 020 ans, les Trois Ivan sont devenus nos feudataiivs. Pur suit.*, le» 1 . • I . ( 1 1 . > 1 1 -» . I . • v l
exercent une grande influence sur le gouvernement intérieur, le houddliisim t I- . ni 1
passent la mer, la médecine, la connaissance des temps, l'astronomie, h< , nb ni I !n ’ 1 , •
apparaissent et se développent, les mœurs et les goûts changent s.-imibb im ni | . • \ j . 1 . . 1 ,1
bouddhisme active particulièrement les progrès des Beaux-Art» et de» art» indu»! 1 n i»
Mais comme cette œuvre civilisatrice est en grande partie attribuable au\ étrun-. r» et .
leurs descendants, on ne peut pas encore dire quelle soil tnnl à fait comphle. •■■•p.-nilanl on | .. ,,t
déjà observer là en germe la civilisation qui doit lleurir plus de mille ;,n- après
CHAPITRE II
Evolution et caractère des Beaux-Arts à cette époque.
Beudant cette | »r<*in période, la civilisation élaborée dans notre il»*, dans ce .Japon occupé
par une lainillc sans mélange, est une œuvre absolument nationale. La forci' de nos armes suffit à
ranger sous notre domination les barbares rie race diiïérente et le royaume de Corée; par suite de
I avancement de l'agriculture, du tissage, de la sériciculture, le vêtement et l’alimentation ne sont
déjà plus grossiers. Les progrès «le l'architecture, de l’art naval, de la métallurgie, de la forge, de
la céramique, des arts du laqueur et du lapidaire prouvent que les choses de première nécessité
sont déjà assurées.
Les hommes de ce temps étant parvenus à ce degré de civilisation, le goût des Beaux-Arts
devait être assez développé chez eux; les vêtements et les divers ustensiles étaient décorés,
on recherchait la beauté* dans la construction des habitations. I ne fois parvenu à ce point, la
Heur de I art ne pouvait tarder à s ouvrir. Bien plus, notre pavsage abondant en sites splendides,
uns montagnes et nos eaux, par leurs beautés naturelles, émeuvent le cœur de l’homme. La variété
îles saisons, les Heurs du printemps, la lune d'automne, tout cela ne fournissait-il pas naturellement
un excellent fond d inspirai ions art ist iques. Depuis ce temps, quinze cents ans se sont écoulés, les
étoiles, les objets de bois sont tombés en poussière, les objets de métal sont presque tous rongés
par la rouille; mais dans le Kinaï et dans toutes les provinces qui l'entourent, à l’Est et à l’Ouest,
des milliers de tombes sont encore là, gardant au fond de leurs sarcophages de pierre les objets
faits de la main des hommes de ce temps. De ces anciens tumuli, les uns ont été détruits par les
éléments, \r< autres ont été violés par mégarde dans cet âge de chemins de fer. Aussi les trouvailles
d’objets décoratifs ne sont-elles pas rares.
l’n interrogeant ces objets, on voit que l arl japonais primitif, venant de traverser justement
I âge du bronze, forgeait alors le fer, et en fabriquait des sabres, des cuirasses et des casques
sur lesquels on plaquait de l’or et ou gravait des ornements courants. D'autre part, pour la fabri¬
cation des poteries, on se servait du tour et on obtenait des formes régulières. Enfin, vers les
dernières années de cette période, on savait fabriquer des verres blancs et verts, etc. Les vases dits
iwahibé, les armures et les pièces de harnachement surtout, sont d’une beauté de forme très
remarquable, et montrent que les art isans étudiaient avec soin jusqu’aux moindres détails.
Si maintenant nous considérons l’ornementation de tous ces objets, nous voyons que les
Japonais, naturellement amateurs de la sobriété et de l’élégance, ne compliquent pas les motifs et
n'emploient pas la couleur indifféremment, de sorte que parmi tous ces décors relativement
simples, il n y en a pas beaucoup d’intéressants.
En général, ce que nos ancêtres estimaient et aimaient le plus, c'était les choses d une nature
pure, à la fois claires et jolies, ou douces et brillantes, par exemple les miroirs, les armes ou les
étoffes et les soies. Il reste dans l’histoire des traces de l'estime dans laquelle, à toutes les générations,
on tenait toutes ces choses, et d’autre part, même aujourd'hui, on les offre souvent aux dieux dans
les cérémonies religieuses. On peut donc déjà se faire une idée générale du goût de nos ancêtres.
Nous allons maintenant aborder successivement l'histoire particulière de la peinture, de la
sculpture, de l’architecture, etc.
_ 22 —
CHAPITRE) III
Peinture.
Avant de décrire le développement de la peinture japonaise, il est indispensable de foin
connaître, au moins en quelques mots, les tendances naturelles que les fopow»» apportent d
En général» les Japonais manquent de force analytique et, sans espnt méthodique i oi
peu de dispositions pour les sciences. Par contre, ils sont comparative . . très d< du < I.
synthèse, et au point de vue des beaux-arts, par exemple, il- mil su trouver dans tout,- h- • In¬
de l’univers une matière infinie, et en tirer une conception générale q *r a permis merveilleu¬
sement de réaliser une beauté idéale et originale. Ce caractère ressemble, en somme, à «-laid. sCl.iim
mais c’est surtout chez les Japonais qu’on peut voir ces tendances à leur ap 1
peintres n’ont jamais aimé rendre exactement la réalité. Il n'est pas rare de le* von _i. . . I
clair-obscur et la perspective, ou ne pas tenir compte de 1 ouverture de I an- h- \\^\> !
Cependant, dans l’ornement et dans le dessin décoratif, les .lapon. ns ont .iit.-mt on * I * *\ • !• •;
pement extrordinaire : la variété abonde dans les motifs, et pourtant < •* courant d un • . i
dante ne se perd pas dans l’étrange ou l’horrible. Le soleil, la lune, h — inmg» — i l'ion i 1 !
monts et les eaux, les animaux et les oiseaux, les rochers, iU sont parvnus a - vit air- ■!•• t H ! ■
forme essentielle et à la fixer sur une surface; par l’emploi ingénieux du d — -m on 1
ils saisissent des parallèles ou font naître des contrastes et distinguent I. pi un ipal «!•■ I >
ou bien cachant le thème de l idée, ils le suggèrent vaguement au moyen d- ,pn Kpn ■ j
rapporte d’une façon détournée : soit qu’ils expriment l’adieu des Heurs i la u- d um un j odm. ; o
une fin de printemps, en jetant quelques pétales flottant au vent, m- >, j»ai an! on q.p'
papillons qui dansent et jouent, l’artiste montrant ainsi l’accord complet d*— Im-m-- i1 j
soit que, empruntant ingénieusement le sens d’une poésie, il" eomparent I a | «< ■ > i • 1 1 • I
aux nuages et aux brumes et la répandent sur toute la surface ; puis daim I- - mt- i vall. - , iC I t
apparaître, sous des formes très fidèles, des monts, des plaines, des nv<— d> mn- aux d* - m.n ■
ombragées, des personnages. C’est ainsi qu ils se plaisent à toutes sorte- def.iulamn - m_. n • • e
idéalistes. Aussi est-il dillicile de séparer nettement la peinture japonaise «|< la de. .nation . u . ||.
revêt souvent dans ses œuvres un caractère absolument ornemental.
Dans les temps modernes, et sous 1 inlluence de la civilisation occidentale. Imite la nal . n • pu
acquérir le sens scientifique et d un autre coté, j>ar suite de I ;qqiarilion reeenle de la |»emtui< a
1 huile, les traditions artistiques se modifient et peuvent sulnrde juolonds chaiigmmmts, mam pmqu n ;
la peinture japonaise na jamais puise ses idées exclusivement dans le réalisme. Car ".i < om . j*lion
gem raie, elle tend surtout a exprimer un beau idéal plutôt qu a eojuer les tonnes reelles, et elleoveelh
<i créei des dessins stv lises ou des motifs décoratifs. Aussi les arts de cette première période qui umh
révèlent l’idéal japonais pur et libre de toute inlluence extérieure, tout en étant . . . encore
dans 1 enfance, et dans la peinture par exemple, avant même d être arrivée à prendre forme, montrent
ils d’eux-mêmes cette tendance caractéristique nationale, et nous donnent-ils, plutôt que des copies
d’objets réels, le plus souvent des décors ingénieux
Ce que notre ancien art a peint avec le tàn-a ou d’aulres couleurs sur les étoffes, le l.ois, les
poteries ou les pierres, aussi bien que ce qu’il a gravé au couteau ou à lébauelmir dans le mêlai, le
bois, la pierre ou la terre, est compris ici sous la désignation . . mine de pointure, et nous
le considérons comme relevant d’un seul et même art.
r
Etoffes, bois, tout cela est maintenant pourri et décomposé ; d’autre part, les couleurs so sont
I;i plu pari du temps écaillées ou efïacées sous le frottement, do sorte qu’il no nous a été conserve (pie
de très rares luominuuils. Lest pour cette raison que les œuvres qui pourraient témoigner des
l>eau\-Arls de I antiquité manquent surtout en peinture. Quoi qu’il en soit, nous allons décrire ici les
rares exemples subsistants.
MONUMENTS
Ce sarcophage est décoré en vermillon de doubles et triples cercles concentriques, de triples
triangles et d ornements ; les uns, rappelant la forme d’un bouton de warabi ptcris aquilina , les
I iir. i. — (htxiMivrs sut UN sa it co pua (a-: pi: pic tut i-:.
r>
lit no nk.i, |)i< ' Wak.iiniya (arrondissement de lkonha, province de Tchikougo*.
autres ressemblant au caractère idéographique i cle, navires). Ces ornements sont en rangs ou
en semis irréguliers. Leur dimension moyenne varie de i pied, 5 à 6 pouces à a pieds. Ils sont
points à la brosse plate; les cercles, laits entièrement au compas, sont parfaitement réguliers.
Ornementation également en rouge, composée d’une vingtaine de motifs semblables formant plu¬
sieurs rano's. Ces ornements, d’une hauteur d’environ i pied, représentent les soldats portant les flèches.
a I
U<r,n'« gravées tlaiiK la «"Ml*- la -urfor** »*i
• Sarcophage de pierre. Id«'*ra mo,,rrt Ka,m ,llv
peinte en rouge.
• * ,i1>c <t <»lnpttos de terre, des in* *1 ifs du même
En dehors de ces exemples, on trouve peints, sur des statuetl ,
retire ; sur les poteries on volt aussi plusieurs vanetes de motifs grav. • 1
•■I On trouvera d’autres motifs, bien plus délicats, au chapitre des -/ «•,.
CHAPITRE l\
Sculpture.
Grâce à la solidité de la matière, les sculptures de la Imute antiquité mais ont • -té -
relativement en plus grand nombre que les peintures. Naturellement, o-s n*pr.-.nt,ti,.„. m s**,«l *|u.
d’une variété relative, les arts n’étant pas alors très développas Lft forme de
animaux est loin d'être parfaite; d’autre part, aucun monument ne n»m* n"">ti'’ • • ' n 1 - 1
tout à fait du réel, et, comme l’art égyptien, créant des êtres lant.^tiqm -
Il semble que la pierre ait été la matière le plus souvent •*inpl« »\ ••• r I * • " 1 1 > • p"1 ■ 1 .
aussi les tumuli d’une sorte de balustrade ou lianiwa *‘ii terre cuit* 1 M *1' 1
une série de piliers percés il un tmii Imii/onl ! p i < p.
traverse les reliant les uns aux mitre* et humant un • *reh
continu autour de la tombe. Dans ces lianiwa, *»n plant.nl un
certain nombre de ligures d'hommes, de quadrupède s i l d ni*« *.»«• \
en guise de piliers, (les sortes de terme* “«•ut * inune "<>u* b
nom de tatémono de lianiwa. Dieu *jiie t»>ii* suit nt »n t • rr« • « 1 1 i t • .
au point de vue de l’art, c’est proprement *b* lu sculpture. . t nmi.
avons sans doute là en g*erine la stnlumre d»* bm*, *b t « ■ r * • « i !
bronze qui s’est développée aux âges suivant" «• < -1 p. >urqu< »i m i
en parlons dans re chapitre. Nous donnons ci-des-.iiis • in« I qu- •*
exemples des sculptures qui nous mit ♦ -I» nmsi • i \ é -
MONUMENTS
Dette statue était primitivement à Iwatovuma, Nagmmm
moi ira Kamijsouma, lehikougo. Sous I e 1 1 1 pe r» • 1 1 r Kéitui Dimaii,
<dle fut mise avec d autres n la tombe faite pour b* kminilsouho
de Tchikoushi Iwaréi qui s'était révolté rt fut , bâtir; rette . . lie
avait tti faite du vivant du rebelle. Les reste* de celle tombe se
trouvent donc à Iwatoyama; on y voyait autrefois soixante «le
e s homim s de pierre avec des pavois de pierre, il y avait en
outre quatre sangliers et trois chevaux ; c'était, disait-on. la
garde de la tombe.
Un dehors de ees statues, on voit encore à Iwatoyama
quatre troncs de statues de soldats en pierre, très mutilées et
incomplètes; leur hauteur moyenne est ,1’environ j pieds. Aulnnl
On merenit dns t I , f °n ju£0I> ^‘s solilats oui des llèclies et des subies.
Jn apeiçoit des tiaces do coloration en roium 1 •. sl-itm. I , . , . .
une des plus complètes. . . "IUSI'" ""I"'1'1111 '“«t comparative . ni
J Ig. 5.
— Personnage de pi i: it n i:
Musée impérial .
Histoire de l'Art du Japon.
PI. I.
1
Q
o
Fig. i a 6.
FIGURES D’HOMMES EN TERRE
Trouvées dans un ancien tombeau du IIIe au Ier siècle av. J.-C.
6
Fig. 8.
OISEAU DE HANIWA
Fig. 7.
CHEVAL DE HANIWA
Statu; ni meure. Itchidjyau moura (Kamijsouma, Tchikougo). Doit aussi provenir de la tombe d’Iwaréi.
Ilauleur : 5 pieds.
Bien ( 1 1 1 o cette statue soit aujourd’hui extrêmement mutilée, si l’on s’en rapporte à un dessin fait
il y a )o ans, elle semble porter une armure. La facture paraît beaucoup plus soignée que celles des
statues d Iwatoyama; sous les bras, traces de coloration ronge. En dehors de ces statues, il existe
actuellement dans le château ruiné de Foiikoushima et dans h* temple Shyaufoukouji de la même
localité, quatre statues de chevaux provenant des reliques d’Iwaréi; elles sont sans tête ni jambes;
les armes portent des traces d'une ornementation sculptée. La hauteur connue est de 2 pieds 2 pouces
à 2 pieds > pouces; la largeur est d’un peu plus de ‘3 pieds. D’autre part, on a découvert à llirata
moura Takaïlchi, Yamato, quatre pierres sculptées, aujourd’hui déposées dans l’enceinte de la tombe
de la princesse kibi à Harata moura même circonscription . Elles représentent des hommes ou des
animaux fantastiques sur deux ou trois de leurs faces; l'étrangeté de cette forme nous fait penser
qu’elles ne sont pas d’une main japonaise. I) ailleurs la date n'en est pas certaine.
Enlin nous arrivons aux haniwa et à leurs tatémono ; le haniwa est, comme nous l’avons dit,
une espèce de balustrade en terre cuite placée autour de la tombe et comprenant des statues
il hommes, de quadrupèdes, d'oiseaux, etc.
D'après I histoire, Souïninn l'ènuau XL’ de la dynastie, 2q av. .J.-L.; yo de 1ère chrétienne),
lors do funérailles de Yamato hiko no mikoto, son frère cadet utérin an 2 de 1ère chrétienne’., touché*
des lamentations de ceux qui devaient le suivre dans la mort, abolit la coutume cruelle jyounshi ; plus
tard, à la mort de I impératrice Iwaçou himé, sur le conseil de Xomiçoukouné, il lit fabriquer des
statuettes de terre pour lui simuler une suite.
Telle est, sans aucun doute, l’origine des tatémono de haniwa. Ces haniwa sont aujourd’hui
cachés sous la terre; cependant dans toutes les provinces, à commencer par le Yamato, on en a
relire d’anciennes tombes. Les découvertes ont été surtout fréquentes dans les provinces orientales,
Moiiçashi, Kaudzouké, Shimodzouké, Shiinoya, etc. Nous allons ici en présenter plusieurs.
IM. I , lig. i . — S i m i i i ii Di Haniwa 'Collection Néghishi Takéka, Kaboutoyama, Monçashi). Hauteur : i pied 7,4 pouces.
Provient d’une ancienne tombe à Ohtani moura lliki, Mouçashii. — La chevelure est nouée
vers les oreilles; le vêtement à manches ajustées est serré par une ceinture; au dos est passé
un petit sabre; au pied on voit le trou d emboîtement de la traverse circulaire qui le maintenait
en place. Dans tous les tatémono le pied est ainsi fait.
IM. I. lig. ). St at 1 1 111 Di Haniwa Musée impérial — Trouvée à Ounémé moura (Sal, Kaudzouké).
Chevelure nouée vers les oreilles et entourée d’un cercle de métal; chapeau ; collier de pierres;
le pied est complètement mutilé.
| >| . I, lig. — St ait 1 t ti ni Haniwa Compagnie des Chemins de fer du Nippon . — Découverte à Souzoumé' no miya
l\a\\ ali hi, Shimodzouké).
Doit être une statue de femme; bien que la chevelure soit incomplète, on voit qu'elle est arrangée
en un gros rouleau. Plaque de rouge sur les pommettes et les yeux ; vêtement long à manches ajustées,
col croisé à gauche de la poitrine. En bas, un ornement assez long est attaché avec des nœuds peints en
rouge ; la saillie des seins est accusée; à la tête on remarque une parure de pierres peinte en rouge.
IM. 1, lig. — Statuette m H aniwa Collection Néghishi Takéka). Découverte à Tehyoudjyau moura Saïtama. Mouçashi).
Guerrier couvert d’une armure, sabre aux reins, et jambes mutilées.
PI. 1, lig. T — Stati ette di. Haniw a Université impériale, Amphithéâtre d anthropologie). — Découverte à Awoyaghi
(Namékata, 1 1 ilatchi) .
Femme portant un petit pot. Bien que la tête soit endommagée, elle semble coiffée en maghé ;
collier de perles ; un taçouk paraît passer des épaules sous les bras.
4
PI I n„ « _ Statckttr de Hanov* (Université impériale. A . . .
Découverte au même lieu que la précédente: représente un jeune iMttron prosterné pour
saluer. — La tête est coiffée d’un chapeau en forme de mitre.
PI. 1, r,g. - Chevai. dk IIamwa 'Musée impérial). Mautr.tr : » pied- I I""1" '
■a- . t;„„ |., nréeédente — L'ornementation, selle, etriers, mors, i>sl
Decouverte ail meme lieu que la pntimun.
partout complète.
Cheval de IIasiava Musée impérial . - Découvert à llatakéyama mnura »l~* . ma. . . . .
Tout le corps est brisé ; à la tète, à la selle, à la croupe, traces .l'un Imrnneli . -ut de parade
à la tête, masque de cheval. Facture assez délicate.
PI I fie. » _ Oiseau de IIamwa Ministère de la maisnu de IT.iupernir. servir, d. - t u.! . -
Le haniwa d’où provient cette pièce a été découvert dans la tomlm d«- I « r. ui njiuu ..
Fourouïtchi moura Minami Kawatchi, Kawatcliii. Probablement une oie hin.il;' ' 1 1 * •' d < ■ < • u \ * 1 1
d’autres pièces analogues près d Ounebivama en ùamato.
Tous ces tatémono ont été modèles en argile et nus au Imi mois . u i I r< prtqt.ir.il e ai i ■ ■ - !
œuvres si simples ciu’est sorti tout entier l’art des fabricants de sial u • * d 1 1 * n i . i r< • > 1 1 • • > i I « i
très remarquable, c’est l’expression de complète sérénité d « * tous - pcixmii.ii;' - • • . 1 ; 1
à penser que l’existence des Japonais de ce temps était paisible et lacib , • *t b ni- m • m- i i l -
CHAPITRE V
Architecture.
En étudiant les demeures de
tâtions : les cavernes et les cabanes.
la haute antiquité, il semble qu’il y a eu deux sortes d’Imlu -
Mais les peuples qui habitaient n<>u^ h*m* H;mt <b r.nv dilh-n ni.
Fig. 4-
Dessin dune maison d an riQrm;.
les cavernes forent abandonnées au for et à mesure de l’extinction ,1,. ces tribus; la construction tics
cabanes évolua et produisit enfin un type uniforme.
La figure 4 représente une de ces plus anciennes constructions d„ Japon. |),.v„nt et derrière
on croisait et attachait 2 nièces de hnk lu 1
pièces de bots sur lesquelles une poutre était mise à cheval. Parallèle, ..eut
à cet le dernière on plaçait d’autros pièces cl cela constituait la salle principale; le tout était recouvert
<1 un loil de roseaux, el e’étail tout. Ce genre <le construction se développant peu à peu, on planta
des poteaux, on lit un plancher, on arriva à faire la couverture avec un art parfait, et on finit par voir
naître I architecture d<* palais kyoudèn tsoukouri . C’est le style qu’on appelle pur slnninici.
Dans les plus anciens temps il n’y avait pas de temples. C’est <pie pour honorer les Kami, il
n y a pas besoin d'édifices spéciaux. Lors de la naissance, aux âges suivants, de 1 architecture de
temples, le style n’en était pas essentiellement différent de c<dui des palais de l’époque ; c’est-à-dire
• pie ces temples sont du style (pie nous appelons aujourd'hui pur shimméi. Si on désire connaître ce
style, on peut le voir au Taïhyo d leé ou au grand sanctuaire d'Atsouta.
Ces deux temples oui parfaitement conservé jusqu’ici le caractère de ceux de la haute
antiquité; ils a en diffèrent que par la beauté des matériaux, le soin de l’exécution et l’adjonction de
quelques ornements. Le plan est rectangulaire, les colonnes sont rondes et sans bases. Le long
prolongement des arbalétriers, les katsouoghi à cheval sur la faîtière, la couverture composée de
lignes droites, sont des traits légués par la plus haute antiquité (fig. 5'.
Le s/n /unie/ est une légère modification du premier style. Si l'on prend comme caractéris¬
tiques le prolongement des arbalétriers, la dérivation de la ligne droite pour b* toit et la présence
des l'ti fsouos*// /, on observe dans chacun de ces traits diverses altérations qui distinguent ce style
du précédent.
On rattache part ieulièrement au shimméi les a styles dits taïs/n/n et de Sounnyoshi . Cependant,
dans le shimméi, la façade» est parallèle a la faîtière hira), tandis que dans ces deux derniers, (‘lie
est en pignon tsounia . Il y a de* plus de légères différences de détail. Logiquement, la façade en
pignon doil être plus ancienne que la façade eu hira. Le style taishya doit être particulièrement ancien.
Dion qu’on ne possède pas encore de preuves solides de 1 influence de 1 architecture des Trois
kàn, elle a dù évidemment s’exercer plus ou moins sur l'art japonais.
Au temps de l'impératrice Jinngou, le Shinnra offrit les cinq couleurs: aussi dit-on que ce
fut là le commencement de. l’emploi des couleurs en architecture. Ninntokou Tènnau, d’après les
chroniques, suspendit la décoration du palais, donc à cette époque on devait connaître l’art de la
décoration architecturale. Le même Empereur fit, à ce qu’on rapporte, construire un pavillon élevé.
L'empereur Youryakou, d’après la chronique, éleva dea pavillons s aussi dit- . (uo déjà i cm
époques on construisait des palais vastes et magnifiques; certains voient juste . ni là un des fruits
de nos relations avec les Trois Kàn. Que cette architecture dût «tro d’un style composite coréen-
japonais, c’est là en effet une conjecture extrêmement plausible.
Quoi qu’il en soit, nous voyons encore que à oiirvakou Icnmni, jugmml qn« I . i u . 1 1 . 1 1 1 « . 1 1 ^ 1 1 1
d’Içoghi, simple serviteur de l’Empereur, avait outrepasse scs droit* • • 1 1 iiiriianl « I * - kat -un- in
sur sa maison, l’en punit. Ce fait clairement prouvé, il devient certain qm !• " pal o- a\an nt
alors des tchigbi et des katsouoglii et des toits a arêtes rectilignes .1 /orftnn, p< ni «m -npp - i
que ce qu’on appelle alors des liantes terrasses et des pa\illons a étages n était gm i * «<
que nous entendons aujourd'hui par ces expressions.
Ce qui est très remarquable à cette époque, ce sont les lombes. ( .<■ s,, ni J - tuniiili ■ n !
s’élevant en cônes aplatis ; le plan de certains est carré en avant et nmd • m arrn n pnt*n- I
sont entourés d’un fossé. Leur disposition est en général analogue a < Ile ,|-> t.mde - qn a 1 1 . i\.
dans toute l’Asie orientale. Au dedans (»st une chambre eu marnumn. nml en.i nt n j _ •
de pierre. Parfois, la chambre communique avec l'extérieur par nm - al- ri- d- t< mps . i. n j
les sarcophages sont d’un travail délicat.
En résumé, 1 architecture de cette époque ne fait pa- de dill'en m. n ■ , i ti- ( !
et les temples; tous deux procèdent en principe de la cabane de la ligure j t n <
graduel amène au style kouroghi-jimméi stvle slummei, bois mm imivi , . i ni> H'>u\. .m | . ; _ ? . .
style shiraghi-jimméi (shimméi, bois écorcé . Cependant <*e> matériaux, la plupart du t-mp- i t
pas travaillés très délicatement. Ils sont sans coloration ni orimim nlatiMii . ! • |,
rectilignes et sans la plus légère courbure. Les toits sont des roseaux de « h. .mm .m d - i . »
n’est encore là qu’une architecture extrêmement primitive.
CHAPITRE VI
Arts appliqués.
Les produits des industries artistiques du Japon, métaux, poteries, laques, tissus. . t.
°nt t,°UJ0Urs ,créés l,ar ,les arts indépendants, sans attaches . . la pointu . , I ar, I,
ds n ont pas suivi dans leur évoluti . . développe . nt . . emporaîn de oes «rte et nV
eub, influence de tous les instants. Leur» formes n’ont pas du . té entrai, . - «Un. un sens o
dans I autre par 1 art de la construction. Chaque artisan euivait I . . . générales du temps e,
été mise en mouvement par la peinture. Toutes deux ont leurs tir l, i ,
Tous ces arts rivalisent ensemble d’ingéniosité de conception \in il r v .
no <1 ni vont r.o. Af • ,, , b < ont < p! ion . Ainsi les objets d art industriel japonais
no doivent pas être considérés comme siiraioufnnt lo i . „ ■ v 1 • . J 1
industriels nnrt i ' 'mi a 1 industrie, mais comme des objets
industriels portant en eux-mêmes un caractère artistique. '
dans chaque localité, et il y avïï d^ToTp^ ^ ^
par la Cour est enregistré dans l’histoire. Tous ces artisans foi ’ I protection
plu. do formes ingénié,,», „ j, Wfe, . W* » . . 1
modèles do Corée et d, Clriee, il, nrri.èren, „ ££,'£££7 i '"-'"' . . f
assez de progrès. Si l’on compare les objets oui no,m r , , , . Mcclc a avoir accompli
de fabrication coréenne ou chinoise on v ' t r ’ C°tU! <’> ceux du même Age
<luo foi'raes’ "lotlfs et travail ont des tendances différentes
29
dnns les deux cas d n’offrent pas d’analogie. De temps en temps, des iwahibé, des dotakou de même
modèle ont été découverts dans 1(3 Sud-Pst de la Corée, mais, comme l’histoire garde des traces de
uns relations avec ce pays dans I antiquité, ces objets ont dû sans doute y être envoyés du Japon.
D'autre part, des miroirs chinois anciens ont été fréquemment découverts dans nos vieilles tombes.
Il n'a pas dn laisser d’y avoir une plus ou moins grande importation d’objets de ce dernier
pays, mais ils ont du venir à une époque voisine de Souïko Tènnau commencement du vil® siècle).
Dans la masse des antiquités, les objets indigènes sont les plus nombreux, et tous ont un caractère
japonais particulier.
Métaux. — Parmi les objets de métal, ceux de bronze, indubitablement, et même aussi ceux
de 1er ont été fabriqués dès les plus anciens temps. On voit dans l’histoire Soujinn Tènnau donner à
un forgeron l’ordre de fabriquer dix grands sabres, deux piques, deux arcs de fer et deux jeux de
llèches de fer pour les offrir au temple de kashima. Parmi les objets de métal découverts
dans les anciennes tombes, ceux qui ont les plus belles formes et
sont h» mieux décorés, sont les miroirs, les sabres, les épées, ainsi
que les pommeaux de sabres, armures, garnitures de harnachement,
cloches et certains autres objets dont l'usage n'a pas encore été bien
déterminé.
MOX IM K XTS
Pu bronze, de forme circulaire, le bord est orné (h* cinq lobes
saillants contenant un grelot : au revers, motif décoratif fig. f> . On a
découvert eu d'autres localités des miroirs de même (espèce. Jamais, en
Phine et en ('orée, les miroirs n ont été décorés de grelots. On a décou¬
vert un grand nombre d'autres miroirs ronds de forme japonaise, montrant
au revers, venus de fonte, des magatama ou des petits oiseaux.
Sabre fig. j>. Fourreau et poignée tout en bronze vert plaqué d’or
Fig. G. — MlIiOJIÎ A GIUîLOTS
(Musée impérial}.
Provient d’une tombe à
Souzounié no miya (Kawatchi,
Shimodzouké).
A la poignée, motif de
Trrr
Fig. suuii Mu'ir impérial1. Découvert à Korai moura l\ i ta Saïtarna, Mouçashi . Longueur > pieds - pouces.
plante grimpante en
en forme d'oignon.
pointillé. Pa garde, elliptique, est repercée d’un motif en roue. Le pommeau est
On a trouvé en divers endroits un assez grand nombre de sabres de ce genre.
O O
Fig. S, n. — Pommeau ni: saune
n
Musée impérial .
Découvert à Moghi moura (Xawa.
kaudzouké .
Fig. 8, h. — Pommeau ni: sanue
Musée impérial .
Découvert à Monaka moura X’océ,
Sctlsou).
Fig. 8, c. — Pommeau de saijiu:
(Musée impérial .
Découvert à Takaçaki moura (Maçoud-
zou, Sourouga .
Le pommeau représenté par la fig. 8 a , ornait le haut de la poignée d’un sabre : bronze plaqué
d’or ajouré d’un motif qui semble représenter deux têtes de phénix affrontées, tenant une gemme
— 3o
dans le bec. Hauteur .6 pouces, largeur .9 pouces. A la partie inferieure es. une petite
poignée de fer. . .
Fie. 8 b. Pommeau du même genre que le précédent, égale . -ni décor.' a j . . d une têt,.
de phénix.
Fie- 8 c. Fit forme de tête d’animal, peut-être de lion, mordant la poignée aii-dc~soii>;
également en bronze1 plaqué d or.
Casque (fig. 9). La bombe et la visière seules subsistent: le . . I les autres parties
sont détruits. Travail extrêmement délirai , « *11 1 i< * r« *in« I plaquo .1 ni
sur fer et bronze, ha bombe est faite d«* plusieurs dizain* -, de
plaquettes rivées. Sur la ceinture métallique, qui • •«d .1 1111 liaut.ui
de la bombe, est ciselé un motif «h* lignes ondulées * nemlr.ml
des animaux tîg. 10. 1) autre part, ;m >uminel, 1 . 1 j * 1 connu,
postérieurement sons b» nom de Imti Inm.mz.i | •< » r t • aussi un
motif décoratif: à la visière également, il v a un motif d* un i-.
Fig. <). — Casque Musée impérial
ajoure.
On a trouvé avec ce * a>qwe do> ormnnuils somldalil*- aux
chaînettes d un travail dulieat et aux aiitiu*. • » I » | • t ^ l.o_
Découvert à Iviyokawa moura (Mauda, . < 1- 1 t h* » . 1 .
Kad/oura) ’ ' découverts a htla moura lamana, lligo.dont imtis parlons plu*.
loin v. tig. 1 > : c’étaient peut-être des pièces d** l irnilui .ipp.tr
tenant à ce casque, qui devaient pendre du hatcliimànza "ii r la homb*\ Minuit a la . I . » 1 . <|. . . . .p
on possède des données certaines. En effet, on a trouvé récemment dans |., • - 1 1 . 1 n > I • 1 . • d j
tombeau de Ninntokou Tènnau Ohtori Idzoumi , lors de Icerouluimut « I • • la I . du i n lu
casque absolument semblable à celui de Ixivokaw.i,
avoir été déposés là lorsqu’on enterra la princesse Yata avec lui On un, il II,, i
obiptci do i/.\rAi7n . _ 1 L 11 1>P||I doue .admettre que les
objets de Kiyokawa moura sont de la même époque et datent . ,, . ,
bu tienne, cela permet aussi de conjecturer l’âge des autres armes.
I
Casqi'i Conservé
(< lukilia, Tchikougo .
dans le lemple <le Wakamiva liait liimân Trliikougo).
Découvert à Tsouki ga oka, Yosliii rnatchi
Ce cas([ii(‘ est encore de la meme Forme que le précédent. La visière et le couvre-nuque, ainsi
que le hatcliimàiiza, sont à peu près complets. Mais le métal étant plus de la moitié rongé, on ne peut
savoir si la surface portait une décoration. A la partie inférieure de la visière pondent plusieurs rangs
de petites chaînes au bout desquelles il devait sans doute y avoir des pendeloques rondes on en forme
de feu i 1 1 es de prunier.
Fig. ii. — Mous Musée impérial i.
Démuverl a F.da moura Tamaua. Iligo}.
Fig. 12. — Sonnailles dp. cheval (Musée impérial).
Découvertes à llodola moura (Commua. Kaudzouké).
Mors lig. il . 1er plaqué d'or; bord décoré de lobes à grelots; ornementation paraissant
iigurer un dragon.
Sonnailles de cheval lig. 12); fer plaqué d’or,
hiles sont de quatre à cinq sortes et de forme curieuse et
jolie ; les bords sont ornés de grelots. Travail soigné.
Chaînettes et pendeloques fig. i3 et i4 :
tressées en lil d'or pur : longueur 3 pouces et quelque
chose. Au bout pendent de petites lames en forme de
feuilles de prunier ; aux coulants sont attachées de
petites lames rondes; les
coulants eux-mêmes sont
ornés de petites perles.
Des chaînettes d’argent
du même genre avant été
O v
trouvées avec un casque
à Kivokavsa moura, il
*/
est à croire que celles-ci
ont été faites pour être
attachées à un casque.
En plus, on voit deux
autres plaques d’or pur
en forme de grande et
O
de petite feuille de pru¬
nier, décorées de lils d'or très lins. De petites perles y sont également fixées. Ces ornements
devaient aussi être attachés a des casques, etc.
Kju- il et I'. — ClIAINPTTIS l-.T PENDELOQUES P N FOU M K DP FEUILLES DK PRUNIER
D * *
(Musée impérial .
Découvertes à Kda moura Tamaua, Iligo.
3a
Cloches ;• celles 'de la f lus grande . F .
. . . . . . £* .
d'ailette piafs le boni, . . plat .'I assez grand ; - es miettes,
ainsi que le bouton, sont ornées d ornements ro.uls : . . nos
cloches japonaises sont tout a tau oui'
.. . • „ ^ l’Inrlies dôtakou ciment -elles
chinoises anciennes, Les » n>< n.
employées dans les camps ou aux fêles religieuses ' On ne le
sait pas très bien. De longue date ou en a trouve tant dans
le kinaï que dans toutes les provinces centrales. Leur Imlb- e-l
Fig. i5. — Cloche (Musée impérial .
Découverte à ühiwatani (Aoçou, Aurni;.
|.'L,t — Ci. tu ni Collection I .tkaok.i. I.i*liv«tu
1 Ô *
Trotivée «*ii ukl
variable; les plus petites ont i pied; les "ramies mesurent jusqu'à '> et «'• pi«*d- d- haut. nr I' it n-
la face extérieure [*orte, venues de fonte, dos espèces de d • > " ^ 1 1 1 ^ i ipp< h<nt I - « n ' • t * 1 ■
graphiques primitifs morphographes.
Sur les deux faces on voit, venues de fonte, toutes sortes < I • * mollis. Ce >onl, sin me I " d* «•
personnages paraissant, I un chasser h* cerf, I autre danser en Irnppanl du t imboin , un 1 1 . > i e ne ■ 1
un quatrième lever et brandir un sabre; on y voit encore» des tortues, des libellules, de«. I.en- .i
archers (fig. 16). Sur l’autre face, on a représenté plusieurs grues et tortues, ain-d que des p* i - « • n
nages tirant de l’arc sur des animaux; six bêtes posées en travers ligurent -'.mis donle relies qui mil
été tuées par les flèches.
Céramique. — L’art de la céramique était pratiqué dès l'antiquité. La troisième amie. «I.
son règne, Jimmou Tènnau, pour réduire les rebelles du Yaniato, lil prendre par Shihinetsouhikn delà
terre de l’Ama no kagou yama et faire avec des liiraga terrines pintes , des lakoiijiri bols , et des
pots, afin de les offrir aux Kami. D’autre part, à cette époque, dans le district de Ohlori en Idzonini,
il y avait des ouvriers habiles dans l’art de faire de la poterie; aussi dit-on que la localité* portail le
nom de Souyé no moura (le bourg aux poteries . Les poteries anciennes de toutes provenances du
Japon se divisent en trois espèces: i" vieilles poteries de fabrication japonaise; •>." poteries dites
nawamé (cordelées) ; 3° poteries dites coréennes.
Les naw amé sont des poteries fabriquées dans 1 ext rême antiquité par les t ribus étrangères
hahilanl les confins de nol re empire ; I <»s cordes et nattes do paille dont on se servait en les façonnant
v oui imprime des marques qui leur oui fait donner ce nom. Ces poteries n’étant pas de la main de
purs Japonais, nous n’en parlerons pas dans cette histoire. D’autre part, les poteries dites coréennes
romprcnueul autre chose «pu* des objets venus anciennement de Corée, car, dès l’antiquité, on en
laisail des imitations au Japon même. Ainsi, on peut voir dans l’histoire que du temps de Souïninn
I ènnau on labriquait a Kagami no liazama en Aumi des poteries dans le genre de celles du Shinnra.
Ces poteries coréennes sont en pâte dure, et leur forme, (pii n’est que celle d ustensiles d’un usage
courant , n’a rien de remarquable. Comme d’autre part elles ne sont pas décorées, nous les laisserons
également de cote.
O
Mainlenanl nous allons passer à la céramique japonaise propre. Les poteries japonaises sont
de deux ou Irois espèces:;! savoir, celles qui sont simplomenl passées au feu, les terres cuites de
lianiwa, les cercueils de poterie, les iwahibé. Les pièces simplement passées au feu n’ont pas subi de
cuisson complète. La pâte est lendre, la couleur rousse. Ces poteries comprennent des tasses, plats,
pots, el<\, de petites dimensions, servant aux usages journaliers. Il en existe beaucoup, mais elles sont
rarement décorées. I) autre part, les
lianiwa ainsi que les cercueils de terre
sont pour la plupart de pâte assez dure
cl de couleur rousse; certains sont
d’une terre noire terne.
Les iwahibé, ustensiles religieux
consacrés aux divinités ou employés
dans les cérémonies funèbres, elc.,
existent en grand nombre1; ce sont
n
des ustensiles d un usage journalier
plus ou moins décorés. La cuisson des
iwahibé est complète, la pâle csl dure,
la couleur cendrée ou brun clair, et
luisante; un certain nombre, par suite
de la nature de la terre, ont pousse au vert clair. Ils sont pour la plupart faits au tour et
dune forme régulière. Lnlîn, on y gravait à
l ébauchoir ou au peigne des motifs composés
de lignes courbes ou droites.
Cercueil fig. 17 . Bien que grandement
mutilé, on reconnaît qu'il est d'une forme rectan¬
gulaire; il a un couvercle en forme de toit; sous
u
le fond, il v a vingt-quatre pieds cylindriques. Le
corps est fait en deux pièces qui se joignent au
milieu : sans doute le four était trop petit pour
cuire en une fois une pièce de cette dimension.
La longueur est de ) pieds (*> pouces, la largeur
d’un peu plus de 2 pieds, la hauteur, y compris
le couvercle, de 2 pieds 8 pouces. Sur une des
petites faces est modelé un homme debout, con-
l i^. iiS. — ( ) u \ kmk.nts dkssi\i’;s si h i x cKRci’Kii.. duisant un cheval de chaque main; en bas, des
ornements ressemblant à des lotus fermés ; en
haut, un motif en dénis (h* montagnes. Tout cela est exécuté en relief plein, excepté les pieds
du personnage qui sont en creux lig. 18).
Fig. i-, — Chrcccm. Ministère de la Maison de l’Empereur;
service des tombes).
Découvert à Hirafoukou moura Aida, Mimaçaka .
On voit dans l'histoire que le Koudara, vers lVpoqu.* <>ù y '•'K'"
Sveng, avait envoyé
. . «* . . . - . .
suivis. Koma, an nord du 1. | . inaule, . . H* * . ' . . . “ .
constantes avec la Chine et .«bissait P-* - - - - W . T1T "
au régné
O
un lettré nommé Hi Bonnsliinn, et
dynast ies, on \\ ei, il
*
controverse anti-bouddhiste. I.'enqtereur Taowm, W->., t,,,"l,l"s
Je ioo non artisans et ouvriers des
vs lieux. On voit ainsi c*oiium*rit
mus
llcilllg
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f ) |0- Jj*l
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et
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oraison
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ld II 1 - llte
et
sur
ntion
lasseront
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1 é.ig II - lit
de COIll*
ert
sur
et la
Vertu e\ p
tiquaient
la
1 .M|
appelé
S les pii
iers tles
T
TMIS
de Kimméi Tènnau, on avait fait faire, dit-on, par
par d’autres, une histoire du royaume. Daulre pari, au 1 ' " 1 1
s’éleva une
fit rentrer les bonzes clans le monde. On rapporte <pie |
six provinces du Shantoung émigrèrent alors en Koma et ;
ces deux pays nous ofl rirent leur culture.
Bien plus, en Shiraghi par exemple, du temps du roi
était très avancée, car on écrivait 1 histoire du pays, <»u lan
d’après la musique chinoise pour nous la transmettre, on la\»>n-.ut l",l|i'nlll
bâtissait le grand t
‘35 700 kinn et dont
une émulation générale. Buis, c’est le tour du despotisme d<- Sm-.i ' 1 on
les Trois Précieux, aussitôt no
en tribut. De plus, tous ces
livres religieux, de sorte que
celle des arts et des industries. Des idées nouvelles d adimin-t ratimi
Japon, la littérature, le confucéisme, etc., et toutes ces nouvelle- i< ! • •<
notre société. En même temps, des hommes grands par la scieur*' ' t I
dans le nouveau temple de Ilaukoji; ce sont ceux qu’on 0 • 1 p p •
Précieux, Eji de Koma et E<;ô de Koudara, «pii liront l'édm.itimi d- Hiv . « > 1 1 • • K • m D M
offraient des livres, un calendrier, des recueils d'astronomie, d* g*-"gi • p 1 1 1 ■ . d- -
magie, et de pronostication. Les plus connus sont les bonze- d»- K • h ■ m m K , < 1.
choisi par la Cour comme instructeur des jeunes nobles. D.mli v-. \-i-~- ! I :
aussi bien cpie dans le confucéisme, experts en peinture « I • n ml, 1 . | j
première (ois la fabrication du papier et de l’encre, des couleur-, .nn-i qim lu 1 1
comme, par exemple, Dôntcliyô, le bonze de Koma. Ici- lui- ni les plu- • iniic ni-
hommes.
Parmi ceux que les laits nous montrent également comme h - plu- nnp..i t.oil - | 1 -
pni les conséquences historiques de leur mfl ueiice, il \ n «I aboril I .iuiba--.id' ur (,ii<' n«* ••un
1 1110 ko , envoyé a la capitale de la Chine, et qui ouvrit les relations directes ny. n< p i\- Il
paitit le 7 mois de la i5f année du règne de 1 impératrice Soiiiko, correspondant .1 l.i 1' imn •
la\eg de Tangti des Soin de Chine 007. Le \r mois de la i(V' année (>oN , Inntko revint de
Souï. L empereur Tangti envoya au Japon demander des nouvelles et porter de- pre-enl- -••-
S( 1 \ itcurs 1 <1 Slicts ing, etc. A leur retour, Imoko lut de nouveau noiniué ambassadeur,
011 lui adjoignit un vice-ambassadeur et un interprète, et on le lit partir «vit l'ninlMssmhmr
chinois.
Le savant ’tamato no Atalié l’oukouïnn, Iinaki no Ayabito . . bonze étudiant, et six
autres personnes suivirent l’ambassade pour faire nu voyage d'instruction. . .
Kouromaça qui dans la suite, lors de la réforme des années Taïkwn, lut le eouseiller de
Ilmpereur et lui rendit d’éminents services, le bonze Bina, Miniaboulchi Shvaiinn, percepteur de
entchi Tènnau, étaient membres de celte mission. Les relations furent' ainsi oflieiellomenl
ouvertes avec la Chine. Les rapports réguliers avec la civilisation de re pava en amenèrent
[introduction au Japon et préludèrent à l'imitation des choses chinoises dans les années Tuïkwn
Histoire de l’Art du Japon.
PI. II.
TABERNACLE EN TAMAMOUSHI
VIe siècle (temple Hauryouji, en Yamato).
-
m
-S
T'
?
H les périodes suivantes. La AY année de l’impératrice Souïko (618), Li Youan des Tang
renversa les Soui. La A année de Djyoméi Tènnau (G3o), le daïjinn Inougami no kimi, Mita
Soidvi, I * I a i j i n kouçoushi Lnitchi lurent envoyés tous deux à la cour des Tang. Les relations
avec l empire des lang commencèrent. Dès lors, sous les règnes successifs, des ambassadeurs,
d<*s etudiants, des bonzes sont envoyés en Linné et s’y succèdent en grand nombre; les idées
tdiinoises commencent à jouer un rôle considérable.
Dépendant, beaucoup de bonzes venaient toujours des Trois kàn; tous étaient reçus avec
laveur par les plus éminents personnages de la maison impériale, sans qu’on puisse savoir
clairement s ds prêchaient effectivement quelque doctrine religieuse.
Lu tous cas, ds parlaient des trois mondes, passé, présent et futur, ils entretenaient des
causes et des récompenses, le Douddba devenait le but suprême de toute vénération, et ils
montraient le bonheur et la vertu comme récompense infinie d’une conversion. Aussi, le peuple,
d«>nl les idées religieuses étaient extrêmement superficielles, qui voyait simplement dans les
hanii et le Souverain tout ce qu'il devait honorer et révérer, et, d’autre part, croyant que la
bonne comme le mauvaise fortune étaient toujours envoyées par les Kami, attachait une grande
importance aux cérémonies, s'efforçant d’appeler les bons esprits et d’écarter les mauvais, ce
peuple lut profondément louché. Il va sans dire que, à coté du bouddhisme, le confucéisme,
qui ne s appuie que sur la \ u* actuelle pour expliquer le devoir, (‘lait bien au delà de sa portée.
I lien plu s, la foi bouddhique est d’aspect multiple, ce qu’elle enseigne sur les prières à
faire dans la vie présente, par exemple, correspondait déjà aux sentiments des hommes de ce
temps, de sorte «pie cette pratique devenant presque toute la religion, le Bouddha et ses saints
étant, tout comme les Kami du Shiuntoïsme, des êtres actuels existant dans ce monde, on en lit
les protecteurs du pays et des peuples; aussi, le bouddhisme fut-il dès lors tenu pour la loi
/
nécessaire au salut de I Liât. Il faut encore ajouter que ses prédicateurs étaient pour la
plupart des hommes d’une haute vertu et que, particulièrement pourvus de ce sens pratique,
fruit d une civilisation réaliste, ils exercèrent en littérature, dans les arts, sur les métiers une
influence extraordinaire. Au point de vue abstrait, les discours profonds et sublimes du
Bouddha étonnaient les oreilles, et au point de vue concret, les statues imposantes, les
monastères magnifiques éblouissaient la vue. Gomment tout cela aurait-il manqué de toucher
des c»eurs toujours droits et simples.
Or bien (pie, avant celte époque, plusieurs générations d empereurs et de ministres de la
Lour eussent déjà embrassé le bouddhisme avec ferveur, le pouvoir (pie la nouvelle religion prit
sur les esprits tint particulièrement à I influence personnelle du régent d’alors, le sage et éclairé
Svautokou Taïshi, A' fils de l'empereur àoméi.
Le prince impérial, en faisant sa constitution en i ~ articles, la distribuant a tous les fonc¬
tionnaires et leur déclarant qu'ils devaient honorer les I rois Précieux, en voyageant dans toutes
les provinces du kinaï et élevant partout de nouveaux temples, en demandant a 1 Lmpereur de faire
peindre les images du Bouddha dans tous les temples et instituant les maîtres peintres de
kiboumi, du 'tanmshiro, de Soulmda, de kautchi, de Narahara, etc., en expliquant lui-même les
soutras et montrant que le bouddhisme ne va pas contre les idées religieuses nationales, en rassem¬
blant exactement en un tout les aspirations d en haut et d’en bas, en composant 1 histoire, écrivant,
et encourageant les études, il a bien mérité à la lois du bouddhisme, des lettres et des arts.
O
Shvautokou étudia même à fond la musique, lit faire % liâtes traversières, et, d’autre part, un
naturalisé de Uoudara, Ninashi, ayant introduit l’art de la danse kouré, le prince, avec l’assentiment
de l’Lmpercur, ordonna à tous les chefs de famille d offrir leurs fils, et frères cadets, a condition
qu’ils fussent valides et bien conformés, pour qu on leur apprît le tambour de koure. 1) un
autre côté, il donna l’ordre dans tout l'empire de jouer du tsoudzouini (sorte de tambour) et
:ï" i
î r a® c’est par la touche que I idée paratt .
i® C’est l’âme du peintre qui donne an . ... [es couleurs de toutes ch - doWent
faut dessiner chaque chose dans >> i • l, i>eu«<V ; 0“ ocsl en copiant les ««•Mvn~
s'harmoniser; 9 la composition rloil rc ordon...-' <1 . . ' '
Célèbres des anciens qu’on sepeneire e oui • aPn • . ,1e .1 . Umpe, OB pmi
Bien que . . ^ ta û 2“,^ . - . . ^ » .
se rendre compte des progrès <k al joréennes oui les imitaient n’égalaient
d'histoire. Cependant il est permis de croire . . , . „ „ . . . j, .
qui peut élr. dite la plus ancienne peinture, r . » . ' , “ ■ ' » . V
la décoration du tabernacle en tamamoush,, conservée dans h "M
allons en examiner la composition et 1 execution.
PI U. — TaBBIINACLF F. N ÏAMAMOl SHI (Kondau .In ll.lliryoil.il .
ni, .n que nous devions revenir plus loin sur ce monument dans h ■
lecture et dans celui des arts décoratifs, nous le décrirons ici . ' . . 1
‘ eB forme de temple, destiné à renfer . r une image «lu
Bouddha et dressé sur un socle assez haut. Il \ a des
peintures sur les \ faces du socle ainsi que sur les v«.|e|.
et lu face postérieure du tabernacle proprement dit.
La première face «lu socle r.pr.scnto une mlonitiou
Je reliques ; la face latérale «lr«»it«* illustr*- un ,lu
shvashinn bon «lans le Konkwau myaiiw.in U au hg 'i
et montre h> saint donnant son * eliarm l .» d«-v<»r« i .»
un tigre affamé; la faee «h* gnurlii» présente, ou 1“ «b
S caractères, les 'i stanres d iimx ati«m imimtiu n< «I*
tous lus <Mrt*s, loi d’e\tincti«»n «h* l'exii-huee. jm«* « «*n-
rUt ivo à l'extinction «l«‘ la vie, joii® d.m- I am antiftsciimnl .
la face postérieure r»*prés«-nt«» !»• mont M«-r«»u. L. p«m*
lares (les volets «lu t«»inpl«* ligurenl la b«aiitc suldiim « I •
différents Boseatsous; sur la fart* postéri* un* « r« pr«
s«*nl«*<* la pago«le «les nombreux tr«*sors taliaudan d
<*st «lit «lans les livres bouddliupus ipn* «lan®» le uioiith «I*
lu paix precieuse «le I Kst, um* pagod«* aux u«>inbieii\
trésors, liante de 20000 lieues, npparait loiljniirs .1 t « ïii I
endroit où la lleur de la Loi «'si e x p I i « p 1 « * « • . Ll»a«|il«* fa««*
«*st peinte au vernis; la gamme «onipreml > couleur"
noir, jaune, rouge.
Ln étudiant ees peintur«'s, on voit «pi «*l l«*s moi!
absolument idéalistes : les roelu's des l;ilais«*s pr*®st* n I « * 1 1 1
à leur «‘xtréniilé un allongiMiienl «Lins un sens 1 1 1 1 i < 1 1 u * « I
déterminé, les liges et les feuilles des planl«‘s sont,
elles aussi, alignées et miilonmsécs: les exl r« * 1 1 1 1 1 es
des vêtements des bouddhas et «les personnages sont
contournées de façon à présenter un caractère décoratif. Il soinbh
, -IV» . • 1 V r • 1 ■ "I 1 1
'g-
Pkintliuc du tabuiinaci.i: un tamamoi siii.
contournées ae laçon a présenter un earaciere oeeuraiii. 11 semnie (pu* de telles peiulur«‘S
ont été exécutées avec ] intention d’éveiller chez les spectateurs des idées extraordinaires <‘l «b*
faire travailler l’imagination, et l’on croirait <jue l’artiste a trouvé ces conceptions «lans sa loi
Histoire de l'Art du Japon .
PI. III.
K W A N Z É O N (Avalokitésvara, sanscrit).
Bronze d’or du VI* siècle (Collection impériale).
Q
1
|»< i sonnelle. Qu elles soient étranges, cela n’a rien d étonnant, car c’est là une caractéristique
naturelle de la peinture religieuse ; cependant, ici, pour exprimer une beauté abstraite, la peinture
a naturellement tendu a se faire décorative, C’est là justement ce qu’on peut appeler une tendance
caractéristique de 1 art au Japon, aussi bien qu’en Chine, en Corée, et dans toute l’Asie orientale.
, I '
- cm ainsi que nous voyons apparaître dans les peintures de ce tabernacle le germe de cette conception
est lu
uc.
lai tout cas, les Bouddhas et les personnages ont ici le visage ail ongé et les membres grêles.
IU sont dans h* genre <!<• ceux. que nous montrent les sculptures de style coréen de ce temps; d’un
autre cote, la composition et le coloris sont en général simples et sobres. Est-ce là dans toute sa
l'iiivic le style du temps des G dynasties? il est évidemment difficile de le prouver.
<(|1 I'* dans les vieilles annales du llauryouji que ce tabernacle servait aux dévotions de Souïko
lènnaii, et qu il a etc envoyé à ce temple lors de la démolition de celui de Tatchibana, et c’est
tout ce qu on en sait. 1 > i e n que l’origine de ce monument ne soit pas donnée plus en détail, comme le
style eu est tout a tait coréen, il faut croire que c’est l’œuvre de quelque Coréen naturalisé.
CHAPITRE IV
Sculpture.
E art de la sculpture, tout entier venu au Japon avec le bouddhisme, commença à progresser à
partir du règne de Souïko Tènnau. Avant cotte époque, la i6° année de Kéitaï Tènnau 022), un homme
des Léang méridionaux de Chine, chef d une compagnie de fabricants de selles, Kouratsouribé no
songouri Shibalatto, était venu au Japon ; il se bâtit à Sakatawara, district de Takaitchi en Yamato,
une chapelle toute simple oii il installa un Bouddha qu’il adorait. Ce fut là, eu fait, la première
apparition au Japon du culte bouddhique.
Ce lils de Shibatallo, kouratsoukouribé no Toçouna, lit pour l’empereur àoméi un Bouddha
de |G pieds. Ce lil> de façonna, Kouratsoukouri 110 Tori, sous le règne de Souïko, acquit une grande
réputation comme ouvrier en Bouddhas. D’autre part, après que, dans la 1 V année de Iviméi (552), le
roi du Koudara eut oll’ert des statues de Bouddha, des images de toute espèce arrivèrent peu à
peu de Corée.
Maintenant, ce qui nous reste de cette époque, œuvres de Kouratsoukouri no Ion ou statues
apportées de Corée, est d'une facture qui, en général, n’a pu éviter un caractère primitif. A l’examen,
I,. coup de ciseau, les plis du vêtement, etc., paraissent peu profonds; la réalité 11’est pas complè¬
tement rendue. C’expression et la pose sont d’un rendu enfantin; quand on considère cette exécution
si primitive, il semble qu’au début on ne connaissait pas le rabot et qu’on se servait simplement
d un petit couteau à lame droite. D'autre part, la décoration se mêle beaucoup à l’idéal : la
chevelure qui tombe sur les épaules s’enroule toujours aux extrémités comme une tige de warabi.
Ces extrémités du saint vêtement s’allongent également à gauche et à droite et se répandent en formant
comme deux nageoires. D’autre part, enfin, pour l’ornementation du socle, le bas du vêtement,
étendu intentionnellement, en couvre toute la surface.
Comme faiseurs de Bouddhas de ce temps, les plus célèbres sont d’abord Kouratsoukouri no
Tori, déjà cité. Il demeurait à Kouratsoukouri, district de Shiboukawa, en Kawatchi ; sur l’ordre de
l’impératrice Souïko, il lit beaucoup de statues et reçut d’elle un rang et un domaine. O11 nomme encore
un certain Mita de Koudara, qui fît, dit-on, le saint patron du Séçonji à Yoshino en Yamato, sur l’ordre
de Kiméi Tènnau, dans la 1 \° année du règne de cet empereur (:
monuments
ni, 8g. , _ Kwamüok P»l*is î-pérUl). - Broa» d'or h.ot .
Sur le bord du socle est une inscription disant que Kaç, Kohori k T.1 . -
mort l’année kanoto-i du cycle (48»), le / mois, le 10* j r, - àeux fils ont fa.t cette statu, et
implorent pour lui une heureuse réexistence. Cette année correspond à la p du rég . le S .
Tënnau, c’est-à-dire à 691. C’est une désœuvrés d’art authe . . - les plus . . . .
Le corps est très aplati, les bords du vêtement, les extrémités de la chevelure, et.
symétriquement à gauche et à droite, tout à fait cou . les nageoires de poisson. <
suivi par les peuples non encore civilisés pour faire des objets de . tal paraissant de forme pl
on courbait 2 feuilles et on les rivait bord à bord ; c'est ainsi qu'au début l-s -tuiu.'s d. ' ’•« .11. 1 d I -
debout étaient faites avec 9 feuilles repoussées minces, pour le devant, l’autre | 1 I.
assemblées et rivées par les bords; en procédant de cette façon primitive, il -
naturellement des deux côtés une forme ressemblant à des nageoires ou mb-tf.-* < - < r-. -
étaient arrangées en prolongement du vêtement ou en chevelure tombant** et «b*v.*n .. ut mu - tt
d’ornement.
La statue du Bouddha delà planche III, lig. 2, »*n bronze n p-m»-. . pi«»v 1 u 1 ! I
Ilauryouji et actuellement au Palais impérial, est faite ni n-i par c<* pm • »!,■ . ! . • I 1 r p ri- I a
2 feuilles de métal repoussées séparément et réunies: b*" f\lr.;mil.,< du \. t e 1 p
rivées. Cette ancienne forme a passé telle quelle aux statues de bois et aux bail- *• < ■ 1 ;
style étrange provient d'une survivance. De fait, un très grand nombre d an. i- n- I »
en Corée sont ainsi fabriqués; on peut donc penser que ce pa\> est b* In u d < - r 1 l: 1 1 1 • d- 1
arrangement ,
o
Pl. IV. — V voir l\ N K AV A NON Haill*VOil|i . ^ outil. clttllo . Un is. Ii, ml <> (o* 1 i » i
Cette statue, œuvre de Shyautokou Taïshi, est nommée “ statue «b -1 m.l nr initnr- lb . Ib .
toujours été considérée comme une image occulte et part iculierenieiit \ .n.-i n bl. I II* • 1 dm- b - *■
I
de la statuette décrite précédemment. Tout le corps est aplati, a gauche et a droite sont .1* - n _ 1
le diadème en bronze repercé montre un motif de plantes grimpantes très soigne I . \. * -it i *
Il y a encore un ou deux Bouddhas du mémo stvle parmi a S statues de bronze .1 or prunil i\ eineni
au Ilauryouji, actuellement ail Palais impérial. I) autre part, dans le trésor du llaiirvoup. romm d.m
(eux d autres temples ou dans des collections particulières, on en conserve un assez grand nombre
:
PL v; “ Shyaka et ses 2 acolytes Yskouavav et Yakouyai (Ilauryouji. Rondin). I ont. d. l.i /* I
sdint patron *Sli\aka est dore. Haut., \ pieds * pouces.
Une inscription gravée sur la gloire dit que la .31” année de Souïko Tènnau , Shvaulokou.
en accomplissement d un \*x*u fait de son vivant, et afin d implorer b* bonheur dans une seconde
existence, pour sa mère et sa femme, l a fait exécuter par le maître Khibakoiira tsoukouri obilo
Tori. Comparée aux autres, telles que la Kwànon du Youmédono, le Mirokou Boçatsou du
Tchyougouji, etc., cette statue est plus trapue et paraît d’un slvle un peu dilférenl
Ne serait-ce pas là le style do la Chine centrale transmis par Kouratsoukou ri no Tori ?
Parmi les statues bouddhiques venues de Chine sous l’empereur suivant, Tènlehi Tènimu, et
posterieurement on en voit un grand nombre ainsi trapues et d’un visage enfantin,
1) autre part, au kondau du Ilauryouji, se trouve une statue de Yakouslii lioçatson à peu près
du même style (les acolytes Nikkwau et Ghèkkwau ne doivent pas être de la même main), en . . b*
Histoire de l’Art du Japon.
PI. IV.
NYOIRINN KWANON (A valokitèsvara, sanscrit).
(Sculpture du VIe siècle. Temple Hauryouji).
l»K)ii/.(‘ ; le saiiil patron, don*, est de la meme taille que le n° 36 ; tous deux, d’après la tradition, seraient
ma'M (^‘ l()|i- On al firme aussi que ce Yakouslii Boçatsou est la toute première statue du
kondau.
.Micokoi koçatsuu ( I t'hyou^ouniji, Ilauryouji). — Rois, grandeur nature, assis une jambe pendante.
luen que relie statue ail toujours été le Mirokou patron de la secte llauçau, depuis l’antiquité
<>n eu lait aussi une image de Nyoïrinn Kwànon. La facture des mains, pieds, etc., est très soignée
pour une muv Te exécutée sous Souiko. Doit être rattachée à l’école coréenne.
Mutokoi iioc a i soi Kwaurynuji a Oud/ournaça, ï amasliim i. — lîois, liant., \ pieds } pouces. Même style «pie
la précédente.
lui dehors de cela, comme sculptures du temps de Souiko, il existe encore, appartenant à
S. M. I l.mpereur, une statue de bronze d’or provenant de l ancien Ilauryouji, datée de la 4e année de
Souiko (>0(> ; en >i amato, au llaurinnji une statut* de Kokouzau Boçatsou ; d’autre part, au Palais,
provenant de I ancien Ilauryouji, on consent* des petites statues de bronze d’or appelées les
|8 Bouddhas. Foutes ces œuvres sont célèbres.
CHAPITRE Y
Architecture.
Le Bouddhisme vint au Japon la 13e année de kimméi Tonnait Soga no Inamé,
dans l'intention d'adorer le Bouddha, consacra sa maison de campagne sous le nom de Moukawaraji.
Ce fut le premier temple bouddhique du Japon.
Il semble doue qu'il ne lit qu'installer simplement dans un bâtiment ordinaire une image
bouddhique, cl l'appeler temple, et que et* ne fut pas déjà un édifice de style coréen.
Soga m» Oiimako bâtit une pagode sur la colline de Obono ; ce fut là le premier exemple
d'architecture bouddhique an Japon. Après, Shyautokou bâtit de nombreux monastères tels que le
Sliitèiinaup , etc., et régla la disposition du garàn à 7 pavillons, magnifique par ses colonnes rouges
el ses toits bleus ’ ; cela donna une vive impulsion à notre monde architectural.
A cette époque, les garàn monastères n'étaient que des temples d’études ; d’ordinaire ils s’éle¬
vaient face au Sud ; aux \ cotés de l'enceinte il y avait '\ portes, est, ouest, sud, nord; à l’intérieur
v> pagodes, est, et ouest, ou une seule. D’autre part, une galerie limitait un espace carré; à la face
antérieure était la porte médiane; au centre de la face d’arrière il y avait le kondau, en arrière duquel
étaient rangés le kaudau, le jikidau ; à droite et à gauche de ceux-ci se dressaient la tour du tambour et
celle de la cloche, enfin au delà, sur les 3 faces, est, ouest, et nord, étaient les logements des moines.
Le kondau, habituellement à étage, s’élève au-dessus d un terrassement, le sol en est dallé de
carreaux de terre cuite, les salles sont pour la plupart à quatre piliers. Les pagodes de ce temps sont
généralement de 3 à 7 étages y compris le rez-de-chaussée), rarement de 9 à i 3. La porte médiane
<•( la grande porte Sud sont la plupart du temps à étage; il est de règle qu’à 1 une ou l’autre on installe
les rikisbi (gardiens du temple). D’autre part, dans les garàn il y a des bains ; parfois il y a 2 kondau,
l’un à l’est, l’autre à l’ouest. E11 dehors de cela, il y a toutes sortes de dépendances, telles que
magasins, etc. La figure 22 donne le plan théorique d’un garàn idéal à 7 pavillons.
Quant à l'architecture des temples shinntau, mais a avons sm * ll< • | 1 1 ' *n I
gnements. Cependant on peut sans doute admettre que, encore si celle époque, il> < «ml nni.i" ni 1* t \l<
de la période antérieure.
On ne sait pas non plus grand’cliose sur rarcliitecturc des palais. <»u lmu\e pourtant dans
F histoire de l’impératrice Kwaughyokou certains renseignements sur le Dnïgokoudèîi. D’autre pari
l’expression “ importes’ employée à propos du Palais lait penser qn a «*|,t l • ■ ** 1 M M 1 ’ ‘ ‘ ,in'
imitait celle des T’ang de Chine.
Cependant, l’impératrice kwanghyokon lit hàtir un palais couvait * • n j • 1 . 1 1 u 1 1 • * ^ | ‘ ‘ ' 1 lm| ' l'l'lh'
Fig-
22- — I N lJLA.\ DK S SEPT GRANDS
TMMPU S DI tlUIDIlAMX
ba,,,,,, voulut, sans y parvenir, compléter en couvrant le kyoudèn en tuiles; cela suffit . . . .
es palais du temps étaient couverts en . . et que les deux - mratri - yèront d’en améliore.
la . 01, St, -uct, on. En tout cas, qu’à cette époque on appliquât les règles du daïri. . . . . . .
IZT™ °0nStrUCti°" 1111 . . . ^ «t *886* dilficUe à croire . . dive.
eues '"""T CeUe, érqUe °St k P<?riodo 1-o-r la construction des lonipli, 1 . KH..*-
s Vie doi sons'd t mf ° , élflTnt’ SCmble-t-i1’ I- d«8 architectes du Koudara, le,,,.
' .'oitsans doute etre appelé style de Koudara.
Histoire de l’Art du Japon.
SHYAKA ET SES DEUX ACOLYTES
(Sculpture du VIIe siècle, temple Hauryouji).
.
«
X- „
'
MONUMENTS
l"Ml,M !<* gnran (l" Hauryouji on ATunato ainsi que les pagodes du Ifaurinnji,
lla,1,>«,uji rs* 1111 garun a j pavillons complet. 3 de ces batiments, le kondau, la
^ "V * nu di.Hir oui conserve sans changement jusqu’à ce jour le style du temps de
S
olll KO.
M.unh nanl, poui en résumer les caractéristiques, les colonnes ont un galbe qui ressemble à
1 donin s g i ' q!|e> ; ou pr(*fi‘re a I assemblage ordinaire les consolettes et petits dés à profil
11 ^nMI1' balustrade, les petits bois sont assemblés en svastika incomplète; la
b.iluxti.idi , • tant simplement décorative, ne comporte pas de plancher intérieur. Les toits sont d’un
i' 1 beu i' grandeur et I harmonie de leurs proportions donnent à tout l’ensemble
1111 ,I>IM ‘ * majestueux, il u caractère admirable et sublime. La planche A I donne une vue perspective
de ce kondau.
b;l planche II représente la chasse en tamamoushi qui se trouve dans b* kondau. Cet
"bjd , appartenant, réellement au temps de l’impératrice Souïko tant par le style que par les détails
'b' I execution, c-u en harmonie parfaite avec le caractère du kondau et des bâtiments analogues. On
I"11* N"ir 'bois ce lait une preuve concluante que h* kondau et les batiments analogues montrent
haïr ensemble le style du temps de Souïko. Cette chasse présente des garnitures en métal d’un
rtu|d eharnianl. Les mollis décoratifs de ces lerrures rappellent un peu l art byzantin ou arabe.
I ^ .Mitre part, parmi les mot ils peints à la litharge, certains évoquent le souvenir des plus pures
acanthes de style grec. Le public verra peut-être là une rencontre fortuite des arts d’Ürient.
(.♦•pendant, cette ressemblance pourrait amener à croire qu'il u est pas impossible que les arts
d (trient et d Occident se soient rencontrés quelquefois. On voit encore dans le kondau des peintures
murales, des statues, des dais, tous présentant des motifs qui rappellent certaines tendances de
I art indien ou grec.
Oaiis les deux temples du Haurvouji et du Tan kiji, les pagodes à étages sont absolument
du même style et de la même exécution que le garàn du Haurvouji.
Le garàn «lu temple des Shitennau, en Settsou, nous a bien conservé, par la disposition de son
plan, les caractéristiques de cette époque. Sur chacune d«is faces, une grande porte s’ouvre sous un
vaste portique carré*. Dans la face principale, une porte intérieure donne accès dans l’enceinte où se
trouvent une pagode à cinq étages, puis un kondau, et ensuite, par ordre de succession, une salle de
prédication, un oratoire, un réfectoire. A droite et à gauche de la salle de prédication, le beftroi et la
tour du tambour s<* répondent symétriquement. Mais, à 1 élévation, on observe quelques différences.
Ainsi, le kondau a un toit en pente débordante ; le kondau et la pagode, au lieu de ksumimono,
ont «les consoles sculptées. Au contraire, certains détails ont conservé les caractères de l’ancien
style du temps de Souïko.
Industries artistiques. — Jusqu’au règne de Souïko, la décoration, ainsi que les arts du
métal, de la céramique, etc., avaient bien pris quelque développement; mais, lorsque le Bouddhisme
arriva de Corée, toutes sortes de procédés furent transmis. On sentit la nécessité d’un art majestueux.
A partir du règne de cette impératrice, les progrès redoublèrent. Comme œuvres des industries d’art
de ce temps, nous possédons encore le Tengaï (dais) du kondau du Hauryouji, le reliquaire en
tamamoushi, la bannière en bronze d’or, etc. En étudiant ces monuments, nous voyons que leurs
formes toujours compliquées attestent une recherche ingénieuse. On peut supposer qu antérieu¬
rement à Souïko, les objets décoratifs de grandes dimensions devaient être rares. Les arêtes
rectilignes dominent : on n est pas encore parvenu a manier la beauté des couibes. Quant au
coloris, il n’atteint pas encore la
nuances multiples n’apparaît pas
variété. On se borne à dos tons primitifs, et I harmonie «1rs
encore. Cependant les motifs décoratifs sont connus selon
une ordonnance déjà développée. Les entrelacements de
1 jones se détachent harmonieusement sur une surface déter¬
minée; et les proportions, établies avec justesse, ne laissent
aucune impression d incohérence ni de dooidit*. *vHmhI
aux procédés, les artisans du bois ne connaissent pas le
rahot : c’est avec des outils en fer de lance qu ils travaillaient
le bois, en sorte qu'ils ne pouvaient obtenir des surfaces
parfaitement polies. Pour les broderies, le lil étant irrégulier,
on n arrive pas à une grande délicatesse. La céramique m
servait pas encore de l'émail; on ne produisait pas de (orne >
originales. Lu somme, la fabrication ne semble pas différer
de celle de la période différente. Lu revanche, la fonte et la
forge se développent d une laçon remarquable . et h -» « i*'*‘
leurs, les repousseurs, les nndleui's, tous egalement maître-
en leur art, arrivent à une belle exécution.
Métaux. — Dans la période précédente, ou a\ait
produit en abondance les sabres, les armures, le*- < apa-
raçons et d autres objets d équipement de guerre. A 1 1 ^ 1 l'>
artisans du métal sont-ils en possession d nue e\e< itmn de.
rative plus belle et plus développée que celle de beaucoup
d autres arts. Aussi, dés le début «le I époque qui suit la
fonte des statues bouddhiques, ils fabriquent des nrnement-
de toutes sortes avec une habileté qui \ i s accroissant de
plus en plus.
Objets d’art. (bande bannière, dais en hron/e
doré fig. . — Palais impérial. Autrefois à llaiirvouji.
Lette bannière, qui était destinée à être accrochée au plah»nd
du temple, longue de (*>,n ,<>(’», eu bronze doré*, est formée
de six plaques réunies à charnières. I lie est maintenue par
un dais aux bords duquel pendent de petites draperies et
pendeloques. La décoration de la bannière ligure des plantes,
des Heurs, des nuages et des emblèmes. Lu outre de celle
bannière, certains objets du kondau du llaiirvouji, comme
le tabernacle en tainaiiioushi, portent des garnitures métal¬
liques ajourées et en partie ciselées. Les entrelacs de Isoii-
roukousa, dans leur diversité cl leur compilent ion, gardent
une certaine unité. Leur arrangement est harmonieux et
(l 1,11,1 proportion heureuse. Certaines auréoles de llouddhus
en lu onze d or présentent une décoration dans le même genre,
soit repoussée, soit venue à la foule, soit ciselée.
Ibg- 2 t. — Jvr K M)A H I) K N lllîoxzi; Do lu’.;
Tissus. — Le
la soie et le chanvre.
lapon, dès qu
o i — — u m.uuu,ucmum au molli (
également à trame de couleurs diverses. Sous le règne de Y
1 civilisé,
fabriqua
en fils de
1 son* de
tissus de
rliaux re
, 457-7;,
de 1ère
Histoire de l'Art du Japon.
PI. Vf.
KONDAU
iWm
(pagode dorée de Hauryouji, à Yamato).
(Architecture du VIIe siècle}.
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chrétienne ' un tisseur do brocarts Divunnn r... , , , Ir .
’ * na’ 'uf aPPe^e (^u Koudara et inaugura la fabrication rlu
brocart a Momolmra en Kauvntclu. Plus tard, on demanda -les tisseurs à la province ,1c Wou Yo en
h"T "SS,‘r ''a>'a " l'inokoumano, en Yamato. Dès lors, la fabrication des tissus
broches se développa progressivement. Parmi les vieilles étoffes conservées à llauryouji, on peut
reconnaître des tissus brochés de cette époque.
nnnnl a la broderie, on ne sait pas exactement à quelle époque elle s’est manifestée. Souïko,
en la i L année de son rècme, (il exécuter nno hrnHnrm ,l„ /. m «e , . , , ....
* ’ ultîI ane Drodene de |m, ho représentant une scene bouddhique.
I )es lois, < >11 luoda beaucoup de sillets houddhumne ni ton noni nn * ? , . • 1
I uj ijuiKKimquc s, et i on peut croire que c est a partir de ce moment
que se développa l arl du brodeur.
MONUMENTS
iuh .m, qui n pi < Mute le I ai adis, a <*le exeeule eu la >o' auuee du règne de Souïko 622},
a la mon du prince SI, van Tokou, sur la prière de sa femme Tatchibana no Iratsoumé, qui désirait
avoir mie irnape du I aradis ou etail aile son epoux. Le dessin en fut commandé* à des arlistos, et,
selon 1 inscription qu elle porte, la broderie
fut exécutée par le travail collectif de
toutes les femmes du palais, (le rideau
brodé* était primitivement double. Chaque
partie mesurait i(> pieds. Le fond est formé
de deux tissus : gaze pourpre et (nja jaune.
La broderie, en fils blancs, rouges, bleus,
jaunes, vert, orange et pourpre, dessine
des Bouddhas, des personnages célestes,
des palais, des Heurs, des oiseaux, etc.
D'autre part, on y voyait cent hexagones,
brodes chacun de caractères en tout
ion caractères) formant l’inscription qui
relate 1 historique de son exécution. Ce
rideau s’est détérioré peu à peu. Il 11 en
reste aujourd hui que quelques fragments,
qui permettent de voir des Bouddhas, des
personnages, des palais, des hexagones.
Lr tout nITre une surface d'environ 2 pieds 8
en carré*. Cependant, d autres fragments
de cette broderie ont été conserves en
divers endroits. D’autre part, comme il en existe aussi d’anciennes copies, on peut se faire une
idée de son état primitif. La composition relevait d’un art idéaliste et comprenait une certaine
quantité d'arrangements décoratifs ingénieusement inventés. Ainsi le siège du Bouddha était fait
de Ileurs librement interprétées, et les bords ( 1 1 ( 1 § zarres*
l/étrano-olé n etail pas un des moindres caractères de l’œuvre. Indépendamment de ee rideau, on
sait qu'il exista d’autres broderies au temps de Souïko. L'impératrice llasbi liito, mère de Shyau
Tokou Taïslii. el la princesse Knshiu Adé Oho Iratsoumé, sa femme, brodèrent ensemble une
bannière bouddhique qu'elles donnèrent au Hauriouji. Ce qui en rosie se trouve au palais Impérial.
Le stylo de cette broderie est simple, et l’exécution en est extrêmement délicate.
Fig. — Rideau drodé Mandara du Ten you kokou, llauryouji
■
■
'
■
LIVRE III
Époque de Ten tchi Ier. - XXXVIII (668-71).
CHAPITRE PREMIER
9
Etat social de ce temps au point de vue des Beaux-Arts.
Los I >eaux- Arts, < Ion I lo développement avait commencé sons limpératrice Souïko, liront
•le grands propres au lemps do l'on tchi EL II faut attribuer cette évolution aux méthodes de
gouvernement ol aux iidluences extérieures.
bu «‘Ilot, vers les dernières années do la période précédente, le gouvernement de clan avait
mi*' lo eouible a s»*s défauts. Le Haï jinn Soga exerçait avec une insupportable arrogance le pouvoir
transmis depuis îles siècles dans sa famille. Dans le pays des Koumi tsouko, agatanoushi, etc., les
< liofs lurbulonls, si* retranchant dans leurs domaines, ne travaillaient qu’à leur fortune personnelle,
en sorte que cette période est à peu près comparable à celle des royaumes combattants en Chine.
Cependant le prince du sang Xaka no Uhué plus tard Ten tchi Ipr), d accord avec le naka
lomi Ixamatari el quelques autres, haïssait la tyrannie de Soga, et ne demandait qu'à réformer
I administration oligarchique et faire table rase des effets pernicieux qui en résultaient. Ils prirent
soudain les armes et liront expier ses crimes au Daï jinn Soga no Nousca.
I ne fois le gouvernement débarrassé* de ce personnage, il s'agissait de faire de nouvelles lois
pour remplacer celles qui étaient précédemment en vigueur, lai outre, depuis l’avènement du boud¬
dhisme, soit parce que nous sûmes les attirer, soit par suite de troubles incessants qui désolaient
la péninsule coréenne, les bonzes arrivaient dans notre pays en rangs pressés, apportant avec eux
les sciences, les arls, les industries, les métiers. Ce fut quelque chose d'analogue à l'exode, vers
l'Occident d Europe, des savants byzantins, fuyant, avec leurs manuscrits anciens, les convulsions du
I >as-Lmpirc.
Luis, sous le règne de Souïko Ier, des ambassadeurs, des étudiants, des bonzes savants
avaient été envoyés en mission en Corée; et, dès lors, la civilisation développée sur le sol chinois se
précipitait comme un torrent sur notre pays. Ainsi, les connaissances humaines progressaient; la
littérature, les arts 'se développaient. Les caractères, jusque-là simples et frustes, subissaient de
notables modifications.
Ce fut sans doute en cet état de choses que le prince impérial Makano Ohyé, Ixamatari et
quelques autres personnages présentèrent à l'empereur Kan Tokou W •>" - . re
exposant les desiderata des hommes éminents du temps. Le prince ««pénal, Kamatan, se proposa,»
de longue date de copier le système chinois de concentration de l’autonté. P . . «â pre. . re fo.s. on
institua une dénomination des années; on abolit les fondions de Dm j.nn d d '.mj., , .
remplaça par celles de Sa Daïjinn, ou Daïjinn, et de Naïkwan. On régla les préséa, s de rang; on
établit les huit ministères et les cent fonctions; on lit le recensement : on . . . une loi agraire
on répartit les impôts; on modifia l’organisation militaire; on fonda un systè. . le promotion sur le
mérite. Enfin, on abolit ainsi les lois et les coutumes antérieures; et le paya pri» ainsi un asp
nouveau.
A partir de cette époque fut aboli le système de Hérédité des métiers. Les fonctions furent
attribuées à ceux qui montrèrent le plus de capacités. Cest ainsi qui I'" ,l" urs ' banl ni •!
profession, hommes ou femmes, lurent pensionnés. On ivrlinvlm il'" Ihumum ^ * I • ldi- ni <t * * • i h"
encouragea. On donna des vêtements honorifiques à des poètes, ou un litre de m dd.— •• h des arti-t. -s
Toutes ces mesures, perpétuées d»1 génération en génération, cniitrihm’ivnt pni--.'iiiiii' ut 1 ^
sement des talents.
Aussi, bientôt, les beaux-arts et les industriels, placés dans les comblions h*s plu- l.»\ » »r.» I > ! . -,
se montrèrent fièrement dans tout leur éclat printanier. On voulut rriinii\»d»*r les m-l il ni nuis " 1 I-
modèle de celles de la Chine. Il était de toute nécessité de posséder un corps de loi- • <1 1 1 - - Vi--i
Tèn tchi IPr, à son avènement (3ji , donna à Komatri et à d'autres I ordre d ebiliorn pour la pi n e i>-
fois un code. Ce code, refondu sons le règne de Temmoii I" XL, 67 >-f»Nli et de I 1 1 n | 1 1 1 • I» 1 > I
(XLÏ, 69 0-702), fut envoyé à toutes les administrations.
Plus tard Mommou Ier XL, 67I-707 procède à une seconde révision »!♦*> lois I i ♦ • 1 1 1 > * t b < oip-
de législation et l'organisation administrative étant solidement établis, le d • • \ • 1 - > j » | • m. ni .!• - b t’o
et des armes étant poursuivi énergiquement, I influence impériale - étendit -nr f ni' - b p j ni 1
Vers la lin du règne de Shomou Ier XXV, 720-706 , une paix profonde ilnimni le- p pf I r.inqni 1 1- -
et heureux.
Au point de vue des arts, il faut remarquer, dans I ouvre de réglementai n >n ,t. b - ■ \ . • | 1
Mommou I", la part faite à la peinture. Une administration de la peinture lut instituée, ,, |,( y 1, ,|.
laquelle furent placés des maîtres en cet art. C est, dans I histoire de la peinture, un fait imp ut ni
qui sera étudié plus loin.
Lors de la réforme de laikwa, sous l'empereur Kan Tokou \X\YI , se manifestèrent d'¬
hommes remarquables, tels que le prince du sang Nakano Ohé, h* nakatomi Kamatan, le bon/e Uni,
Taka Nonkou, Ixouro Maro, etc.
Bin et Kouromaro étaient allés en Chine faire des études sous les Souï et les I aug la*
prince et Kamatari avaient eu pour maître Minaboutau Shyau, qui avait été en même lemp- buu
compagnon de voyage et d’études.
La 1 efornie de faikw a subit entièrement 1 influence de l esprit des I aug. La morale de leurs
philosophes et leur civilisation avaient imprégné les précurseurs japonais et particulièrement nos légis-
lateurs. Tous ces hommes imbus de confucéismo, une fols installas nu pouvoir, puisèrent dans
doctrine leur idéal de cultui e et de gouvernement ; et les sages empereurs des générations suivantes,
adoptant également la doctrine confucénnc, lui empruntèrent les principes sur lesquels il- établirent
le corps complet de législation. Par une conséquence naturelle, les relations avec lu . . liront
que devenir de plus en plus actives.
C’est ainsi que Kau Tokou I- (XXXVI) nomma ambassadeur en Chine Kisl.ino nagani, qu’il lit
accompagner de cent vingt et une personnes, parmi lesquelles se trouvaient l'étudiant I lino Ol.ilo,
iant bonze Dansho, elc. D autre part, une ambassade particulière comprenant cent vingt et une
personnes et ayant à sa tête Takata no Nemaro fut envoyée aux Tan'-.
L( s deux ua\ircs portant cos ambassadeurs partirent ensemble. Celui qui portait Nemaro et
sa naufiage et ne parvint pas a destination. L’année suivante furent envoyés encore des
ambussad» ms . I uka moukoii Kouromaro et Kawabé Omimaro. Ils s’embarquèrent sur deux bateaux,
<1 apiis une longue traversée prirent le chemin du Shiraghi, et enfin arrivèrent à la capitale des
I ang : Teliang ngan (Tchyan an).
<bi était alors dans la )' , année Nounghwéi de Kaotsoung (Kausô). La civilisation des T’ang
II aNa^ l'*,s '‘ncorr al teint son apogee. Leur capitale, Teliang ngan, étant placée à la limite de là
Chiiii1 du Nord et de la Chine du Sud, c était là que se rassemblait l’élite des deux races pour s’y
« I ispii f oi la palme de la haute culture intellectuelle. Kaotsoung, son fils Shemin, et les sages
I oujouliwei, \\ citcheng, lang llinen ling, etc., brillaient au premier rang. La fortune souriait
a ‘ rl ,,|nl,||(S la splendide civilisation des T’ang commençait à rayonner de tout son éclat.
Les voyageurs qui passaient par ce pays, lettrés, ou savants, ou étudiants, s’émerveillaient de
celte gloire, et, a leur retour au Japon, ils rapportaient un bagage de connaissances nouvelles, et des
livres, des o*uvres d art ou des instruments précieux. Il est évident que ces importations contribuèrent
beaucoup au développement de notre civilisation.
l'I ns tard, la V' année de Tèn tchi Ier 'XXXVIII, 664 aP- J--C , le Japon était lié avec les
I ang par une amitié naissante. I n ambassadeur des T’ang vint à la cour et présenta ses lettres de
creance. Il apportait des produits de son pays. Des relations directes s’établirent alors entre la Chine
et le Japon. Des objets d art et de I industrie chinoise furent importés en grand nombre.
A celte époque, le Bouddhisme üorissait en T’ang, qui était avec l’Inde en relations suivies. De
no ml >reux voyageurs rapportaient de T Inde des livres et des images bouddhiques. Mais l’Inde, à la suite
de In campagne d Alexandre, avait été pénétrée par linfluence grecque, que ses arts subissaient
déjà . Les Chinois rapportèrent des spécimens de cet art hindou mélangé d’hellénisme. C’est pourquoi
I art des I ang a une teinte grecque, ht il semble que ce qui vint des T’ang au Japon à cette époque,
et notamment les images bouddhiques et les instruments du culte, comprenait un grand nombre
d objets de si vie indo-grec transformés par le sentiment chinois.
On voit donc que nos relations directes avec les T’ang ont amené dans notre développement
artistique des (déments complexes. Quoi qu’il en soit, ce fut plus tard, sous l’empereur Shômou (XLV,
7 > j-; jS que se lit sentir le plus fortement l influence des T ang. A l’époque que nous étudions, c’était
surtout celle des Souï qui agissait sur le Japon.
Il v avait à cela deux causes : i° Les Li, devenus les T'ang, venaient de succéder aux six
dynasties. Le nouvel empire n’avait pas encore un long passé; aussi l’éclat de sa civilisation et de
ses institutions était plutôt la dernière lueur jetée par les Tch’en et par les Souï. La culture qui fut
1 ; i gloire des T’ang ne s’était pas encore manifestée dans sa plénitude; a0 les Japonais qui avaient
fait des études en Chine, et qui, depuis la réforme de Taïkwa dans le gouvernement, avaient
transmis cette culture chinoise au gouvernement, à la littérature, aux arts, ceux a qui revient
le mérite d’avoir établi ces relations directes ou indirectes, avaient tous terminé leurs études
sous les Souï.
Après un premier apaisement des tempêtes qui avaient bouleversé le monde chinois, Indivision
s’était mise entre les cours du Nord et du Sud. Ce déchirement dura deux cents ans. Il fut réservé à
la dynastie des Souï d’unifier l’empire, et de permettre ainsi un développement remarquable delà
civilisation. Wen-ti Souï 089-600) et Yang-ti (Souï 600-617 se distinguèrent par leur ferveur
bouddhique.
Wen-ti éleva cinq mille temples ou monastères ; il employa une foule d’érudits à traduire une
quantité considérable de livres canoniques. Plus de six cents mille statues de Bouddha, en bronze
d’or, furent exécutées, sans compter les réparations de vieilles images.
Yang-ti, en lui succédant sur le trône, eut aussi grand soin de faire restaurer les livres anciens
02
et les vieilles images. De nouvelles statues furent fondues <•( ■•'•|uimlucs a ,.rolus . m.I- ».•«,. U,
commanda la construction de nombreux navires, envoya cent mille . mes de . . en
nn canal, en sorte qu’on pût communiquer directement par . . mu de rchang ngan à Nang Chéou
Dans sa capitale, il fit exécuter le parc oeci.Ienlal dans lecpnd le luxe . . igml un .•Mraordin.iin.
développement.
A peine une trentaine d’années s'était-elle écoulée que la dynastie fui renverser. Cependant
sous cette dynastie, comme sous les six autres qui la suivirent, le Bouddhisme — . itra dot issant
«/
et l’élan de la civilisation conserva sa force.
Nous. verrons dans nn chapitre suivant comment et à <pml point la d\na-f m «h Smn, aiu-i qn>
celle qui la précéda, ont influé sur notre art. D'autre part, sous EinipératrireSaï mm \\\ \ II, 6 Y. GGi .
le Shiraghi, le Koudara, le Koma tombèrent aux mains des I ang. X‘>m- pa r lions < *< »in j • I • i. n t i
suzeraineté des trois Khan, qui cependant nous redoutaient, se déclaraient m>> **t\ • ai - ■ ■
cessèrent pendant plusieurs générations de nous payer un tribut.
La population qui survécut à la dislocation du Koudara s.* .lmp, r-,i «fin- t.mlo I. - pi"\Mi- •
Elle répandit sa civilisation et ses arts: elle devint aiiM un iusl ruin.-n t <h < 1 « -\ • ' , y ■ ' p 1 I-
classes supérieures et contribua à nos progrès.
Tous les empereurs qui occupèrent le tronc à partir de L u L in I WW III. te, S i.-
conservèrent la tradition de ses principes, lis favorisèrent !«• 1 >ou«l«lli i-m* i ■ -
littérature. Parallèlement au confucéisme, le Bouddhisme fit épanouir un> 2 ; p \
On cite, parmi les bonzes de cette époque, Dauslm et Tliizau. Dau^lc a\ait -1 d 1. s m
Tsang » des T’ang. Revenu du Japon, il parcourut toutes les pro\in«c-, dan- un . . 1 .Lut 1 1 .1 • h
utile à l’humanité. Tliizau, homme de Won naturalisé, prêcha la s. P K<> • ’ I
remarquables. A cette époque appartient l érection de plusieurs t.-nipf - qu <>n d
beaux monuments. C’est durant cette époque également que Tmnp.*rmn Kan L»k" WW I G , V».
lit fabriquer une image brodée de iG pieds et j(» autres image- il <•< mim.md 1 1 , \ « > 1 1 1 , • 1 1 ,p
mille statues de Bouddha. La maison impériale protégeait et subventionnait R- mh <a P
dhistes. Elle offrait aux temples quantité d objets précieux ; elle , > r < L > 1 1 1 1 ni ih < 1 1 -. j • > > - 1
maison une chasse, d’y placer un Bouddha, à qui Ton présenterait de- liwmnaL et ,p
offrandes.
1 ar suite de 1 etablissement du Bouddhisme, les art s et les industries lir<‘iil d < ■ r. 1 p 1 d • - p 1 < . - 1 .
et atteignirent cette période d’efflorescence connue dans l'histoire de I du t sous le nom d. -1, , |.
de Shyaumon Tènnau » (XLV, 724-756).
lèn tchi Iei, lorsqu il était prince impérial, avait étudie, avec Notijiwara un Kamatari, la
doctrine de Tcheou Kong et de Confucius sous Mihaboutchi Sbyaii. Lorsqu'il fut mont, sur le tr ui. , il
fonda des écoles pour propager la doctrine qui lui était chère. D’autre part, Momimui I . imitant les
institutions des 1 ang, installa une université et des ecoles régionales. Les éludé- clnn.u-es lurent
mises en grand honneur. Ainsi le Nippon Shyoki annales historiques parut en eliiuois. et ne nu
Koboun I" XXNI\ , 678-667) écrivit d’excellents vers chinois.
D ailleurs, Tèn tchi, Djito, Ghennuyô, Ghèn Slayou, tous ces empereurs et impératrices se
montrèrent bons poètes. Le génial poète Kakinornoto Hitomaro et d’autres parurent, .pii «levaient
sen ir de modelés a la postérité. C’est à cette époque que la poésie japonaise prit son bel essor. La
littérature aussi se développa ; elle trouvait devant elle un champ riche et fécond.
En résumé, pendant cette période, toute la civilisation est imitée de celle de Souï et «les T’ang.
En politique, les princes s’efforcent d’appliquer les méthodes gouvernementales des Yno, Slioiin, T’ang
et Tu. Us prennent pour modèle une bonne législation et d’habiles institutions. Us sont aidés dans
leurs efforts par des ministres intelligents. L’esprit des T’ang pénètre le peuple, dont il modifie les
Quand bien même cette influence des T’ang n’eut pas acquis cette force, l’établissement du
53
I jonddliisinc, I >ri s<» n I des coutumes millénaires, rénovait l’esprit du peuple. L’élaboration de nouvelles
n'L;lt's dt‘\i(* morale amena des modilirations multiples et profondes, et contribua au développement
des connaissances humaines. Los idées trouvèrent un essor plus puissant, les sentiments une énergie.
Lnlin, cette influence se lit sentir aussi sur les Beaux-Arts, dans lesquels elle détermina une évolution
complète.
CHAPITRE II
Evolution et caractère des Beaux-Arts de cette époque.
^ 11 dclml de cette période, les relations avec la Chine se nouent directement, sans l aide
C(>ree. Les bonzes et les envoyés introduisent une nouvelle série de peintures et d’objets
d’art religieux.
Les Japonais qui, depuis la période précédente, s’étaient efforcés d imiter les procédés
conl mentaux, tout déjà preuve d’une plus grande habileté technique. Ils arrivent à une
execution sure d elle-même et plusieurs objets datant de cette époque montrent que le progrès
général est très sensible.
Les arts s inspirent en grande partie des (ouvres chinoises dans la période qui va des six
dynasties jusqu nu début des T’ang. Mais on v distingue un sentiment national plus ou moins
mnnilcste. Les peinluros murales de llaurvouji, par exemple, procèdent sensiblement du stvle indien
ou indo-grec. L’expression et le mouvement rappellent le caractère des œuvres de l'Inde centrale,
postérieures nu roi Asoka; cette influence est surtout perceptible si l’on compare ces peintures aux
(i-iivres précédentes et suivantes. Les [teintures, les dessins et les sculptures de cette époque inclinent
fortement vers le réalisme.
La décoration montre les chevaux ailés et armés de grilles de l'antique Assyrie. On voit aussi
des poteries analogues à celles de l'antiquité égyptienne, et des [liantes décoratives en grand nombre,
dont les formes offrent les combinaisons de l'acanthe.
( )n peut croire que ces influences pénétrèrent à la suite des mouvements de peuples. A l’époque
de Ming li, le Bouddhisme, venu des Indes, gagna les T’ang orientaux. Pan Teh'ao, envoyé en Sei
| ki Turkestan actuel pour réduire les llioung-nou Huns), s’avança jusqu’à Rome. Tous ces mouve¬
ment- ne furent pas sans influence sur la civilisation chinoise. Au temps des Tsin (aoo-.jao) les
communications furent fréquentes avec l'Inde, le Turkestan et le Thibet. Des bonzes, à plusieurs
reprises, parcoururent les Indes. Le bonze J a llien, entre autres, visita plus de 36 royaumes indiens;
il alla même jusqu à Ceylan. L’est ainsi que des objets d’art de ces pays parvinrent en Chine, et
de là au Japon.
CHAPITRE III
Peinture.
Grâce aux progrès spontanés du
s’engagèrent dans une voie largement
composition, la conception picturale et
précédente.
Japon et aux éléments apportés de Chine, tous les arts
ouverte. La peinture, notamment, lit de grands progrès. La
le coloris acquirent beaucoup plus d’éclat que dans la période
, , | Hanrvouii ces étonnantes merveilles q . . conservé
Les peintures murales du kondau de naunouji, . ...
1 . r .• mi mi.nip moire ost hetique que les vieilles peintures,
leur beauté àtravers les siècles, appartiennent au même genr. ‘11 *
, , i' %_xAO l'Inde au dis net de .\ i/.am, «lau* la sali»*
devenues récemment célèbres, qu on a decouvertes dans 1 lnd< .
centrale du palais creusé dans le me de Adjiunta. Cette collection mervedleuse d antiquités japon
peut d’ailleurs témoigner de la valeur des arts de l’Extrôme-Onent à cetto tpoque.
En somme, antérieurement à l’impératrice Souï Ko, lorsque surgi lart ja, . aïs, quel
l’art de la peinture en Chine ? En interrogeant l’histoire de la Cl . . on voit que - - ti-res à
forme hiéroglyphique existaient déjà, et qu’une peinture originale s’était progn ssivement développai
Ainsi, au temps des Tsin iwVJw s’étaient succédé de célèbres artistes . . . I < hyau Bol . .
Tchang Môh, Eikyau, Weihsieh, Ko Kaï shi. Kou K’aï Tcho, lai . . . I " K "" 111
Bouddha, des Sages, des figures d’animaux, des dessins d'un senti . nt | . tique montraient I esprit
d’invention, l’entente du coloris, l’habileté de composition, la liberté de l’inspirai ion . i la .1. Iieal.„,
do l’émotion.
Toute cette peinture primitive, se développant parallèlement a\ I >n t </■ I >> > i,m> , * ' 1 ■ ■ 1 * 1 J
une tendance à employer le pinceau à une expression i< 1 * io*_: ra p 1 1 1 < j u * * . L'nainl | ■ 1 I 1 1 ^ 1
artistes Wang Tche, Wang ï lien Tche, etc., la peinture prit un «nra.t.n mm\. .-a l‘l • c .j
chercher à reproduire, à copier les objets et les paysages en h,ur < I < m 1 1 . < 1 1 1 um- r* ■'vi " 1 1 ■ I
elle se proposa d’évoquer par les lignes le caractère des objets. 1. 1 !•• p,"ir*'in\ it I - i _ v 1 i !
dessin, avant toutes choses. C’est là une particularité tout à lait d i IT* • i • nt- d- 1 .u t 1 r !
Par suite de la diffusion et de la prospérité’ du bouddhisme, un gi.unl leunl.i | ’ '>•
vinrent de l’Inde, du Si vü et des contrées environnantes. D’un aiitr. < - * t • • , d.-s Im.ji/-- mm. m il i i ‘
ni les déserts de sables, ni les immenses chaînes de montagnes, apr. - ;i\ • *ir . . m !
royaumes de l'Inde en cherchant à s'instruire dans la théologie ]h >u« M h i • | n • . r . < | • j > • > 1 1 • : 1 : | :
tares du style de l'Inde et du Si vu de cette époque. De là naquit un >t v 1 < ■ »1 nin* nt 1 1 1 V* i< » . •
du style chinois autochtone.
Dans les peintures qui furent commandées au célèbre peintre Irlnn.j > t u ^ T< Ii\.m > \
par W u ti Bou tei) des Liang Ryau ma- > kl pour la décoration « 1 • • I* mpl> - I * * . m . ! . ! 1 1 1 • j m • : (
remarquer un style presque purement indien, dans lequel ne un on i . ■ 1 1 < • i j \ i un,- - , ni inti 1
de l’école occidentale.
Il est dit dans 1 histoire des Liang que sur les panneaux de In port» lu t « * n 1 1 . L à- L In j\.m p
ià i h I » li eng Sze), a Ken K au Ixien K ang , fi gu re une p»u nt u re d u»* au jiiiicr.iii > I » • 1 1 Im i i ^ N ■ i > _ à
On x x ox ait des formes de Ileurs dans le six le indien, ou domine le v»*rnnlloii <•! 1»* vei’l • • I oh ai Si
l’on regarde cette peinture de loin, les yeux, dupés par la perspective, croient x «h-couvrit «h- relief*
< t des caxitrs. En 1 examinant de | > rès , on constate »pi il s agit <1 une simple peint u re onl i naiiv . \ u **««1
ce temPle a“t"il gardé le nom de temple du relief. Tchang Sèng à ü gemble avoir conwn ré toul
talent à décorer de fresques l’intérieur des temples.
L histoire raconte que lorsque les Tchéou du Nord 557-689 renversèrent les Liang, leur
armée tramait à sa suite de nombreux adversaires du Bouddhisme. Ceux-ci, devant 1rs peinture*
de Jclmng Sengà u, furent saisis d’une telle admiration qu’ils n’osèrent y toucher.
I iohablc que tes peintures de style indien qui parurent en Chine, bien »pi Viles au*nt
été réservées uniquement aux temples bouddhiques, n'ont pas suscité une admiration unanime Sans
influer fortement sur le style de la peinture.
La caractéristique de la peinture chinoise, c’est-à-dire l'habitude d’expri . r une pensée par
es traits du dessin, et celle de la peinture influencée indirecte nt par l’Inde, e’est-à-,lire In
recien ic 10 a ressemblance, voilà les deux éléments qui, transmis à notre pays, ont guidé les
progrès de la peinture japonaise. ’
Le dessin en noir et blanc, déjà importé de Corée, devient le dessin en couleurs du I
) S (I
Histoire de l’Art du Japon.
PI. VII.
PORTRAIT DU PRINCE IMPÉRIAL SHYAU TOKOU
(Peinture du VIIe siècle. Collection impériale).
** V
- )3 —
Somko, puis l,i |><‘i ni urc, subissant lu civilisation du temps do Ton tchi Tènnau, produit de grandes
œuvres telles que les peintures murales de llauryouji.
Lu < (imposition ol I oxcciition do cos peintures seront étudiées à fond dans la description des
monuments.
Au temps du I en tchi lènnau, on n’arrive pas seulement à produire des peintures de ce
(.iiiiitèie. |mrnr<*, I liahital ion, le mobilier ayant suivi le progrès général de la civilisation, on
' I* 1 ' 1 1 1 N ‘ ‘ I'* besoin (b* la jiointuro décorative, (l’est alors qu’on voit pour la première fois à la cour
installei un service d<> la peinture, confié à quatre maîtres peintres, sous les ordres desquels travaillent
soixante ouvriers; tout ce personnel est occupé à la décoration des palais.
|H'ml,llv décorative poursuit alors une évolution particulière et indépendante. Et, comme
"" I"11* constater sur les objets appartenant à 1 Empereur, et réunis dans le Trésor du Sliyo Sô in,
1 alh'inl un certain degré de beaute dans les motifs et la décoration.
I armi lies maîtres de cette époque, la postérité a gardé les noms de Tatchibé no Komaro, de
orna l<> no Atalie, de Otokaslii, peintre de \amamoto, de Osbi Katsou, peintre de Yamato, etc.
lati liibc no komaro était originaire de Koma. La quatrième année Ilakoutcbi de Kauto-
k<)U ^ , il reçut de la cour I ordre d exécuter, avec A ama to no Atalié, plusieurs images de
Bouddha et des Bosatsou.
^anm to no Atalie, dont on ignore les autres noms, peignit, avec Tatchibé no Komaro
I oiumt ube-no-A t a i , un grand nombre de Bouddhas et de Bosatsous. Il ne reste absolument rien
«b- lui: mais certaines de ses <euvres ont subsiste longtemps, dit-on, dans le temple de Kavaradéra ji,
en A amato.
t Ho Kashi, peintre de A amoto, est un maître du temps de Tèn tchi Ipr.
Hslii Katsou, peint re de A amoto, vécut sous Ghen Shyau.
Le septième (ils de feu tchi 1 ", le prince du sang Shiki, s’étant épris de la peinture, en lit,
dit-on, a raiinoimné, en A amoto et ailleurs.
Quoi qu il en soit, on ne peut trouver trace des œuvres d’aucun d eux.
MONUMENTS
pi. vu. — P oRTitAii i>i piuncf. impirial Shyac tokou (palais de l'Empereur).
Le dessin, qui mesure o"1 U *>(> j , se trouvait autrefois au temple du llauryouji. 11 est célèbre.
Exécuté ‘‘ii une seule couleur sur papier, il représente le prince Shyau I okou ayant à sa droite le
prince Négouri <*t à sa gauchi1 le prince A amashi to no Ühoé.
Les portraits, d après la tradition du temple, auraient été dessinés d’après nature parle prince
impérial de Koudara, Aça, qui serait venu au Japon. Cette version est difficile à admettre.
La parure et le costume appartiennent à 1 ancien cérémonial japonais; ils remontent a la
période qui va de Kau Tokou I‘‘r à Oji to 1er.
Le Shyakou en chinois: I lu que le prince tient à la main, n’a commencé à être en usage qu’à
la réforme de Kau Tokou I '. Le rouge de la robe fut réglementaire pour la famille impériale sous
Temmoii l, r. Sous Monimou I 1 il fut changé en violet fonce. Donc le costume ne peut appartenir qu a
cet intervalle.
En outre, le bonnet de soie décoré cl e laque a ete porte de lemmoul a Mommou I (opinion
du docteur Kourokawa . Ainsi, ce portrait na pas été peint d apres natnie, ni même du \i\ant de
Shyau Tokou. Il a dû être exécuté après la mort de ce prince, vers le règne de Ternmou Ier.
Si l’on examine le procédé d’exécution, on voit que lo portrait est trace tout entier au ti ait
d encre. Les ombres sont représentées par ce qu on appelle Koumadou, c est-a-diie que le contoui
est accompagné «Lune bande .le demi-teinte tracée avec un instrument du ^mv dune brosse «
Pemdrepour le coloris sont employés le vermillon, le pourpre, le noir, IVre jaune, le bleu vert, ainsi
que lardent. . , . ,
Le style est absolument coréen, inspiré du style chinois. . bu. conclure que cette peinture
doit appartenir à l art qui suit les Tamamousbi Zousbi d. I . poqm d S. ni
PI. VIII. — Peinture a fresque de l intérieur ni ko\dm de 1 1 v ' 1 > * " " •
Le kondau de Hauryouji est une construction de bois de neuf travées sur - pi Dans
l'intérieur, sur les quatre parois, est représenté le paradis . . Mbique, c’est-à-dire le paradis
de Amida, le tranquille temple do Hau-Cyau bout son . . >h«va), le paradis du Yakouahi
(Bhêchaddjyaguru), le royaume de Shvaka, les effigies des Rosulsou et celles des Kakan. < >n -
fera une idée des dimensions en sachant que les figures des Rakaa mesurent en . yen»
de hauteur. A quelle époque attribuer ces peintures:1 Les opin . s sont partages. Dapr. s l'¬
archives du temple, on prétend que ces peintures sont 1 oeuvre de kouratsou Kounnotori Mau
le caractère et le stvle n’appartiennent pas evidemmenl au temps de Semk"
La qp année de Tèn tchi Ier, un incendie t*clata a 1 1 » »ri i ij i . I.' k « » 1 1 < 1 . 1 1 1 lui i J * • 1 1 * Mli
peut-être reconstruit pendant la période W ad<> 708-715. (,'i pcnl d"iir i- ' ' - ' • 1 1 1 1 • • I • L nu ni 1 1 • * 1 ! *
que cette peinture a été exécutée au cours de cette période.
Par bonheur, ce monument pictural put traverser dou/t* >> 1 * * « I . • * ! 1 1 • ► 1 1 1 • - 1 . : . 1 1 ij • » 1 1 1 • 1 lui
sans avoir été usé ni gratté. Et de ce qui subsiste, on peut convenabl* 1 1 1 • • 1 1 1 1 • »n-tit 1 !
composition générale .
La paroi du mur a été enduite sur toute sa surface de eue hi.tm le sir I pi- II. I-
dessin a été exécuté au trait; puis les couleurs ont été ajoutées noir, \ .tiiiiII- m . r - 1
jaune, bleu de Prusse, vert céladon, bleu vert, etc. Des teintes de brun et d** \ioh t .ut
généralement usitées pour déterminer le ton foncé ou clair de chaque coiih ur I.. - . 1 1 1 - 1 •
sont servis de la brosse et du pinceau fin.
De nombreux détails montrent une différence absolue entre e. lle p. •iiitur* - f b d. -si i
ancien proprement japonais. Les contours sont indiqués pur des traits m ts , t v , qui . I . ii^. . u 1 > . 1,1
les ditférentes couleurs. Une autre caractéristique que ce procédé du contour «•.■nie, < ■V-*! lu
manière d’épaissir et foncer les tons pour représenter les ombres.
Dans les images antiques trouvées dans les sépultures égyptiennes, <|r uii'iiu* que d.ois b
peintures de Ajanta, les ombres ne sont pas faites avec précision. Il semble, u bien n 11, dur,
que le procédé du contour cerné vienne de l'Inde à travers la Chine et que lu dureté* primitive
en ait été plus ou moins adoucie entre les mains japonaises.
L expiession du Bouddha et des Bosalsou est tout à lait indienne et ruppelle celle des
Portraits d’ Ajanta qui appartiennent au moyen âge, c’est-à-dire du cinquième au sixième siècle
Le mouvement est en général vigoureux. Les main# et les doigts . tamment, sont traités
avec une grande préoccupation de réalisme. Les attitudes sont d'une .'ramie variété
Quant aux costumes, les dieux, occupant le centre des compositions, sont tous couverts
de vêtements formant des plis nombreux.
armi les autres personnages, Bouddhas et Bosatsou, un grand nombre a le torse nu,
tous portent des bracelets et des ornements sur les pectoraux. De l'épaule gauche à l'aisselle
droite, ils ont le késa.
LeS remS sont touiours ^couverts d’un mince vêtement qui laisse passer les deux I . Les.
lous les ornements, accusent le caractère indien; le fantastique y joue un grand r.'de.
Ainsi, un éléphant, qui porte un Bosatsou, a des défenses allongées en deux titres de
Histoire de l’Art du Japon ,
PI. VIII.
PEINTURE A FRESQUE DE L’INTÉRIEUR DU KONDAU DE HAURYOUJI
(VIII* siècle).
^ 111 (^' ces s enroule ('I se change en un étrier en forme de fleur, sur lequel se
pose le pied du Oosatsou.
^Ul ^'"llr<d<‘ entourant la tete de la divinité centrale, on voit plusieurs motifs analogues
'* ‘ ( qu on reliou\e sur les anciennes peintures d’Egypte et sur les décorations architec-
luitdts indu nues du temps d Açoka (Ileurs de lotus à caractère géométrique, etc. .
Daubes niotds sont dérivés dune feuille semblable à celle de l’acanthe grecque. On
d 1 1 1 1 1 1 \ i 1 ‘ aussi beauc(Mip de formes telles < j 1 1<* celles de la fleur de Ifislii (caltrops d’eau, trapa
hispinosa), et de la feuille de chanvre, d’un caractère chinois et japonais.
Omis 1 indication des vêtements, on distingue que les uns sont colorés par la teinture,
les autres par le tissage.
Lu somme, fous ces details tendent a prouver que cette peinture murale est inspirée
P;n l^',s <,,lNri‘s de | Inde moyenne, modifiées par I esprit chinois. Composée et peinte par nos
arhstes sur les murailles du kondau, elle constitue véritablement un chef-d’œuvre; elle prouve les
conséquences des relations entre 1 Est et I Ouest d’il y a douze à treize cents ans et montre
les progrès accomplis par les arts de ce temps. Elle doit donc, dans l histoire du monde,
resplendir d’un magnifique éclat.
CHAPITRE IV
Sculpture,
Le développement des relations avec la Chine amena une importation notable d objets
d’art à la nouvelle mode chinoise, parmi lesquels des statues de Bouddha en grand nombre.
Mais, en analysant les pièces qui nous restent aujourd’hui de la première période de
l’époque qui nous occupe, on constate qu elles ne pouvaient encore se défaire complètement du
sfvl«» coréen.
D’autre part, beaucoup de Bouddhas chinois, pris pour modèles, devaient dater des
Souï ou même d une époque antérieure.
\ partir de Tèn Ichi ln, on étudia uniquement le style des premiers T’ang. Déjà même
ve manifeste un sentiment d'élégance qui appartient en propre aux Japonais. En même temps
1 habileté manuelle s»* développe dans 1 art sculptural.
Dans le temple de Yakoushi, en Yarnato, les trois Bouddhas patrons de Yakoushi et les
trois \niidas de la salle des Conférences, tous en bronze, d’une hauteur de 3 mètres, donnent
une impression de majestueuse beauté, et sont assez parfaits pour que la postérité s’étonne
des grands progrès de I ai t de ce temps.
1rs grandes statues bouddhiques de cette époque sont, pour ta plupart, fondues. L’art
,1,, |;l fonte, à examiner les œuvres actuellement existantes, avait acquis un développement
merveilleux. Au temps de Souïko, on employait la terre pour faire le moule; mais, dès l’époque
suivante, on emploie, semble-t-il, le bois et la cire. On peut croire que le procédé de la fonte
(•fait d’exécuter d’abord un modèle en bois sculpté, sur lequel on formait un moule en une
composition de glaise et de charbon de bois. A l’intérieur du moule, on collait du papier ou bien
on semait du talc. On calculait le volume que devait occuper le métal fondu. A l’intérieur du
inouïe, on pétrissait un noyau en glaise. A l’aide de barres de fer, on maintenait l’écartement
entre le moule et le novau. Puis, par un trou de coulée, on versait le métal en fusion dans
l’interstice ainsi formé. Après le refroidissement, on enlevait le moule et le noyau, et la statue
surgissait.
8
Go procédé ne semble pas très différent de celui qu’on emploie nujourd 'hui.
Pour la fixation dos feuilles d'or, on employait, eroil-nn, du vil-urgenl .
A cette époque, pour toutes les grandes œuvres, quelles quelles fussent, le . le
l’artiste est rarement conservé. Même pour les statues du Ynkousl.iji, par exemple, on ne possède
aucun indice permettant don connaître les auteur:-.
Tout ce qu’on sait, c’est qu’au commencement de cette époque, existait un certain
Yamagoutchi no atabé Ohoksutchi qui, sur l'ordre de Knutokou 1". exécuta mille -latue.s
bouddhiques.
On cite encore quatre noms d'artistes inscrits sur les gloires des futurs «b*s quatr.
Tènnau qui se trouvent au kondau de Iïauryouji. Sur l'une, on lit b* nom «b* larti-h* que nous
venons de mentionner; sur les autres, ceux de kimara, Zakouski tokou lu* et kaim-ln nmrukn
Les noms des autres artistes sont tombés dans l'oubli par suit»* de la porte .!«•> nrrhiw-.
MÜXTMLXTS
Statues des quatre Tenxeau. — Ivondau du Hauryouji.
Ces statues représentent Djikokoutèn Dhritarâchtra , /<> trliynu ien \ innili.ik.i. I * 1 l\
Kwaumoku ten ;\ irùpàkcha), Tamoutèn \ ais ramana . Statues « * n bois < 1 « • i’ . !•* •!«• IuuI.iii ( 1 |
personnage est vêtu et debout sur le dos d'un démon. Cos statues ont é1<* \'Tut^ , p.n à .im.iglmt*
Ataï-Oghutei, etc,
La facture rappelle fortement celle du temps de Souiko. Crs -latnrs <mf un* • \pr ■
médiocrement vivante; les plis des vêtements n’ont pas grand relief, mais !•• mup d* » i-< .m
est net et hardi, et les ornements des vêtements sont traités avec assez de « 1 ■ I i • . 1 1 • — * Sur
les diadèmes, les bracelets, les ceintures, et toutes h*s parties métalliques nnirml d ■ h l:. mi-
enroulements. Ln même temps que des emprunts au >l\l<* « liiiuds. < I < •< mn. nU j i ni
certains progrès artistiques.
Pt. X. — Les trois patrons Amida. — Hauryouji-Kau fou /au.
Les trois personnages, fondus en alliage de cuivre jaune, sont mii Imi- il. m J.
lotus dont les tiges s'élèvent sur un étang. Derrière eux se dressent une (doire eiillamim' ••• -l
un écran. Sur l'écran, une image de Bosatsou, venue à la fonte, et >i\ petits Bouddhas-, dit-
lxéboutsou (Bouddhas transfigurés), sont semés çà et là.
La figure principale a om,32 de haut, les deux autres om,a-.
Ces statues, exécutées sur l’ordre de Tatehibana l'oujin, épouse de l'empereur T. n telii I”,
se trouvaient primitivement dans une châsse, dite châsse de Tatehibana Foujin, aetuellement dans
le kondau.
L’arrangement de ces statues est ingénieux, et le travail extrêmement délient. I, 'élégance
du style japonais se révèle dans les figures. La Gloire onllammée mémo montre dans la disposition
des motifs un progrès notable.
Les Bosatsous fondus dans l’écran rappellent sensiblement le caractère du dessin des
fresques du kondau.
PI. XI. — Shyau -Kavaxnox. — Yakou shiji, en Yamato, salle du bâtiment de I K>|
Statues de 2m,io de haut environ, d’un caractère majestueux, représentant un personnage
debout
Dans les archives du temple, il est écrit que celte statue a été offerte par le royaume
Histoire de l'Art du Japon
PI. IX
ZÔ TCHYAU-TEN (Vimdhaka, sanscrit).
VIIe siècle (lemple Hauryouji).
— ü9 —
i lara, < omiiK faisant partie du tribut qui! payait pendant les années Vau rokou (717-724),
(j u 11 Sh\,ui I (XL1\ , 7 1 >-72 1) . Mais elle n’a évidemment pas le caractère coréen. Elle
au si \ h postérieur a une époque plus avancée, comme celle du commencement des
( N' lf"'< ( s* .japon, iis. La lleur de lotus qui sert de socle n’est également pas d’un
[ rem ni chinois. Il est donc permis de penser que cette statue a été exécutée au Japon
avant que les trois à akoushi du temple aient été fondus.
'laminent quelle a été fondue à la cire perdue et qu’elle est d’un travail très
beau.
l’I. XII. —
noi rsnr.
A KOI MOI HlIKClIADJ YAOURt' ) ET SES DEUX ACOLYTES, X F K K WA U BOUTSOU ET GHEKKWAU
^ <,n*< lja divinité centrale avec le piédestal mesure 4n\35; les acolytes, avec
la lleur <le lotus d’où ils émergent, 3m,<)j
Lis statues M>nt les cliefs-d œuvre de 1 époque, et l’on peut les considérer comme des
modèles attestant le grand élan de la statuaire orientale.
Quant a leur origine, on la connaît.
I-"1 I ' » 1 i • i ♦ • 1 1 h * année qui suivi! 1 avènement de Temmou P’r (XL, 678-686), pour demander la
guen>un de I impératrice, on tonna le vœu de faire fondre ces statues. Ce fut l’empereur qui succomba,
> l I impératrice lui succéda sous le nom de Djito Pr0. Elle réalisa enfin le vœu répété de ses sujets, et
I • sial îles lurent achevées eu la onzième année de son réunie.
Dix-sepf ans environ plus tard, le corps entier fut doré ; mais, pendant la période
keilchvau 1 )<)6-i6i >, au cours d un incendie provoqué par la guerre, la dorure a presque
complètement disparu.
Le ^1 \ le des trois X akoushi est absolument celui des T’ang de Chine. Le caractère général a
de la noblesse. Les mains, les pieds, les plis, tous les détails sont traités avec une recherche réaliste.
L ornementation n esl pas minutieusement fouillée, elle est exécutée largement.
La tonne du socle esl bien en harmonie avec l’ensemble. Sur les bords courent des motifs divers :
le dragon bleu, le cygne blanc, le phénix rouge, la tortue qui se débat contre l'assaut du serpent, puis
des pampres. Sur les faces sont venues à la fonte des ligures de démons.
La gloire n’est pas de l’époque ; elle a été exécutée lorsque l ensemble dut subir des
restaurations.
Suivant l’opinion de connaisseurs modernes, ces statues portent l’empreinte du style indo-grec.
Le nez. continuant le front par une ligne droite, appartient au type grec. Elles doivent avoir été
exécutées sous I inlluenee de la statuaire du temps du roi Acoka.
Bien que la statuaire chinoise ait sans aucun doute imité les styles indien et indo-grec, la Chine,
à l’époque des Lang, avait déjà conquis son originalité ; elle abandonnait les tendances indiennes et
parvenait à exprimer le génie chinois.
Celte œuvre profondément marquée au sceau de 1 élégance japonaise, atteste encore un
caractère de sobriété familier à l art indo-grec. Depuis 1 époque de Souiko jusqu a celle que nous
étudions, parmi les statues de petite dimension venues de Chine, il en est un grand nombre qui
portent l'empreinte du style indien ou indo-grec.
L’ornementation est entièrement de style indien. Le profil droit n est pas un exemple1 isolé.
C’est là un trait caractérisant bon nombre de statues.
En résumé, nous possédons, comme objets d art du temps de lèn tehi 1 , dans la salle des
conférences du Yakoushiji, les trois Amida de bronze ; au temple de Ilacédéra, en Yamoto, un Bouddha
de bronze à faible relief; au temple Shitrouseiji, en Yamoto, un Mirokou (Maitrêya) ; à llauriouji,
dans le lvaufouzau, plusieurs statues en bronze d'or.
J
'' I"1'"1'1' suivante. Indépendamment de ce bâtiment, on rencontre une
. " T"' "" ,|M °" '« T‘« « 5 étages du Saï Daïji conservé au Kaïryouwnnji de Nam.
V | . ,ltl 'instruction offrent une telle analogie avec ceux du Tau de
’ akoiiji qu on se demande si ce n’est pas une copie.
(donnes, jusqu’au cinquième étage, ont un fort beau galbe.
O
Les c
CHAPITRE VI
Arts industriels.
| I11 ^ 11 ^ ’ 0,1 sll‘* de» près la civilisation chinoise ; on imite l'étiquette de la
1 ’ '"s lms s0ll||duaires, les costumes, les babilations, les meubles. Tout se fait à la mode des
I ang. La décoration profite de cet élan.
Pendant les années l)ai liait joi-jo/p de
Montmou I r (XI J I, (>97-70- , un règlement insti-
tu.nl, en inclue temps <pi un Inircau de la peinture,
une organisation du lissage, de la for<«-e de la
huile, de la poterie, de la laque.
Les industries artistiques bénéficient de la
chaleureuse protection du gouvernement. Los
artisans trouvent des facilites dans l'exercice de
leurs spécialités et peuvent ainsi faire des progrès
rapides.
Aux matières einplovées, on impose les
tonne*» décoratives de la Chine. Un emprunte aussi
de*, cléments indiens, grecs <>u asiatiques d Oc¬
cident. Les feuillages et les animaux, par exemple,
montrent une confusion des styles de 1 Est et de
I t tliest .
Travail des métaux. — Notre pays a
toujours fait grand usage du cuivre, de l or, de
l'argent. Les objets eu métal ont dù venir, pour
plus de la moitié, de Corée et de Chine; mais la
fabrication japonaise devait être abondante.
Néanmoins, la recherche des minerais n est
pas mentionnée dans I histoire ancienne. 11 en est
question pour la première lois la •>' année de I ein-
mou ln (>- ) . Il est dit qu'on lit alors en Isoushima,
l'extraction de l’argent. La 5° année de Djito
Gjjii, la province do Tyo offrit do l’argent blanc. La i" année Toi bau de Mommou 1°' (701;, le
tribunal de Tsoushina fut payé en or; la irr année Wadô de Ghemmyo l'T 708) de Mousahi, on offrit
du bronze. Assurément l’usage des métaux remonte à une époque bien antérieure; mais à cette
époque, la demande avait augmenté dans de fortes proportions ; et on peut conjecturer que la
production d’or et d’argent et l’industrie des métaux, ainsi stimulées, étaient à ce moment florissantes.
MONUMENTS
Cette pièce (fîg. 26), qui provient de Haurvouji, mesure om/>j de diamètre. Mlle e-| tout
entière en argent. Le col et les anses appartiennent à la forme du dragon, el Louverlure . st formée
par les mâchoires du monstre, articulées a charnière.
La panse porte un cheval ailé, ciselé1, dont le dessin est emprunté iiianileslemenl a un»' forme
de l’Asie occidentale. Le cou du dragon et le cheval ailé sont plaqués d or; les \ eux du dragon sont
incrustés de pierreries bleues. La forme est harmonieuse et l'exécution irréprochable.
Il est dit dans les archives de Haurvouji que cet objet a appartenu à Sh\au Inkou Taishi,
mais la composition et l’exécution rappellent forcément l'époque de Tèn t < li i I"
TISSUS
A cette époque, l'art du tissage a fait de grands progrès. Il produit d»- 1 1 Ihmiix motif-.
Ce qui a été exécuté au temps de Ixautokou l,r GjVCV) , comme h* TaV hakou S. u k 1 1 i 1 1 . U >U
liakou Sèn khin, le Rvn k « » i khin. le Kirin khin, etc., I. s
v
Chinois, pour exprimer 1 admiration qu'ils »*u éprouvent, b-
nomment « Damas des génies .
Lorsque, au temps de Mommou 1 * 1 < \ L I L <»t)~--o~ ,
fut installé un bureau de tissage, ou comptait 1 m ouvri«,i>
tisserands de brocart, de damas et d’a\a.
Au temps de 1 impératrice (dièmmvo \ 1.1 II. .
un décret impérial envoya dans ai provinces d»*- maîtres
tisserands charges d enseigner b* tissage du brocart.
Parmi les pièces anciennes conservées à Haurvouji
et dans le I résor de Shvau So in du iodaiji, un grand
nombre peuvent être attribuées à la falmeation de en temp*.
La beauté des motifs et du coloris montrent clairement l<
grands progrès déjà accomplis.
MOXUMKXTS
ta*s fragments de brocart dig. 9~| provionnent du
Haui) ouji. Dans 1 un, le mot i I consiste en éléphants de
formes décoratives, et en masques de démons. Dans l'autre,
se mêlent des masques de démons et des ligurations d'objets
divers. Le fond est rouge vif; le tissage est exécuté en lil>
blancs, jaune pâle, jaune foncé, vermillon, bleu, vert, etc.
Les fils sont peu tordus et le tissage est lâche; car le
tissu, a la mode japonaise, est épais et souple. La fabrication
est évidemment japonaise, mais les éléphants et les masques
pn • i • M1 <le clomons 0Jlt été empruntés à des compositions du Si vii.
— «■£.££££, erg hjz°z . . r r . - * .
noter bon nombre do ^ ^ ^ " r“ul ~"*
yas ^présentant toutes sortes de fleurs et d’oiseaux.
Fig. ‘i ~ .
t RAGMEXTS l)H BROCART DÉCOR H l)’oiSHATX
HT d’aXIMAL'X
(Palais de 1 Empereur}.
Histoire de l'Art du Japon.
PL XI.
SHYAU-KWANNON (Avalokitèsvara, sanscrit).
VIIe siècle (temple Yakoushiji, en YamatoL
LIVRE IV
Epoque de Shyaumou Ier (XLV, 724-748).
CHAPITRE PREMIER
»
Etat de la société de ce temps par rapport aux Beaux-Arts.
Sous li* règne «lu Kautokou (XXX\ I, (> j >-(> )jj, au 1 >*' siècle de 1ère japonaise, une adaptation
Mit - • 1 1 1 - . n t . de l.i législation des Soin et des 1 ang permit de procéder aune organisation du pouvoir
< 1 iifr.il et a une répartition ingénieuse des pouvoirs locaux. Ainsi la société se modifia; la civilisation
accomplit des progrès de jour en jour. Sous le règne de Shyaumou I,r, la prospérité du pays avait
atteint son épanouissement.
\upaiavaut, les deux empereurs Tèn tchi et Temmou avaient établi une constitution. Ce qu’on
noniine le-, lois de Taihau de Mommou I**r formait un ensemble complet. Genirno Ier s’efforça de les
mettre en vigueur; Gheusvau I", a son tour, les perfectionna. Le gouvernement devenait de plus en
plus fort. Les empereurs Tèn tclii et Temmou et leurs successeurs, étant tous éclairés, faisaient tous
leurs efforts pour gouverner au mieux des intérêts du pays. Ils trouvèrent de précieux et habiles
auxiliaires qu’ils placèrent aux ministères ou à la tête des administrations. C’étaient les princes du
sang Kousakabé, Osliikabé, llodjoumi, Toneri, etc., puis des hommes comme Tatchibana Moroé
Toujiw ara Touhira, Toujiwara Taketchimaro, etc. L’autorité impériale étendait partout son réseau;
une heureuse influence planait sur tout l'Empire; le peuple était riche et prospère. Le pays était
heureux.
Le règne de Shyaumou, ainsi préparé par les efforts des précédents empereurs, bénéficia des
résultats déjà obtenus. En outre, les relations avec le pays des T'ang devinrent de plus en plus
actives. Le Ibuiddhisme, le Confucéisme, les lettres, les arts se développèrent sans cesse. La culture
devint de plus en plus brillante. La littérature et les institutions ont marché à si grands pas, ont
acquis un tel degré d’avancement qu’on ne peut plus les comparer à celles de la période
plus antique.
Le commencement de la période que nous allons étudici , c est-a-duo le icgm dt Shyaumou I ,
correspond à Ilüan Tsanng des J ang (71 J-706) (Clèn-Soj.
— 66 —
assister aux conférences confucéennes. D’autre part, après que l’université fut en . . tous les esprits
cultivés s’initièrent à In littérature chinoise. Des hommes comme kiki m> hmhilu, .huit lu ivmmimee
avait retenti jusque chez lesT’ang, publiaient de nombreux ouvrages. C’est lu. qui . . -apporté une
bibliothèque de livres desT’ang, ainsi que les images des dix Sages. Il . . .lait beaucoup d’élèves et
contribua puissamment au développement de I étude des lettres chinoises.
En même temps paraissent de célèbres poêles japonais, comme Man\ o-Sh\ oa. Ililo-maio,
Yamabé-no-Akahito , Ohtomo-no-Tabito, Yamano-yé-no-okoura , Oht . no aka-nml, lu. . le.
Les chansons de Manyû shyou sont, pour la plupart, nobles et gracieuses. H leur composition
est charmante.
En résumé, cette époque est toute vibrante d aspirations généreuses. Elle <«• Ioui im \< i - 1 In !'
comme vers le pays le plus civilisé, et vers la (dune des 1 ang comme \er> um‘ i|;,li"ii d • • 1 1 1 l.i * 1 1 1 1 1 1 1 •
n’est pas surpassée.
Aussi imite-t-elle de ces deux peuples le gouvernement, la religion, les nueurs. la litt< i • 1 1 1 1 r .
le cérémonial, les arts, la musique, etc. Dans la décoration, la parure, dans ton* les an aiigeiii.-nt -, a
imite les T’ang. On leur donne un caractère d élégance originale. Ou emprunte aux I .111- la nni-dqu*
la danse, le Toko 1 , l’arbalète, etc. On crée une foule de divertissements. Par suit» •, I industrie
progresse et les arts du mobilier sont florissants.
1 n poète de cette époque a dit : « La capitale Nara la verdoyante e-t iii.imleii.int . p.n
comme une Heur embaumée ». Les vers évoquent 1 idée de 1 état de ce temps.
Cependant comme toute médaille a son revers, 1 imitation du beau >l\le d**- I an_ *!»_:• un 1 «
Ou imita aussi ses défauts. C’est par là que fut bâtée la décadence d < * la coin de \ara
CHAPITRE II
Évolution et caractère des Beaux-Arts.
L ère Tèmbyau, sous Shyamou I" est la période lapins llorissanle des rapports ,i\n l.i Elim»
celle où la culture chinoise, ayant acquis son plus complet épanouissement, pénètre le. lapon. C ••-)
une époque féconde pour 1 histoire de 1 art, car elle a produit des monuments magnifiques. C e>l
surtout a la propagation du Bouddhisme dans 1 Empire qu’est dû le bel élan artistique dont s ■ mu
gueillit cette période.
La feneur bouddhique de Shyaumou I,r, qui s intitulait esclave des Iriratnas Sambaii , eut
une influence sur le développement artistique. Il (‘leva des temples dans toutes les provinces pour
implorer la protection céleste sur le pays. Avec de l’argent recueilli dans tout I Empire, il lit exécuter
la grande statue de bronze de Vairotchana (Rosbija na boutsou .
Cette impulsion donnée à la sculpture, à l’architecture et à tous les arts décoratifs, ne fut pas
sans contribuer puissamment aux progrès extraordinaires qu’accomplirent les arts à cette époque.
Cette xille de Nara, I antique capitale, est déchue depuis de longues années. Mais, fort
heureusement, elle garde encore des souvenirs de sa gloire passée. Le To daï ji, le Kofoukouji, le
ShinA akou ji, le Ghèn ko ji, le Yakan shiji, le Saï daï ji, le lau sho tai ji, entre autres monuments,
ont conservé des vestiges soit de l’ancienne architecture, soit de l’ancienne statuaire bouddhiques.
(I) Jeu consistant à lancer une flèche dans un pot.
Histoire de l’Art du Japon.
PI. XIII.
UNE FEMME SOUS LES ARBRES DU SHYAU SAU IN
VIII' siècle (Todaîji).
■
COLLECTION
DES DIVERSES DÉCORATIONS DE
(VIII' SIÈCLE)
L’ÉPOQUE DE TÈMPIS
Notamment, dans le Tan daïji, le trésor du Shyausau in renferme tonies sortes d'objets d'art
ou d industrie artistique datant de plus de douze cenls ans.
Les objets ayant appartenu a Shvaumou 1M lurenl ollerls au Loshura lia < I * * leu dai p, « * I d«*pos«*s
dans le Shyausau in pour être transmis aux âges futurs. Cône soûl pas seulement «le* objets sans
pair dans nof re pays ; ce son! encore des témoins précieux pour I 1 1 isl 01 re d e la r i \ d ma 1 1 ou d I . \ 1 1 • i u « ■
Orient, dont ils conservent fidèlement le caractère et le genie d une époque.
Si l’on examine toutes ces reliques, on reconnaît que le style de celte période, étant «*«nti
nental, n a pas le caractère japonais. Il n est pas entache de vulgarité ni envahi par I étrangeté. Il
parvient à mélanger Télévation de la pens(*e a I habileté d execution du réalisme. Il a de* lenduiu r».
au grandiose autant qu'à l'élégance. Si I on regarde dans le detail de leurs tonnes et «le I • u r colnns
les moindres objets, on découvre dans tous une recherche de noblesse et de distinction.
Les sujets qu'embrasse l art de ce temps figurent tous le*- pheiioim lies du immde suniat ur« I.
naturel et humain. Somi/i de la Chine, divinités de 1 I nde, détails des mœurs de tous les p a\ > « I » * I < Mi* -t .
animaux fantastiques ; tels que dragons I i g . 28 , phénix, A tr/n chinois lig. * * < » , l\ai\ « » b 1 1 1 u .« d- I li
(fîg. lo), chevaux ailés de l'Asie occidentale : animaux réels tels que lion* li_ II . «•h-ph.oiU
chameaux lig. d?j, antilopes, paons, perroquets lig. > > , el<‘.: arbres H plantes rncotuT-.
ananas, acanthe, etc. Tous ces sujets, «pi ils soient oinprunlés au monde etranger «ai aux il* "
japonaises, sont utilisés soit pour la svmholisation de conception*, soit pour I orn* nu nl «I u ai <l« me «
de prétention plus haute.
Cent ans après cette époque, les relations avec 1 extérieur se rm-élicnt. puL sont c«*up. ■ \
partir de cette rupture, jusqu’au commencement de l'époque de kam donna. eu peint ur--. • -< u 1 1 • t u i •
et dans tous les arts décoratifs, la plupart du temps on ne se sert plus qm* «!••" mo d. h - h idili un i
dont l'origine est fixée à l’époque de Shvaumou 1", concurremment a\«*e <\< - iii"til’s a _ a u\
C’est ainsi que les modèles préférés de l’époque d<* Shvaumou 1" ont eu pendant d< hmg*.
siècles un retentissement dans tout notre art.
CHAPIT'Li: lit
Peinture.
La peinture de l'Asie continentale, introduite au .lapon pendant environ ado ans, \ accumula b-*
œuvres. L’étranger avait peu à peu fourni les œuvres qui devaient servir de point d<* départ à nu art
nouveau. Ce fut surtout le style des 1 angqui s imposa. Aussi, a I avènement de Shvaumou I" , I art est
en pleine voie de beauté, et 1 apparition d un bon nombre de chefs-d ouivre a attesté* une renaissance.
Mais, tandis que la sculpture léguait aux âges liilurs de nombreux monuments «le sa magni-
licence, la peinture et le dessin, plus fragiles, ne conservaient pour la postérité que des «euvivs moins
nombreuses. Il est fort regrettable «pion ne possède pas de nombreux matériaux suffisant à nous
renseigner sur la peinture de ce temps. \ ont ce qui reste, e est une œuvre connue sous le nom /ex
Beautés sous les arbres , peinte sur un paravent du trésor de Shyausau iu ; un portrait de la
I ènn> o (apsaras/ ce de bon augure » du temple de à akoushiji, enèamato; un Bouddha sur un panneau
de châsse de l’école des Beaux-Arts de Tokyau, et quelques autres reliques.
Mais on a la preuve «pie cette époque était fécondé en peintures, lus mentions faites dans les
annales ; le îegistre des offrandes de lo daïji, qui comprend la liste des objets que Shvaumou I" laissa
V
Histoire de l'Art du Japon.
PI. XIV.
LA DÊVI DE BOUANGOU (Kitshi-Jyau Tènnyo).
VIIIe siècle (Yakoushiji, en Yamato).
»
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Peinture
Lu peinture île i Asie «♦•ni mentale, iulr uluile ou Jupon jauni tint environ 5f» filis, N a« ruintilA l«*>
•'Iranger avait pou o peu fourni U - o uvres «jut «levaient servir cl poifil «Je • t« purt * un art
>\ ha» i te fut BU rl mi! ]<• style «les I niij; «pii - imposa. Aussi, al nwin Muait Ji S!t\ atimnu lr , I tnt ••>-1
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! il', Ujiuii* «pie la m ulplurc I* i^iinil 4tu\ A^es futurs «le nouihn u\ monuments «In su mntfni-
.
ii •' l.i peu uru et lu «IcBSItl, plus Irajçilev^ ne COTis< •Yamflt | «ourla j'O-h cil»- ijue «1rs uMIVies moins
» '* I »*sl îorl regrelialiln «ju un no possédé pas (Je notnlirrUx motei iuiix suffisant. n nous
!i. *ur lu pi'ini lire «li» ce temps. T* • 14 1 r<? <jui reste, r » st une iiütiw'** (iMinÙc sous l«* nom 1rs
wt les nrktrs, peinte sur Un paravent «lu trésor il# Sli\.iu>au in, nn portrait tl< • la
■ - * 1 * ' * *■' l*«oi nuire r. • «lu temple «l<‘ usmi-liiji, on^ n n I n 11 uuMIi-i ur un j«uum rti
e. * i •• *** * • • I iux ^ rts île Tokvau, <‘t «pn*|<pn* autres relio ms
v M* . • 1 file ! «'I. I . n ' M - I . ■ - lit • 11! i. . I , ! 1 • ' I
mituili *; I' r* ï •
I *' es objets mie Sli \ aunion lrr laissa
au Boshinn houtsou do To <lnï ii- Inc ,'n,rAnt„: , . , •
i . . ' «un s des richesses du Ilauryoùji et du Tai an ji parlent de
plusieurs «ouvres picturales. ' -
L esl ainsi «pie le registre de<< nflVnrulrw.. 1 . rr
. , ’ ■ < s du I o d a 1 j 1 enumere cinquante sortes de paravents et
écrans peints, Lorlams paravents nnrinnf lin . . p 1
e ,, . 1 • . s l,a)Si,K<>s î (l autres représentent des divertissements,
î^ui* I un, on \oil un pcilms nntiunp cnp un i /»|i
... . 1 < ie des Illicites, sur un autre une fête de nuit esquissée
au lavis. I )ans le cataloiruo du lÎMiim^nîî a ~ . .• . ,
.... » , . ^ ' - •! ’ question d un Shyaka boutsou debout, des dix
disciples de olmka, d un Yakonshi hnnkAn .r.m. i .
. « , . ‘ bout, etc.; œuvres exécutées, est-il dit, sur l’ordre de
Shvnunioii I", la ,» année Tèmbyau ;3a «le l*èro chrétienne).
1l>f"IS ’? l;Vr<> ,l,,s Maon ,le S:lï 11 est fait mention de plus de dix effigies de Bouddha.
. . . aUSSI d "" Ju88,n «Présentant le paradis au Yakonshi Shyauji). C’est un panneau à coulisse
(le ‘
* * m
in _
1/ 1 ^arK(îUI • ^ i,rmi Ies autres œuvres, ou cite un mirokou bosatsou de
;M,>‘ ,lr l‘iUl,<‘Ur SUr 2'"’V) ,la largeui** (‘l une figuration des 4 Tènnau de 4™8o sur 3 mètres.
alalo^m ^ai au J 1 1 ^ osl question de 90 portraits de Rakaus, de 8 images des
K m^.iii 1 ' 1 ’ ^ 'b l empereur suzerain des Indes, Shyakhashinya lïibasyara, toutes
i eu \ res commandées par Sliyaumoii l‘r, la 8° année Tèmbyau (j36
Ranm l.-s écrans, plusieurs devaient avoir été exécutés à l’époque précédente. Il n’a pas été
possible d nllrilmer à chacun une date précise.
b)|h ‘1 '‘l;,|l I'' caracl(‘rc d(»s grandes œuvres picturales de cette époque ? Il est impossible de
commit ic exactement I idéal dont elles s inspiraient et les procédés de leur technique. Mais on peut
induire des documents qui nous restent que les peintres d’alors, ayant appris des T’ang la facture,
• 1 1 ; 1 1 e n I chercher surtout I expression dans le trait, en même temps que la puissance et la distinction.
I- ;,l'l 'b* culnris étant en grand progrès, ils devaient être parvenus à une remarquable entente des
Videurs. Les matières colorantes étaient perfectionnées. 11 semble qu’on était arrivé à une grande
lialulelc dans leur emploi. Parmi les anciens livres du Shvau So in, il existe une table des matières
colorantes. Los couleurs de cette époque, parmi toute la peinture japonaise, sont les plus belles, les
plus vives el 1rs plus franches dont on se soit jamais servi.
Los peintres de ce temps, pour la plupart, se cantonnaient dans une spécialité. Les 11ns ne
faisaient que des images bouddhiques, d’autres que de la peinture décorative, d’autres que le paysage
ou les animaux.
Les peintres de Bouddhas étaient presque tous prêtres ou attachés aux temples. Les peintures
bouddhiques avant un caractère hiératique, tout porte à croire qu elles obéissaient à des canons
dont il était difficile de s écarter. Il en fut de même aux époques subséquentes.
Quelle fut la participation des prêtres à l’exécution de ces peintures religieuses, il est
impossible de le savoir. Depuis l'époque de Shyaumou 1er jusqu'à celle de kwammou Ier (L, 783-806),
(h*s peintures ont été attribuées aux grands bonzes du Bouddhisme par les archives des temples.
Les bonzes ont-ils été les inspirateurs ou les artistes exécutants ? La question est controversée.
Lelte époque de Shvamnou voit s’épanouir la peinture décorative. Le bureau des peintres
comptait un grand nombre de peintres-décorateurs. On montrait alors lin goût très vif pour les
bibelots à la mode des T’ang. Le métier de peintre-décorateur devint donc un des plus fructueux et
des plus recherchés.
Kn dehors des peintres, nombreux étaient les artisans enfermés dans une spécialité très
restreinte. Dans les vieux livres du To dnïji relatifs à la construction de la salle du grand Bouddha,
on raconte que les artisans du bureau de la peinture ayant été transportés sur le chantier, le travail
leur fut partagé. On voit ainsi, dans les comptes, combien nombreuses étaient les spécialités. Ainsi,
. . r la décoration des planches du plafond, on employa les maîtres-peintres en enduit blanc, les
maîtres peintres sur bois, les peintres au trait, les enlumineurs, et ou distribua le travail entre
chaque corporation.
70
Les maîtres-peintres en enduit blanc étaient évidemment chargés de faire les fonds blancs.
Les peintres sur bois dessinaient avec une spatule l'esquisse que le pinceau devait suivre.
Venaient alors les peintres au trait qui traçaient les contours entre lesquels devaient être étalées les
couleurs.
Chacun des maîtres-peintres-décorateurs recevait un rang ofticiel et une pension. Leur
situation était florissante. La division du travail en avait fait des spécialistes d une habileté profond.*
qui savaient à merveille poursuivre leur conception décorative dans l'arrangement des lignes et b
coloriage des motifs. Cette maîtrise d’exécution, qui ne fut pas souvent égalée aux siècles sui\;mt>,
apparaît pleinement dans les objets du trésor du Shvau San in.
La peinture décorative de ce temps est bien supérieure à la peinture bouddhique et nu p.i\-._
Les procédés et l’exécution sont bien supérieurs à ce qu'on voit aux époques suivantes, ht, quand on
parle des maîtres-décorateurs, c’est au temps de Shyaumou 1"' qu il laut les chercher.
Les noms des maîtres de cette période parvenus jusqu a nous ne sont pas rare*.. \|.o- -m
eux-mêmes et sur leur œuvre on ne possède pas île details exacts.
On sait que Koshida no vaçoukato est cite coiume I auteur des I loinblha*. ligiii.ini -ai b b
de pierre et sur l’empreinte du pied de Bouddha en pierre du ànkou>hi ji, eu ^ ani.it*» < • t.ol dmi.
un peintre de Bouddhas.
D’autre part, lors de l’érection du Daï boutsou dèn du Todaïji, les nom> de tous I. s d « . . » i . t . u r -
maîtres, compagnons et apprentis furent inscrits sur un registre du To daï ji, .1 il <■*■>1 fait i n « * n 1 1 • • 1 1 d**
plusieurs détails les concernant, jusqu’à leur Age »*t leur domicile. Les membres la . mili n* -..ni
au nombre de plus de trente. Voici les principaux.
Chef du bureau de peinture du 2° degré du rang: b* maître-peintre «b* Kawatchi, T-<mghi
maro.
Chef des maîtres-peintres du 2e degré du sous-septième rang: kani no Sou-oun ( )u*dnk alu
Maître-peintre du 2e degré du 8e rang : maître de kawatchi, Toshitsougou.
Maître compagnon-peintre du 8e rang : maître de Kawatchi, lu asehima .
Maître du 2e degré du sous-huitième rang: Kami no Sougnuri mi Kadji.
Maître compagnon du sous-huitième rang: liadano Mouraji Mamouia.
Maîtres-peintres: Kami no Kadjimaro ; liadano Moushi larou : llada no lui mon.
En outre, dans le lokouni houghi et dans d autres ouvrages, on soit nomimr (hijika no mm
à amadji a 1 emploi de chef des peintres du sou> cinquième rang u' class«* suppl. nientair.* . Il * -t
encore fait mention de la promotion du maître-peintre de àamalo, Talébé no bèn maro; du maiti.
peintre de Kawatchi, Oliodji maro; du maître-peintre de Kawatchi, Ovalarou ; du maître -peintre de
àamato, Iké mori ; de Ohoka no imiki éçon ; de Olioka no imih ; de Tancmaro et d autres. Smils leurs
noms sont cités, et Ion ne possède aucun renseignement ni sur eux ni sur leurs ouvres.
MONUMENTS
PI. XIII. — Lf.s Beautés sous les arrhes. — Paravent peinl; Ir.’sor du Sliyau San in T.» da'i ji .
Ce paravent peint est mentionné sous le nom de « Baravent des femmes en plumes
debout ». Il comprend six feuilles sur lesquelles sont peintes six belles femmes, chacune debout sur
un arbre.
Primitivement, les cheveux et les vetements étaient décores en application de plumes. Les
plumes ont été complètement enlevées par les frottements. Il n en reste plus qu un vestige: quelques
brins de duvet collés sur une partie du vêtement d’une des six beautés.
Les visages sont peints ; les chevelures et les vêtements sont indiqués seulement par des
traits. Les arbres qui les entourent, les rochers et tout le paysage semblent avoir été peints à
Histoire de l'Art du Japon.
PI. XV,
ZAÏTEN (Sarasvati, sanscrit).
VIIIe siècle (École des Beaux-Arts de Tokio).
»
J
T
ori^in ü 1 (,,lm'( • L exécut ion est, entièrement soumise aux règles picturales que nous connaissons.
111 OI1* '' ' Nl" i i 1 ' e i h1 caractère et ont soigné le modelé. Les six femmes ont des visages
pl< ins cl rom 1 s, d< s ni, nus potelées. Les arbres et les rochers relèvent absolument du style chinois.
IM. MV.- La 1)1, m bouaxgou. ( Kitslii jyau Tênnyo) Yakoushi ji, en Yamato.
I )< ( oii\ in le il > a neul ans dans le Tobin jyou llatchimau gou du Yakoushi ji, cette peinture
sm (I11' mesure o'",5/i de superficie, peut être certainement attribuée au temps de
Shvamiiou Lr.
</
^>l|l|1,Iut‘ ‘‘ertaines parties des vêtements et les doigts des personnages soient effacés, cette
o'U\ri‘ est encore remarquable par le charme de 1 arrangement et du coloris.
Lo \ isage est japonais, dans le caractère des femmes du paravent décrit ci-dessus.
Le costume, qui n est pas sans rappeler celui des divinités bouddhiques, montre une grande
richesse. La robe violet fonce et la jupe vert clair rappellent le costume officiel des princesses du sang
de ce temps. Il paraît très probable qu il faut voir en cette œuvre le portrait d’une personne éminente
de ce temps.
IM \N . I’vnm u m f.HÂssi;. — Iît*n zaï ten Sarasvati). Tokyau, école des Beaux-Arts.
Ou dit que cette peinture était autrefois au Jvaurouri ji en Yamashiro.
Si elle appartenait au trésor de ce temple, elle devait orner la face antérieure d’une chasse qui
renfermait la statue de bois d une Dévï de bon augure, qui est maintenant conservée à l’école des
Beaux-Arts de Tokvau.
I mb-pendamment di» c<» panneau, sur les portes de la châsse sont peintes six figures, celles de
Bon ten, ici shvakouten et des j Tènnau Indra et les j Maharadjas). Toutes ont un mètre de hauteur.
La surface du panneau a été revêtue d'une couche blanche sur laquelle ont été étalées des couleurs
très résistantes.
II est difficile de déterminer si cette peinture est de la fin de l’époque de Shyaumou Ier ou de
colle de kwammou I" qui régna trente ans plus tard (782-806). Son style semble indiquer qu’elle
appartient au temps de kwammou. Les motifs décoratifs rappellent la maniéré des 1 ang et ne
présentent pas le caractère japonais. En admettant que l'exécution soit de l’époque suivante,
l'arrangement primitif est certainement du temps de Shyaumou I".
Le stvle est austère et le mouvement absent; mais la touche est habile et ferme. Le dessin et
le coloris de l’ornementation sont particulièrement beaux.
Banni les autres monuments de la peinture de cette époque qui nous sont parvenus, on cite,
dans le trésor du Shyau San in du Tô daï ji un dessin à l’encre de Chine sur étoffe, représentant un
bosatsou: sur les pétales d'un instrument bouddhique en forme de lotus, des phénix, des oiseaux,
dos animaux ot des plantes ; et, d'autre part, une peinture montrant trois femmes faisant de la
musique.
Sculpture.
La liante société de celte époque, prise d un élan de ferveur bouddhique qui .dl.dt jusqu’au
renoncement des richesses, mettait sa gloire' a luire exécuter des image* nfiigi''U>is, • \ < - - 1 1 ~ , « « i,ut
des sommes considérables. C/est ainsi que la statuaire bouddhique atteignit la perfcclinn, tant par
l’ingéniosité de la conception que par la beauté de l'exécution. Shyaumoii I”, la i j aum •
Tèmbvau 712, décréta la fabrication de* la statue colossale du Itosliiva 11a boutsoii. < hi lit d « • 1 -
une souscription dans tout 1 Empire. En trois ans, plusieurs projets fuient émis, et. apres huit
tentatives, on éleva la statue à Xara. Il avait fallu quatre années pour lachèvi ruent . \ . . • 1 1 1 pr i ^
la dorure; enfin, la j° année Tèmbvau Shvaubau -yi de l'impératrice Kauteji, .ai procd.i a
la cérémonie de 1 ouverture des veux, dette statue assise, en bnm/e d or. nu *111. le n~> d-
hauteur; la face, jm,io; le bras V'hjo; la gloire j'". >o. On \ employa js.q fit» kih»u de. ui\i> pur I
707 1 kilog. d argent blanc. O11 la flanqua de deux bosat^ous aeol\l.«. de .| m. h . ^ J haui- 1
C’est l’œuvre la plus colossale qu’011 ait jamais faiti* au Japon.
Elle ne fut pas la seule pourtant ; car on ne saurait énumérer b > statues bouddhiques qu
furent exécutées à cette époque, tant pour les sanctuaires célèbres, pour h s t. iuph - d- .li\er>» -
provinces que pour les sept temples de Xara . Todaïji, grand temple de I IXl . haï au j- l mpb* .h i .
tranquillité ; Saï Daï ji, grand temple de 1 Ouest ; l\o ji, temple de I instaurai ion du b.uile m t.w
go j i , temple de l’instauration originale ; Sho taïji, temple de l’invocat ion ; VikmiMii ji.
Aujourd'hui, plus de douze cents ans ont passé*, apportant les intempéries h - d. --i ad. .tioii».
Et c’est par centaines encore qu’on dénombre les o uvres subsistantes, >oil Tue h I d . p. h
Kofoukouji, le Sho taïji, soit dans tous les anciens temples du pays. (>n peut se faire par la um i.h
de la magnifique efflorescence de la statuaire.
Cet art, à cette époque, harmonise avec bonheur la double tendance .1 I i.h-ab'.im et au
réalisme. Les proportions, les attitudes et les draperies sont presque toujours inL. in. 1-. m. al
trouvées. Mais c’est surtout sur l'expression du visage que le-, artistes ont porté* leu 1 elV.nl. Les
habitants du ciel Tèm bon), par exemple, allient, dans leur expression générale, la puissance .1 ht
sérénité apitoyée. Il en est de même des Amida et des kiwnmmou, toujours aussi aimables que
majestueux.
L’exécution matérielle montre des progrès remarquables. L'exécution des statues colossales
prouve une science et une pratique de la fonte supérieures ; le bois est travaille avec une belle
maîtrise ; et quant aux statues de terre et de laque sèche, c’est un art < p 1 i est entièrement limité a
cette période.
La statuaire en terre eut ses commencements dans la période* précédente, c'est-à-dire sous
1 impératrice Ghèmmyau, pendant les années \\ ado 708-71 >j, dans b* Tau a cinq étages du llaurvoup.
Lés statues du modèle du Shyou misen (mont Mérou) sont toutes en terre*. Voici quel était le procède*
employé pour ces statues. On construisait d’abord une armature en bois, qu’on enveloppait «h* paille,
et sur laquelle on plaçait un enduit de terre et de balle de riz malaxés ensemble. Cela constituait le
noyau. On complétait la forme avec de la terre glaise, et le modelé définitif était exécuté avec une
matière analogue au talc. Les bras et les ornements étaient modifiés séparément et ajoutes
ensuite. On terminait par la mise en couleur.
Tous ces procédés étaient parvenus à un degré de perfection au cours de l'époque ITmbyau,
Histoire de l'Art du Japon
PI. XVI
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TAMONTEN (Dhrirachtra, sanscrit).
VIII* siècle (Kaïdaîm Todaljien, Yamato).
'
qui a produit dos chefs-d’œuvre, lois que les statues des quatre Tennau, du kaïdan in du To daï ji, et
celle du Shik kou (tau jindansle llokké dau du meme temple.
La statuaire en laque sèche était d’une exécution doublement difficile et demandait un soin
minutieux. Gomme la statuaire en terre, elle avait son origine à l’époque précédente, et eut vite
accompli des progrès extraordinaires au cours de l’époque de S hy au mou I('r.
On employait deux méthodes :
i" On modelait une statue en terre sur laquelle on faisait un moule creux, dans lequel on
coulait une laque très line destinée à constituer l’extérieur de la statue ; à l’intérieur, on coulait
successivement une laque de plus en plus grossière ; et la statue retirée du moule était enduite d’une
matière composée d’un intime mélange d’encens, de feuilles et d’écorces séchées, et réduites en poudre
impalpable, de shikimi ( Illicium rehgiosun i), de terre pourrie des étangs et de poudre céramique.
La stat ue creuse ainsi obtenue était fixée sur une armature de bois enveloppée d’étoffes. On ajustait les
bras et las jambes, exécutés à part , avec de la laque liquide ; on enduisait et fixait les coutures ; et le
travail (Hait terminé. Le Boutèn toi Shyakou Ten de la salle du troisième mois au To daï jia été obtenu
par ce procédé.
a° On commence par faire en bois la première masse de la statue. On v applique un enduit de
matière assez grossière, sur lequel on colle de l’étoffe, et on termine par un enduit de laque fine. Ce
second procédé est plus simple et [tins facile, mais il ne permet pas un travail délicat, et les statues
ainsi obtenues son! tri ■s lourdes. Les démons que les quatre Tennau foulent aux pieds dans le
San gatsou au To daï ji sont des produits de cette méthode.
Des statuaires du temps de Shvaumou l'T, il ne nous a été transmis que sept ou huit noms,
parmi lesquels ceux de ko mi naka ni' mouraji kimiinaro, le célèbre auteur du Daï boutsou ; de
Taka itchi ma kouni, de Taka itchi mamaro ; de kakino moto no Otama.
koini Nakané Mouraji kimimaro descendait d’un ancêtre coréen naturalisé. Quand Shvaumou Ier
(Huit son vœu de faire exécuter le colossal lloshyana boutsou, la difficulté de la tache décourageait les
plus hardis, ('I nul artiste ne se proposait, kimimaro ne se décida pas sans réflexion; enfin, il accepta
la commande ('I mena l'œuvre à bonne fin, mais après combien d’efforts et d’angoisses ! Il reçut, avec
le titre de maître en Daï boutsou, sous-intendant de la construction impériale du To daï ji, le second
sous-quatrième rang.
Il fut aidé par trois maîtres-fondeurs, Taka it hi no ma koemi, Taka itchi mamaro et kakino
moto no Otama.
Il est question de deux frères, tous deux sculpteurs, qui eurent à cette époque une renommée
considérable. Ils s’appelaient kei boum kwaï et kei boum komi ; mais leurs contemporains, qui les
admiraient profondément, les avaient surnommés kaçouga bémoura, parce qu’ils étaient originaires
de kaçouga bémoura, en kawatchi. La légende s’est emparée de ces deux artistes à qui elle
attribue une foule de chefs-d’œuvre. I n trait de cette légende montrera quel était le prestige
d«* leur talent.
Dans la iIT année .liiinki ya/fi de Shyau mou Ier, les deux frères étaient chargés de sculpter la
kwanzéon à onze faces, patronne du llacédérade Yamato. En quête d’un bois parfait, ils pénétrèrent
dans une forêt et se mirent au travail. Il advint qu’un bûcheron, passant près de là, put les regarder
travailler. Il vit que km boum kwaï était un Dizau bosatsou à six bras et keï boum komi un Boukou
ken jy akou à six bras. Chacun d’eux à chaque main tenait un ciseau; et ainsi faisaient-ils
leur œuvre.
Quelle que soit la part d’exagération accordée à leur faculté de production, il n’est pas douteux
que ce furent deux artistes célèbres en leur temps. On leur attribue le Foukou ven Shyakou du kwan-
vouji, en Yamashiro, et h*s trois patrons Amida de l abouminé en à amato. Mais rien n est certain a
ce sujet.
JO
Un autre artiste a ou la fortune do devenir un personnage do légende : Ghyaughi, à qui l'on
attribue aussi un grand nombre do statues merveilleuses.
O
Dans le trésor de Shyau So in du To dai ji, au revers de masques, dans des scènes do danse
religieuse , il est écrit : <( l ait par ( ) bot a N a mat o Maro 1 1 a p ne , 1 e prem i e r a \ ec quatre a u I res artistes;
le bonze Ixwanki, le général Wampoukou, etc. «
Il existe, au Tau sbo dai ji, un antique Douddba, dont I auteur serait , dit-on, le même .sculpteur
Gombô riki Shida, aidé de quelques confrères, Gbinois comme lui-même. Iles artistes a\ aient-ils
accompagné le bonze Gam in lorsqu'il vint au Japon ? On ne peut rien affirmer à cet égard Toujours
est-il que parmi les Bouddhas anciens du même temple, on en voit plusieurs autres dont la raclure .-t
évidemment chinoise.
MONUMENTS
Ivavaxzéox iîosatsou. — Hauryouji Denibo dan .
Cette statue en laque sèche, haute de im,yj, doit dater du commencement d >h\ million I
La facture ressemble à eello des œuvres célèbres de la période precedente, telle-, qw !■ Ir -
patrons Yakoushi et la Kwanzéon de bronze du Nakoushi ji. Les plis du \ élément, comme aux
œuvres de ce temps, attestent une recherche de décoration et de svim trie | ■ < 1 1 1 • 1 1 • e.oiMmqm
L’attitude, l’expression, la forme même des quatre membres ont tou- les c.ir.e Gu-, .ittribm -
au corps d'un Bouddha. C’est une œuvre de très haute valeur.
PI. XVI. — Les T i:\nau. — (To dai ji. Kal dan in .
Ces quatre statues en terre, hautes de im, (>•>,, sont du même temps. Xmis repn idui-oii'- . .11
qui représente Ta mon ten Nais ramana . Un sa qualité de Tennaii du Nord, il commande .1
100000 Nashva Yakclia . Il garde la route du Bouddha, la cuirasse d'or coiixrant -am toi-se \ la
main il tient habituellement une Slivari Tau funéraire'. Son attitude csi \ 1 1 1 la ni <* et < aime < • *1
bien le dominateur des Yashva Rasetsou, lier de son prestige de xaimpicur du Nord.
Les autres Tennau, 0 ji ko kou tèn, Zau tehvau Imi, Kwan mnkowtèu. chu 111 d un •• 1 e L n
différent, sont des chefs-d’œuvre du même ordre.
Tous les quatre étaient colorés de la tète aux pieds; mais la peinture 1 été éraillée - il en r- sL
à peine trace aujourd’hui. Leurs pupilles étaient indiquées par des obsidiennes mciiist. . -
PI. XVII. J C ITC I M K X K A X X O l' AVAI.oKITI SVAII A I K \ l> V S . -nisnil . I I . » k k • 1 1 V.illi.lli
Bois sculpté de o,mqf) de hauteur. Le Hokkéji élevé la 1 3‘* année Tembv au 7 \ 1 de Slivaiiniou I' .
à la prière de l’impératrice Kxvaumvau, est un temple de nonnes. On dit que la statue reproduit
les traits de l’impératrice.
Chaque groupe des onze faces montre une expression différente. Les trois visages de face sont
empreints de douceur; les trois visages de gauche paraissent ironiques, et les trois de droite ont un
léger rictus. La Kwanzéon sourit-elle au bien et regarde-t-elle le mal avec* dédain ? On pourrait
admettre ce symbolisme. La face dominant les autres ne sourit ni ne pleure: elle est ra\ minante de
sérénité.
La onzième face, au-dessus delà tête, est un masque de Bouddha, celui de Slivauholimvaii
Nyoraï Yroï Dharmaprabhasa Tatlmgata .
La composition et l’exécution de cette statue sont d’une extrême beauté*.
Le corps, en marche, pèse sur le pied gauche, tandis que le pied droit sc porte en avant, avec
légèreté, les extrémités des doigts relevées. La main droite fait un signe liturgique; la gauche, dirigée
vers le genou, retient le bord du vêtement.
Dans le visage du Bouddha, le regard, droit et éclatant, affirme le salut du monde et révèle la
profonde commisération de cette tète sublime pour tous les êtres.
Dans cette statue, de proportions admirables et de caractère aussi gracieux que puissant, tous
les détails sont traités avec le plus grand soin. Le bois, dépourvu de peinture, permet de voir le travail
du ciseau, d’une sûreté extraordinaire. C’est là, en vérité, la plus belle de toutes les statues qui nous
restent du temps de Shyaumou l‘‘r.
P], XVIII. — Statue de Shi-Kongô Yadjrapâni, sanscrit). — Hokkédau, To cl a! ji.
Statue (‘n terre de im,6j de hauteur. Shikkou gan jin, le maître du ciel du désir (Kamadhata
lient à la main le Kindô sliyo (sceptre de bronze d’or) qu’il semble brandir pour prendre possession
de tous les cieux. On dit que c’est devant cette statue que priait le célèbre patriarche Raubèn,
comme devant celle de son patron préféré.
Elle a subi des détériorations : elle est grattée et écaillée. La main droite est mutilée. Telle
qu’elle est, elle constitue, parmi les statues en terre, une œuvre d’une beauté comparable à celle
des quatre Tennau de Kai dan in. Il subsiste assez de coloris pour en faire deviner la perfection.
La légende raconte qu’en temps do guerre, il sort de la bouche de la statue des myriades de
guêpes qui vont piquer et tuer les ennemis.
Son attitude, ses yeux ronds, ses reins élancés, les espèces d’antennes décorant sa tête, le
sceptre qu’il tient à la main, tout, dans son aspect, rappelle la forme de la guêpe. C’est là sans doute
l’origine de la légende.
O O
PI. \l\. — Statue de Bon tèn (Brahma). — Hokkédau, To daï ji.
Laque sèche de 3ni,qG de hauteur. Acolyte du patron de Hokkédau, Foukou Ken jakou
boutsou, cette statue est le pendant de celle de Tai shyakou Tèn (Indra). Ces trois statues sont,
d’après une t radition constante, l’œuvre du patriarche Raubèn. Le corps droit, en prière, leur attitude
est pleine de noblesse et d’élégance. L’expression des visages est d’une sérénité et d’une majesté
inlinies. Elles relèvent d’un idéal supérieur à celui d’un artiste ordinaire et l’on y sent l’inspiration
d un homme de génie.
En outre de ces œuvres, ce qui reste des sculptures de cette époque forme un ensemble
considérable.
Les douze Shinshyau du S h i 1 1 yakoushi ji, à Aura, et les quatre Tennau du Sai daï ji sont des
œuvres célèbres de la fin de cette époque.
Le Daï boutsou, dans les incendies causés par les guerres, fut brûlé deux fois, à la tète et au
corps, et deux fois dut subir des restaurations.
La première fois, c’était en la Y' année Jishyau 1180) de Takokoura Tennau Au cours de
troubles militaires, Tahira shiglié h ira brûla b* Daï boutsou dèn, dont la tète fut détruite. Goshiva
l\ava llamvau donna l’ordre de le restaurer la 6e année Kèn Kyou (1190). Il est probable que la
restauration ne se borna pas à la tète et s’étendit à tout l’ensemble.
Plus tard, le m° mois de la io0 année birskou de l’empereur Oghimatchi 1 667 , au cours de
la bataille entre Matsou Naga Mica llidé et Miyoshi Yasou Naga, le Daï boutsou dèn fut une seconde
fois incendié par les soldats. L’année suivante, un habile peintre et sculpteur de Eoukouzomù, en
Yainato, consacra toute sa fortune à le réparer.
Ainsi, ce qu’on peut voir aujourd’hui de cette statue est une restauration des époques Kèn
Kyou et Sirokou.
-()
CHAPITRE V
Architecture.
L’architecture Je l'époque de Shvaumou 1CI est la coul in uni ion de celle de la période pi » , ejeuie.
mais plus perfectionnée. Les règles de construction des garan offrent Lieu des detads differents Je l.t
période précédente. Mais, en somme, c’est Lien la meme architecture, dont I idéal s est fortitie et dont
les moyens d’exécution sont plus développés. Les proportions deviennent plus justes, et le hàtilm ml
prend un aspect de robustesse et de majesté.
L’ornementation de l’architecture intérieure emploie les mêmes procédés «pie dans la p ie T
précédente, cependant elle adopte des motifs J un caractère qui lui est propre.
A la fin de l’époque de Shvaumou In, on en vient à préférer des couleurs plus relatant*-*
Architecture des palais. — L’impératrice (ihèniniyau, lors du tranTii A la *. p > •
lléijvau N ara), donna ordre de construire le I)aï nai ri grand palais i n t • rmui IL* u qm J . - j . • I ,u i
de la construction eût eu l’occasion de progresser, il n avait pas encore conduit m» imtlc A- *
à un degré suffisant. Il est probable que 1 impératrice* et tous le* services olliciels fuient m-t Jl- -
dans de grands batiments à colonnes rouvres, recouverts de luilc* bleue-.
O O f
Sous le règne de Shvaumou Lr, les cinq premiers rangs de fonctionnaire* imp< n.m\. * ! un un
les gens du peuple ayant de la fortune, couvraient leurs maisons en tuile* b idig- •< uui' e* J< i<ai_
si l’on en croit les chroniques. Il semble donc que des lors la tuile *iul entrée dans 1 u-.ç
courant.
La tradition raconte que le Tausho daï ji de Nara devint, par ordre J. I • n q »* i • u r . la
salle de réunion du matin du Daï naï ri. On ne possède «aucun mo\eii de coutrédei c. il.
assertion.
A cette époque naquit la croyance à l'origine commune des divinité* indigènes du
Bouddhisme, en sorte que les Kami et les Otoeké peu a peu se confondirent. Mai-, en etudiant
le stvle de 1 «architecture shintoïste du temps, il ne semble pas qu il se *«»il approprie c hu J*
l’architecture bouddhique.
La 2V année llauki 771) Soujiwara moino kawa, conformement aux ordre* de I emp"i. ni
révisa les règles établies pour la construction des palais. ( >n voit par la qu’ils étaient de *t\|.
shimméi, et les toitures n avaient pas encore leurs bordures en ligne courbe.
MONUMENTS
Le Hokkédau (To daï ji, Yamato).
Le Hokkédau a été fréquemment restauré et a beaucoup perdu de son caractère originel.
Cependant, 1 intérieur est à peu près tel qu’il était il v a plus de mille ans. Divers détails,
tels que les colonnes, le travail du plafond, montrent Lien le goût du temps, et les assemblages
appartiennent au véritable style de l’époque de Shvaumou Tennau.
Fig. 3U Ce kondau, qui compte 7 travées, s’élève sur une ternisse. Il a conservé* la forme
antique. L extérieur est entièrement badigeonné en rouge, sauf des détails colores diversement.
Il semble que déjà, à cette époque, on se préoccupait de donner aux bâtiments japonais une
décoration très vive en couleurs.
Ln général, dans les garan japonais, les détails les plus caractéristiques sont le tour des
noki et les koumi mono. La proportion des koumi mono seule permet très bien de déterminer
Histoire de l’Art du Japon
PI. XVIII
SHI-KONGO (Vadrapâni, sanscrit).
VIII* siècle (temple de Hokkédau, Todaïji).
.
t
/
)<i <1< s monuments, Ainsi, au Sim dai ji, les kourrii mono et le tour des noki prouvent bien
H111' (;o,1sl ruel ion remonte à l'époque de Shyaumou I01'.
A j‘ <l* ^(1 Siu dai j> de Nara sont les deux grands garan qui appartiennent à
1 ai < bitt » I me de celte opoque. Si le Sai dai ji s’éloigne quelque peu du style antique, en
i e \ a 1 1 < 1 1 e le lo dai ji lui garde une plus grande fidélité. On peut encore distinguer les vestiges
S,am,r |H)I'te du Sud, des portes de l’Ouest et de l’Est, delà porte centrale, du portique
l 'i^. — Rondo (temple tloré de Toshiodaiji .
du kondaii, de la salle de conférences. Le kondau, qui est devenu le Dai boutsou don, est
d une dimension unique.
Le shïiivakouji de Nara est aussi un vestige de cette epoque. Les deux 1 au de 1 Lst et de
l'Ouest du Tavénia déra lui appartiennent également. Le style et 1 exécution sont semblables
ii ceux du kondau du Sim dai ji.
En résumé, les trois périodes de Souïko, Ten tchi et Shyaumou peuvent témoigner,
par leur architecture, qu elles furent pacifiques et joveuses et I couvre d aichitccture la plus
remarquable qu elles aient produite, ce sont les garan des six sectes de Nara.
CHAPITRE VI
Arts industriels.
U n’est personne qui, ayant une fois visité le trésor de Sliyau so in, au To daï ji, ayant
vu les innombrables objets précieux, les curiosités rares dont il est rempli, n’ait été émerveillé
de la magnificence des arts de cette époque.
Là se trouvent réunis des objets d'art obtenus par tous les procédés : sculptures,
mosaïques, fontes, laques, broderies, émaux cloisonnés, verreries, nacres. Il n’est pas un genre
— -8 —
de fabrication inconnu on même négligé, et tout a atteint un degré de perfection dont nn voit
rarement l’équivalent aux âges suivants.
L’arrangement décoratif est alors conçu avec une ingéniosité inépuisable. (Iliaque
objet montre une harmonie merveilleusement trouvée avec le but pour lequel il est créé. |.e
dessin en est toujours choisi avec une entente subtile du sentiment correspondant à l obj-l.
S’agit-il d'un instrument bouddhique, la forme en est inspirée des conceptions bouddhique-
S’aOt-il d’un instrument de musique, sa forme évoque les plus profonds arcanes d** la musique.
Dans les plus petits détails de chaque objet se manifeste la préoccupation de lui douma um*
signification correspondante à son usage. Jamais le moindre molli n est dessine arlul r.m *111* ni
et la plus minutieuse critique ne parvient pas à trouver en défaut cette curieuse poursuit* d*
l'idée maîtresse.
La forme de tous les objets est d une élégance suprême. Souvent, dans un >impl<* hib* 1**1
de métal pas plus grand que le pouce, l’artiste a su enfermer une beauté* évoquant I imm* n-it>
de la nature.
Cette recherche de la délicatesse, résultat il une attention et dune observation ^.ig.i* e,
est la caractéristique des arts japonais et son triomphe. Les ouvriers d art japonais, - ad* *nn *ht
depuis l’antiquité au même métier, de génération en génération, b* fil- succédant au p* i* et à
L aïeul, sont façonnés par une force d'hérédité accumulée Ce fut surtout a partir du i* _ n *b
Shyaumou Ier et depuis I installation à la cour d**s bureaux de peinture, d<* lissag* . .1 for- <1* !'* ni*
de céramique, de laque, etc., que les progrès marchèrent à pas d** géant. Chaqu* artisan,
protégé et garanti contre le souci de la vie matérielle, put se livrer tout entier à la pratique *1*
son art.
Les objets précieux conservés aujourd'hui dans le trésor de Shvau so in sont au muulu
de plus de 3ooo : sabres et épées, cloches et miroirs, objets de parure, dessins et livres,
écritoires, instruments de musique, bibelots, brûle-parfums, etc., sans rompt* r b - obj*l- d*
culte et de cérémonial.
Déjà, en la 8° année Tèm byau Shvauhau -’»(>, Shvaumou axait légué* tout c. qui lui
avait appartenu au To daï ji pour Lolfrir au I {oshvanaboulsou. A tous ers obj**t- . lait joint un
registre des offrandes où chacune était décrite en détail.
Selon cette liste, 70 objets auraient appartenu au temps de T«*mmoii I" et de (di. mmvau I
Hormis ceux-là, la plupart des autres ne peuvent être attribués qu'à l'époque de Slixauuiou I".
Sur la liste, plusieurs sabres longs tatchi , plusieurs paravents sont indiqué* romim
chinois; une chasse et un paravent comme coréens Le reste doit doue être bien reconnu comme
do fabrication japonaise.
I n vieux livre du To daï ji mentionne la fabrication de miroirs d d'autres objets, dont
le caractère et le style attestent surabondamment 1 origine japonaise.
Nous allons passer en revue une série de ces objets se rattachant aux divers arts.
MIT AUX
La fonte, la sculpture et tous les arts du métal ont fait à colle époque des progrès que
Ion peut mesurer quand on connaît la grande œuvre du Daï boutsou.
Mais 1 art du métal ne se bornait pas à la fonte de statues colossales. L Ornemental ion
délicate des miroirs et des armes, la ciselure pour laquelle on employait toutes sortes de ciseaux
et burins, prouvent le développement d un art dans lequel la beauté du métier fait ressortir
l’ingéniosité des motifs.
PI. XIX
Histoire de l’Art du Japon.
BON TEN
VIIIe siècle (temple
(Brahma, sanscrit),
de Hokkédau, Todaïji).
!
MONUMENTS
IM. \X. — Objets nr. Shyau s<> in (n'” i à 9).
1 Miroir rond en enivre blanc Shyau sô in . — Ce miroir, d’une belle fonte, legs de
Shyaumou I", <*st h* plus grand des miroirs conservés dans le Trésor. Au revers apparaissent
Us gcnics des | éléments, les H kwouai et les 12 signes du zodiaque. Le bouton est en forme de
lion.
■> Miroir rond , pial , a inerustcitions de nacre (même provenance), diamètre o"',387. —
Au revers, en nacre et ambre rouge, sont incrustés des motifs d’animaux, d’oiseaux et de
plantes.
> Miroir au.v H feuilles de lotus, en cuivre blanc (même provenance), diamètre om,5i. —
Au revers, vue de la montagne de Bauryou dont le sommet plonge dans les nuages. Au bord,
les 8 kwa-Boutou en forme de tortues.
i Miroir aux H feuilles , à revers laqué (même provenance). — Au dos laqué, motif de
plmnix, grues et plantes. Le travail est du genre Ifei datsou mou , c’est-à-dire fait de minces
lames d or et de cuivre noyées dans la laque et ciselées.
) Miroir octogone même provenance). — La face est d’argent; au revers, sur un fond
d or vierge, un motif de Ileurs est fait en cloisonné. Les cloisons, plus épaisses qu’aux siècles
postérieurs, sont en lil d’argent. Le travail du cloisonné a été réglementé par les ordonnances de
Dailiau, sons Mommoii l'r, qui favorisa cet art. On dit même qu’il s’occupa beaucoup de ses
fondeurs. Cet art a dù faire de grands progrès dans cette période.
(i Sabre long décoré d'argent et de pierreries même provenance:, longueur om,8oi. — Ce
Litchi est d’une décoration riche. La lame n’a qu’un tranchant. La poignée est recouverte de
peau <le requin, le fourreau, de laque noire et de laque d’or, porte des motifs d’animaux et de
lianes. Les pièces de monture métalliques sont en or et argent, ciselées et incrustées de
pierreries. Parmi les planches, la première représente l’objet dans son ensemble; la deuxième, une
reproduction de la lame; la troisième, une reproduction du fourreau.
- Sabre suspendu à un ceinturon même provenance), longueur om,58y. — Lame à un
tranchant, poignée en bois de santal. Le fourreau, de laque noire, est ornementé d’animaux
fantastiques et de plantes sans relief, en or et argent. Les pièces de la monture sont d’or et
d’argent, sculptées de lianes.
8 Hrûle-par (unis (même provenance). — A manche en santal, à motifs plats d’or et
d’argent.
Ilrnle-par /unis à main. — Orné de motifs plats d’or et d’argent et de grandes et petites
pierreries. Sur le couvre-feu et à l’extrémité du manche sont ciselés des lions de bronze d’or, d’un
travail particulièrement délicat. Les proportions de ce brûle-parfums sont belles et l’ornementation
d'un goût exquis.
iq Plateau de bronze d'or. — Est-ce un ustensile de table ou un objet du culte? Quoi qu’il
en soit, la forme est très belle, celle d'une fleur renversée. Le couvercle est ajouré.
PI. XXI. — Pierre sonore de K WA ckn (Kôfoukouji, Yamato).
Les objets du Shyausô in 11e doivent pas faire négliger les objets remarquables en fer
ou en bronze, de cette époque. Le gong et son socle, conservés au Kôfoukouji, sont désignés
sous le nom de ce pierre sonore de Kwaghèn », du nom d’une localité de Chine qui produit
une pierre renommée, avec laquelle on fabrique des instruments de musique très estimés.
Cependant, cet objet est un véritable gong, ne contenant aucune partie en pierre, et c’est à
sa réputation de belle sonorité qu il doit son surnom.
11 est haut de i ni , 8 7 5 et tout entier en bronze. Le gong s'accroche aux enmulemonls
de quatre dragons et le pilier central est supporté par un chien de doré»». La forme est d'une
extrême éléo-ance et la fonte très bien venue. Son style magnifique rapproche ce gong de s
objets d’art du Yashiro, du Kaçoug et, du fan sho daïji, et certilie une origine japonaise de
la même époque.
SCULPTURE ET XI ELLE RE
pi. xx.
Ob.U.TS DI. S 11 Y Al' SU l\ ll"s 10 à M)
La sculpture et la niellure à cette époque ont fait de grands progrès tnnl au point de mu- »!••
l’arrangement décoratif que de l’exécution. La niellure, en particulier, s inspirant des procédés
des arts étrangers, parvient à une pratique et à une habileté remarquables.
Objets.
10 } aisseau en bois sculpte. — Shyau So in. — Le vaisseau el son coiivercb* -ont tous J. u\
sculptés de feuillages en forme d’acanthe et rehaussés d'or el d'argent II existe un « ou\« ii h * I • p •
reillé du même genre. Les feuillages qui décorent ressemblent à I acanthe plus ( • 1 1* • « 1 • • qu- cmx du
vaisseau. Ce couvercle, mince, ajouré, est une pièci* très remarquable par la béante d • • la loi un cl
la finesse du travail.
1 1 Pied en ivoire. — Cet objet qui est I étalon du pied de I époque, soit p pouces 7 I s > du
pied d’aujourd’hui, est divisé en compartiments d un pouce, servant d eclidle. Deux Loïc-- i,t
peintes en rose et 2 autres en vert. De délicats motifs gravés le décorent.
12 Echiquier en marqueterie de santal. Cet échiquier mesure o'",»i > de ente et
om,i56 d’épaisseur. Les lignes de séparation des cases et les ornements des côtes et des pu ds
sont tout incrustés d ivoire d’un t rès beau travail. Los dessins, incrustes en ivoire clore, de> P a d un -
représentent une chasse au lion et une caravane avec des chameaux. Les boites de-.im.es ,1
recevoir les pions sont en forme de tortue; et la boîte renfermant I échiquier est pl.iqu . I • •• elle
incrustée d hexagones en ivoire et ornée de motifs d or et d argent.
13 Flûtes droites. — Lu bambou sculpté de lins motifs, parmi lesquels d. . leinne - pim .oit
du Biwa ou cueillant des feuillages.
i4] Sho orgue à bouche . — Les tuyaux sont de bambou, la monture de Loi-, laque, de* n
d’incrustations d’argent représentant un Karijohiu ange femelle souillant dans un S//o, et de petits
enfants jouant de la musique.
1 5 , 16 Biwa en ivoire colore et santal. — Le santal est incrusté1 de motifs en ivoire colore
Sur la face une chasse est représentée, en couleurs. Le haut de l'instrument est laqué*. Sur le dos
sont des motifs de Heurs et d oiseaux on ivoire colore. Les dessins sont gracieux, et I ivoire colore
0
d’un travail très soigné.
O
[17 Biwa a cordes. — Santal incrusté de nacre. Sur la louche en nacre incrustée >ur écaille
figure un Indien à cheval sur un chameau et pinçant du biwa. L'exécution »*^l parfaite sous tous les
rapports.
; 18 (ihènkan (Ghèkkïu . — Santal incrusté de nacre. Sur la louche en écorce sont dessinées
trois femmes pinçant du ghèkkïu. Au dos, des perroquets eu nacre, tenant dans le bec des herbes
fleuries.
[19, 20 Foh o instrument du genre de la harpe européenne. Hauteur : i,n,5o; environ
2 3 cordes. — On trouve au Shyau-So in les débris de deux de ces harpes. Les deux halo qui sont
représentés ici sont des restaurations, les originaux étant en très mauvais état.
Sur la caisse sont peints des animaux, des oiseaux et des Ileurs. Au pied de la colonne sont
sculptées une tête de lion et des fleurs. Les instruments sont destinés à être pincés, Lun la tête
suspendue, l’autre la colonne appuyée au sol.
Histoire de l'Art du Japon.
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OBJETS DE SHYAU SO
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CERAMIQUE, POTERIE ET VERRERIE
1*1. XX. — OlîJKTS DK Sll YAK SÛ IX fnos 21 à 2',).
La céramique est restée dans lin état assez primitif, relativement aux autres arts. Cependant
le vert, le jaune, le violet, et d’autres tons sont déjà employés.
Ea verrerie, pratiquée de longue date, a déjà fait preuve d’une grande habileté. On fabrique
des verreries de couleur verte ou violette ; d’autres sont taillées à facettes ou gravées.
Objets.
ai l a se à /leurs en poterie. - Hauteur : om,ji ]; du genre dit Kautehin yahi. — -Terre
la ut lie et Irialde, marquée par places de taches d’émail vert. Ees bords sont relevés : les pieds
es,
2a ( disse de tambour ni poterie. — Hauteur : om,3j8. Kautehin yahi. Lignes d’émail
vert et jaune sur fond blanc.
Le Trésor renferme encore plusieurs dizaines de plats à offrande et de petites pagodes,
a > Hat ereu.v en verre. Pâte de verre vert clair, de forme elliptique. Le fond est d’un
reliel 1res saillant et présente à la panse des poissons et des plantes aquatiques gravés.
•> \ Tasse en verre. — - Pâte de verre blanc. Sur toute la face extérieure apparaissent en
creux des hexagones. La fabrication est très soignée.
TISSES ET TEINTURES
IM. XX. - < >11.11 I S 1)1 SlIYAI Su IX !)"' 2) à i- .
Déjà, du temps de Oheminvau l'r on avait envoyé des maîtres tisseurs de l’atelier impérial
dans toutes les provinces pour v enseigner le tissage du brocart. Ainsi tous les tisseurs de toutes
les provinces connurent cet art. Les relations avec la Chine importèrent au Japon toutes sortes de
tissus chinois qui servirent de modèles à nos ouvriers.
Aujourd'hui, parmi les tissus conservés au Shvau sû in et au IIô Kyakouji, on voit des
brocarts de toutes sortes, qu’on peut attribuer à l’industrie japonaise. Certains tissus faits de fds
de couleurs différentes, depuis 1 jusqu’à i3, représentent des animaux, des plantes, des fleurs,
Quelquefois on y mêle des fils d or et d’argent, ou bien l’on tisse des perles à même. On faisait aussi
des étoffes du genre cachemire.
L’art de la teinture avait déjà perfectionné ses procédés. Sous Ton tchi 1"', des étoffes teintes
avaient été exportées par les ambassadeurs comme produits propres au Japon. Parmi les différents
procédés, on cite celui-ci : on dessine sur l'étoile le modèle avec de la cire; ou fait l’opération de la
teinture et l’on enlève la cire; le dessin apparaît alors. Le résultat ainsi obtenu est plus délicat que
celui qu’obtiennent les Chinois. Certaines étoffes teintes par ce procédé montrent deux ou trois
couleurs.
Eue autre méthode consiste à graver le motif sur une planche, et à teindre l’étoffe à l’aide de
deux planches. Dans ce genre, on connaît aussi des teintures en deux et trois couleurs.
H
Pièces.
[25] Brocart représentant une scène de e liasse . — O genre de tissu, appelé brocart japonais,
est souple. Le motif a dû être copié sur un brocart chinois. Mais le dessin a été modilié pur I addition
de plusieurs détails nouveaux. 11 est conserve au Haurvouji.
[26-27" Brocart à chèvres. — Brocart japonais, d un travail délicat et d un dessin t r« * ^ précis.
Des chèvres y courent parmi des plantes. Le fond est tissé de soie. La disposition en damiers tisses
et coupés d’ornements est tout à fait nouvelle.
28] Brocart à oiseaux, animaux et /leurs. Des chèvres, des grues, des Ileurs sont semées
selon un arrangement très adroit.
2p Brocart à bandes. — Le dessin en est très habile. Les bandes sont obliques. Luire «-lies
sont répartis des oiseaux et des (leurs disposes obliquement . Si 1 on regarde de loin • ■ * • 1 1 « • piere
étendue comme tapis, l'effet en est très beau. C'est pour cela saii'* doute «pion 1 appelle nishi/m
(semis allongé.)
30 Brocart (i phénix. — Les phénix sont entourés d'enroulements de \igne H séparé** par
des feuillages décoratifs. Le coloris est très beau.
3 1 Brocart aux rinceaux obliques. — Les Heurs dites Karahana lolu^ du dessin indien
et les papillons sont disposés obliquement et combines en douze couleurs. L’exéeution du ti^u e-l
d’une finesse remarquable.
[32 Brocart au halo. — Le dessin représente le soleil brillant dans les nuages Sur b*** bord**
les nuages sont doublés. Les nuances dégradées vont du foncé* au clair.
Le Shyau so in renferme encore plusieurs autres espèces de brocart.
33 Tapis de table à /leurs et oiseaux. — Le dessin présente, svmél riqueuient dispo-é*** .1
droite et à gauche, des fleurs rares, des oiseaux d'eau et des nuages. Le coloris est très varié
34 Paravent. — Une des feuilles porte des arbres et des cerfs. Les cinq autres l.milb***
représentent des fleurs et des oiseaux.
35 Paravent. — Oiseaux, animaux, plantes et fleurs.
Paravent à deux feuilles. — Le dessin est étrange, (tu \ a cherché la variété et la virtuosité
sans s’inquiéter de la perspective. Ce qui frappe au premier aspect, c'est un oiseau becquetant d« s
fleurs; puis des animaux ressemblant à des éléphants. Des personnages, fort petits, font danser un
phénix en soufflant du shô orgue à bouche . Des cavaliers courront le cerf, etc. La couleur est
ternie. Le dessin, ni chinois, ni japonais, a dû être copié* sur un modèle indien.
36 Fragment à phénix. — Dessin fin et délicat.
[87 j Fragment de sac à fleurs et carapaces de tortues. — Dans le tissu sont teintes des Meurs
et des carapaces de tortues.
OBJETS DÉCORÉS DE PEINTURES
PI. XX. — Objets de Shyau sô ix (n°* 38 à ',1 .
A cette époque, la décoration en couleurs des objets s’appelait Saïyé. Ainsi qu'il a été dit au
chapitre de la peinture, les maîtres du service des ateliers impériaux de peinture s’occupaient
particulièrement de ces décorations. Le coloris et le dessin des motifs sont d'une extrême habileté,
et n’ont pas été égalés dans les âges suivants.
Le matières colorantes ne s’écaillent pas facilement, et, couvertes d’un léger vernis de
laque, elles sont aujourd hui aussi fraîches que si elles dataient d hier; rien ne ferait supposer
qu elles ont supporté plus de onze siècles.
Histoire de l’Art du Japon.
PI. XXI.
KWA GHÈN KEI (espèce de gong).
VIIIe siècle (Kôfoukouji, Yamato).
— 83 —
Objets.
88 Uni te à riz peinte sur fond vert. — Petite boîte en bois peinte en bleu vert clair
et clecoree de motifs de fleurs et d’oiseaux. Sur le fond est collé un morceau de brocart.
b) Récipients en forme de fleurs île lotus. — 11 y en a une paire. Ce sont probablement des
objets (b* culte bouddhique, destinés à recevoir les offrandes.
Chaque pétale porte à l’endroit et à l'envers des pointures représentant des Bosatsous, des
oiseaux, des animaux, des fleurs ou des plantes, des robes de Bosatsou, des ailes de phénix.
jo .S or/c en forme de fleur. — Le dessin est rehaussé d’or et d argent. La forme du dessus
et du pied est harmonieusement trouvée pour recevoir la peinture.
j i Sorte octogone. — Plusieurs dessins sont chargés de couleurs extrêmement vives. Les
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bords et le pied sont peints de fleurs à nuances dégradées. L’ensemble est très beau.
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DEUXIÈME PARTIE
RK kWVMMOU I \l B VKOUFOU l)K KAMAKOIIRA
L 1 V R E PRE M 1 E R
Kwammou U.
CH A P ITKI-: PREMIER
L État social dans ses rapports avec les Beaux-Arts.
\ urs lu lin (lu la période précédente, une longue paix régnait sur le Japon qui s habituait à
la tranquillité. On aspirait à imiter la magnificence extérieure des T ang et aussi léclat superficiel
de leur civilisation. Le confort, le luxe et meme l'ostentation s’introduisirent au Japon. Ils s’y
accrurent au point de dévoyer les niomrs et de relâcher l'autorité du irouvernement.
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La cour, s adonnant au I Lmddhisme avec une extrême ferveur, lui prodiguant toutes sortes
d encouragements. entassait des richesses énormes dans les temples, multipliait les travaux sans
urgence, bâtissait en nombre considérable des salles de fan et des monastères. Ainsi, le Trésor se
trouva vide et les impôts augmentèrent. La politique se lia à la religion au point de ne plus s’en
distinguer aisément. Les moines acquirent une influence prépondérante et abusive. Ils avaient pris le
pouvoir et y apportaient leur arrogance et leur dédain de la justice. Ils devenaient les maîtres dans
h* palais.
Kwammou V' XL1X, 770-78 2 , dès son avènement, s’efforça de restaurer le gouvernement. Il
rapporta plusieurs lois tracassières et voulut rectifier certaines mesures fâcheuses des règnes précé¬
dents. Mais ce qu'il eut fallu modifier, cédait la légèreté et la décrépitude de la société. L’entreprise
n’était pas aisée.
Cependant, déjà un mouvement de réaction se manifestait et grandissait. Des symptômes d’une
révolution inévitable» se faisaient jour.
Kwammou l‘,p, prenant l’Empire dans ces circonstances difficiles, était un monarque remar¬
quablement doué.
Comprenant les tendances du temps, il daigna inspirer le mouvement des idees nouvelles et
révolutionnaires, et sa vigoureuse impulsion réforma le gouvernement défectueux et les mœurs
décadentes. Ambitieux de rafler ni ir l’autorité impériale, il réduisit les Lrnishi, ces rebelles turbulents
qui avaient, à maintes reprises, troublé la tranquillité de la maison impériale, l'our maintenir eu paix
ses frontières de l’Est, il transporta la capitale en Namashiro y«)j ap. .1.-0. et la nomma Lei au
Kyau ( Kyoto actuel . Ses sages mesures assurèrent une base inébranlable a la paix <1 un millier
de générations.
O
La société subit alors une modification heureuse, une rénovation. Les esprits, rajeunis et \ i \ a n t -,
se reprirent aux nobles efforts.
Il est certain qu’en transportant ailleurs le siège de la capitale, l’empereur avait en Mie de
grands desseins. De ce transfert résultèrent une commodité' plus grande pour b* gouvernement, et me
facilité nouvelle de communications. Il arracha le peuple aux conséquences de la mauvais*' p->litiqu«
invétérée dans Nara et étendit les bornes de J empire rénové.
Ce changement de capitale suffit à inspirer au peuple un nouvel idéal et a crée r un nouveau
centre de développement pour les idées nouvelles, les institutions, la culture intrllertmdh- . La m u\ «II-
capitale chercha à surpasser Nara. On la dessina sur le modèle de Tehang ngan dos | an- I * plan
en est grandiose. Le palais, le Daïkyokoudèn, le llorakou in, et un grand nombre de miiiLt- res < t
d’administrations furent édifiés avec magnilicence. Les ouvriers renommés, le* artisans L ^ j * I u - babil* -
de toutes les provinces s y établirent en foule. \u-»si rarehitecture et la décoration lir- nt -* II- ** d-
notables progrès.
Après la construction delà capitale, on créa «les palais secondaires, «b -s r«;>i«h nc( **, -I- *» villa*»
pour les empereurs. Cette mode fut imitée par les grands seigneurs. Les terrains de kmr alo-n Iw -n'
s’étendirent dans toutes les directions. Et l’arrangement de ces résidences et de leurs | a i - -» . i \ -
leurs rochers, leurs étangs, leurs jardins, acquit une renommée qui dure encore aiijourd hui. L ai t -lu
jardinier paysagiste fit alors des progrès sans précédent .
Pendant le demi-siècle qui suivit Iwvammou 1", les empereurs I lei/ei 1.1 , Saga 1.11 , .Domina
LUI), Nimmy au Lf\ , Moutokou L\ de (Sot) a S )(> lurent de sages monarques, uxeellaiil dans h-»,
arts et prudents politiques. Ils fondèrent des écoles destinées a propager les études elassiqm -s. IL *..■
préoccupèrent, à l imitation «h's T’ang, de codifier le cérémonial, et donnèrent tmis b-urs soins à
favoriser l’extension du commerce et des moyens de transport et de commnnieat ion . Ils >»e donnèrent
de tout cœur à leur grande mission. Des ministres éminents surgirent; en somme, !«• gouvernement
éclairé fit beaucoup de bien et prévint beaucoup de maux.
Lu dépit de plusieurs calamités, de maintes épidémies, la civilisation va toujours se develnp
pant. Les esprits s enrichissent de la culture de I immense et florissant empire des I ang, qui arrive
au Japon sans discontinuer.
Les Chinois ne sont pas le seul peuple qui ait échangé' des ambassadeurs avec le .lapon. Notre
pays avait encore des relations avec les Rokkai nation établie près de la Mandchourie et de la
Mongolie orientales actuelles) et les Shiraghi. Mais aucune population, à celle époque, ne donna à
notre civilisation une impulsion plus vive que les Chinois.
Le gouvernement des T’ang était alors singulièrement troublé1 au dedans. Les chefs «le clan,
arrogants et indisciplines, a semaient la désunion. Les barbares turcs, an dehors, cherchaient une
occasion d envahissement. Au moment de la révolution d Au Rokouzau, le désordre cl l’anarchie
étaient au comble.
Partout, en vertu de leur gloire passée, les T’ang imposent toujours leur inlluence, qui pèse
sur la littérature et la pensée. De grands et glorieux bonzes paraissent, qui révèlent les lois de la
haute doctrine. On admire les vers de Li Tai peh et de Tovifou, les écrits de Tcliano- hsù et de Yen
l lu'ii lv ing , les dessins de Li ssn hiiun et de NY ang woï. Les lettres, la philosophie religieuse, les
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beaux-arts étaient toujours florissants. Les troubles politiques semblent ne faire que les
stimuler. Aussi s est-on tourné avec admiration, à toute époque de notre histoire, vers cette brillante
culture. Il n est donc pas étonnant qu’elle ait exercé une puissante* influence.
L empereur Saga, par exemple, poussa l’amour des modes chinoises jusqu’à conformer sur
elles le costume et le cérémonial, ou à faire peindre sur les murs du palais les grands hommes de ce
pays et ses principales légendes, afin que son peuple pût ainsi se familiariser avec la culture
chinoise.
Cependant, I imitation des mœurs chinoises ne fut pas aussi absolue qu’à l’époque précédente.
I ne activité dévorante s était emparée des esprits, déjà las des modes anciennes et des vieilles idées.
Le sentiment national se faisait jour et grandissait. La culture chinoise importée chez nous s’y
transformait, prenait une nouveau caractère.
Les bonzes de celte époque qui allèrent en Chine étaient des hommes d’esprit éminent et de
grande science. Leur intelligence, que ne satisfaisait pas la doctrine bouddhique telle qu’elle était
répandue, allait approfondir les arcanes de la doctrine et ses enseignements les plus profonds.
Ils ne peuvent être comparés aux prêtres qui, aux âges primitifs, étaient partis en Chine pour chercher
la loi.
Ces puissants esprits, après avoir reçu la tradition des prêtres chinois, avaient pénétré l’idée
bouddhique dans sa profondeur, et y apportèrent îles vues nouvelles. Ils furent vraiment des maîtres
et de précieux guides intellectuels. On en peut citer dont la renommée parvint en Chine, où elle
rivalisa avec celle des Chinois. Tels furent Sai Tchyô Deng vau Daïshi et K où kaï Kobô daïshi).
Avant cette époque, on comptait au Japon les six sectes Sanron, Ilôçau, Ixégou, Ritsou, Jyau
jitsou, koushya, qui, toutes favorisées par la protection de la Cour, atteignaient un haut degré de
prospérité. Cependant elles n'avaient pas encore — à l’exception de la doctrine du Grand Véhicule —
mis en lumière le principe mystérieux de la loi universelle.
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Saïteho parut, et révéla la doctrine, ternaire. Ltantallé en Chine, il y chercha le livre de Ten daï
qui n était pas encore connu au Japon. Il revint quand il en eut pénétré le sens ésotérique. Et pour la
première fois la merveilleuse doctrine de 1 identité des trois évidences nous fut divulguée. C’est de
cette époque que date la fondation du monastère de llieirau koukaï.
La n3r année Enryakou 8o j , Saïteho retourna en Chine où il fonda son monastère du
Ten daï sau, en Tchelikiang, dont l'influence devint prépondérante. Les prêtres indiens kongautchi,
Zèn mou i, Foukoù, répandirent la doctrine qui y était enseignée, et ce fut, pour la doctrine secrète,
une période florissante.
.Mais la clé delà doctrine ésotérique, transmise par Saïteho, ce fut koukaï qui en lit la plus
nette révélation.
Saïteho, dans le Ten daï de Chine, apporte la parfaite illumination des deux sectes des
Bosatsou, et koukaï, rompant avec la réserve des autres ésotéristes, en révéla les arcanes et
contribua fortement à la pénétration de l’ésotérisme du corps entier de la doctrine bouddhique. 11
démonlra ainsi que la base de cette doctrine était ésotérique.
Ainsi, sans que le Ten daï de SaïtchyO et l’ésotérisme de koukaï revêtent la même forme que
le Teu daï chinois ou l’ésotérisme indien, on peut dire qu’ils constituaient une magnifique révélation,
génératrice de progrès.
La doctrine de ces deux sectes, toutes deux merveilleuses, concordait bien avec la foi
nouvelle des hommes de ce temps. Elle attestait une haute vertu. Des bonzes célèbres la propagèrent:
Shinga, Jitsouyé, Ennin (Jikakou daïshi), Yèn tchinn (Tchishyô daïshi). Sans être officiellement
reconnus par le gouvernement, ils étaient d’accord avec lui. Ils appelaient les bénédictions célestes
sur la maison impériale et employaient leurs rites à détourner les calamités et à déjouer les périls.
Soudainement apparus dans la nouvelle capitale, qui devenait le cœur du gouvernement, ils s’atti-
récent la vénération de la famille impériale et des hauts dignitaires, tuni leur prospéré ^lev«
comme le soleil levant dans le ciel, et les conversions des contemporains veimicnl i, eux comme I,.,
plantes se tournent vers le soleil.
Enfin, Saïtchyô, Koukaï et leurs disciples réglèrent la doctrine d’identité des Kamis et des
Hotokés soit en combinant les désignations des kamis et les noms bouddhique*-, soit . . . int ré¬
duisant la lecture des Soufras bouddhiques dans les cérémonies shintoïstes. Ainsi la cour et le
peuple peu à peu transformèrent leurs sentiments de respect pour les kamis et les vouèrent a
l’adoration bouddhique. Les temples shintos devinrent temples mixtes; et l’on vénéra le» Kamis
protecteurs dans les temples bouddhiques. Lest alors qu apparut la double conH nie! mu d»-*- .1 mj\ a < t
des Té va s. Ainsi s’opérèrent de profonds changements.
L’ésotérisme eut une grande influence sur les Beaux Arts, domine la doetrir . xotoriqm* < «-H
à-dire la loi révélée entièrement par Shyaka, permettait au fidèle de mmbder -u peiisi-o sur <•** I L
d’autrui, celle qu’on appelle la doctrine visible , parce qu elle est facile a comprendre, s'doii ! opine m
commune aux sectes lloçau, Semron, Tendaï, kégou la doctrine ésotérique se proposait d- d « 1 1 1 1 1 r •
l’illusion des sens. C’est celle qu’on nomme doctrine de 1 extinction des pns<inn- . • ai - i! I1 i
pour but à ses adeptes l’ascétisme, l’absorption de 1 esprit < * t du corps dans I e>-.u«.' du imueh
C’est la doctrine qui révèle la vertu admirable du corps spirituel, du Dai nitelii n\or.n Lu ^pp - t
au Xirmana lxàva — ou corps capable de transformation du Shyaka. 1 1 1 ; n 1 1 « d* l.i dot h m*- \isd>h-
on nomme Dharmakâya le Daï nitclii nyoraï révélateur de la doctrine i;>of •’iiqu* \ Niimtiei l\ \
est le corps se révélant dans les formes diverses, conformément aux eircoiislancrs I. Dh am i k
est la clé de l’initiation.
On comprend que la doctrine affirmant la raison d’être des apparences • \ t • r i « a- du
monde visible — devait avoir une répercussion profonde sur les beaux-arts.
Le corps spirituel, Daï nitchi nyoraï, avait deux potentialités de raison et de « minais : > ■ L u
elles tous les dieux sans nombre influent sur les êtres vivants voies aux tian>h»nn.iti**ii' \ • •••-
innombrables dieux furent attribuées des formes svmboliques. De ces eonriq>l ions naquit ht < îium
de faire en grande quantité ce qu’on appelle des Manda ra , des instruments symbolique 1. moiuh*
artistique trouva là un grand élément d’activité.
L ésotérisme, comme 1 exotérisrne, considéra 1 Ltlier connue la eaiisi* réelle, mnl i aii < un nl a
1 opinion établie qui en fait émaner les io non lois. Il donne les six éléments : terre, eau. feu, air, Hier
connaissance, comme l’essence des innombrables êtres.
De même que les six éléments sont la résultante de la connaissance du corps spuitm I D u
nitchi), de même toutes les existences sans exception sont des devenirs de ces >ix éléments. 1 < > 1 1 1 ■
les lois naissent nécessairement de la potentialité admirable du Daï nitchi nvornï.
Les formes nees de ces six (déments et par eux évoluées, quelles (pie soient leur infinité et leiii
immensité, so réduisent a un quaternaire. Les six (déments s'imprégnent et se pénètrent mutuellement.
Ainsi les quatre extensions de tous les Bouddhas, et, sur un autre plan, nos quatre extensions a nous
sont définies. Telle est l’explication fournie parla doctrine ésotérique.
Les nombreux objets créés par les besoins de cette doctrine sont imprégnés de ces concep¬
tions. Les plus notoires sont les peintures qu on nomme Man da ra . (Mandera signifie : complètement
et parfaitement pourvu des 10000 vertus de toute la loi, c’est-à-dire pourvu de la forme parfaite,
complète, et également répartie.) Elles sont scellées d’un idéal particulier de grandeur H de solen¬
nité. Leur arrangement, leur composition font preuve dun mysticisme profond et d’une composition
minutieuse. L ésotérisme imposa aux arts, et surtout à la peinture, un caractère symbolique. Il leur
assigna des types, des symboles, en un mot des canons (Giki). De là vint cet inconvénient «pie la
pensée des artistes, d e\ ant se maintenir dans les limites des sujets imposés, dut restreindre sou
initiative créatrice.
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Copendant il donna de la clarté à l’expression traditionnelle de conceptions élevées et fortes,
et, en fournissant à la peinture et à la sculpture des types, il enrichit leur domaine. D’autre part, en
enseignant que dans les formes l'idée de proportion et de perfection devait se manifester partout,
il inaugure un idéal particulier. On s’accorde à reconnaître en ces deux points l’influence heureuse
de l’ésotérisme. Même s’il n’en était pas ainsi, la peinture et la sculpture seraient redevables à
l'ésotérisme d’èl re devenues dos branches de la pratique du bouddhisme; car elles recevaient mission
de symboliser la reconnaissance, ou la conversion, ou la pensée. Les bonzes avaient de longue date
cultivé ces arts. L’ésotérisme les consacra une fois de plus en leur attribuant une utilité, et stimula
leur développement. Saitchyo, Koukaï, Yen tchinn, etc., et tous ces bonzes de Yen ghyau, Djyau-
ghyau, Yen Saï, rapportèrent de Chine quantité do peintures, de statues, d’objets d’art, d’instruments
pour Fouet ion d eau abhi.se ka . I) autre part, à cette époque, l'usage s’est établi dans le clergé boud¬
dhique, de figurer les effigies des saints, des bonzes célèbres qui exercèrent une grande influence, et
de les suspendre aux murailles. L’empereur Seïwa LYI , 8,09-877 , pendant la période Djyogwan '85q-
S77 donna l’ordre de distribuer i3oo<> portraits peints du Bouddha et 72 tableaux au Daijvau Kwan
du palais et à toutes les provinces. Ce développement de la demande dut activer puissamment le
mouvement (lorissant de la peinture bouddhique.
Il fui établi ([lie les Mandara et enfers bouddhiques peints par les prêtres aidaient les hommes
à se maintenir dans la voie de salut, et appelaient les faveurs célestes. Imbus de cette idée, les
hommes de la noblesse et des hautes classes étudièrent la peinture, qu’ils pratiquèrent à leurs heures
de loisir. C’est ainsi que la peinture devint en grand honneur dans la haute société.
Initiés aux beautés de la peinture chinoise, les Japonais s’empressèrent de les imiter. La
calligraphie, dont 1 origine est analogue à celle de la peinture, fut aussi en grand honneur. Les
ealligraphes célèbres s adonnèrent, dans leurs loisirs, à la peinture. Des prêtres à qui restait un
surcroît d’activité à dépenser peignirent des paysages, des fleurs, des plantes, des personnages, des
oiseaux, des animaux, etc., et couvrirent de ces œuvres des écrans ouïes cloisons mobiles des temples
et des logements de monastères. Duelques-uns tirent de la décoration. Beaucoup d’entre eux se spécia¬
lisèrent dans certains sujets. Il advint alors que la peinture laïque se lança dans un mouvement de
renaissance.
L établissement d un atelier au palais eut celle conséquence que la décoration du palais fut
empruntée aux scènes de la vie, et non aux sujets religieux.
Parallèlement à celle école d’art, les études chinoises à cette époque s’écartèrent du boud¬
dhisme et, cherchant une voie indépendante, parvinrent à jeter un éclat brillant et soudain.
Dans 1 1 niversité, l’exégèse des king (Chinois), l histoire, la législation, les mathématiques,
étaient déjà instituées, formant quatre branches d’études. Les empereurs favorisaient l’Université, lui
faisaient don < D * riches domaines igakoudèn), encourageaient l’étude du chinois. Cette impulsion
donnée à la culture intellectuelle lit surgir des fonctionnaires instruits. Pris d’un zèle généreux, les
princes et l’aristocratie fondaient des écoles et faisaient donner une instruction sérieuse à leurs fils
et à leurs cadets. L’extension des études chinoises amena la pratique florissante de la poésie chinoise,
et donna aux esprits une tournure poétique' et une habitude d’expression imagée.
La poésie chinoise1 fut surtout en grand honneur après l’introduction au Japon des œuvres de
Pet chi i. La poésie eut droit de cité dans les compositions d’examen. Au palais et chez les hommes
d’Ltat, furent instituées constamment des réunions en l’honneur de la poésie. Les fonctionnaires
montrèrent le goût le plus vif pour la poésie et le sentiment poétique s’introduisit dans les Beaux-Arts.
Auparavant, on se servait des caractères chinois. Puis 011 inventa le katakana en abrégeant
les clés des caractères chinois.
Malgré le succès des études chinoises, il ne fut pas question de se servir universellement de
l’écriture chinoise.
12
Dans les caractères chinois, les points et les traits sont compliques. Par suite rie hoir emploi
de plus en plus fréquent, on se servit surtout île la forme cursive, qui, eu se modifiant progressi¬
vement, devint un stvle particulier, très simple, qu ou appela H n <t^n nn .
Ce stvle, Iloukaï le réforma dans la chanson de Plroha telle que nous la possédions maintenant
Il fixa presque définitivement la forme des caractères. Comme il n’en reconnut que j;, il fut facile
d exprimer les idées et les sentiments, quelle que lui leur complexité.
Alors la littérature japonaise prit un essor soudain, et l'exubérance de -a vitalité- eut un grand
retentissement sur les Beaux-Arts.
Tandis que cette littérature japonaise se développait, se créait une tradition daim I,. p* ri • .. I«
dite des Récents japonais et postérieurement la musique établissait scs bases. C est me d- - mmi
breuses créations de cette époque.
Les idées des T’ang, qui chez nous dominaient l'éducation et la civilisation, p< ml rai.nl t . »ut . -
les classes de la société. On entendait leur musique. On limita d abord, pinson lu iicditi.i II ^ > 1 1 b I •
meme que les créateurs de la nouvelle musique aient immédiatement donne I <••"<'! a un ait 1 1 - • u I
spontané. Kagoura, Saïbara, etc., entre autres, ont apporté- a la mimiqm d< ut.uiT - m !an itnum
Tel fut sans doute le point de départ de la musique nationale.
Cette musique trouva sa place dans les cérémonies du culte, dans b*s b l«" b < * 1 1 • ! . 1 1 1 1 • j : ; • b -
banquets, etc. C’est là un trait notable des moeurs de cette époque.
En résumé, bien que cette période ne comporte pas beaucoup pbm d un se > b . b ^ m^aaei -
mœurs de l’époque précédente v furent amendées. Très rapidement bs car.ctm . ■*. cluicm. M; it.
au .Japon, sont assimilés par les nôtres. L’elïbrt de cette é-poque vers un progrès d< la < i\ ili-.a e m
est considérable.
On établit la distinction entre les forces et les faiblesses de la période pr< - • but- I .-•*» b«n
s épanouissent et s’accroissent. Les faiblesses sont peu à pou corrigées \msi s , tablit ma . i\ di-.itn.n
nationale. Favoriser le développement de cette civilisation nationale, telle fut la p* n- • • la plu - n-m o
quable de cette époque.
En somme, les Beaux-Arts, au cours de cette période, apparaissent pleins d* \ilabté. raie
d’idées et avides d’assurer leur indépendance.
CHAPITRE II
*
Evolution et caractère des arts de cette époque.
Ainsi qu’il est dit plus haut, Kwamrnou Ipr transporta la capitale en Yamashiro. Les aoûts et
les usages de notre pays subirent, alors une modification profonde. Depuis deux siècles, on estimait
1 1 on aimait exclusivement la littérature chinoise. Enfin s evcillo le sentiment qu elle ne <’orrespondait
])<is au goût et aux usages du pays. Le goût exagéré pour la culture chinoise fut , pour une bonne
partie, laissé à Nara avec les monuments destinés à s’écrouler et les parcs désertés. Dans la nouvelle
capitale d’Heï an, la littérature et les arts manifestèrent des tendances nationales et originales.
Néanmoins, le va-et-vient d’envoyés en Chine ne cessait pas. Les relations des deux pays
étaient aussi étroites. Itou Kaï et les autres grands bonzes missionnaires revenaient de Chine, rappor¬
tant de nouvelles doctrines religieuses. Dans la construction du Palais impérial, dans les dispositions
des lois et du cérémonial, rien qui ne s’inspirât des T’ang.
Mais a cette < poqui , < e qu on empruntait a la Chine, on le japonisait. Si les méthodes
Histoire de l’Art du Japon.
PI. XXII.
PORTRAIT DE SODZOU GONZAU (prêtre bouddhique).
IX9 siècle (Kouyasan).
91
generales appartenaient a I espril chinois, on y introduisait do toutes parts dos modifications noos
do l'esprit national.
Quant aux Beaux-Arts, bien qu'on y ait adopté lo nouveau stylo des T’ang, le pinceau et le
ciseau, d eux-mêmes, montrent une tendance à l’élégance et à la distinction qui est nettement
japonaise.
fin comparant lo stylo du temps de Kwammou Ior à celui des autres époques, on voit qu’il
montre une recherche évidente du caractère et de la beauté.
A cette <*poque sont très suivies les relations avec la Chine qui de tout temps, dans l'Extrême-
Orient, axait été au faîte de la grandeur, avait rassemblé les beautés de l ünivers. lit la cour des
I ang était toujours celle dont on admirait l’éclat.
A cette situation correspondait, pendant cette période, la révélation, en doctrine religieuse,
de I ésotérisme do Shingon. Il n’est donc pas surprenant qu’une grande et puissante manifestation
littéraire et artistique se soit produite. Cette époque vit surgir une belle littérature qui façonna,
assouplit et fortifia une langue jusqu'alors pénible, et une musique riche, qui, venue des T’ang, se
para d une harmonie savante et belle.
Quant aux métiers, ils se maintiennent au degré d’habileté qu’ils avaient atteint à l’époque
précédente, sous Shyaumou fi‘r. fies matières premières étant devenues de plus en plus abondantes, la
main-d'œuvre a doublé d’importance, fie travail montre toujours une grande délicatesse d'exécution.
Mais, presque toujours, il montre une tendance à ne plus se contenter de la perfection du détail et
à sacrifier la minutieuse habileté pour affirmer sa force par le caractère et l’expression de l’ensemble.
Ainsi les statues et les peintures bouddhiques de cette époque laissent voir, au premier
aspect, des négligences, des inégalités dans la facture. Mais si l’on étudie de plus près ces belles
œuvres, ou constate que les artistes ont fait des sacrifices d’exécution pour obtenir plus d’expression,
de mouvement et de vie.
CHAPITRE III
Peinture.
Comparée à celle de la période précédente, la peinture de l'époque de Kwammou atteste non
seulement un progrès évident, mais encore une originalité nationale. On peut dire que c'est de cette
époque que date le style japonais, affranchi des inlluences étrangères.
fies monuments qu’elle nous a laissés sont peu nombreux. Voici tout ce qui subsiste :
fies images des sept patriarches du Tüji, le portrait du Sôdzou évêque) Gouzau, à Kauya,
l’image du saint patron Shyakou fondau, du Myauwau in, et le fondau jaune de Mydéra.
Ces œuvres ont plus de saveur, plus de vie que celles de la période précédente, fia touche en
usl plus libre; le dessin a une telle netteté qu’il semble tracé avec une pointe de couteau. On recherche
le pittoresque et la grâce ; on se plaît aux coloris dégradés, fies tons vifs et clairs sont en honneur,
mais on use volontiers de tons composés. Ce progrès extraordinaire, dù complètement au dévelop¬
pement de l’originalité nationale, n’a pas son équivalent dans la peinture chinoise de cette époque.
En étudiant l’évolution de la peinture à partir du règne de Shyaumou I(>r puis au cours de la
période suivante, on voit que deux écoles ont pris naissance sous Kwammou I,r : 1 une issue de l’école
chinoise et coréenne, dont elle perpétue la tradition; l’autre inaugurant le style japonais. Dans les
àt»'es ultérieurs, cette dernière a donné naissance à l’art de Tosa et de Kasouga. L’autre école,
< libérée des iullmmces qu elh
l'école Takouma.
» accepta.
1, et 11 celle «| 11 i imiti
* les Chinois celui
elle recherche une •
‘vécut ion
légère et
pinceau absolument
vert ical.
Bile veut
du trait. La couleur.
si on la
1 compare
qui adopta lo style chinois, depuis cette époque ne mn |
Elle est devenue, dans les figes suivants, l’école koze et l'école l’akoimiii.
On donne à l'école japonaise le nom d ecole ^ann
d’école chinoise. L école Aamato tient le pinceau oblique
libre, un coloris simple et vibrant. L’école chinoise lient I
la correction. Son dessin lia pas la variété dans I epaisseu
à celle de Yamato, est forte. D’ordinaire, cette école traite toutes les couleurs de la mmnr façon.
Les bonzes célèbres, qui, à cette époque, allèrent en Chine, revinrent toujours en rapportant
beaucoup de peintures bouddhiques. Parmi ces bonzes, on eile l\<» bail dm-lii qui l'apporta, la
ire année Dai dô 806), divers grands Mandaras et portraits de patriarches, m sortes en d(i rouleaux
Dans ce nombre, il v avait i j rouleaux de iG pieds. ^ en (divan, la (>' annee Jyauwa S >«) . rapporta
12 portraits divers de Slivaka et de lvwannon. ^ èn Sai, la 7' annee Dvau <i\\an s<> » . rapp<ui.i
27 images de bouddhas et portraits de patriarches.
A dater de cette époque, et postérieurement, les peintre- ndigieux qui peignaient d**- I 1 ■ L ! ! 1-
11e manquaient pas de s inspirer de ces modèles chinois. La >ede Shmgon. >urloiii ali.c liant aie-
importance capitale aux règles selon lesquelles étaient executces ct*s imagos, transmit d« < . .
qui ne devaient pas être trangressés. Kobau dai > 1 1 i , qui était I un (b*s grands pemln - d* il . I .
recueillit partout des dessins et rédigea les canons du dessin religieux, \insi. h I- • 1» a I
représentation des figures hiératiques furent établies à cette époque et lraii-mir< ni aux lutur-
les types orthoxes.
Parallèlement aux peintres de scènes religieuses, 1rs peintres <!«• ni _ < i '
écoles. Les peintures religieuses, pour la plupart, sont de la main de moines ou d • • peint i - - -tiia. la
aux temples. Les peintures de la vie ordinaire, en même temps que 1rs ! < ■ 1 1 n s - 1 l.i 1 ■ 1 1 1 - 1 • 1 1 1 • , < f.n- nt
regardées par la haute société comme des arts libéraux. Cette peinture -< divisa n -g « mli-t*
D’un autre côté, les peintres décorateurs, dont l’art était florissant dan- la pni-nl pr < •
dente, à partir de la moitié de la période actuelle, b* laissèrent graduellement d* • lue 1
Cette décadence avait une cause. Dans le palais eonstruit à t imitation dr> I ang. «ni m* - était
pas servi de motifs purement décoratifs pour décorer 1rs murs rt 1rs cloisons. < in b - décoi.t r\r|iisi-
vement de peintures. Dans le Shishin dèn, on représenta les Sages; dans le Seiryaii den, « m peignit
l’étang de koméi (lac féerique qui se trouve en Seirvau d'après la légende . des Ara «mmi. ou eiir'iv
des Chinois à cheval jouant au polo, ou I lakoutakou frappant des diables, rtc. < tu en arriva doue
dans la décoration, à ne faire que de vraies peintures, de sorte que les peintres décorateurs qui n
faisaient que le motif, peu à peu perdirent leur vogue et leur art ne lut plus utilise que pour la
décoration des objets.
La 3(‘ année Deidû de llnzei Tènnau 808 , 1 atelier de peinture lut loiulii avec I atelier de
métiers. L’atelier ainsi formé prit le nom de Ldokoro.
Les noms des maîtres de cette époque qui nous sont parvenus sont, dans la peinture religieuse,
ceux des bonzes Sai tchyô, lxoukaï, Thi-sèn, Jittsuvé, Aèn tcliin, kvvau Ixuu ; dans la peinture de
genre ceux du Koudara no Kawanari et ko ce no Kana oka.
Sai-tchi est 1 instaurateur, au Japon, de la secte <b* Téndaï et le fondatmir du Temple de
Lnryakouji sur le lliyei Zan. Son nom [losthume est Dèn-lxvau-dni-slii. C’est un excellent peintre. Il
peignit sur toile l image de ^ akoushi boutsou, qu’il porta en Chine. On 1I1I aussi que son portrait, par
lui-même, est resté à llyei Zan.
«y
lxoukaï, c est-a-dire Kobau-daï-shi, étant allé en Chine, reçut, la doctrine secrète du Shingon de
keikvv a 1 Ajyari Atcharin). De retour au Japon, il enseigna cette doctrine et, à kauva, il inaugura le
temple de Kongau Bouji.
lxoukaï était un érudit et un lettré d’un grand talent, versé dans tous les arts. Il transmit les
Histoire de l’Art du Japon.
PI. XXIII.
SÉNZOUI BIOBOU
(paravent de paysage).
IXe siècle (Kiauto To Ji).
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canons «le la représentation des personnages bouddhiques, et légua aux âges futurs des modèles de
pmiiluic religieuse. 11 a lui-mème exécuté un grand nombre de peintures. Parmi elles, on cite, en
l<diinn z«‘i | k\ oushyou , I image a mille bras et mille yeux, faite pour un certain Sliô ni, et treize
lM*lolls’ '' I akaozan dans le Shinn-goji, le précieux portrait de Ouça llatchi man ; d’autre part, au
Sliin-sen \<m, la copie de Zèn-nyo-ryou-wau, demandant la pluie. Koukaï a aussi dessiné, au cours de
sa \ i«-, un grand nombre d images bouddhiques et de Mandaras.
<-«‘sl <‘\ ideinnienl a lui «pi il faut attribuer le portrait de son maître, le Sodzou (éveque) Gonzau,
conservé dans le magasin de Pou mon vin à kauvasan.
Son clè\e, b1 bonze Ichisèn, a peml les tableaux qu’on voit dans le temple de Shingoji et
^;,lls < <^111 ^ "JP b*s d«'iix patrons de I Abhiseka des années koninn 810-82/j), l’un présentant
b' bonnet ndigieux, 1 autre le vase sacre. I n autre élève de koukaï, le bonze Jitsouyé, qui fonda h1
I ' ‘ 1 1 1 p I * ‘ 'b' k\\ anslim ji, en Ixawal clii, et répandit vigoureusement la doctrine ésotérique, passe pour
avoir etc un bon peintre, auteur de plusieurs images bouddhiques.
Le bonze 4 èn-tchinn, neveu de kû-bau-daï-shi, alla en Chine, où il étudia les deux doctrines
ésotérique et oxoterique. I)e retour au Japon, il devint abbé de Enrvakouji. 11 inaugura aussi l’appli-
(‘J,lion «le la loi au Onjyauji «b* Aumi. Plus tard, I V 1 1 i - s y < > - < l aïs h 1 fut son nom jiosthume.
Il peignit beaucoup «b* foudo «pii sont conservés à Enryakouji et à Onjyauji. Le célèbre
/• ou d n rou^r «pii se trouve au Mvô-w au-in, a kauvasan, est son chef-d’œuvre.
k waii kou, «pii vécut sous Nimmyô I"' LIN , 88 j-8 ")o , fut un bon peintre d’images religieuses.
Lulchiim lit peindre h1 patron l’oudo d aj >rt*s une vision qu’il eut en songe, en Jyauwa 841-848’.
(tu I appelle couimunément b- Eoudo jaune, et on peut le voir au Onjyauji de Aumi.
\1ns1, a « « • 1 1 < * époque, tous les grands bonzes propagateurs de l’ésotérisme et de l’exotérisme
peignaient des images eux-mêmes ou inspiraianl des peintres, auxquels ils communiquaient leurs
conceptions picturales. Nussi remarque-t-on aujourd'hui, dans les œuvres «le ce temps qui nous sont
parvenues, «pie. même >i |«i pinceau manque d'habileté, la composition est toujours d’une grande
noblesse et I idéal très élevé.
Parmi l«*" peintres «h* genre, ceux dont le nom est le plus connu sont kawanari et kanaoka.
I .es anci'tres «le Koiiilara kawanari étaient des Coréens naturalisés. (Pétait un peintre de
talent, «pii fut aussi expert aux armes. Il vivait sous les deux règnes de Ximmyau et de Montokou
LIN , I.N . Ou lui accorda le nom « I « * Ixoudara 110 Açomi. Il remplit les fonctions de llarima 110 Souké.
Plusieurs fois de service au Palais, il exécuta maintes peintures : un portrait d’homme du temps
ancien, «les paysages et <l«*s plantes, dont il est l’auteur, avaient un tel relief qu’on les prenait pour
«les objets réels.
On conte sur cet artiste une ou deux légendes fameuses. Un enfant, employé dans sa maison,
un beau jour s Cclmppa. On eut beau le chercher de tous côtes, impossible de le retrouver. Unchargea
un stTviteur subalterne d une maison voisine de le rechercher:
Je ne demande «pi'à exécuter cet ordre, déclara le serviteur, mais je 11e connais pas le visage
«le l’enfant. Comment pourrai-je le trouver?
kawanari prit une feuille de papier et dessina le portrait de 1 enfant.
— Il n'y qu'a aller au marché, dit-il, et à montrer ce dessin aux gens de la ville en leur
demandant s'ils ont vu le petit fugitif.
Le serviteur emporta le papier et si' rendit au marche, ou il épia les entants. 1 lécisément un
enfant arriva en courant, dont la ressemblance avec le po 1 1 1 ait happa b seixiteui, qui le put et
l emmena chez kawanari. C’était bien celui qu on cherchait.
D'autre part, au temps de kawanari vivait un célèbre architecte appelé llida no Takoami.
Un jour, dans une conversation, les deux artistes en vinrent à discuter du mérite respectif de leur
art et décidèrent de se livrer à une lutte d’ingéniosité pour prouver lequel des deux arts l’emportait
1 ) i-/
sur l’autre. Takoumi dit alors à kawanari : « Dans une maison, j'ai construit une petite salle <|iie je
vous prie de venir voir. Je vous demande même d’exercer sur les murs votre illustre pinceau. ..
Kawanari acquiesça et se rendit dans la maison. Il vit une petite salle d un k.m cassé, dont
les 4 faces étaient toutes à portes battantes. Il voulut entrer du coté du Sud. la porte s.- ferma. Il
voulut alors entrer par l’Ouest : la porte de l'Ouest se ferma, tandis que la porte du Sud s'ouvrait
d elle-même. Tournant au Nord, tournant à I Lst, kawa¬
nari voyait les portes laire le même p*u. Il ne put entrer
dans la salle et lakoumi riait de bon rieur.
.\ quelque temps de là. kawanari invita lakoumi
eliez lui. L’architecte ne se rendait pas à I invitation, **e
doutant bien que kawanari chercherait à prendre sa
revanche. Mais un messager de kawanari étant venu
plusieurs fois, lakoumi ne put relu>er. (die/, kawanari,
en ouvrant une porte glissante, il vit un cadavre étendu,
#
noir et décomposé. Kpouvanté, lakoumi s enfuvait, lor>-
que kawanari lui dit, en éclatant de rire
— Il n y a pas de quoi vous effrayer !
lakoumi, regardant plus attentivement, s’aperçut
que le cadavre était peint sur les Slivaiiji.
On peut croire par cette anecdote que kawanari
était habile à rendre la nature. Mais aujourd’hui il ne
subsiste aucune de ses ouivres.
( >n lui attribue seulement quatre volets portant de>
peintures (pi on estime être des effigies des Shitènuau,
conservés autrefois au kau zauji, et aujourd’hui dans la
collection de M. kashiwanlii, à To Iwau. Au revers d’une
if
de ces peintures, on lit : « D'après b* •>' volume « I
archives du Temple des Slii I ’èunau, reri est du pinceau
de kawanari Sirn<dn lie-, >à .
c 1 O /
Lien que (leux de ces volets ne portent qu un
dessin en noir, on peut, d’après eux, se fane une idée
de la facture de kawanari.
Kozé kanakoa était un descendant de ko/e IYIivoii
nagou notari. Il vécut sous les à empereurs Seivva,
àauzéi, kvvaugau, Ouda, Dnïgo LYI-LX, Sào-qli . Il fut
Ounémino Shyau, et obtint le second sous-cinquième
rang
D
Fi g- 35.
Shitkwai , par Kawanari.
Admirablement doué pour la peinture, il réunissait
tous les sujets: personnages, pav sages, oiseaux, animaux,
llenrs, etc. 11 lit, sur l ordre de l'empereur, les portraits
de Confucius, de Yen Iloui et de sept autres philosophes. Sur les Sl.yauji de l'Lsl et à l’Ouest de la
façade méridionale du palais, il peignit les portraits des savants depuis la période Ixoiitn Xio .
On lit dans l article sur la construction du palais (Tai liei ki — iu,(> volume : « Les Sliyaup
des Sages qui sont dans Je Jishin dèn sont des peintures de kanaoka ». Cependant cette attribution
n’est confirmée par aucun livre antérieur.
Ouda I api es avoir abdique, alors qu il résidait dans Ninnwaji, avait commandé à kanoaka
de peindre un cheval sur le mur du dèn. Ce cheval avait une frappante apparence de réalité. On
Histoire de l'Art du Japon
Grav. en couleurs, I.
JU-I-TI-MÉN KWANNON
(Avalokitèsvara Ikadas, sanscrit'.
IXe siècle ! collection du conue Inoouéi.
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s aperçut alors que, foules les nuits, les rizières des environs étaient ravagées ; le riz y était mangé.
On ne savait à quoi attribuer ce phénomène extraordinaire, lorsqu’on s’aperçut que les sabots du
cheval peint sur le mur dégageaient une buée. C’était donc lui la cause des dégâts. On creva les
prunelles pointes du cheval, et les ravages cessèrent. Cette fantatisque légende n’est pas la seule
qu on raconte sur l'habileté et le talent de Kanaoka. On dit encore que dans une salle du Sei ryau
dèn, kanaoka avait peint sur les cloisons un cheval emporté. Toutes les nuits l’animal s’échappait.
On dut modifier la peinture et laire un cheval attaché par une corde. Le phénomène cessa alors.
I. arl de kanaoka ne se bornait pas a une habileté lui permettant de copier la nature. Cet artiste
mania en maître la perspective aérienne, obtenue par la légèreté des tons. Voici ce que dit le
edcbie sn\ uni Ole- nu musa louça : « kanaoka montre une perspective de quinze montagnes. Son
pet il -fils lliroloka n’atteint pas la meme maîtrise».
kanaoka * *t a 1 1 aussi \ersc dans 1 art des jardins. 11 avait la charge d inspecteur du parc de
S h i u sèn. t )n dit qu il créa des aspects très beaux. Il est bien regrettable qu’il ne nous soit parvenu
aucune «ouvre qui puisse être attribuée sûrement à Kanaoka. On le fait passer, il est vrai, pour
I auteur d un assez grand nombre de peintures bouddhiques. Mais leur facture est trop moderne pour
permettre de les reconnaître pour des (ouvres de cette éqoque.
( >n cite encore beaucoup de peintres célèbres de cette époque. L’empereur lleizei LI, 8oq-
S-» | aimait la peinture. Il lit lui-meme le portrait du Sôjvau évêque Zèn Shvou, et le ht placer
dans le Akislnno dera. Ouda I" LL\ était également bon peintre. On dit qu’il peignit sur un écran
du Ici s 1 1 1 j i n une interprétation de la poésie intitulée Tc/njaucon ha. Parmi les savants célèbres de
ce temps, on connaît Ono no Takamoura «pii, ayant un talent de peintre, fit beaucoup de portraits de
Djizau bosatsou, qu'il offrit à divers temples. Minamoto no Makoto, 7e fils de l’empereur Saga LVI),
heurousement «loué pourrons les arts, était habile peintre. Il peignait surtout très bien, dit-on, les
chevaux et les scènes de la vie élégante.
MnXTMLXTS
PnMTBvns ims - patiu vnciu.s im. SiiiMios . — Kyauto, Toji.
Les patriarches sont : Rvoumvau Xagarjouna ; Ryou-tchi Xagabodhii ; Kongau-tchi
\ a jrabodlii : Loukoii \mojhavojra ; Zèn-mou-i Çab hakarasimha ); Itchigyau 1 tsi 11g ; Keikwa
1 1 u i kilo . Chacun mesure environ am, j<) «le hauteur sur im, 93 de largeur. Le coloris est léger.
Au-cb >ssus «le chaque portrait, les noms sont écrits <m caractères chinois et sanscrits, et entourés
d'épithètes louangeuses. De ces sept rouleaux, ceux qui représentent Ryou tchi et R y ou myau sont
dus au pinceau de Ko bau daï shi. Les autres sont du peintre T’ang Lishinn. Ils ont été exécutés
on Chine, pondant le séjour de ko bau daï shi, qui les a rapportés. Les noms et les épithètes sont
du pinceau de ko bau daï shi.
Rien que ce ne soit pas des tableaux mystiques, le dessin est noble et d'une belle inspiration
hiératique. Les deux rouleaux de Ryou myau et Ryoutchi, surtout, sont des œuvres géniales. 11 est
regrettable que I ctat de délabrement des rouleaux, éraillés et noircis, aient îcndu impossible Icui
reproduction par la photographie.
]>!. \\||. _ Pointeur im. Son/.or Gonz.u . — kou va San, 1* oumouyin.
fïonznu, qui habitait Saïgi do Kyauto, prêcha la secte Kôushûu et enseigna la doctrine
ésotérique, (le bonze célèbre fut le maître de Ko bau daï shi. La b1’ année Tèn tchyau, l'année qui
suivit la mort du Sodzou, Ko bau daï shi peignit lui-même ce portrait et écrivit en haut la louange
de son maître. Bien que ce ne soit pas un dessin mystique, le caractère n’en est pas moins très
élevé et magistral. Le coloris est léger.
I
IS
Effigie nr Fovdkai roigk. — Ka« va San, Myauvauyin.
C’est une image extrêmement vénérée dont on attrilme l'exécution a Lhi svo d.n >lii, d'après
une apparition. Elle représente le Eoudau àlvauwau tenant à la main le kourikura. »■ «•st-à-dire un
glaive autour duquel s’enroule un dragon. Assis, dominant un préeipiee, les deux jeunes knng.tr.
et Seitaka l’assistent à droite et à gauche. Les llammes .pii s’élèvent à profusion autour du « oi |
de Myauwau illuminent toute la scène, éclairant les Do ji et les rochers, répandant un tel éclat qu’il
est presque difficile de les regarder en face. Ce n’est réellement pas là ! «euvre d un peintre ordinaire
[Ce Fondait roupe étant , dans le temple . l'objet d'une très grande vénération % la rrprudm tion
rdcn a pas été autorisée.)
PI. XXIII. — Ecran Senzovï. — Kyauto. Toji.
C’est un écran qui se place derrière l’Aiari instructeur lors de 1 Mdiiseka, dans la serti
Shingon. C’est un modèle de pavsage féeri< pie . Il représente un solitaire atta< liant «h-*» !"**'• \ d :
la montagne. Une sorte de personnage noble vient h* visiter.
Dans les archives du temple, on lit que ko bail daï >lii a rapporte cet écran de i inn< M » '
caractère du paysage et de la végétation, le costume des personnages, le pinc. au souple • I • b -anl.
tout montre clairement que c’est là une ouivre japonaise, datant très probablement •!• •■•■il* -p pi
Grav. 1. — Image de Kvvannon ai x onzi i \< i ». — Au . «mt. I m n »u«- K. a
Cette peinture était primitivement dans un temple de la province de Yaui.il.* L.»l u en t
le chef-d’œuvre le plus beau et le plus gracieux des anciennes peinture» j;ip.m,n»e» I . . . . i . * < • t e ? .
est noble, la touche pleine de vie, le coloris splendide. Des .pu* celle peinture . »t d* u "d. . il
répand autour d’elle un éclat qui surprend et fascine. Il semble qu on voit une app-.nl i< -u *
Kvvannon. Cette image prend possession du spectateur, elle eu chasse !<•» pense.» 1 1 < . i u \ . . i ^ • », ' II'
fait passer en lui le frisson de 1 esprit dans toute sa force. Certes, <• e»l la I <cnvi< -I un oi v Ici
<le pair. Sur la date de celle peinture, les experts ne sont pas .1 a* * • • » r* I . I - » uih I . > 1 1 1 > I • > i • ni D< «• .
tchyô, les autres à kaua oka: on cite enfin d autres artistes.
Le coloris est d une harmonie parfaite; h*" chairs sont peinte» d un Ion |. I qu il ». mbl* su .*
travers un verre rouge. On a enrichi la peinture de plusieurs motifs décoratifs en application .1 *>r. l a
gloire et le dais sont décorés de formes caractéristiques. Tous ces indices tendent à prouver qu<
cette œuvre appartient à 1 époque que nous étudions actuellement. I ne image bouddhique avant un.
telle puissance de conception et une si haute valeur, si elle ne datait pas de la période allant des
premières années de Ilcïan a 1 époque moyenne, serait hum difficile à classer. Ou ne peut trouver a
une autre époque un grand maître capable d’un tel chef-d’omvrc.
CHAPITRE IV
Sculpture.
La statuaire religieuse bouddhique, au
rigueur apportée dans les règles qui lui furent
doctrine ésotérique du Shingon. Les œuvres
modèles des œuvres postérieures. Elles ont fixé
et jusqu a la décoration de chaque catégorie.
début de cette époque, dut sa rénovation à la
assignées, conséquence de la propagation de la
de cette époque ont été, pendant mille ans, les
1 expression, les gestes symboliques, les attributs,
Histoire de l’Art
du Japon
PI. XXIV.
FOUDAU-MYAU-WAU (Akshobhya, sanscrit)
IXe siècle (Toji, Yamashiro).
/
/
Cett(‘ période ne borna pas son effort à établir les canons. K lie produisit les statues dans
lesquelles chaque divinité se révèle par l’expression autant que par l’attitude, par le caractère
autant que par le geste. Les entités de la doctrine secrète sont tout particulièrement reconnaissables
a leur beauté* et à leur majesté. L’est que les initiés, les esprits les plus hauts, maniaient
eux-mêmes le couteau ou inspiraient et surveillaient les exécutants. Le travail de la statuaire
n était pas laissé à des art sans vulgaires. Somme toute, ce qui a été exécuté à cette époque
montre généralement un caractère de grandeur. L’exécution du détail est souvent sacrifiée à
1 ensemble. II arrive que des pieds ou des mains soient négligés. Le but principal est d’éveiller
I émotion par I idéal qui se dégage de l’ensemble.
A I époque de Shyaumou l,r, on employait comme matières pour les statues, outre le
bronze, la laque sèche et la terre. A l’époque présente, bien que les statues en bois fussent
devenues plus nombreuses, on employait encore beaucoup la laque sèche ou la terre. Pour le
maniement de ces deux dernières matières, il est probable que, jusqu’à la fin de cette époque,
ou conserva les procédés des artisans précédents.
Les maîtres statuaires de cette époque, dont les noms nous sont parvenus, sont : Mousa
shi-uo-Sougouri- I arimarou ; 1 akawo-maro ; Shi-I li-komaro ; le Souze-yéri Bonze l\o-oun.
l’arimarou est l'auteur du kwammou aux onze faces du Nô-ô ji en kii. Takawo-maro a fait
la statue du prince kamatari de Tao no-miné. Shi-hi-Komaro a exécuté aussi beaucoup de
statues bouddhiques de l’ao no-miné. On doit au bonze ko-oun la statue bouddhique d’IIacédéra.
Lu outre, ko-bau-daï-shi non seulement fixa le type des statues de chaque sorte, mais encore,
prenant lui-mème le couteau, il lit un grand nombre de statues. Le l’oudau conservé aujourd’hui
au I o-ji est, dit-on, une <euvre authentique de ko-bau-daï-shi. Beaucoup d’autres statues sont
attribuées à l)cn-kvau-daï-shi, à Tchi-shvü-daï-shi et à d autres artistes. Les bonzes des deux
écoles, celle de fen-daï et l'école ésotérique — abstraction faite de la question de savoir si leur
art était habile ou maladroit - — ont tous considéré l’art de tailler les images comme relevant de
o
leur tâche. Le point n'est pas douteux.
MONUMENTS
PI. XXIV — loi d \ i -31 v \ i -wai . — Kyaulo-Toji.
On dit que Ko-bau-daï-shi a fait cette statue en ajoutant une prière à chaque coup de
ciseau. Les coups de ciseau manquent d habileté et, par endroits, de franchise. Cependant
l'ensemble est énergique, et la noblesse* de son caractère suffirait à faire croire que l auteur est
ko-bau-daï-shi.
1*1. XXV. — Statue d'uni: apsaiia chanteuse. — Yamato ; Akisinodéra (hauteur
2m,2Ï).
La tête est de laque sèche. Le corps, en bois, a subi des restaurations. Le coloris et
les motifs ajoutés lors de ces restaurations paraissent dater de l'époque de Kama-koura. Le
visage et le mouvement révèlent l’élégance et l’originalité japonaises. Mais l’exécution est
lâchée et sans fermeté. On attribue aussi cette œuvre à un grand bonze de ce temps.
PI. XXVI. — ( i ou datso u-nos atsou . — Yamato; Akisinodéra.
Lomme pour la statue précédente, la tête et la poitrine sont en laque sèche, le reste
du corps en bois. Le corps a été plusieurs fois restauré. Goudat sou-bosatsou exposa, dit-on,
la loi d’offrande de Yakoushi-rouri-kwau-nyoraï. Il protège tous les êtres contre la maladie.
13
Son attitude digne montre une vertu infinie. L'exécution est vigoureuse et porte
cette époque.
Outre ces œuvres du temps de Kwammou, on possède encore : au Fuji, Ir¬
an Kwauryouji de Oudzou-maça, un Dai-ni-tlu ; au monastèie <1 ll< lii-\.m, * n
Yakoushi. Toutes ce s œuvres sont d une grande beauté.
le caractère de
quatre Tènnau;
àamashiro, nu
CHAPITRE Y
Architecture.
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Kwammou lpr, ayant résolu d’établir la capitale à lléï-an, ordonna la construction du Dai
dai-ri (Palais . Le modèle fut pris à la Chine. A l’extérieur s’ouvraient douze porte- A I intere ur
il y avait le Palais, le Ilasshyau-in, le Bourakou-in (salle des banquets , b* Bouraknu-dèn
salle des exercices , les bureaux du Dajvau-kw an et de
tous les ministères. Ce lut surtout dans le I lassla au-in
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salle des ministères, que l'architecture triompha. I.e
Hasshyau-in s’appelait aussi Telm-do-in. < ' lait la que
s accomplissait le travail le plus délicat du gouverne¬
ment. Son plus important bâtiment portait le nom de
Daï-gokon-dèn. On avait bâti en outre les «leux pavillons
du Dragon bleu «‘t du Tigre blanc, la terras-e * b* la
queue du Dragon, la tour à douze étages, «*t un grand
nombre de portiques «*1 de galeries.
Partout s’élevaient <b*s colonnes rouges. Les
planchers étaient recouverts «b* carrelages. Les toitures,
la plupart à pavillon, portaient des tuiles vertes. Au-
dessus des faîtières se dressaient de- acrotères Le -t\b*
du Bourakou-in était du même genre. Lu somme, le
Hasshyau-in, le Bourakou-in étaient imités tidèlement
de l’architecture chinoise, et ne s’écartaient pas du type
des établissements officiels de la Linné, la* Palais, c’est-
à-dire le Daïri, avait nue enceinte à douze portes, à
l’intérieur de laquelle s’élevaient dix-sepl grands bâti¬
ments et sept petits. Chaque édiliee était isolé; et il-
se reliaient les uns aux autres par «les galeries.
Cette distribution était empruntée au st\ l<* chinois.
Il faut y voir I origine de ce que, aux époques suivantes,
on appela le style Shi-shin-dh) (de palais impérial .
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Fig-. 36. — Façade principale du Hasshyau-in.
MONUMENTS
Fig. 36. — L’art grandiose do son plan est, on
peut 1 affirmer, sans égal dans notre pays. Si l’on met à part la porte de Otèn, les deux
pavillons du Phénix volant et du Faucon perché, les deux pavillons du Dragon bleu et du Tigre
Histoire de l’Art du Japon
PI. XXV,
GUIGUÉITÉNNIÔ
IX* siècle (Akishinotèra, Yamato).
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blanc sur la terrasse de la Queue du Dragon, sont des œuvres qu’on n’a pas surpassées,
qu’on ne surpassera pas.
Le Palais et le château sont les premières constructions grandioses qui aient surgi à cette
époque, biles donnèrent à l'architecture privée un grand élan. Il semble aussi qu’à cette époque
l’architecture de jinjya ait accompli une évolution remarquable.
i avant (pie la doctrine de l’identité des Bouddhas et des divinités japonaises ait été
admise, la contusion des Kainis et des llodoke commença à se produire. Au temps de Koukaï et
de Saïteio, elle était complètement effectuée. Cette confusion eut une conséquence. Non seulement,
lorsqu on éleva des jinjya dans l enceinte des garan on mit des jingou-ji dans les jinjya, mais
la disposition des jinjya et leur aspect finirent par ressembler beaucoup aux garan.
Fig. . On voit, au premier coup d’œil, l’extrême ressemblance de ce plan avec celui
d un garan. A l’entrée se trouve une porte-pavillon à trois travées. N’est-ce pas un détail qui
correspond à la Nan lai mon des
garan ? Si Fon franchit la porte, on
voit une cour entourée d’une galerie.
La façade principale présente des
portes-] mvi lions, foui cela corres¬
pond bien aux portes intérieures des
garan. Dans 1 intérieur «h* la galerie
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se dressent des édifices qui doivent
correspondre au kondau.
.Le temple principal, dit de
style de kaçouga, ajoute un han-bai
(espèce de porche à une Tsoumairi
de stvle Shimméi. I ne seule diffé-
ronce : les lignes de la toiture ne
sont pas courbes. Mais si, primant
la disposition flira-iri dans le style
Shimméi, on adjoint un Kau-baï, et
si Fou courbe les lignes de la toi-
tare, on a le A airarr-Tson/ouri .
P
Le jinjya de Shivao, qui com¬
mence à se construire à cette époque, combine deux bâtiments de style de kaçouga et le Yashiro
de (ihi-ou. C’est fout à fait le style bouddhique. Ses édifices, qui peuvent servir de types du style
de Na/au, sont le kamo-jinjva et le Matzou-wo-jinjya en Yamashiro.
L’architecture bouddhique, à cette époque, inquiète de se renouveler, fut très florissante.
Ainsi, kou-kaï, fondant la secte Shinghon, bâtit le temple Kon-gau-hauji sur le mont Kauya. Saï-
tchyô, fondateur de la secte Ten-daï, construisit le temple Enryakon-ji sur le sommet de
1 1 ieizan .
Avant cette époque, au temps de la cour de Nara, on orientait toujours les garan au sud ;
ou observait toujours dans leur disposition une symétrie rigoureuse. Presque toujours on les élevait
en terrain plat; on ne bâtissait pas sur les montagnes. Quand il s'agit de construire les garan des
sectes de Ten-daï et Shingon, les initiateurs, en conséquence de leurs doctrines, furent amenés à
les édifier la plupart du temps au sommet de hautes montagnes couvertes de forêts épaisses.
Dans ces conditions, on ne put observer dans les plans une symétrie stricte. Mais les formes et
le travail ne diffèrent pas beaucoup de la période précédente. Ce n’est que dans la décoration et
les motifs qu’on peut voir des différences manifestes.
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Plan de Kaçouga jinjya de Xaha. — Yamato.
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Fig. 38. Ce monument, bâti en réalité pendant la période de len-l \aii S*» j-N 1 j , »•>! le seul
monument de la période qui nous occupe existant encore au .lapon. Les koumimouo de I avant-toit
sont d’un style absolument semblal.de à ceux du Kondau du 1 au-sho-dai-ji. La tonne dos pin.n b >
à (> bagues est très étrange. Les proportions de I ensemble ne suggèrent pas. < -onium les n iivr- s
de l'époque de N ara, line impression de force et
de mièvrerie. Tel était le goût du temps.
En résumé, les éléments nouveaux qui se
sont :
de solidité. Au contraire, elles ont un caractère
manifestent dans 1 architecture à cette époque
i°
2°
3°
L origine chinoise de l’architecture palatiale ;
La construction des Garan par les sectes I en-daï et Simeon *
La naissance de toutes sortes de types dans l'architecture des
sanctuaires
Shinto.
Histoire de l’Art du Japon.
PL XXVI.
GOUDATSOU-BOSATSOU
IX' siècle (Akishinotéra, Yamato)
IOI
CHAPITRE VI
Arts industriels.
Nniis avons vu plus lia 11 f que, par suite <
gouvernement, religion, littérature, arts, tout avait
re • 1 1 1 i concerne les industries d'art, bien qu’elles
à celte époque, sur de nombreux points, elles ne
• pie les autres arts, la peinture ou I architecture,
In transfert de la capitale
etc renouvelé et développé,
aient plus ou moins modifié
subirent pas une évolution
par exemple. Les artisans
par Ivwammou,
Cependant, en
leurs procédés,
aussi apparente
qui, depuis une
l-’iir. U). — J’oitk \ i . i v H i : s < womoi i s i;\ Makik. — Kvaulo, Ninnaji.
période de i ">o ans, s’étaient succédé à N ara, de génération en génération, une fois transportés
à lleiau, où pourtant s’offraient des facilités de toutes sortes, ne surent pas apporter de grands
progrès à leurs travaux. Les Liqueurs progressent, il est vrai; et les orlèvres, par suite de la
fabrication florissante des objets nécessaires au culte pompeux du mystique shingon, durent
perfectionner leurs procédés.
Actuellement, à Kau-ya-san, au Tô-ii, au l)aï-goii, etc., sont conservés des kiné, des cio-
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chettes, des plateaux sacrés, des vases à offrandes dont la facture soignée et la forme exquise
décèlent lorio’ine.
O
LAQUE
La laque, en relief ou plate, est un art spécial à notre pays. Cet art avait été pratiqué dès
les commencements du Japon. Mais c’est en arrivant à cette période que, pour la première fois,
il produit do belles choses. La peinture en laque dite llci-jin qui couvre de line poudre d'or In
surface des objets; le makkin-rô qui, au-dessus de la laque, sème de la rendre d’or, puis dessin»*
le motif et, frottant une seconde fois la laque, fait paraître le dessin par l'usure; le hira nmkié,
qui mélange lor et l’argent et colore habilement les objets, reçoivent des perfeetiniinemcuts.
Quant au genre des motifs, pour la première fois se montre un caractère chinois ion)
fait different de ces objets de st\le chinois dis¬
posés symétriquement , dénués de variété, fatiguant
les yeux par leur coloris disparate. Sr liant a
la libre inspiration du pinceau, les artisans se
plaisent à la variété*. I ne lleur, un oiseau, leur
sont prétextes à évoquer des sentiments étran^fis
a 1 objet dessine. I n dessin décoratif tout spécial
commence à se manifester dau> les dernières
années de celte époque.
I ig. h>. Cette boîte en mnkié a été com¬
mandée par Ko-bau-dai-slu lorsque, a son retour
de (dune, il apporta les h> volumes de I ensei¬
gnement ésotérique du Shingon. Son nom est
sur le couvercle, hile est en laque noire, décorée
de mot ils d or et d argent, e est-a-dire de makkm-
ro et de toghi-dasbi repris par-dessus. Le dessin
représente des hanjauhtn mi-anges, mi-oiscan\
parmi des Meurs. Ces êtres m\ "tapies soiiflleiit
dans des instruments de musique et se livrent .«
la danse. Le style a beau être chinois, la louche
décèle 1 élégance du caractère japonais.
I ig. jo. Cette boite aurait appartenu, dit
la légende, à un des fèiinau. Bien qu’elli» soit
en de nombreux endroits mutilée et détériorée, ou
voit encore un lleidjm semé* sur I enduit noir, et
le makié d or et d argent obtenu par frottis. I n
dessin décoratif a du être ajouté ultérieurement. Le
dessin des Meurs et des oiseaux est d un pinceau loger et d un caractère purement japonais. Cotte
boîte doit dater de la fin de cette période et, partant, être dune fabrication postérieure à relie de
la boîte précédente.
Objets.
Histoire de l’Art du Japon.
PI. XXVII.
9 . < Kf
i r?:
ARRIVEE DE L’AMIDA
SAUVEUR ET DES s
Xe siècle (Kauya-San).
s5 BOSATSOU
LIVRE II
r
Epoque de la régence des Foujiwara.
CHAPITRE PREMIER
Conditions de la société de ce temps au point de vue des Beaux-Arts.
Cette époque qui va du règne de Ouda Ior LIX, 893-898, commençant la iro année
Kwainpéi 889) jusqu'à la mort de Au-Tokou Ier (LXXXIII , la ff année Jyouyéi ( 1 1 85) embrasse
•> > règnes cl 297 années. Alors, sans emprunter à l’étranger ses éléments, la civilisation,
déjà en pleine activité, mûrit à 1 intérieur et se développe avec régularité. A parler strictement,
la régence des Foujiwara avait commencé déjà au milieu de la période précédente et même
celle désignation d'ensemble ne semble pas, parmi les divisions de l’histoire du Japon, d’une
parfaite exactitude.
Néanmoins, l’art qui se manifeste aux époques ultérieures n’a fait que différer un peu
plus ou un peu moins de ce qu’il était à l’époque de la régence de la famille des Foujiwara.
C’est pourquoi, pour exprimer cette phase de l’évolution de l’art, on 11e peut guère employer
d'autre désignation que celle d’Epoque des Foujiwara.
Vers les débuts de cette époque, on n est. pas loin des desseins grandioses de l’empereur
kwammou. La llamme d activité n’est pas encore éteinte. Des empereurs sagaces se succèdent,
qui s’entendent à établir un gouvernement parfait. Ils sont secondés par des fonctionnaires
intelligents et des lettrés distingués. Les résultats administratifs sont très remarquables; les
lettres chinoises sont florissantes et, en général, un grand mouvement scientifique se dessine.
Far suite de la longue durée de la paix, les mœurs se parent de plus en plus d’élégance et
de raffinement. Le défaut de la culture est alors une tendance à l’ostentation et à la mollesse.
Quoique les deux empereurs Ouda et Daïgo fussent éclairés, très fervents bouddhistes, ils
se démirent de bonne heure de la fonction impériale. Les Foujiwara, ayant écarté le sage
ministre Oudaï-jinn Sougawara-no-Mitchizané, se trouvèrent seuls à la tête de l’Empire. Sans
fortune, et leur pouvoir étant sans limites, ils en vinrent à rivaliser de plus en plus de pompe
et de plaisirs et se désintéressèrent du gouvernement. Les mœurs tendirent à l’extravagance ;
l’autorité se relâcha. La maison impériale allait à la décadence. Des troubles furent fomentés
sans
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population.
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par Taliira-no-maçakodo, Foujiwara Somni-tomo et quelques autres. Pour eoinl.le, les pirates et
les bandits surgirent en essaims dans toutes les provinces; ils interceptaient ou pillaient les
biens de l’État, ou encore rançonnaient les honnêtes gens.
Bien que les troubles militaires eussent, été provisoirement apaisés, les gens de bien
renonçant à s’appliquer à leurs affaires, les diverses industries, que Dnïgn I"' avait préeédemimmt
protégées et encouragées, virent décroître leur activité. La matière première aussi leur faisait
défaut. Le fonctionnement du Tsoukoumodokoro (endroit où l'on fabrique toutes les elmse>
nécessaires à la cour', périclita. C’est alors que l’industrie privée, profitant «le I oeeasinii.
fabriqua en grand nombre les sabres et les épées. On vit alors apparaître de célèbres armurier»
en Moutsou, en Bizen, en Yamato, en Yamashiro.
A l’époque de Mourakami lor LYIY, qij-qtîS, b es calamités deviennent plus nombreuses.
Il se passe des faits inouïs. Sous les veux de 1 Lmpereur, des brigands viennent mettre 1<- b u
au Palais. C’était la première fois depuis le transfert de la capitale, s<ul depuis au*. que
pareil malheur arrivait. On dit que les trésors accumulés par les générations successives furent
en grande quantité détruits par l’incendie. Des faits pareils montrent I aba;*>>emenl de I . i iie-i.éit.
publique et la faiblesse du gouvernement .
Ainsi donc, à cette époque, les désordres causés par les hommes se ^<>nl multiplie*, ei I. -*
calamités naturelles, famines et épidémies, frappent sans r
productive des Beaux-Arts chez les Japonais, qui s’était
précédente, donne le spectacle d’un écroulement c<
gination populaire trouvent leur expansion dan
splendeur.
Des talents hors de pair surgissent en foi
Ariwara-no-narihira, Kino-tsoura-yonki, etc. Ils expriment leurs pensées, somplin n*** > < . -n i m> ■
le brocart; leurs sentiments, délicats comme la broderie. Soit en littérature rhiimBe, >.»it . n
littérature japonaise, ils donnent des modèles. L'empereur Mourakami, entre autres, aimait
profondément la poésie. Il partageait son cœur entre l'amour «les lettres et eebii de la natnr* .
Les grands personnages subissaient cette influence et s'adonnaient à la littérature
Comme nous lavons dit, tous les membres de la lamille des I nnpwnra m >•* pi Yi »« •* upaient
ni des peines ni des joies du peuple, non plus que du repos ou des convulsions «le ! Lmpii
Ils développaient de plus en plus leur luxe et se réfugiaient dans des dBtrm-tiniis littéraii
Le besoin se fit sentir d objets de tous les arts et de toutes les industries; en sorte qm* la
production un moment s’accrut. .
Le pouvoir des Foujiwara avait sa racine dans Kamatari. Ce fut à partir «h* Yoslii-
1 ouça et Moto- 1 sonne, le pere et le iils, qu il atteignit 1 apogée, soit (pu* la lamille «les
Foujiwara fournît les Impératrices, soit que, reléguant les empereurs, ils leur subsl il iiass«*nt
leurs piopios descendants. Pendant 1 enlanco de 1 Lmpenmr, le Daï-pn devenait régi *nt . Si le
souverain grandissait, le Daï-jin conservait le pouvoir. C’était là une innovation «le eoutuim*s
sans précédents depuis 1 antiquité. Crace a des lois nouvelles, toutes édictées pour établir
I absolutisme des J oujiv\ara, ils se transmirent un pouvoir de plus on plus «'tondu.
I lusieuis empeieurs sont nés dans la demeure privée des Foupwara et y ont grandi.
D autre part, chaque fois que le feu lut au palais, les empereurs se choisirent une résidence
nouvelle. C’est dans ces conditions que naquit l’architecture dite « des palais «le campagne »,
dont on peut imaginer la richesse.
Keizci ^ ^os empereurs suivants, déployant peu d’activité, acceptèrent la situation
qui leur était laite, kané shi, le petit-fils de Moto-Tsouné, fit, dit-on, bâtir sa demeure sur
le modèle du Seiryau-dèn. Au temps de Mitchi-naga, fils de Kané shi, la famille des
e .
*«•>
Histoire de l'Art du Japon.
Grav. en couleurs, II
FOUGHÉN-BOSATSOU
(Samanta-Bhadra, sanscrit).
XI' siècle (Musée impérial).
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1 < m 1 j 1 w . 1 1 . 1 nllugnil 1 apogée < I < * sa splendeur. Mitchi-naga donna ses 5 filles à 4 empereurs
’* 1111 l"in<< ''opmial. Il garda, pendant plus de 3<> ans, la charge des affaires de l’Etat.
S,i pu issanc minait les grands et les petits. Ses richesses surpassaient celles de la maison
impeiiule. Mit,< hi-uaga, dans scs dernières années, fit bâtir le Ilaujyauji. Son élévation développa
raelivilé des arts et de l'industrie. Avant cette époque, vers le temps de Seiwa I" LYI,
S )o-S >9-868-880 j , 1 empire de (diine était dans une situation critique sous Ouda-Tènnau.
Les 1 1 oui des s (‘tendaient sur le pays qui menaçait ruine. Aussi, la 6*1 année Ivvvambéi de
* « * 1 1 1 1 m * i « * ! 1 1 89 p, sur h* rapport de 1 ambassadeur du .Japon en Chine, Sougawara Mihti-
/nne, un decret supprima I andtassade en Chine. Il y avait juste 280 ans que la irc ambassade
<‘*r rllN (,.x (,ii Chine par Sou 1 ko. Dans cet intervalle, les ambassadeurs et les étudiants
*1 nient ailes eu Chine en grand nombre. 1 out ce que la civilisation chinoise pouvait nous offrir
d utile a\;nl ele introduit chez nous et n avait pas peu contribué à notre développement. Mais,
maintenant , cet empire en décadence était la prou1 de troubles incessants.
Nous avions bu et assimile le vin généreux de ses institutions et de sa littérature.
La matière de sa civilisation était déjà en notre possession. Le seul résultat que nous
pouvions obtenir en envoyant des ambassadeurs en Chine, c’était uniquement un surcroît de
dépenses.
n|ilre, le passage «le la mer avait causé de nombreux naufrages où avaient péri des
hommes de grand talent, choisis pour être envoyés en Chine. Même si l’on en revenait vivant, les
soull rances endurées pendant la traversée sur de petits bateaux étaient des plus pénibles. Les
pères, les lucres, les femmes, les enfants, à la pensée de la séparation causée par le voyage,
s eHrayaient plus que de la séparation dernière. Fontes ces raisons pesaient sur l’esprit de l’Empereur
qui supprima les ambassades en Chine.
Lins lard eu Chine se succédèrent les ~> dynasties 907-960;. Luis les Tang s’établirent et
durèrent b»o « * t quelques années, 960-1 126 — 1126-1278. Durant cet intervalle, les négociants
allèrent en Chine, à titre privé, chercher des cargaisons précieuses. Luis, sur les bâtiments de
commerce, des prêtres luisaient la traversé!* pour leurs voyages d’études et rapportaient des livres
canoniques, «les statues et des peintures bouddhiques. Mais, les relations officielles avec la Chine
«‘tant interrompues, les idées étrangères, «pii s étaient continuellement insinuées chez nous, ayant
moins «I occasions lavorables de pénétration, cessèrent d’arriver à nous pour étouffer nos idées
nationales et déformer nos tendances. Le courant des études chinoises se ralentit. L’étude de Yainato
lleurit a sa place. Le sentiment national trouva son expansion. La civilisation, se développant selon
l’esprit japonais, s élança vers sa maturité.
A cette <*poque «h* t rampii 1 1 i té et d inaction, les branches diverses de la famille des Foujhvara
occupaient les sommets de la puissance. Fiers de leur richesse et de leur force, ils se faisaient bâtir
des châteaux sur <l«*s coteaux fertiles au pied desquels couraient îles ruisseaux pittoresques. Ils
s'installaient dans les sites merveilleux, au printemps et à 1 automne, et, pendant longtemps,
ces résidences furent «h‘s foyers de civilisation. Aussi voit-on cette époque montrer un goût élégant
et gracieux et les lettres et les arts v briller d un vif éclat.
La famille des Foujiwara, fournissant ainsi des épouses aux empereurs, disposa à son gré
du pouvoir impérial. Tous les membres de cette famille furent pourvus des plus hautes fonctions
et s’installèrent en seigneurs dans lies plus beaux domaines de l’Empire. Non contents du pouvoir,
ils s’emparaient aussi de tout l’argent de l’Empire, qui fut centralisé dans leurs mains. Chacun
«Feux possédait une splendide demeure où se perfectionnait l'art du jardinier paysagiste. Leur
faste était éclatant. Ils luttaient deluxe et de magnificence, et vite se blasaient sur tous les plaisirs.
Les fêtes se succédaient sans interruption : réunions de musique et de danse, de poésie, de sports
comme le football, le tir à l’arc à cheval, la chasse. Les festins et les promenades de 1 Empereur
14
et de l’Impératrice aux temples ou -aux sanctuaires célèbres avaient lieu on apparat éblouissant. Le
luxe des chevaux et des équipages était extraordinaire. On s'ingéniait à inventer des léles. Sur les
rivières ou les lacs des parcs, on lançait des bateaux à tête de dragon ou d'animaux fantastiques.
C’était surtout à l’occasion des banquets que se déployaient des habitudes de luxe extravagant.
Le bon ton exigeait que les maîtres envoyassent une quantité d'objets de prix aux invités. On
appelait cela des Hiki-dcmono . Aussi, les objets d’art et d'industrie étaient-ils demandés de plus
en plus. Ceux à qui ces objets étaient destinés, personnages bien nés et fortunés, sans nul souci
de la vie matérielle, possédaient, autant qu’il est possible aux hommes, la joie de vivre. I n
optimisme facile dominait l'esprit de ces hommes persuadés qu'ils remplissaient, <m suivant leurs
inclinations, leurs devoirs d hommes du monde. La poésie qu ils aimaient était rallinée et délicate ;
elle chantait les matins du printemps et les soirs d'automne, les ileurs et les beaux clairs de lum .
Les Beaux-Arts avaient la même tendance.
Dans la littérature apparaissent beaucoup d'œuvres que I antiquité précédente avait ignoré* -
impressions, pensées, mémoires, voyages, chroniques, etc. Dans la poésie paraissent par ordr> impérial
des anthologies célèbres, telles que le l\olin-s/nju ou Recueil ancien et mudenn . !<• .Si/< ,//-i -d< /< ni
ou Recueil de vers choisis. Les auteurs brillants, hommes ou femmes, se montrent en huile
Moura-çaki-Shikibou et Sei-shô-nagou, entre autres, talents sans équivalent dans h p;i — < < t le
présent, sont les auteurs les plus appréciés de ce temps, foute celle littérature, | . si* • et pi"-*
est d’un stvle charmant, d'une pensée élégante et raflinée. fille provenait sans doute d aiil<un> d'¬
haute naissance ou de princesses et dames du palais. Elle était I écho des nio-urs r.dlin - - d .d<*r
Le goût de ce temps est voué au gracieux et au joli, mais il ne se préoccupe pas de imbl* "»•
d’élévation.
r
Epris d’un idéal sans vigueur, soucieux uniquement de leur bien-être .-t de leurs .*isi ».
attachés à la vie et redoutant la mort, la maladie et le malheur, ces hommes étaient amolli»; . t
efféminés. Les doctrines profondes des sectes Ten-daï et Shingon n’étaient plus comprise». Ou •» .-u
tenait à la lettre et aux cérémonies extérieures, mais on n’en pouvait pénétrer I esprit l a
conception du salut se dévoya. On en vint à considérer comme le Imt unique la renaissance dans h*
paradis, et de là partit l’établissement progressif de la secte de .1 vau-do.
Les superstitions se développèrent de tous cotés. Les calamités naturelles, h-»» «phlé-mi»*-. ,|,
même que les brigandages et les troubles étaient attribués à l'iiilluence «les mauvais esprits,
il en était ainsi des plus insignifiants accidents. Les prêtres et les sorciers étaient sms cesse
sollicités de faire pour tout cela des exorcismes. Les prêtres étaient tenus toujours en honneur.
Shyoujyakou 1" fit porter des offrandes à mille bonzes; Mourakami I à dix mille, loujiv.ira
épuisa le trésor national à fonder de vastes monastères. Shira-kawa I alla plus de dix fois,
à diverses époques, accomplir des pèlerinages. Il construisit le Ilaujyauji, le Soujvaiiji, le ()u-
jyauji, etc., et commanda un nombre considérable de peintures et de sculptures.
Jusque dans les contrées lointaines de Moutsou et Devra, l oujiwara Ixivo-liira lit é*lever une
quantité de monastères, temples et pagodes. Aux grands temples de Lnryakou, Onjvau, fo-daï et
Kofoukou, et même au loin, en Chine, à celui de Ten-daï-syou, il faisait des offrandes à mille bonzes pour
leur demander des prières destinées à écarter les misères de ce monde. Son (ils Moto-lnra, son pctil-
fils Hidé-hira, fidèles à ses intentions, augmentèrent encore le nombre des constructions bouddhiques.
Le bouddhisme gouvernait le cœur des hommes de ce temps. Or, un trait remarquable de l'histoire
de toutes les sectes bouddhiques, c’est que la peinture, la sculpture, l'architecture et tous h-s arts et
industries furent favorisés par elles. C’est là un point important de I histoire de l’art.
L ostentation et le faste déployés par la famille des Loujiwara, détenant le pouvoir, eut pour
conséquence de faire de la capitale Ileian un centre de splendeur et de civilisation éclatante, l u
contraste se produisait. Tandis que d’une part les plaisirs se succédaient, que les raffinements
Histoire de l'Art du Japon.
PI. XXVIII.
SCÈNES DU GHENJI-MONOGATARI
XIe siècle (au marquis Yoshitkira-Tokougawa).
*
I'
d une culture élégante se manifestaient, que les chants et la musique des danses résonnaient, hors
de lu capitale régnait 1 anarchie, et les brigands dévastaient le pays. Les Foujiwara, négligeant les
allairos du gouvernement, et dédaigneux de la puissance militaire, s’en remettaient entièrement de
la répression des brigandages et, des troubles aux familles militaires, aux Boushi, qui de jour
en jour acquirent, dans les provinces un prestige grandissant, et montrèrent bientôt une arrogance
intolérable.
(«o Sandjvau était d un caractère ferme et d’une intelligence remarquable. Comme, heureu¬
sement, il n etail pas d origine foujiwara, il refusa de se laisser dominer, et prit en mains les rênes
du gouvernement. Ses ellorts pour rétablir le pouvoir impérial réussirent. Les Foujiwara, déchus
d<- Jour 1‘lro de parente par alliance et de leur mainmise sur la régence, se tinrent tranquilles, et
di“ nouveau le lilet impérial s (“tendit, sur les provinces. Les deux empereurs Sliirakana et Toba, qui
lui succédèrent au pouvoir se distinguèrent, h* premier par sa ferveur bouddhique, le second par son
goût pour la lu\e. Le premier favorisa l’érection des temples et des statues, le second les arts
r
somptuaires. Le trésor de 1 Liât s’appauvrissait. Les Boushi reprirent leurs manifestations turbu¬
lentes, et les ordres impériaux perdirent leur effet. Ce ne fut qu’en s’appuyant sur les familles des
Mina-moto et des Paliira qu ou put à peine rétablir une apparence de tranquillité. Ce calme passager
céda la place aux troubles des années llaùghen et lleidji (iiôb-ii’x) — ii5<)-ii6o . La guerre fut
amenée par la lutte des deux familles pour la suprématie. Les Mina-moto vaincus, le pouvoir revint aux
Tahira. La situation change, et le Shyougounat commence à dessiner son avènement.
Les Paliira occupent le pouvoir. Leurs domaines s’étendent et enveloppent l’Empire. Ils
deviennent la famille d alliance de I Empereur et conservent le prestige des armes. Leur puis¬
sance surpasse de beaucoup celle des Foujiwara, au point qu’on a pu dire que qui n’était pas
alors des Paliira n 'était pas un homme. Cette famille, à l’apogée de sa puissance, s’assimile en
tout le faste dos Foujiwara. Elle se plonge dans les plaisirs à la mode; elle aime la poésie
légère et la musique gracieuse. Elle désapprend la bravoure et le maniement des armes. Elle
s'abandonne à la mollesse. La capitale, pour la seconde fois, devient le théâtre de l’extravagance.
Fendant ce temps, les Boushi, toujours voués aux armes, et restés partisans des Mina-moto, font
de nouveaux ellorts. D'autre part, les bonzes montrent un sentiment de domination abusif. Les
conflits armés si* multiplient, et les brigandages et les massacres se succèdent sans trêve. Ce
double aspect des temps se révèle dans les Beaux-Arts auxquels il communique deux tendances.
L'une est l'écho du faste des l oujiwara; elle apparaît élégante, précieuse et distinguée. L’autre,
tout au contraire, est vigoureuse et forte, absolument combative, comme nous le verrons plus loin.
CHAPITRE II
Histoire et caractère des Beaux-Arts de ce temps.
Cette période de 3oo ans est celle où nos beautés naturelles, nos admirables paysages ont
influé sur les Beaux-Arts et leur ont imprimé un caractère essentiellement japonais. La famille
Foujiwara, qui avait mis la main sur la maison impériale, ne fut pas sans înlluence sur ce mouvement
qui entraîna les esprits vers l’étude et le goût de la nature.
Vers le début de sa puissance, dans la période Yenghi 901-923;, la charge du gouvernement
étant très lourde, les loisirs des nobles ne se consacraient guère qu aux lettres japonaises et chinoises.
Mais, au fur à mesure que les Foujiwara s’élevèrent, ils donnèrent 1 élan aux recherches décoratives,
à commencer par le costume, l’habitation et les jardins. Pour les réceptions, pour les ceremonies
funèbres ils inaugurèrent un cérémonial fastueux. Pour les banquets, ils depbo èi enl un laste exlia-
vao-ant. Ils semblent n’avoir eu d’autre idéal que de faire de la vie une ivresse et de la mort an songe.
Aussi les Beaux-Arts de ce temps, même dans les plus grandes œuvres, montrent un caractère
voluptueux. A commencer par la peinture, tous les arts de décoration recherchent I élégance «le la
composition et la grâce du sentiment. L’impression merveilleus.* «pii se dégag.* de ces œuvres fait
qu’on n’a pas le loisir de se demander quelle est la valeur de l'exécution, d’en détailler les imper¬
fections. Au premier coup d’œil on se sent subjugué par l’évocation «l'un momie à part, un monde
de charme et de volupté.
Les objets d’art de cette époque sont tous des bibelots chers à la liante société «pu !«■> \it
éclore. Leur caractère est toujours très élevé. La composition ne va pas se perdre dans le lanta>t i • 1 1 1 «
ou dans la folie. Même quand elle s’attache ail réalisme, elle ne tondu* jamais dans la vulg.ml» <>u la
laideur. Ces œuvres montrent toujours un caractère d<* sobriété «*t d’exquise élégance. tant «fin-
l’arrangement que dans la forme et b* coloris. Comme elles sont bien le produit «b* in »t i • • t « ri < » i r « t
de notre ambiance, c’est à elles que va surtout l'enthousiasme des Japonais. Mais < « - 1 au _ - * éi t
cultivé des nobles de cette époque qu’on doit leur premier <*t délicieux épanouissement. Ain>i. a
l’apparition de Foujrvvara Mitcbi-naga, surnommé l«* Mi-dau Kwampakoii, on élèv«* I* ni «n i iu<»na>-
tère de Haujyau-ji dans l'angle nord-est «le Kyauto. On atteint le plus haut degré «!•• b«*aut«
dans la construction.
trente-huit ans à peine après son édification, ce bâtiment fut plus «I a iimilif brûlé-, Crp.-n J.mi .
d’après le ^ ei-G\va-Monogatari, sa magnilicence n’avait rien de comparabl.* d.ui> l« • muai-. 1
compte des offrandes du Kondau du Haujvauji «*n «*st une preuve.
Ce monastère, bâti en carré, avait trois grandes portes sur tr«»i> d«* scs I a « »*s, .1 un< p* * rt .
centrale à l’intérieur. En entrant par la porte sud, on voyait le Kondau s élever >m la !a« «
principale. Il y avait aussi ce qu'on appelle le Obomidau grande sa 1 1 « * impériale. Dans l«- janlm.
on avait amené l’eau du kamogawa pour faire un étang au centre «linpu l était un« il» a la»pe II»
conduisaient trois ponts. Du côté de lEst s’élevaient eimj grands temples; «lu c«Mé «le 1 Ouest. le
temple d Amida. Il y avait encore : salle des Conférences, salle « 1 « * Slivaka, salit* «1rs Mille Bras, -ail»
de 1 Estrade des cérémonies, salle de la I leur de la loi, salle <l«* la \ rai** Parole, salle «l« s I mi>
Illusions, salle ronde, grande pagode, tour de la cloche, magasin «les canons, cloître, bains, « * t « Il
serait trop long de tout énumérer.
Dans le Kondau était le Daï-nitcbi-nvoraï doré, d « * >2 pieds de liant, «pu* I < * célèbre imagier
Djyautchyau avait sculpté, durant toute une vie d’efforts, assis, les jambes croisées - 1 1 r mu* Heur «1«*
lotus à cent pétales. C’était une œuvre magnifique et parfaite. Autour «lu patron «lu temple étaient
groupes un shyaka doré de 20 pieds, les deux Yakoushi-nvoraï, Moujvou, les deux Bosalsou
mirokou, un Brahme de q pieds, les quatre Tènnau, etc. En outre, dans chacun «les Dan, dans les
cinq grands, il y avait un Foudau myauwau peint, liant de 20 pieds, quatre Taï-son d«* if> pieds:
dans le Dau d Amida, neuf statues dorées de Mida, hautes chacune «le i(> pieds; dans le Dan
shyaka, cent Shaka, tous d’une attitude canonique parfaite et magnifique.
Dans le Kondau, sur les portes et les murs, on avait fait peindre par l«*s meilleurs artistes
du temps les J mit phases de l’Illumination, des mandara, le concert des anges, etc. Sur l«*s portes
de 1 Amida-Dau était peint le socle en lotus à neuf étages du paradis. Pour la décoration du Obomidau,
on avait atteint une magnificence extraordinaire. La charpenté apparente, comprenant les piliers,
les pilastres, les poutres, était de santal pourpre (pteroccirpus sa/italiiius), ou <l<* bu pies à motifs
de poudre d or. Ces bois étaient décorés de lleurons en nacre, incrustés de pierres précieuses «le
cinq couleurs. Sur chacun des cent pétales du lotus central était représenté un slivaka assis sur un
trône et orné d une quantité de pierres précieuses.
Histoire de l'Art du Japon.
PI. XXIX.
AMIDA (panneau de porte).
XI‘ siècle (Hau-wau-dau — Byau-dau-in, Yamashiro).
;
M s’ *<)IIS ^ s ^a*s autres objets de culte avaient été ouvragés avec un art
m^m 4 r'1,m^ " a\n , |i I laujv auji, équivaut à celui que l’empereur Shômou avait fait élever, le
Daiboulsou du I o-daï-ji. C’est un chef-d’œuvre attestant des progrès extraordinaires.
L< s mon,, ni. nls qui nous restent aujourd hui, et dont la magnifique beauté excite notre
admiration, tels que la salle des Phénix du I lyau-dau-in, le Kon-jiki-dau, le Tchyou-son-ji, le
Mi da dau du llaukaiji, si on les compare a la grande architecture de ce Ilaujyauji, étaient proba-
11,1 1,1 ^ lln' 1 1 1 ^ 1 101 1 * 4 1 usante. Cependant, la décadence des l oujiwara, les soulèvements des
pi o\ i m * s oiientales, les (h*sordres amenés parles Boushi vinrent plusieurs fois troubler les volup¬
tueuses leveiies des nobles de la capitale. Les arts subirent le contre-coup de ces secousses.
I " 1 1 1 1 111 N"11^1* aeipicrir plus de lorce et de vie; 1 architecture et les arts décoratifs se livrèrent
«' de nouvelles i celui «lies cl montrèrent une admirable habileté. Lorsque, à la fin de cette période,
la lamilb* des lalnra s empara du pouvoir, elle imita en tout ( exemple des Foujiwara, dans leurs
nueurs, leurs goûts et leur esthétique. Les arts de cette période rapprochent leurs tendances de
celles de la littérature, du roman et du théâtre.
CHAPITRE III
Peinture.
La peinture, avant cette époque, était complètement subordonnée à la religion bouddhique.
Elle se limitait à la représentation do sujets bouddhiques ou à la décoration des temples. C’est à partir
de I époque de lleiaii qu'elle élargit son domaine, et qu’elle conquiert la faveur des hautes classes.
Elle décoré, dans les palais et les maisons, les murs, les cloisons mobiles, les écrans et les paravents.
De même que les autres arts, elle est pratiquée par les nobles et leurs femmes. On voit alors se
multiplier les expositions et les concours de dessin. Les sujets préférés sont empruntés aux poèmes
japonais, ou encore b*" plus beaux sites des montagnes célèbres, les promenades fleuries ou les
pavsages lunaires, les chasses, les fêtes galantes, tout ce qui montre la joie de vivre, les beaux loisirs
et les nueurs ralliuées.
\u commencement de cette époque, vers la période ^ enghi, la culture chinoise n avait pas cessé
d être en honneur, et la lièvre d imitation des choses de Chine n était pas encore tombée; on se plaisait
encore à dessiner des paysages ou des personnages chinois. Mais, a partir de I èn-reki se développe
puissamment h* goût national japonais, et les sujets japonais obtiennent la faveur. Ainsi, les cloisons
mobiles du Seirvau-dèn au Balais, au lieu des dessins d Araoumi, portent les lacs de komméi, des
V
chasses du général Soyé Tsouna dans la plaine de Saga.
Aux dernières années de cette période, on ajoute dans les dessins de paysages des imitations
en relief d oiseaux ou de rochers; ce sont là des jeux qu on pratique volontiers. On exécute aussi des
dessins artificiels Tsoukourigwa selon le procédé suivant : avec des matières colorantes ayant l éclat
de solution d or ou d’argent, ou avec du bleu, on obtient une sorte de dessin décoratif aux couleurs
étranges, différant de l’aspect naturel et représentant les ciels, les arores et les terrains sous des
apparences fastueuses et magnifiques. Dans un autre domaine d art, dans le genre religieux, une
modification se dessinait aussi. A l’époque précédente, les deux sectes Ten-daï et Shingon, qui
llorissaient, professaient des doctrines trop profondes pour être accessibles et touchei diiectement
les coeurs. Vers le milieu de la période que nous étudions parurent les deux sectes J^au-do et
Nemboutso dont les doctrines étaient à la portée d un plus grand nombre. Elles prêchaient, le salut
1 K)
dans le Jyau-do par le Sozou Ye-shin, qui, lui-même, publia des livres, exécuta des peintures qui
créèrent une nouvelle école dans la peinture religieuse. L'ancienne école garda les traditions d'un
art sublime et surhumain; la nouvelle rechercha l’élégance et la beauté. On peignit alors l'arrivée
de Mida sauveur et du paradis de 1 Ouest.
Cependant toutes ces peintures bouddhiques se maintiennent dans h*^> hautes régions de l'art.
Elles sont toujours harmonieuses et fortes, élégantes sans mièvrerie. Les peintres des âges suivants
n’ont pas atteint l’habileté de ceux de ce temps. Certains peintres bouddhiques traitaient ans>i h s
sujets de genre et la décoration. Mais le grand nombre se cantonnait dans l'étude <1 une spécialité*.
Il existait cinq ou six écoles avant chacune un style particulier, (l'étaient les écoles k<>xc,
Takouma, Kaçouga, Toça, Hata et Eshinn.
L’école Kozé a pour fondateur Kanaoka ; puis viennent Ahimi, Iximtada, kimmo-tclii, Sliinnko,
Hiro-taka, Koréshighé, Nobou-Shighé. Elle procède du style de 1 école chinoise des long. Depuis
Kimtada, ses adeptes se succèdent dans les fonctions de chefs du bureau de peinture du Calais. Les
peintres, avant Kimtada, étaient réalistes, étudiaient surtout le mouvement; après lui. h* pinceau
s’efforce de traduire un caractère d'idéalité, né du tempérament japonais, en même temps qu'une
allure élégante. Le peintre de l’école de kozé qui a obtenu le plus de célébrité* à celte époque .*»t
Hiro-taka, prince du sang. Fervent bouddhiste, Hiro-taka si* rasa et se lit bonze. La cour, regrettant
en lui l’artiste, lui ordonna de rentrer dans le monde et le nomma chef de bureau de la peinture. Il
produisit beaucoup. On dit que ses œuvres avaient le relief de la réalité. Ses peintures de l'enléi
surtout passent pour montrer une composition admirable. Kimtada fut célèbre par ses peinture» de
paysages chinois, et Kimmo-tchi par ses paysages japonais.
L’école Takouma fut fondée par Takouma Taménari à l'époque Eishyau injfi-mY» s.uis
l’empereur Goréizéi (LXXII). Taméto'svo continua son style et exécuta miiIouI des peinture»
bouddhiques.
Il semble que l’origine de cette peinture soit due à l’école Kozé*, et ait emprunté* des inspiration»
nouvelles en Chine à l’école des Soung. Taménari succéda à un Kozé* au bureau de peinture. Lorsque
Foujiwarano-Yori-mitchi éleva le Byau-dau-in de Oudji, Taménari peignit sur les murs e| les porte»
du Hauwau dau (salle des Phénix) une représentation des q cycles du Paradis ainsi «pie S effigies
de Sliyaka. Ces peintures, qui subsistent encore, sont célèbres. Bien «pu* l'esprit qui guida le pinceau
dont elles sortent ne soit pas très différent de l’école Kozé, la décoration d<*^ Bouddhas atteste un
genre complètement nouveau. C’est à ce moment qu’apparaissent les traits de pinceau plus chargé».
Taménari, au temps de l’empereur Kongé (LXXYI, i i/jn-i i YY, peignit, dit-on, un grand
nombre d’images bouddhiques.
L’école Kaçouga est purement japonaise. Elle est caractérisée par le trait lin et gracieux et la
couleur magnifique. Elle a fait surtout des images bouddhiques. Son dessin révide quelquefois h*
souvenir de l’école chinoise des Soung. Son nom lui vient du bureau de peinture «!«• Kaçouga-jinnj\ a
à Nara où elle prit naissance. On dit que le fondateur de cet atelier de Kaçouga fut l'on jiwara-no-
Takatchika.
Takatchika, qui vivait dans les dernières années de cette période, «Tait fils «h* Eotijiw ara-no-
Takayoshi, qui fonda l’atelier de Takoumi-ryau, nommé Naka-tsoukaça-Taifou. Il obtint h* deuxième
sous-cinquième rang. Le rouleau illustré du fameux Ghenji-Monogatari est, disent les uns, du pinceau
de son père Takayoshi, et du pinceau de Takatchika, disent les autres.
Comme l écriture du texte est certainement du temps de lakatchika, on doit considérer comme
juste 1 opinion qui attribue à ce dernier les illustrations de ce rouleau.
Il semble que la peinture bouddhique de l’école Kaçouga, en passant à l’époque suivante de
Kamakoura, ait été florissante. Cependant on ne possède le nom d’aucun peintre de cette école à
partir de Takatchika et de ses successeurs.
Histoire de l'Art du Japon.
PI. XXX.
CARICATURES D’ANIMAUX par Tabasojo. Kausanji, Yamashiro.
XIIe siècle.
SCENES DES IUjstraTIONS DE VIE DE BAN-DAINAGON
XI j.
siècle (au comte Tadamitchi-Sakai).
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Lccoli' de loça est la principale école japonaise. Son origine doit remonter très loin dans la
période de Nara. Mais c est a I époque où nous sommes qu’elle révèle clairement ses qualités et ses
tendances, l’dlc a acquis la liberté et la légèreté du pinceau et le charme du coloris. S’éloignant des
M>ics de la peinture chinoise hiératique, elle innove et crée un genre qui répond aux aspirations
japonaises. Klle interprète les paysages et les êtres de notre pays, et, de plus en plus, répand le goût
d’un art national.
Cette école a une tendance à l’observation réaliste et cherche à mettre des intentions
dans les plus minces détails. Le nom de Toça doit venir de ce que le fils de Foujiwara-Takatchika,
I soume-taka avait la charge de Connokami lieutenant sous-gouverneur de Toça. Cependant, il
ne faut pas prendre Tsoumé-Taka pour le fondateur de cette école. Avant lui avaient paru
I evèque Kukou-N ou et I soune-Moto, artistes qui ne ressemblaient en rien à leurs contemporains,
mais qui peuvent être considérés comme des précurseurs, car la renommée de l’école Toça
prit naissance à partir de Tsoumé-Taka.
KaknuAou. lils du Daïnagon Takakouni, devint Daï-Sojyau, la 4e année Hôyèn (n38).
Comme il avait demeuré jadis sur le territoire de Toba, on l’appelait le Sojyau de Toba. Artiste
raffiné et peintre habile, il contribua puissamment au développement de l’école japonaise. Son
pinceau était fantaisiste, mais ne perdait pas de vue l’observation. Ses dessins humoristiques,
représentant des animaux et des oiseaux, reproduisant les actes des hommes, sont d’une verve
extraordinaire et sont cités comme des tours de force du pinceau.
De I oujiwara-no-Mitsou-naga, le plus habile peintre de son temps, il reste, dit-on, le
rouleau Nentchvou no gyauji Cérémonies de l’année , ainsi qu’une peinture de la vie du Ban-
Daïnngon. Le pinceau en est très sûr, sans qu'on puisse dire qu’il soit libre. L’idée est vive et
spirituelle, attachée à la délicatesse des choses. Dans la composition, l'artiste excelle à varier la
disposition des groupes et à charmer l’esprit et le cœur par l’harmonie de l’ensemble. Il est
difficile de savoir quelque chose (h* certain sur sa vie- On voit qu’il obtint le 2e sous-quatrième
mng et que sa renommée fut grande de son vivant. Sur l’ordre de l'empereur Takakoura LXXXIIj,
la T année Shvanan i i - » , il peignit sur les cloisons du Shishyau-kwau-in une scène de la
visite impériale à Hivoshi et le voyage a llirano.
Dans le kokou tchvo Bonn Shyau, on voit que le dessin des Cérémonies de l'année, que
l'empereur (io-shirakawa aimait profondément, et qui était conservé dans le Trésor du Rèn-ghé
wau-in, a etc legne aux âges lnturs comme venant du pinceau de Mitsou-naga.
Foujiwara-Tsouné-taka, fondateur de l’école de kaçouga, était le fds de Taka-tchika.
II fut sous-gouverneur de Toça, du second sous-cinquième rang. Peut-être ayant commencé
c
auprès de son père à s’initier au style kaçouga, créa-t-il plus tard le genre de Toba sojyau.
Son art a dû subir une évolution. On lui attribue le Saigyau-monogatari qui subsiste de cette
époque.
Foujiwarn-no-Taka-nobou, lils du shôshin du Kwangfl no Miya, Tamétaka, eut le sous-
quatrième rang- C’était un peintre habile à saisir la réalité sur le vif. Il lit quantité de portraits,
tous très ressemblants, dit-on. Dans les tableaux que lui commanda Takakoura IlT pour les cloisons
du Saï sim Ivtvau in, et qui représentent les voyages impériaux à Hivoshi et à llirano, les visages
des Kouglié accompagnant l'Empereur sont, dit-on, des portraits. Le style de Eishinn est un
mélange de styles chinois et japonais qui constitue un style mixte.
Te Sôdzou Eishinn reçut la loi d’abord du Sojyau-Jikei, à Yen ryauji. Plus tard, il se retira
à Yokogawa. Il publia 70 ouvrages en i5o volumes. Il était aussi excellent peintre et exécuta
nombre” d’images bouddhiques. Il prêcha surtout le salut par les mérites extérieurs. II mourut
la i"> année Kwauninn (1017), à l’âge de soixante-seize ans. Quoique les peintures actuellement
existantes des Trois honorables Amida, de l’arrivée du Sauveur, du Paradis, etc., lui soient attribuées
1 I 2
en o'
O
grand nombre, il est difficile d'en accepter la plupart comme authentiques. S, «nie lu pointure
conservée à kauya-san, représentant l'arrivée d’Amida et des •>/> Bosatsou, est d une aut lient ieilé
prouvée.
Le style de I lata continue l'ancienne école de 1 époque de Nara. Il doit avoir lu ménn*
origine que kawanari.
Vers les époques Djirvakou et Yènkyou 106V1071 de l'empereur (loréi/ei LX\, un »,
]o/|()-io68 , vivait un certain llata no Momé sada qui, demeurant au llaurvouji, exécutait des
images bouddhiques. Son œuvre la plus célèbre est la peinture des actions «le lu \ i<* du Sliyau
Tokou-Taïshi, exécutée sur le mur, dans la salle des [teintures, bile est extrêmement degrade-
et a subi plusieurs restaurations; mais elle a été rentoilée sur un écran et u pu être conserver
ainsi. Indépendamment de cette œuvre, il y a, dans le kan-fou-zau, un certain nombre de peintures
bouddhiques qu'on peut lui attribuer.
A coté des artistes dont on distingue le style, il exista beaucoup de peintres cch-bro qu <»u
ne peut classer avec certitude dans aucune école.
Yoshi-Tshika on ignore son nom de famille est cité- comme bon peintre -nis I • mp- i> m
Itchi-jyau LX\ I, 980 , qui a régné de 987 à 101. Il fut chargé par ordre impérial de peindre un
écran. Açoukabé-no-Tsouné-nori a une très grande célébrité comme peintre. Il e^t ci nitmiip- >1 .un
de Tocé-kimmotchi. On disait alors : « Tsouné-nori est «le grande première foret*, kimim-tt hi
de petite première force ». I n chien, raconte la légende, à la vue d un lion peint par I -0111e
nori, fut pris de terreur et hurla. La 3‘‘ année Owa 9b >), il peignit, sur le mur <b* I apport* ment
de l’ouest du palais, Hakou-Takou wau tuant un démon. Pour l'Omlai j i nu San- -Souk.’, il lit
deux peintures du Keizei inn et du Shinsènn yènn. On vente beaucoup la grâce d- - p • \ - . -
de ces deux œuvres.
Tclii-E, dont on ignore le nom de famille et les titres, contemporain de Tsouné-noi i. était,
dit-on, très renommé dans la composition décorative.
Toujhvara-no-moto-mitsou, sous Shirakawa Tènnau LWII. 1n7d-10.se» , eut la charge -h*
Takominokami avec le sous-cinquième rang et reçut le titre de chef de l 'administrai ion d<* I ! • » k . - 1 • •
Nobousada, dont on ignore le nom patronymique, est cité comme peintre a 1 epuqiie de
Toba 1er (LXXIV). Il peignait surtout les chevaux avec bonheur. Ou ilit qu il décora beaucoup de
cloisons dans le palais de l’Empereur et dans ceux des Koughé. bon jiwara-taka-Y ’oslii, sous
konoyé Ier (LXXIV, Ji/ja-iioo), fut le chef de l’école de LEdokoro. Il peignit b* portrait de
Lobaiu et les portes du Kougôsininn de loba. Il en fut très complimente.
Les peintres n étaient pas les seuls, à cette époque, à s’occuper de leur art Depuis
1 Empereur et les khougé jusqu’aux dames de la cour, beaucoup de personnages pratiquaient la
peinture avec succès. L empereur Ivwazau (LXV, q85-q8G), entre autres, montrait une riche
imagination et inspira beaucoup d’idées nouvelles tant à la peinture qu à l'architecture. Les
empereurs Réi-zéi et Itchi-jyau se plaisaient à peindre. Shirakawa, llorikana L1 exécutèrent des
peintures bouddhiques. La fille aînée de Tahira-no-kivo-mori est citée comme artiste de talent.
Elle peignit des scènes de 1 Icé monogatari sur les cloisons du Shi-shinn-den. Scs si\ sieurs
cadettes étaient aussi très artistes. Elles firent, dit-on, de nombreuses peintures inspirées par des
poésies- On cite plusieurs écoles féminines de peinture à cette époque, telles que Esln kibou,
Tchyou nagou no Tsouboné, etc.
Dans la peinture bouddhique, on a conservé les noms de plusieurs maîtres célèbres, en
dehois du Sodzou keishinn. On connaît le Sodzou En, prêtre du To-ji <pii, vers l’époque
\ enghi (901-923), peignit des images bouddhiques de la secte Shingon. Le bonze Euyèn
surnommé dans le monde Eajyari (le docteur-peintre), peignit au llaujyauji, pendant les années
k\\ anninn (1017-1021) un Daï-nitchi de plus de 3o pieds et cent portraits de (> pieds d’Amida,
Histoire de l'Art du Japon
PI. XXXI
AMIDA (Amidàva, sanscrit).
XIr siècle (Haukkaiji-Yamashiro).
v.-'
,,<<l<><^hs en ,,in^ 1,11 1,1111 <^11 Kondau. Le Daï-nitchi, son chef-d’œuvre, est honoré comme la
(1 1 \ nul» prim ipah , a qui Ion offre des sacrifices. On lui doit encore beaucoup d’autres œuvres.
^ J< lll,n*M ' 11 lm,l£<s boiiddlii(pies, Kyôzèn, sur le désir de l’empereur Goreizei, peignit, au
l,aui>an.i1’ 1 1 1 miaK0S ndigieuses. En récompense, il lut nommé sokô. Un autre maître, Ryo-
shyou, est renommé pour ses peintures du Foudau. Le bonze Kakou-han, fondateur de la
biamhe Mimgln de la secte Singhon, a lait un grand nombre d’images bouddhiques au pinceau
‘ l''MC<‘ai1 S,T^ d ordinaire à écrire les caractères). Le bonze Tchinkaï, fils du chef
dr I Ldokoio, I oujiw a ra-no-Moto-mitsou, lui surnommé le Séki-Tokou saint de cette époque. 11 reçut
l;i succession ch; son père et lit, dit-on, beaucoup de peintures bouddhiques.
A 1 époque de lalura surgissent beaucoup de maîtres bouddhiques. On cite ceux dont les
noms sont restes : Imi-sliyau, llyauninn, Ichyou-san, Myau-gyô, Myau-jyoun, Tei-jyau, Shyausei,
Shighé-tau, Oghèn, Tchijyoun, etc.
MONUMENTS
I.\m\ li\. — Kvauto, Toji. — K\van-1chi-in.
\ 1 1 ri I »no au Sndzou Lri . Le style est de 1 époque où le dessin chinois était plus qu’à moitié
naturalise japonais. Le caractère solennel de I école de Shingon atteste que l’œuvre est bien du temps
d Eri. Lama était, dans la religion bouddhique, le roi des Enfers, qui gouverne les âmes des morts,
les récompense ou les châtie.
I.v Ki \ vissa \c. i ni Sihaka. ^ .imashiro. Tcli vauhauji.
Shvaka renaît, et, sortant du précieux cercueil, explique la loi. Dans la composition, on
découvre quelques invraisemblances et des défauts de dessin. Mais la touche est gracieuse, le
caractère noble et le coloris des plus harmonieux. Ou ne sait quel est Fauteur. On pense qu’il vivait
«•ntre le commencement et le milieu de l'époque dos Foujiwara.
IM. WVII
\i«nm » di i Amida sacym'h m Di - 2» 1 ios \TSrtc Kauva-san .
F ri | »t vq i u • forme «h* trois kakémonos, rouleau de soie. Hauteur: 2m,o4. La tradition considère
« • « * 1 1 • • peinture comme un trésor « I « • Hieizan et l’attribue au pinceau de Sôdzou Eshinn. Amida est,
«h-bout au centre. Les deux Bosatsou, kwannon et Seishi, le précèdent. Les autres Bosatsou, doux et
« aimes, \ iennont ensemble sur les nuées, jouant de la musique. Le style est magnifique. La puissance
• voralriee de celle «ouvre saisit au premier coup d œil le spectateur pour le transporter du désir du
paradis, pour lui insufller le dégoût de la vie terrestre. L'exécution, d'un procédé mixte, mi-chinois,
mi-japonais, est d une vigueur et d une sûreté magistrale. Mais les motifs d ornement et le coloris ne
sont pas d'un travail très délicat. Certains détails sont lâchés. L'inspiration qui domine cette œuvre
et l'harmonie qu'elle montre révèlent pourtant un artiste de premier plan. On ne peut douter que
Fauteur soit Eshinn.
Grav. en couleurs. II. — Foi m \ Kosatsoi (Musée impérial).
Ce portrait était primitivement dans un vieux temple de Nara. C’est une des peintures
bouddhiques les plus gracieuses et les meilleures du temps de L oujiwara. La facture en est très
délicate et même d’un sentiment un peu voilé, sans pourtant tomber dans le flou. Le coloris est d’une
admirable beauté. Les couleurs sombres se mêlent en une graduation savante aux couleurs vives, et
de délicates applications d’or les rehaussent. Tout porte à croire qu il s agit d une œuvre de la belle
époque des Foujiwara et de 1 école de Kaçouga. Fouken, dans le ù ou rai Shyouheu, est appelé le
Bosatsou de la connaissance de la bonté. Cette peinture le représente monté sur un groupe d’éléphants.
Nous donnons ici la reproduction à mi-corps.
PI. XXVII J. — Scènes DU G h un. ii monocatv ii i. — An marquis Tukoii^awa. — ï osliinon.
C’est le maki mono du Ghenji inonogatan, œuvre de Mouraçaki-iio-Sliikdinii, lu eidrlnv I*,iiiiii«*—
peintre de ce temps. On y voit la synthèse de la vie des nobles de celte époque, vie luxueuse et voué»*
aux loisirs raffinés. Nous donnons ici les trois scènes de 1 Auberge, du ka^luw agio, de I Ad/niuavi
Le dessin délicat, le coloris riche rattachent ces œuvres à I école kaçonga. lxvit a n t de tomber dans le
réalisme, le dessin ne donne que l’essentiel et se 'propose de montrer des aspirations raffinées. ( .-I
un genre de peinture voisin de la peinture décorative.
PI. XXIX. — Amida Pxhtsoi panneau de porte . Hau-wau-dau. — Byau-dau in, Wmanhiro
Sur les battants de la porte de cette salle sont peints les Amida et le^ <> cycles: sur l.t paroi du
revers est une peinture des huit façons de découvrir la voie. Nous donnons ici I Vinidn enseignant I i
façon supérieure de trouver la voie.
Cette peinture est de l’ancêtre de l'école Takouma. Tainénari. La composition ••lait < -harmatii - .
et le coloris splendide, dit-on. Car il est aujourd hui difficile de s en rendre compte cette peintm--
éraillée et effacée n'est plus qu’une ombre.
GRogUlS
PI. XXX. — Dessins humoristiques d’oiseaux et d'animaux. — Yatnashirn.
I ikav .iin.i
K.iu-anji.
Croquis à l’encre de Kakouvou, le Sôjyau de loba. Les animaux et hs personmœ- ^ -<ml
traités en caricature. Chez tous, la vie déborde. Le mouvement est toujours ju<le. le pince. m 1 1 b i * > \
facile. Le sens comique jaillit de 1 habileté du dessin, et parfois s v mêle un esprit de sntire. |).um Imis
les makimonos qui se trouvent au kausauji, on voit des prêtres et des laïques rassemblés, •• ntoiii .ml
un jeu d’animaux ; des combats de coqs; des courses de chevaux ; des séames de musique d*^ boni-,
tigres, léopards, etc. Des singes, des lapins, des grenouilles imitent les gestes des hommes. Nmi-
reproduisons ici des animaux traînant des voitures, dansant et folâtrant.
Makimono de Ban Dainagon du monogataiu. — - Au vicomte Sakai-tada<iuit< lii.
Le daïnagon Tomono yoshio, ayant brûlé la porte Oten du palais, rejeta la taule sur h* Sadaijin
Minamoto no Makoto, et le remplaça dans sa fonction. C'est après sou bannissement, >a faute avant
été découverte, que le daïnagon dessina ce monogatari. La composition a du naturel, le pinceau r-t
hardi et plein de vie, le coloris est sommaire et sans recherche. Ce coloriage sans prétention donne au
tableau du calme et de l’énergie. (PL XXX, 2-3.)
PL XXXV. — Décoration d’un makimono canonique. — Okitsoukou-shima Aki.
Offert à ce temple par Tahira no Kiyomori et la famille de Tahira. La décoration en était très
belle. La peinture avait été exécutée par les membres de la famille de Tahira, et particulièrement par
la ire et la 6° fille de Kiyomori. Il en subsiste 33 rouleaux tous décorés de motifs, au recto et an
verso, et jusqu’à la couverture. Le genre de ces dessins est celui que l’on appelle Tsoukouric <pii
généralement choisit ses sujets parmi ceux qui semblent les plus agréables : femmes en grande
toilette, rocailles de pierres précieuses, sables d’or et d’argent, pétales de lotus de toutes couleurs,
oiseaux fantastiques, animaux féeriques, nuages multiformes, cours d’eau serpentins. L’arrangemenl ,
dune belle et délicieuse poésie, appartient au goût purement japonais qui s’est révélé à celle
époque. Dans ces peintures décoratives, le mélange de caractères lliragana, comme dans I Ashidé-é,
est très usité.
Parmi les peintures célèbres de ce temps qui nous sont parvenues aujourd’hui, on cite en
\amato,aü Hokkéji, un tableau des trois saints Amida. Le caractère mixte de la peinture fait penser que
Histoire de l'Art du Japon.
PI. XXXII.
'S
SENJU KWANNON (Avalokitès’vara , sanscrit).
XIIe siècle (Tchyaumeiji-Omi).
I I )
<■ ost .une "uvre de valeur .lu commencement de cette époque. Le comte Inoouyé possède une effigie
lv,Mj.val<ou"lliya,|-"au. An Tôji, se trouvent des peintures des Douze-Tèn qui doivent appartenir
ail milieu de cette époque; au Daïgoji, l’image des Cinq grands vénérables.
Sbvdv.i N< li.ui, d un pimu au eneigique, a M. Moura-Aama-Ryouhéi; le Kokou-zau-bosatsou,
a M. l\ata-no-youliéi ; le Kouken-liosalsou du llôkiji, en Yamato, sont de belles oeuvres.
I.n 'i ainato, au . pie de Teliyo go Sonshi ji, est une peinture historique du Shiglii San,
. 1 1 1 1 1 1 > u < a Sojvaii loba, d une execution magistrale, lai fai, au temple de Kogavva, une peinture
1,11 "I1" - 1 1 " "" ‘O ' 1,1 ‘l'1 I o"ji"ara no Mitson-Xaga. Au Kon-san-ji, une peinture historique de la
l* 1 ^ 1 * ssllls ^ enlei, des démons, aux trois quarts effacés, mais ce .pii en reste est
,n xl< ’ faillie pail, au Slu-I en-\\ au-ji, au musée impérial, etc., sont conservés plus de ioo
paiim aux ih polies, livies sainN illustres, esquisses, qui, dus probablement au pinceau de nobles
. . . °" ,l,""cs ,ll‘ '•<* représentent des soi . -s de mœurs, îles personnages de toutes sortes,
des oiseaux, al dfs animaux.
CHAPITRE IV
Sculpture.
Lu sculpture religieuse <1<* la première partie «le cette période conserve les formules de la
période précédente. Elle ne s occupe que de copier, et même elle laisse péricliter la science du
métier. Lorsque I oujiwara no Mitchinaga lil construire le temple de Ilaujyau, le fameux artiste Dyau-
t e lm se revtda. Sur l’ordre de Mitchinaga, il forma un grand nombre d élèves, et la statuaire se releva
i >ri I la m i iiMii t . I )es milliers de statues lurent alors exécutées, à commencer par le Daï-nitchi de 32 pieds.
L ai t lit alors des progrès aussi rapides qu’extraordinaires. Djyau-tchô , répondant aux goûts
«I "élégance des nobles du temps, sculpta des Bouddhas dont l’expression, d’une idéalité intense, n’a
jamais été surpassée, ni dans le passé ni dans le présent.
\près que l)jvau-l< ho eut ainsi créé un mouvement artistique, son tils Kakou-jyo ouvrit un
atelier dans la avenue de Kvauto. Son élève Tchvau-céi en fonda aussi un dans la ‘3e avenue. Ils
donnèrent une vive impulsion à I art de la statuaire.
Les empereurs Sliirakawa, Horikawa, Toba, Soutokou, s'occupaient beaucoup des temples.
Outre les (i grands temples: I Tau jyauj i , Sonsliyauji, Yen-jvauji, Seijyauji, ils en bâtirent un grand
nombre. Lnsei, Taliyau-cn, Inkakou, Kèn-Yèn, kaujvau, Intchô les enrichirent de belles statues.
La sculpture, au temps de Foujiwara, présente trois périodes : la première est celle qui précède
Djyau-tchô. Alors beaucoup de prêtres, pour la plupart insuffisamment instruits du métier de statuaire,
lorit de la sculpture. Ils donnent aux visages une expression majestueuse et belle; mais les corps ne
sont pas bien modelés. Les proportions ne sont pas justes; les membres et les accessoires décoratifs
soûl iiél»’li<jY‘S.
O c?
Lors de la fondation du Ilaujyauji par Foujiwara no Mitchinaga, la statuaire reçut une
impulsion vigoureuse ; elle étudia les proportions avec un souci de réalisme, et perfectionna la taille
du bois et le coloris. Certains points particuliers observés par cet art révèlent les goûts des hommes
de ce temps, le corps plein et gras, le visage rond, les sourcils minces et allongés; les plis souples
<pn donnent un caractère de distinction. L est alors la deuxieme période. Mais dans la tioisieme, lis
œuvres, à force de rechercher la délicatesse, tombent dans la miexreiie. bouddhas, démons, démons
à formes d’animaux, ont tous l’air doux comme des enfants, gracieux comme de» femmes. On ne vise
qu’à la grâce et l'on va jusqu'à l’afféterie. D’un autre côté, au cours de cette période, on sul.it
l’influence de la dynastie chinoise des Soung. On imite le style chinois ; c’est ainsi que les ornements,
par exemple, deviennent singulièrement pompeux.
Les sculpteurs les plus renommés de la première partie de cette époque, presque Ions trois
bonzes, sont : En-sô, Kan-sei, Kau-shyau. En-sô travaillait vers l’époque Yen ryakou; Kan-sei en Owa
(961-964). Kau-shyau, sur l’ordre de l'empereur Itchi-jyau LYYI. qui régna de 9S7 à 101 1 , exéeula
beaucoup de statues. Dans la 2e partie de cette époque, le célèbre Djyaii-tcho fait son apparition II «-lait
fils de Kau-shyau. Dans le cours de sa vie, il lit un nombre considérable de statues pour lluujvniiji et
d’autres temples. La 2e année Djian 1022 , pour le récompenser d'avoir fait les statues du Maujyauji,
on l’éleva à la dignité de Haukyau pont de la loi . Ce fut la première fois qu'au moyeu âge une
dignité fut conférée à un artiste. Ses contemporains avaient pour ses œuvres une admiration
extraordinaire. On l’appelait «une incarnation de Shoumi ». Le Bouddha qu il lit pour Kouni I sonne
Açomi était, disait-on, le type définitif du Bouddha universel. Beudant longtemps, il fut donné
comme modèle aux sculpteurs.
Kakou-Jvo était fils de Djvau-tchô. Il continua de pratiquer, dans I atelier de la 7 avenue, I art
de son père et fut promu Haukyau. Son fils aine Raijyo; son second (ils Injyo: le (ils • I ♦ * Haijvo,
Kaujyo; et le tils de ce dernier, Kau-tchô: puis le lils aîné de Injyo, lukakou; s<m second lils Int. h..;
et le second lils de Inkakou, In-son, prospérèrent tous dans la statuaire jusqu aux dernière* amie*-*' . ! • *
cette période. D’autre part, Tehyau-sei, élève de Sei-tcho, qui fut nommé liau-in sceau de la loi et
passe pour l’ancêtre de l’atelier de la 3e avenue; son lils Ensei; le lils aîné de celui-là, Trhvou-En ; s<»n
2e lils Tchyau-èn; son 3e lils Kényen; le lils de Tchvau-èn, Tchyau-shiouu, se sueeéd* relit dans la
profession. Les bonzes Gon-kou et Myau-jyoun sont connus aussi comme sculpteurs bouddhique^ du
milieu à la fin de cette période.
MONUMENTS
Unis.
S h vau Kwaxxox. — Rikoutchyau. — Trndaïji.
Le corps est taillé, comme on dit communément, « Nata tsou kouri (à coups de serpe . Mais b*
visage, dune exécution particulièrement soignée, est d une grande beauté. La Kwannon aux onze
faces, 1 Amida, le Kitsou-shyô-ten, le Shi-Tènnau, qui sont dans b* même temple, ont tous une
expression forte et une exécution vigoureuse. Ce temple fut, dit-on, fondé par le Daïshi .likaknu.
toutes ces statues sont quelque peu postérieures à cette époque, et, peuvent être regard ées comme
de remarquables exemples de l’art de la irr période de Foujiwara.
II. XXXI. Amida. ^arnashiro. — Haukkaiji. — Bois, hauteur :
Lien qu érigé par llino Souke nari pendant les années Yeishyau iioj6-io53), et par conséquent
de la fin du milieu du temps des l oujiwara, il est de style appelé Djo Tchô, et on peut affirmer qu'il a
été exécuté dans les dernières années de Djyau-tchô. L’aspect est gras, et l’œuvre ne manque pas
de valeur. Le socle et la gloire sont intacts, et permettent de reconnaître le style de cette époque.
SinAKA XYORAI. tvyauto, Gèn-rinji, Dembau-dau. — Bois, hauteur : om,9o environ.
Malgré sa petitesse, l’aspect est gracieux, l’exécution des plus soignées. Les plis imitent
la realite dans le détail. L œuvre doit dater des années Jyauryakou iT 077-81) de l’empereur
Shirakawa (LXXII).
Histoire de l’Art du Japon.
PI. XXXIII.
PAGODE HAUWAU-DAU BYO-DAU-IN
XIe siècle (Yamashiro).
. .
'''• XXX"- - K'va""' *'•* «"as. _ Omi Tchyau meiji. _ Mois, hauteur : .,«,«7.
L t‘\< ‘eu I ion ,|(. lu face, dos liras ot des jambes est extrêmement délicate. Bien que l’expression
soit moins forte, on sent que le «'-ont dos rn„i*;woro _> c. , n . .
1 s oujiwara n est pas encore perdu. Cette œuvre doit
dater de la lin de la période qui nous occupe.
La socle, la gloire, le diadème sont tous postérieurs, mais le corps, ayant été longtemps
caché dans un tabernacle, paraît absolument neuf.
Il faut attribuer au commencement de cette époque les trois yakoushi du Shindau du
I laur) ouji, •! a la p( lioib médiane les trois Mida du Nimnaji, bien que restaurés ultérieurement.
Ij'' lM,mn <l" • lau\vau<lau, qui a subi aussi en beaucoup d’endroits des restaurations, a dû être
fait (*n même temps (pie le temple.
Ln Omi, le Yakoushi, (pii est installé dans le Saikyauji, reproduit, dit-on, une statue du
MCU\ Mauss ou ji. c/est une œuvre assez caractéristique. Au Yamashiroji, dans le Anrakou-jyou-in,
se trous (* un Ainida, qui a etc le patron favori du Jyau-wau-Toba , et dont le corps est bien
conserve. Ln ^amaslnm, au I laukon-gau-in , le patron, Amida colossal, a dû être fait lors de
la reconstruction du I ai-kèn-mon uni, sous Sou-Fokou I" 11 2l\-\\\i . C’est une œuvre assez
viiroureuse.
CHAPITRE V
Architecture.
L'arcliitceture «b* cette époque continue celle de lépoque précédente dont elle est le
développement complet. (Tétait le temps où llorissaient les sectes Tendaï et Shingon. Les
empereurs, fervents bouddhistes, fondaient des monastères ou abandonnaient au culte leurs
propres palais qu'ils décoraient avec magnificence. A la tin de cette période, ce luxe décoratif
était ext raordinaire.
L architecture «les temples de cette époque doit être examinée sous deux points de
vue différents :
i" L'un embrasse les vastes garàn à sept salles dont le style est absolument la continuation
de la période precedente. Le I laujvauji et le Haushyauji sont les plus grandioses de ce genre.
a" Les temples constitués par les palais donnés par les grands, dont la construction
est différente de celle des temples créés directement pour le culte, mêlent a 1 architecture
sacrée I architecture profane. A ce genre se rattachent le Hauwaudau d Oudji , le Aakoushi
dau de llino. le Gokou-rakou-in de Ohowara, le Nemboutsouji de Atagni. Cette architecture,
se cantonnant dans un moyen terme, n a jamais su atteindre un aspect fort et grandiose.
La décoration intérieure, à cette époque, lut somptueuse. Ordinairement, dans les sanctuaires,
on place des Shunxidcin , on les entoure de balustrades, et la plupart du temps on les incruste
de nacre. Sur le dan (autel est la statue, au-dessus de laquelle plane un dais, également
décoré de riches colorations et de nacre.
Le sanctuaire, presque toujours, est recouvert d un plafond a caissons. Le pourtour est
couvert de fermes apparentes peintes. Sur les chevrons et les cadres des caissons sont peints des
fleurons. Il y a aussi des peintures dans les intervalles, dans le fond des caissons et entre les
chevrons. Il y en a sur les lambrissages et parfois aussi sur les murs, comme dans le Yakliousi
dau de [ lino. Les colonnes sont pour la plupart peintes d «mages de Hosatsou ou do karakouca.
Les linteaux sont aussi décorés. Cependant, l’extérieur contraste par son extrême simplicité. Il
est généralement badigeonné de vermillon.
Quant aux formes, la proportion de l'ensemble est plutôt très basse. Si la toiture est à
pignons retraités, cette retraite est très accentuée. La pente du toit est plutôt laible: s«*n
courbes, qui n’ont pas de mouvements hardis, manifestent souvent un grand sentiment d eleganer
Les pièces de charpente ne sont pas énormes et toujours elles sont dépourvues de décoration,
sculptée ou peinte.
Architecture des palais. Le palais impérial a été souvent brûlé et reconstruit;
et chaque fois il semble que les règles aient subi des variantes.
L architecture des villas se montra l’égale de I architecture des palais. Los villas
servaient provisoirement de palais pendant les travaux (b* reconstruction du palais, «tu • ni pi mutait
aussi les demeures des nobles. Ce fut dans les âges suivants qu on en vint a bâtir <h*s ri >id« n< <•-
impériales d’une destination définitive.
Les villas les mieux disposées comme plan furent celles de Kan -in, I nmiii* >- kndji,
Tsoutchi- mikado. C’était, en réalité, un compromis entre le style des palais et celui «les
hôtels des nobles. Ces hôtels, à cette époque, sont «lu style dit ShimUn- Zjuukouri. La
principale construction s’appelait le Shinden. Elle comprenait sept travées >i'" <>u < iuq tr:i\<-<-s
(ionf. C’était le noyau central autour duquel convergeaient h*s chambres. \u-«les>us do
celles-ci régnaient des vérandas pourvues de balcons.
La face principale et les deux côtés comportaient des escaliers. Le toit, a quatre pentes,
était couvert d’écorces de h in o fi (chamecyparis ohtusa . Le nioya, novau rentrai, était paît . i — <
en beaucoup de pièces et servait au maître de la maison, qui s v tenait le plus souvent.
A partir du Shin-dèn, au Nord, à l’Ouest et à l'Est — (le Shin-dèn faisait face au Sud)
— étaient disposées des galeries conduisant aux batiments annexes «b* l'Est et de l'Ouest, qui
servaient de logis à la famille.
O
Des bâtiments de 1 Est et de 1 Ouest sortait une galerie vers b* Sud. \ I Est, apie> les
bâtiments, se trouvait le pavillon de la source, à l'Ouest lo pavillon «le la pèehe. L<* Shin-den
et ces deux pavillons, enveloppant le jardin du Sud, regardaient vers l 'étang. Sur la lare « Mm-t
s’ouvrait une porte à quatre piliers. Pour aller au Shin-dèn, il fallait passer par la galerie, entre
l’annexe de l’Ouest et le pavillon de la pèche.
I elle est, en résumé, la disposition la plus ordinaire «lu plan du Sliin-dèii-zjoiikoun.
Passons à la disposition intérieure du Shin-dèn.
La face extérieure du moyci et des chambres portait un lattis au long dmpnd, à l intérieur,
pendaient des rideaux. Au milieu de la pièce principale est placée l'eslradc à rideaux, llainpme,
à droite et a gauche, de nattes mobiles où se dresse un écran de trois pieds. LVstrade ù rideaux
sert de lit. Dans la journée, on se tient dans Volidntann , a côté dmpiel est placée une elagero
contenant tous les objets usuels.
II n’y a pas grand’chose à dire des Yasbiro ; il suffit de savoir qu'ils ne foui «pu* suivre
exactement le style de la période précédente.
MONUMENTS
PI. XXXIII. — Byô dau in. — Ilamvaudau. — Yamashiro.
En i planche représente le Ilauvvaudnu de Oudp, en Yamashiro. Le plan, très extraor¬
dinaire, consiste en un Mondau, des galeries d ailes et des derrières. Le llondau, ayant trois travées,
Histoire de l'Art du Japon.
PL XXXIV.
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esl ■ ■nlomv ,l ,m souhass . . à perrons. La galerie d’ailn, à deux étages, accompagne le llondau
" ‘ . . " Sli plinul , regarde en avant. A l’angle s’élève un haut pavillon. Le
clorrit-rt* esl simple et, se relie au llondau.
M**' <^S|H,S'* 'nn '“s* (l(,s plus étranges. Elle s’éloigne complètement de l’arrangement
dt s limi mi ii isi èi es, des Loura-Kouin, etc. La beauté de cet admirable monument
I 1 ' lM,llt 11 ,IN"11 j-'inais de su i passée. Son aspect n a certainement rien de pareil dans notre pays.
^ ^ 'l11,1*1' p'Uois intérieures du llondau sont décorées de délicates peintures. Les piliers,
b> pl.dnmL, Puis lis di'l.nls sont entièrement peints. Le dais, le shyoïimidan , etc., sont incrustés
de nacre.
Il si mblc <pie tout manifeste une élégance suprême. On ne peut contester que ce soit là le
clief-d’ccuv re des lienux-Arfs de l’époque. (IM. XXXIV.
< " U\ic est un beau modèle de I architecture du temps. Le plan est un octogone sur un
soubassement ,!«• pierre octogone. La grâce de ses proportions ne se rencontre pas dans beaucoup
il autres monuments. Mais ce qui attire particulièrement l’attention, c’est la forme des courbes de la
toiture, (.es combes n <• son t pas concaves comme à l’ordinaire, mais, au contraire, convexes. A la
^ia,1*'',lr de !•' sablière octogonale, il y a une inflexion, et la lmne devient concave. Cela est bien
7 o
dans le goût <le lleiau. La lorme du pinacle est étrange, et d une beauté rare.
ko-i oi'Kiu .il. — Ilukou \m (.I.iii . — .Vira. — Yamato.
I n dehors de res monuments, ceux qui sont aujourd’hui conservés, en totalité ou en partie,
s"iil a Viniashiro : au Daï goji, la pagode à cinq étages; à Oholiara, le Sangen-in ; à Ilino, le
llniikaiji; au .1 yaurouriji . le llondau, et à Ixvauto, le Rokoohara Mit souji, ainsi que le llondau de
Nemboiit-soiip de \lago. En àanialo, la pagm.le à trois étages du kôfoukouji. En Rikoutcbyou, le
Ixonjikidau et le Iwauznu du Telivou son ji.
Le koujiki dau du Telivou son ji, bien qu’il ne soit qu’un petit bâtiment de trois travées de
rùtr, était primitivement couvert de dorures à 1 intérieur et à l’extérieur. Les colonnes du sanctuaire
étaient dites bijoux Shippo . Le Shvoumidan, toutes les parties du sanctuaire, depuis la
balustrade, étaient complètement incrustés de nacre. Avec le llauwaudau, il constitue ce que 1 ar¬
chitecture du temps a fait de plus magnifique.
En résumé, les innovations de 1 architecture de ce temps sont : i le Shin-dèn zjoukouri
perfectionné: e la naissance d une architecture mixte combinant celle des palais et le Shin-dèn
zjoii-kouri ; > ' l'application du Shin-dèn aux temples bouddhistes ; \° l’emploi, dans la décoration
architecturale, de la nacre et de la laque.
CHAPITRE VI
Industries d’art.
Au temps des Foupwara, pour la première fois, le goût japonais domine la maison, le vête¬
ment et tous les objets mobiliers. E ornementation, surtout, rejette 1 alïetene chinoise et inaugure
un nouveau style décoratif, simple, original, beau, et d un caractère purement japonais.
L’ornementation intérieure des salles, les tentures, les écrans, les tapis, les courtines, les dais,
cabinets, étagères, accessoires de bibliothèques, en un mot tous les objets décoratifs, les cos¬
tumes de l’homme et de la femme, les équipages, tout est disposé à la convenance de la vie japonaise.
I 120
On atteint la perfection de l’ensemble par une recherche de simplicité. On vise à I harmonie des
formes, à la beauté des couleurs, à un usage sobre des motifs d’animaux ou «le plantes, et surtout
à un sentiment profond et à un idéal élevé.
Les arts font preuve d une grande habileté «le main sans tomber dans la mièvrerie. Le>
artisans de l’époque, obéissant à une grande élégance de sentiment, marquent huit ee qu'ils fout
d'un caractère de liberté et de spontanéité remarquable. Aussi arrive-t-il souvent que le Milgnire
considère les objets de ce temps comme entachés de rusticité et de maladresse. \u contraire, es¬
tâmes négligences voulues ne font que charnier 1 amateur sagace qui sa il juger avec largeur et qui à
l’expérience des collections. Celui-ci les estime pleines «b* raffinement, et d’un art 0 perfectionne
qu’on peut admettre sa supériorité comme éternelle.
METAUX
L’art métallurgique, comme tous les arts de cette époque, reçut, grue»* miiIoiiI a la nm-lrm
t ion du Haujyauji, une forte impulsion. Les vestiges qui en subsistent, les objets d’ormum-nt d.- m> i.d
du Hau-wau-dau et du Konjikidau sont d une belle forme, d une babib te d’onmim-ntnthm qui l«-s
met au-dessus de tout ce qui a été fait en d’autres temps.
A l'époque de ïahira, on aime la parure, et aussi les armes, dont la fabrication lail d> ■-
progrès. On arrive à une beauté, à une finesse, «le plus en plus remarquable-
Objets.
Ornements en oh du Konjikidau.
Tcliyousonji. — Hikoutslivou.
Le Tcliyousonji fut fondé la
en dedans et en dehors. Toute la
2e année Tènnin i iop par
charpente* apparent»4 «*tait
l'oujiwara no Kivobira. Il était
peilih* « * t lIliTUstee de naer»4 ; b*
d< >ré
tout
d une somptueuse beauté. On 1 appelle vulgairement la salle brillante. Les
décorent le Shumidan fig./jijsont particulièrement délicates. Les paons des
parties métalliques qui
panneaux ajourés sont
PI. XXXV
Istoire de l'Art du Japon.
3
ROULEAUX
d’écriture et de peintjre de la bible bouddhique
XTT* siècle (offert por la famille Tahir« a Temple d'Akitsoukou-i>hitna-Aki).
1
I
ym*.:*-;
I 2 I
ciselés en demi-relief,
filles constituent , tant
L<*s garnitures métalliques, aux bords
|>oiir les formes que pour les motifs,
supérieur et inférieur, sont repercées,
une 1res belle œuvre. La bibliothèque
voisine de < a * konjikidau a été bâtie à la même époque. Son Slmmidan est décoré d instruments
bouddhiques. (Lest aussi une œuvre extrêmement délicate flg. \‘X .
IM. WW Mon ri r. i s mi i u.i.iqi i s ms ma kimonos votii s 01 i i.irrs pais la iamille des Tahira. — Aki ltsou-
Koiisliim.t.
Los uni kimonos appartiennent à la lin de cette époque. Ils sont au nombre de 3o, tous d'une
monture differente W W -3 . Les bouts des axes imitent les uns, des formes de pierres précieuses,
a»
y.f
43.
_ Caisse a pieds pouh transporter les livres
canoniques (Ivarahitsou) en makive. K au ya san.
Kongau hauji.
les autres des formes de lauba a cinq étalés. <_
Karakouças, Je dragons, d'instruments bouddhiques, tout en repercé des plus soignés et des plus
I 2 2
beaux. Les boîtes contenant ces makimonos sont décorées de ferrures ciselées de dragons et de
nuages u
r-L
^ ■ /
Parmi les autres œuvres en métal de cette époque, on cite, au llasino jinjya, les garnitures
ciselées d’une ceinture de cuir, provenant de Iwvan ko. Elles ont été fabriquées vers 1rs années
Fig. \\. - JÎOITE A F Eli I)E BATON DE PÈLERIN, EX MAKIYÉ,
BEPRÉSEXTANT LE DRAGON DE K OF It I K A U A . Y.UlialO.
TahéuiadÉra.
'lenghi 90 1 -()•>) . Lu Icé, à la bibliothèque
île foyo mi yazaki, les garnitures d un sabre
offert au Daï jin gou par Foujhvara no Hidésato
son! du commencement de cette époque.
Le Tengaï du Ilamvamlau et les fer-
rures de diverses parties de la salle, les gar¬
nitures du Sliumidan du .Ivaumvauji en Kii,
sont absolument dans b* même genre qm> <•,.
qu'on voit au konjikidau. D’autre part, en
^ amato, à Shiukisan, dans le IVIrn» g<» >011-
shiji est conservé* un miroir décore de grues et
de fleurs; au kaeouga (injva, ou voit les dé'bris
d un casque décoré d ornomenls sculptés rester
dans le si vie des Ashidé*.
w
lauüi*:
A cet t a ‘ époque, I usage d objets peints
en laque d’or se répand de plus en plus. Sou**
l’empereur Daïgo LXI, a régné* de S9S à 9 do ,
pendant les années Ln-ghi, on impose une
contribution en laque à des localités produc¬
trices, en quinze provinces, dont le Mino, l«>
kaudjouhé, Ltclii-zen , etc. D'autre part, on
défend de déplacer en d'autres lieux !■*> ouvriers
en laque travaillant au Takoumi-rvau : et I on
encourage la fabrication des objets en laque.
A partir de cette époque, les progrès de celte
industrie redoublent, et l’exécution desOurou-
shié et Makivé atteint une très grande délica¬
tesse.
L'empereur kwazan L.W , qui se plai¬
sait à inspirer des idées à la peinture et à l’ar¬
chitecture, lit de ses mains des objets en makivé. Sur une écritoire il dessina la montagne lloraï, ainsi
que des monstres aux longs bras et aux longues jambes. On dit qu’il fit célébrer par des poètes les
merveilles de cet art. Sous ce même empereur, l’art des laques, se développant parallèlement au luxe
des grands, atteignit la perfection. On fit des fonds couverts entièrement de poudre d’or. Outre les
genres appelés Toghidashi et Jliramakiyé, on fit des applications de marqueterie d’or et de nacre.
On ne décora pas seulement ainsi les objets; on parvint à appliquer ces procédés aux colonnes,
boiseries, estrades et marches des salles des temples. Nous voyons aujourd’hui les dais < * I fl*
Sliumidan de 1 intérieur du Ilauwaudau décorés de laque noire ornementée de fleurons de nacre;
1 intérieur du Konjikidau, au Tshyou sonji, orné entièrement de motifs de nacre sur un fond
ressemblant a la peau des poires, et les colonnes peintes de sujets bouddhiques en maki/jé.
Histoire de l’Art du Japon.
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1 5%..:
HEIDJl-MONOG ATARI, MAKIMONO
v« ■>;
XIIIe siècle (appartenant au baron Yanosouké Iwasaki).
1
TISSUS
L«*s <l«*u\ emperemrs ( )uda <*t I )aïg< >
U \ cl L\ se préoccupèrent el augmenter
les industries textiles du pays. Les cos-
tllllies ollieieU fureill 1res <*I< *1^*;» ul s . Soil-
I ok< >u l"‘el ( insliirakaw a I" auieiièreut les
I i «_»’ . V3. Sur un fond de peau < I < * poire* es! dessiné eu makivé Sliyaka au milieu de fleurs
épammms, <1 iris el de pefils oiseaux voletant. Les fleurs et les oiseaux sont en grande partie en nacre.
Les pieds el le dessous du couvercle sont décorés de papillons, «I oiseaux et de fleurs de Chine. Les
planchettes intérieures des boîtes sont particulièrement soignées et incrustées de motifs, de fleurons
en bronze d or repercé, et ornées par endroits de nacre.
I ig. \\. Le dessin, venu au Irottis, <*sl en Impie noire* sur fond de peau de poire* T oi*Ti i < 1 a— S h i .
L'exécution esl parfaite. Cet objet eloil
dater de* la lin ele* cette époque.
Lu dehors eh* e*es objets, on < *e > 1 1
serve* mamlcnaul au palais impérial, au¬
trefois au llaurvouji, une boîte* <*n makivé
dont h* couvercle* e*st d encore* a I inteTie*ur
d une silhouette du mont Ibmrai. Au
palais égnlemumt , une e*aisse ele grande
forme Ixarahitsoii , incrustée* «le phénix, el
une* petite boite* à main febako ornée* ele*
ligures en makivé. Au Tainlaïji, une table*
iiu’rustée* «h* lle*urons en narre*. Tous <*<*s
obje*l s eedèbres «latent du milieu de <*etl«*
énoeiue*.
hommes <*l les b*mme*s d<* leur suite à
rivalise*!’ «le* magnilmemce* dans la toilette*.
L<*s tissus alors devinrent aussi variés
S I > h * I U I le 1 « * s .
Fig. i*>. — WM in. en Yamalo nishiki, a motifs en bijoux sacré;
Kvauto. — Ninnaii.
A «-elle «‘poepie*, e*n Icé, (hvari, Ktchiz«*ii et élans neuf autres provinces, on produisait du brocart
sa ns envers à «leux fae*es . Lu Iga, lc«'*, Owari, Mikawa et dans dix-sept autres provinces, on donnait
comme* tribut de l’A va. Les fabriques «le l'Oribé Tsoukaça produisaient du brocart à Kwamon, du
brocart Taïoun glièu, du brocart à j > e * t i t e * s Heurs à «h*u\ faces, du brocart à la coréenne, du brocart
à la chinoise, eh* LAya à lions, de* 1 Ava à monts lointains, de 1 Aya à faucons et à roseaux, et plus
de* i e > sortes d Aya et de brocarts.
Au moyen âge, au temps de* la splendeur des Foujiwara, la décoration de la personne
humaine* suscite toutes sortes de* combinaisons harmonieuses et charmantes. On cannetille eles fils
d'or «*t «Tardent, on oui j ploie* la nacre, la broderie. On pousse à l'infini la variété et la fantaisie. Dans
les JMonogatari faits à cette époque, on peut voir à chaque chapitre presque la moitié remplie de
descriptions ele costumes très détaillées. Même dans les dernières années, ce goût du luxe dans le
costunu* pre*nd un développement extraordinaire.
Objets.
Ce 1 1 au/ii
Shyau shin, Y fils
(diminutif du k( ‘ça, manteau religieux
de l’empereur San j vau LX\ II, de 101a
fig. 4 J a appartenu au prince du sang
à 1017). Le* tissage représente des motifs
- ï 2-j
de bijoux sacrés remplissant une sorte de lotus. Dans le tond, des katsouma s\ iiibnlnpic"
katsouma est un assemblage de kiné à trois pointes croisés verticalement « * I horizontalement
renferment les bijoux secrets de la secte
Shingon .
Le fond est indigo; b1" katsouma
sont jaune orangé*, les bijoux bleu clair
et violet clair, les pédales de lotus cl les
bijoux sont cernes d«* vert : les pétales
de lotus et les llaniines sont rouges.
L harmonie est d une extrême beauté*.
On remarque «pi** les bijoux, les
pétales et les Humilies sont tissés de lils
très lins, et leurs couleurs, qui semblent
se dégrader, constituent un tour de force
O
de tissage.
Ce Wnuhi lig. \ ) bis provient du
même prince. Se détachant sur le fond,
des motifs d émaux représentent le*,
sphères de la loi et des linr simples. Le**
couleurs sont jaunes, rouges, bleues,
vertes, jaune-orange, violettes, roses et
blanches. Bien que le tissu soit biche, b •-
motifs sont bien disposés et régulier.-.
Le Xinnaji contient en outre plu¬
sieurs morceaux d un petit sac a amu¬
lettes en brocart. \u l\aiiva< au -e tmu-
*
vent un bonnet sacré pour LAbhiseka et du brocart tendu sur un Tengaï. Au l'o ji de Iwauto,
plusieurs sortes de petits morceaux d’Aya nishiki. A Oasaka, du brocart ; a Itsoiikou-^hima, du
brocart qu’on dit avoir servi de langes à Antokou Ipr. Toutes ces étoiles, é gaiement de I époque
des I oupwara, sont lâches, mais d un dessin toujours élégant.
tig. 4 > bis. — Wauhi en Yamato nishiki, à dessins d'émaux.
Kyauto. — Xinnaji.
Histoire de 1 Art du Japon.
Grav. en couleurs, III
DJIZAU-BOSATSOU (Ksitegaribha, sanscrit).
XIIIe siècle (Musée impérial).
TROISIÈME PARTIE
LE 1 5 A K 0 U F 0 U I ) E K A Al A K 0 U R A
CHAPITRE PREMIER
Conditions de la société de ce temps par rapport aux Beaux-Arts.
Les Taliira étaient militaires. \ I école des Eoujiwara, ils apprirent l’orgueil. Leur arrogance
était au comble, < j 1 1 a 1 1 < I leur rêve de splendeur, «pii durait depuis vingt ans, fut soudain brisé par
l'arrivé»* dos Minamoto, <*t toute leur famille fut eilaeée comme un rocker que recouvre la mer.
Miiiamoto no Yori tomo prit alors le pouvoir et ouvrit les portes du Bakoufou à Kama-
koura, qui, «'•tant le co ur même tlu gouvernement, le laisse tomber aux mains des simples et mâles
militaires. La situation de l'empire se modifia dès lors. Les mœurs molles et délicates de la capitale
furent abandonnées peu a peu et cédèrent le pas à celles, sévères et rudes, des militaires. Depuis
le costume, la nourriture et l'habitation jusqu'à la littérature et aux Beaux-Arts, tout subit des
changements plus ou moins profonds. Entre I état de Kyauto et celui de Kamakoura, il y a la
différence de l'Ouest à l'Est. Entre les nobles de Kyauto et les militaires, un fossé se creuse. Deux
courants se font sentir dans les mœurs, l'un civil, l’autre militaire. Cette scission produit scs effets
dans les lettres, les arts et la religion. A partir de la période précédente, Kyauto, en proie au
pillage des bandits, aux exactions des moines violents, avait subi de terribles dévastations.
Cependant les koughès, suivant le char impérial, purent conserver leur ancien pouvoir. La puis¬
sance, en réalité, appartenant aux militaires, l’Empereur n’avait plus guère qu’un vain titre. Mais
il conservait la faculté de conférer l’anoblissement, les fonctions et les missions, et le prestige
de la maison impériale subsistait toujours.
Kyauto était, comme auparavant, la ville vers laquelle convergeaient les regards de tous les
peuples, et le centre de la culture des lettres et des arts. Gotoba Tènnau, à l’occasion de son
installation solennelle, lorsqu’il s’agit de la confection des costumes, des meubles et des objets du
pavillon de cérémonie, convoqua les artisans fameux en tous genres d’industries. Cet appel suffit
à prouver qu’ils étaient très nombreux. Les poètes célèbres se succèdent en grand nombre. L’éclat
de la poésie est plus brillant que pendant la période précédente. Une quantité de recueils parut,
par ordre impérial. Cependant les arts de Kyauto, au début de cette période, ne montrent guère
do différence et continuent simplement les traditions de lu période précédente. A col étal de
stabilité, il y avait une raison d’ordre social. A Ixvmito, l'impulsion venue du dehors était arrêtée
pour longtemps. A partir du début de cette péirode, comme il ne se produit pas de révolution
militaire, la vie est réglée : le cérémonial, les degrés de rang, sont établis: les ramilles nobles
se perpétuent de génération en génération. Les fonctionnaires ont des loisirs de plus en plus
abondants. Ils s’adonnent aux arts et au luxe, ne s'occupent que de plaisirs, et ainsi les «meurs
restent élégantes et raffinées.
Les mœurs militaires avaient leur centre à kamakoura. Là, les tendances sont tout antres.
Elles sont mâles et simples. Jusque-là, les militaires vivaient dans un certain isolement, restaient
indemnes des moeurs frivoles et amollies de la capitale. Leurs habitudes couples '“I 1 1 1 1 > t « ■ , di*d. li¬
gneuses des formes polies, contrastaient avec celles, cérémonieuses et fastueuses, d«-s nobles de
Kyauto. Lorsque Yoritomo institua le gouvernement militaire, il avait pénétre les delants de In
littérature futile et de la vie trop mondaine de la cour reflétant 1 extravagant faste des laliira. Il eut
soin de simplifier les conditions de la vie et d entretenir dans leur énergie les mœurs imlitmres.
Quand arrive la régence des Ilodjvau, on vise à la simplicité et à I austérité de plus en plus. <. • •>!
alors que triomphe ce qu’on appelle la morale militaire.
Les militaires, les officiers de la ville ne se paraient pas de vêtements splendides, n etudmoul
pas les manières fashionables de se faire les sourcils et de se noircir les dents. Ils consideiai' iil la
poésie et la musique comme d indignes passe-temps. Ils n aimaient que les sports violents
chasse avec les chiens, le tir à l’arc à cheval, le tir au chapeau, la lutte à main plate. Lailois, il>
rassemblaient des troupes et faisaient des manœuvres guerrières dans la plaine rie Xa^oinm ou ,m
pied du Fouji, pour s’entraîner aux exercices militaires.
Depuis le Bakoufou de Kamakoura, tous les artisans célèbres de toutes les pi *\im -
s’assemblèrent dans cette cité, qui devint prospère. Les marchands de tous les pays s \ Iranspoi
tèrent à l’envi, notamment ceux qui vendaient des ava et des brocarts. Ils apportèrent les pi < *< I u 1 1 s
d’au delà des mers. L importation fut importante, mais les arts n v étaient guère endives Qimnt
aux lettres, en dehors des bonzes, personne n v faisait attention. Ou composait encore des poe-ies
dans les classes supérieures des Boushi. Ces poésies, d une grande simplicité, d une Ir.im lii-e
d’inspiration qui contrastait avec le goût gracieux et précieux des koughès, jettent un joui -m
l’esprit de ces fameux Boushi. Tout d’abord, comme on peut le voir, les mœurs et les mut unies
de kyauto et de Kamakoura furent différentes. Mais, après les troubles des années Shyaukvu
1219-1222', un grand nombre de Boushi du kwauto vinrent s'établir à kvauto pour la garder.
L élégante et délicate population de la capitale subit leur influence, et devint peu à peu plus
virile et plus rude, et meme en vint à pratiquer les sports militaires de la chasse, de l'équitation
et du tir à l’arc.
Les Ilodjyô opprimaient la cour. Ce fut alors, dans la capitale, une recrudescence du chagrin
causé par l’abaissement de l’Empereur. Le maître des Youen Mongols , koublai k han, si* proposait
d ajouter notre conquête à celles qu’il avait faites en Europe et en Asie. Ce lut alors une période
de calamités. Les prêtres Shinto et bouddhistes, dont les excès pouvaient être difficilement refrénés,
se vantaient d’avoir obtenu la victoire par leurs prières dans la campagne contre 1rs Mongols. Leur
arrogance dépassait toute mesure. Les désordres augmentèrent. Le palais fut incendié. I ne sombre
lamine s abattit sur les provinces. Les populations, épuisées, se livrèrent au brigandage jusqu'aux
environs de la capitale. Cette opinion se propage que la décadence de la capitale, la périr1 de
son énergie sont l’œuvre des lettres. Aussi se développe le culte de la force, et c’est aux seuls
arts militaires que s adresse le respect de la nation. En présence de cette évidente instabilité des
choses d ici-bas, les idées religieuses se répandent et progressent, mais teintées de pessimisme.
Lest une conception pessimiste qui succède à l’optimisme de la période précédente. Et les arts
PI. XXXVII.
Histoire de l'Art du Japon.
PORTRAIT DU PRINCE SHYAU-TOKOU-TAISHI
XI IP siècle Ninnaji-Kvauto).
»
«
1
«lu milieu «le celte époque, pourtant robustes, ne sont pas indemnes de ce sentiment pessimiste.
A Kaniakoura, un mouvement inverse se produisit. Pour Shyau kyun on demanda un prince
M*l( 1 <HI 11,1 * 1 11 ha laveur lui acquise aux officiers versés dans la poésie japonaise,
la musique, la législation; en sorte (pie, peu à peu, les généraux du Kwanto s’intéressèrent aux
ails; et tandis que les nobles de la capitale leur empruntaient l’esprit viril, en retour les officiers
recevaient de I aristocratie* des goûts plus raffinés.
‘"b I ou \ eut entrer en de plus amples details, d faut dire que la vogue des moeurs
militaires se mollira plus précisément sous les Shikken, Ilodjyau, Tokiyori et Tokimouné. Les
< liaugemeiil s <lu goul, a Kaniakoura, ne lurent pas soudains. Mais on remarque que les modes se
bml plus cl égaillés a partir de Sada loki, successeur de son père Tokimouné. Son J ils Taka
loki étant idiot, le gouvernement lut confie a un regent, épris de faste et de somptuosité, grand
amateur île combats de chiens. L est a celle (qioque que les mœurs militaires cessèrent de régner
a kaniakoura. Le sentiment public s éloigna d elles. Le pouvoir revint à la Cour, et 1 on vit la
restauration de 1ère Keinmoii i >>j-i >>(>.
La première année kemmou i )>i , I empereur tiodaqo reprit en mains les rênes du pouvoir et
ramena sous les moines règles les ollieiers civils et militaires. Il lit exécuter beaucoup de travaux publics.
Bientôt, les Beaux-Arts qui avaient décliné, de même que les arts industriels, reprirent leur élan.
Mail. euroiisemonl , I empereur (lodaijo délaillit sous le poids de la tâche. Le Japon fut partagé
entre h*v deux cours du Nord et du Midi; et, pendant une cinquantaine d années, le désordre et
1rs troubles désolèrent le pays, ce dont pâtirent cruellement les arts qui, par hasard, commen¬
çaient à relleurir. La cour était divisée en cour du Nord et cour du Sud, l’administration se
relâchait. Les habitants de nos cotes, militaires ou marins, passaient en Corée ou en Chine à
titre privé et en rapportaient toutes sortes d objets. Le goût national, qui jusqu ici tendait à
reconquérir sa pureté, en lut (‘branle. Les Beaux-Arts, subissant l’influence affectée et pompeuse
venue des Souiili, tombèrent dans I afféterie et la mièvrerie.
l'en laul que Kvaulo «‘I Kaniakoura se disputaient l’hégémonie et la conquéraient alter¬
nat ivt'incnl , non saii" produire des répercussions sur I esprit public et sur les arts, la pensée
reli^ieii^e poursuivait >oii évolution. Ce sont surtout les sectes Zen, Jyaudo, Slunn, ïïokke et
Ji qui obtiennent b* plus d influence sur toutes les classes de la société.
La secte Zèn prêchait l’austérité personnelle. Les autres recommandaient la voie lacile du
salut obtenu par les mérites d’autrui. Quoi qu’il en soit, toutes, contrairement à l’enseignement
bouddhique précédent, se proposaient de propager une doctrine simple et intelligible pour le
peuple: peu soucieuses des questions doctrinales, elles semblaient limiter leur ambition à donner
la paix de I esprit.
Aussi toutes les sectes, se conformant au caractère de simplicité qui dominait en ce
temps, même dans les arts, arrivèrent à avoir une très grande influence.
l a secte de Zèn, notamment, introduisit dans l’architecture et les arts un sentiment nouveau.
L.*s bonzes de cette secte, qui allèrent en Soung, rapportèrent un genre de lavis remarquable
par ses qualités de fraîcheur, le Tchya no you, qui eut plus tard un rôle considérable dans
révolution du goût. On ne peut détacher de l'histoire de la secte le caractère des Beaux-Arts
à cette époque, simple, viril et mélancolique.
CHAPITRE II
Caractère et développement des Beaux-Arts à cette époque.
Dans la période précédente, pendant trois siècles environ, b*s Beaux-. Wt* avaient i • t « •
favorisés par l’aristocratie de la capitale, éprise d’élégance et de luxe. Pendant Inut siècles environ,
jusqu’à ce jour, leur éclat persista; si bien que les âges successifs, les y*n\ lix»'-s sur eux,
les ont pris pour modèles. Dans l’époque qui nous occupe, acceptant la < < >n des d< \ m i- i>,
les arts, en général, imitent ce qui se faisait précédemment et ne montrent gm-n d innovât ions.
Nobou Zané, Yoslii mitsou, Taka kaglié, dans leurs makiinom», les b<*iidJlnqim>
des écoles de Kaçouga et de Takouina, tous adoptent le vieux style de I epnqm j *i «' t * «Dut* . , |
même leurs plus belles œuvres procèdent de lui. Cependant, au milieu d» ^ nu >d île il i< >ii" de I . t.it
de l’Empire et des idées de la société, apportées à la fois par l'instauration du pouvoir des
familles militaires et par l’influence étrangère de la culture des Soung, b > .uts m . . . .
pas demeurer absolument stationnaires.
Un certain mouvement se produisit : Taliira no Kiyomori inaugura D» 1 1 ans. h t e >1 . . \ . «
les Soung. 11 creusa le port de Ilvaugo et reçut les Chinois dans sa villa de 1 oukom\ ar.i. Dis
lors, dans tous les ports du Tçhimizai, leurs bateaux et les noires eurent îles relations V - I ». *nz» s
firent en Chine des voyages d études. Leurs bonzes vinrent chez nous ^.ui> dir ont inm i
La cour des Soung, réunissant sous ses lois les populations du Sud et •lu Nord p- admit
3‘20 ans, en dépit de difficultés et de révolutions fréquentes, s 'établit en n'.igLs.int . onfn I 1
décadence extrême de la précédente dynastie. Elle dut, a cau>e des continuelles inva-m ’n-> d- -
Mongols, développer les forces militaires. Ln sentiment d inquiétude s'étendait >111 le | .. • \ -
Cependant, dans l’influence qui pèse sur nos arts au cours de cette période, on ne
distingue rien qui rappelle les circonstances dans lesquelles se trouvaient h > Soun- < > 1 1 V se lit
plutôt ce qui s’accordait avec le goût japonais de ce temps, le genre des peintures bouddhepe >
chinoises, lines et minutieuses. Les disciples des maîtres peintres bouddhistes atteignirent une
manière magnifique, non sans une tendance au réalisme.
Les bonzes continuèrent à entretenir des relations avec les Sonne. Ouaml îles dilliciilto
survinrent entre les cours du Nord et du Sud, les relations persistèrent, surtout avec la secte de
Z en, qui caractérise l’époque des Soung. La littérature de cette dynastie, le goût simple et sans
vulgarité quelle montre s’introduisirent chez nous, et nos beaux arts en effectuèrent une grande
évolution.
D’autre part, les mœurs simples et franches des Boushi se substituant peu à peu, dans le
Japon, aux mœurs artificielles et efféminées de la période précédente, les arts prirent une vie
nouvelle. Le pinceau devint mâle, le ciseau sobre et grave. Mais, tout caractère étant expose a
tomber dans un excès, celui des Boushi, de la primitive austérité, dégénéra en brutalité.
A partir de Shikhèn Hodjyau, les militaires se plièrent à des habitudes plus polies (fl.
plus fines. Le goût de la subtilité et de la complexité se montra, et. les arts perdirent beaucoup
de leur grâce et de leur distinction.
D’un autre côté, on remarque que tous les arts industriels, à commencer par la sculpture,
montrent des conceptions originales. Même s’ils ne peuvent réaliser leur idéal nouveau, du moins
Histoire de l’Art du Japon
Grav. en couleurs, IV
MAK1MONO DES MIRACLES DE KAÇOUGA GONGHEN KENKI
XIVe siècle (Palais impérial).
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ils manifestent une grande perfection de métier. Les maîtres bouddhistes Kwaikei, Ounkéi et
aulrcs produisirent alors des sculptures qui sont demeurées longtemps des modèles d’art bouddhique.
Les œuvres de la famille des armuriers Miyau tchinn, par exemple, sont d’une délicatesse qui
n a pas été égalée dans les âges suivants.
CHAPITRE III
Peinture.
A celle époque, le gouvernement étant un despotisme militaire fermé aux sciences et peu
familier avec les lettres, les sources de la pensée se tarissent. Au milieu de cette période, les
arts soûl incapables de créer un style original. Ils ne font que copier servilement les œuvres
précédentes.
La peinture, vers I os dernières années des Foujiwara, avait montré une tendance au
réalisme. Les personnages, les animaux étaient reproduits avec une exactitude minutieuse. On
cherchai! le mouvement et la vie. La peinture se préoccupait surtout de réjouir l’œil. La peinture
bouddhique se laissait influencer par l introduction des peintures alambiquées et fignolées de
l'école des Soung méridionaux, qu’elle imitait fidèlement. Or, les plus nombreuses œuvres de ce
temps sont I os peintures bouddhiques. Puis viennent les Makiinonos présentant, sous forme
picturale, d<is romans fictifs ou historiques, des chroniques de temples, des récits de miracles,
des vies de bonzes célèbres, etc.
Li • genre des Makiinonos lit de grands progrès. Le stvle s’en modifia, et la composition
se montra facile. A cette époque se montrent cinq écoles : kocé. Fakouma, kaçouga et Toça, plus
une cinquième qui surgit à la lin de cette période, le Soghen bokou gwa lavis à la mode) des Soung.
Les plus florissantes sont alors Toça et Takouma. L'école de Kaçouga maintient à peine ses
principes et se laisse fortement influencer par l’école de Toça. Ces deux écoles arrivent à se
fondre en une sorte de stvle éclectique, en sorte qu’aux dernières années de la période, il
devient impossible d'établir une démarcation nette.
Lu dehors de cette classification, on voit un assez grand nombre d’élèves des maîtres
imagiers, qui mélangent les procédés de deux ou trois écoles et se vouent surtout à la peinture
bouddhique. Quelques-uns d’entre eux parviennent à la maîtrise. L’école de kocé transmet le
vieux stvle chinois. Son art serein ne varie pas la ligne par l’introduction de pleins et de
déliés, bile produit principalement des images bouddhiques. Cependant, le style de Fakouma
prospérait, s’adaptait aux goûts du temps, et beaucoup de peintres 1 étudiaient. Il lui arrivait
ainsi des éléments inférieurs. Mais les maîtres de la vraie tradition, pour la composition comme
pour la touche, conservent la marque d’élégance artistique que la décadence de Fakouma ne
peut atteindre.
Les peintres les plus célèbres de l’école de kocé, à cette époque, sont Ari iyé, Ari liiça,
Youkitada. Ari hiça a peint surtout des images bouddhiques au Fo ji et dans d’autres temples.
Tada hiça, appelé llida no kami, appartenant au temps où l’Empire était divisé en cours, quitta
l’école kocé pour créer un style personnel. O11 lui attribue le célèbre Makimono , de la guerre
postérieure de trois ans. Youki tada, qui est aussi de l’époque de la sécession, excellait dans les
dessins bouddhiques et dans l'art profane.
17
I JO
L’école de Takouma, à cette époque, produisit quantité de peintures bouddhiques. Celte
école, à partir de Taménari, modifie peu à peu son style; et, vers le milieu de l'époque actuelle,
c’est-à-dire au temps de Eiga, elle étudie principalement l'art énergique et brillant des Soung
et délaisse complètement ses anciens principes. Les peintres célèbres de cette école a cette époque
sont Shyauga, Diyauninn, à eiga, llyo-son
Shyauga, qui appartient au commencement de kamakoura, peignit beaucoup d images
bouddhiques. 11 semble marquer l’apogée de l’école. A la période Liga, on le \oil imiter les
Chinois. Il a peint alors un grand nombre de portraits de lîakan. Il semble que la peinture
chinoise, à ce moment, va fournir chez nous une nouvelle carrière.
Les écoles de Toça et kaçouga ont un style purement japonais, foutes deux ^c servent
du pinceau obliquement; mais l école de toça use d’un trait large, terme et sur, tandis que
l’école de Kaçouga montre un trait fin, léger (à souple. A I époque pré-sente, les deux écoles se
mêlent, et enfin nait un style commun, impossible à différencier. L école de loçn produit des
maîtres célèbres qui se suivent de près. Chacun se livre à des recherches nouvelles; <1 ou
beaucoup de variété. Les maîtres de cette école, sans abandonner le style élégant et noble qui
s’était manifesté au temps de Foujiwara, tendent à un idéal de plus en plus japonais, la--,
maîtres les plus célèbres sont Nobou-zané, Keininn , kouui-taka, 't ouki-naga , osliimilsou,
Mitsouhidé, Mitsou-aki, Aen-i, Gau-shinn, Youki-mitsou. On compte aussi Nagataka, I a k ; • k . • 1 1 *
qui vient primitivement de l’école kaçouga.
Foujiwara no Nobouzané, fils de Takanobe, fut du f rang et Sakyau < ioimo-lax >>\\. < *->t
un habile peintre, dont le pinceau est plein de vigueur, et dont les portraits surtout sont
renommés. Il était aussi très estimé de ses contemporains pour ses poésies japonaises.
Kèininn, dont le nom semble avoir été par erreur changé- en ken ou, devait être employé
au sanctuaire de Soumi-ryoshi, en Settsou. On a de lui un makimono de I I ngwakvan sigm
kei ninm, le Souké Hau-kyau (sous-pont de la loi . On lui attribue aussi b* célèbre makimono
du Ileiké monogatari, remarquable par sa composition vivante et son exécution vigoureuse
Foujiwara no Yoshimitsou, surnommé Toça, vivait sous Go Foushimi \CIII, i >ss i
A i3oi-M i33G . II peignit une vie illustrée des saints docteurs. \ ers les années SlioWa
( 1 3 1 s- 1 3 1 7 , il peignit les Sages chinois sur des slivauji du pavillon du Sud. Il pass*» pour un
artiste de talent.
Foujiwara no Mitsou hidé, fils de Yoshi-mif sou, avait un st\le d’une grande pureté. Il
avait le titre de Haughèn œil de la loi . Fendant les années Slioan impj-i >on , il peignit, dit on,
un volume de vies illustrées des saints.
Foujiwara no Nagataka, comme ceux qui mélangèrent le style toça et kaçouga,
montre un pinceau d’une grande finesse. Il reste de lui plusieurs œuvres : illustration de
Soumi-yoshi- monogatari , makimono de l’invasion mongole, etc. On possède aussi ses éludes de
plantes, de fleurs, d oiseaux, d animaux, qui décèlent un artiste très expert au croquis d apres
nature.
Takashina fakakané vivait à l’époque Yenkeiy (i3o8-i3ii). Il avait le j1 rang cl lut
chef de 1 Edekoro. G était un des meilleurs artistes de son temps. Il s’adonna au dessin d’après
nature, dans lequel il déploie une intense faculté d’observation. Il manifeste aussi une grande
ingéniosité de composition. Ainsi, dans ses makimonos, il sait varier I arrangement «le chaque
scène avec une invention inépuisable. On ne peut lui opposer un rival, parmi ses contemporains,
pour la magnificence du coloris. 11 est 1 auteur du plus estime des makimonos «b* kaçouga gongèn-
JL n r> n
Kenki. foujiwara no lakasouke, fils de Nagataka, étudia la manière de son père sans montrer
grande originalité.
L école du lavis Soung Youen naquit a cette époque de la sécession. Elle a été surtout
Histoire de l’Art du Japon.
PI. XXXVIII.
MAKIMONO DES MIRACLES DE KACOUGA GONGHEN KENKI
>
XIVe siècle (Palais impérial).
propagée par las prêtres de la secte Zen < jui avaient fait le voyage de Chine. Elle étudie surtout
le lavis des artistes de la dynastie des Soung, tels que Mayüan (Baèn), Itsya-kuei (Kakei), Liang
ch iai (Riau kai), Mouh Kouéi (Mokou kei), Yiichien (Ghyokou kan).
Pendant les années kwan, ghèn (1243-1247), Taoloung Dauryou-zèn-chi était venu des
Soung faire un voyage an .lapon. Les naturalisés Mougakouzèn-shi (W ou ksiièn), pendant les
années Koan (1278-1288), venu des Soung, et Seikan Nei-itchyan (Hsi-nêng-i-shan), venu de
^ouen pendant les années Shyau-an (1299-1302), faisaient, comme Taoloung, de la peinture. C’est
peut-être eux qui fondèrent cette école.
Les maîtres de cette époque, kao, Mokouwan, Myô-Takou, prêtres, cherchent dans le
dessin un délassement de leurs devoirs religieux. Kao, prêtre fameux, alla en Chine chercher la
loi cl en même temps étudia le lavis. On peut le considérer comme le fondateur de ce genre,
qui produisit les lavis des Kwammon ou des Kauzan-Tokou, dont un grand nombre nous reste,
montrant un caractère complètement zèn et se faisant remarquer par la souplesse du doigté dans
le maniement du pinceau. Mokouwan lit aussi un séjour en Chine et en revint après avoir appris
Part de peindre. Il imite surtout le style de Rokkei. Myô-Takou, qui a peint beaucoup de
Pondaus, demeurait au Tenryouji.
MONUMENTS
IM. \\\\ I . — lli in.u monogat un , îiiakiiiionu. — Au baron Yanosouké, I wasaki.
Le monogatari retrace la révolte de Poujiwara-no-nobou Yori et Minamoto-no Yoshi Tomo
sous l’empereur Nidjyau (LXXYIII pendant les années lleidji 1 159-1 160 . Il doit être du pinceau de
Soumi 'loslii Keininn. La composition est bien vivante, la touche ferme, le sentiment de quelqu’un
< 1 11 i a assisté aux troubles qu'il peint. Le dessin que nous reproduisons illustre l’épisode de la
décollation du Shin Saï-nyou-dau.
(irav. <mi couleurs. lll. — l>Jl/At BOSATSOl’
Musée impérial
l)e I école de Kocé. Composition correcte. Coloris distingué. Les motifs des vêtements sont
ornés de fines applications d’or.
IM. WM II. — Skvai tokoi Taïsiii. — Kvauto. — Ninnaji.
Rien que cette peinture ail toujours été attribuée à l’école de koçé, le trait hardi, les draperies
et I éclat des motifs colorés obligent à y reconnaître le pinceau de 1 école de Takouma.
Makimono di s miraci.i.s dk Kaioica Gonghkx (Palais impérial).
Ce makimono, qui comprend 20 rouleaux en tout, illustre tous les prodiges obtenus par l’in¬
tervention du Kaçouga Gonghèn. Il est l’œuvre de Takashina Taka kané, chef de l’Edokoro du temps,
et reproduit en détail d'après nature tous les documents du temps, depuis la demeure des nobles
jusqu’aux meubles et aux plus infimes ustensiles. Les aspects de la ville et de la campagne, les
mœurs, tout y est dépeint fidèlement. Il y faut admirer la maîtrise du pinceau, le charme de la
couleur et la fertilité d’invention dans la composition. On peut dire que c’est le plus beau des
makimonos. Nous reproduisons par estampe en couleurs (grav. 4) l’épisode où Kaçouga miyojinn
apparaît en songe à Sai-Gou no nyogho. D'autre part, la photogravure montre une scène prise à
kyauto après un incendie pl. XXXVIII).
Il reste, en outre, bon nombre de peintures remarquables de ce temps. Un Yeigwa monogatari
makimono, attribué à Foujiwara-no Nobouzané, doit appartenir à la fin de la période précédente ou
au commencement de celle-ci. La composition est élégante, le métier supérieur.
On attribue aussi à Nobouzané un Eshizaushi album d'artiste, au palais impérial. I ne pein¬
ture bouddhique du Mandara de Tahéma, un makimono des archives de l'ondo-i.yakou doivent être
de la main de Keininn. Les vies illustrées de llaunén-Shvau-ninn, de Thion-in, doivent être de Tocn
Yoshi-mitsou et de plusieurs autres. Quarante-huit makimonos sur la vie illustrée de I laiinen-shvaii-
ninn à Tahéma déra sont tous de Toça Yoshi mitsou. Leur art est remarquable. Un peut attribuer a
Takashina Takakané et à deux autres artistes des dessins conservés aux an imes.
Un makimono du Soumi Yoshi-monogatari et un autre de 1 invasion mongole son! attribués
à Toca Nao*ataka. La vie illustrée du Dau-tchyau de Bokou-djvô Shyauninn-ippen • de II uighèn
Yeni ; celle du Shvjyau-dau Tehyau-ippen-jyaiininn est de I oea-\ oukimilsou.
Un makimono des archives de kita-no-ten-jinn, dont on ignore I auteur, doit appartenir » la
fm de cette époque. La composition est magistrale, et le pinceau d une admirable sûreté-, I n \umi,
au temple de Raikauji est conservé un dessin des Dix mondes dont on ne mimait p.e> • \a- !• am nt
l’auteur, mais dont on estime la composition. Les cycles de I enfer sont d une rare puissance
d’évocation.
M. U oudjita Shika tarau possède un dessin de 1 arrivée des •> > Rosatsou. d un pim . au Ir- s
sûr. Le dessin du Ichi jikonrinn, au baron kouki.est d un pinceau rigide.
Le comte Inooué possède une image de Fondau «pion attribue à l'oça Nagalak.i. I lh- était
destinée à demander au ciel l’expulsion des Mongols, « * t Ion vaut»* la virilité de "mi exécution. Vu
Gokokouji, à Tokvau, une image de Ai-zouiné-myau\vau : en laiitauinLà l)ai fou l\ ♦ u i j i , me ima-. d- -'
Foughèn jyou-rasetsou-nyo; enfin une peinture du Uourikwau \ akoushi • *t des Douze >hiush\ au
sont toutes des œuvres célèbres.
CHAPITRE IV
Sculpture.
Les statues bouddhiques de ce temps, qui perpétuent la grandeur de I époque d<-s I àmpw ara.
attestent un déclin du sentiment artistique, mais aussi un progrès de l'exécution materielle. Le st\le
se modifie complètement. De rondelet et gras, il devient nerveux et énergique. Un pari des procèdes
du bois assemblé que le maître imagier Djya-tclio avait déjà établis, et I on v ajoute un nouveau
sentiment réaliste d’étude de la nature; enlin, ou institue des règles détaillées pour la statuaire
bouddhique.
I elle lut 1 œuvre de Kwaikei et Ounkei. Ces deux artistes sont vraiment ceux qui représentent
leur temps. Les préceptes de leur art constituaient à leurs veux un trésor dont ils étaient volontiers
jaloux, une sorte de livre d’or. Ils sont gardés secrets dans les familles d artistes qui \ adhérèrent
obstinément sans y rien changer, et tels quels ont été transmis jusqu à nous.
II semble que les œuvres de la première partie de cette période, celles de Kwaikei, entre autres,
n ont pas seulement suivi le goût de la période précédente; mais encore une sculpture mâle et hardie
se lève. Le ciseau devient plus aigu et plus profond. Ainsi les draperies deviennent plus simplifiées,
les visages et les attitudes plus étudiés, l’anatomie solide. Tous ces changements sont dus à l'élude
serrée de la nature, au goût du réalisme.
On recherche les colorations brillantes, et l’on décore à l’aide de couleurs en relief ou d or
appliqué. Certaines statues ont ainsi un effet éblouissant de magnificence. Mais quand elle arrive à
la dernière partie de cette période, la sculpture perd de son caractère vigoureux, et va vers la
décadence.
Histoire de l’Art du Japon.
PI. XXXIX
NI WA U (Brama et Indra, sanscrit).
Fin du XIIe siècle (Nara-Todaiji).
Ionien conseivanl la sérénité dn style de Djyau-tchû, en le surchargeant d’ornements traités
a\ec une grande délicatesse de rnetier, I école tend à la magnificence un peu lourde, et s’éloigne de
h* l|,,(lilion d ausl.crilr et il énergie. hile se plaît à décorer les gloires, les socles, les dais, les
p<“( loraiix soil pai I incrustation de pierreries, soit par la ciselure, soit par le reperçage.
Les corps de\ iennenl ramasses et trapus; les draperies s’allongent, débordant parfois le
socle, Les deux caracleres son I dus a I influence chinoise Soung et Youen , et n’existaient pas à
I epoipic precedenle. Les slatues de ce temps sont pour la plupart en bois. Celles des bonzes sont
assez nombreuses. Ainsi le Roshyana boutsou de bronze d’or, de èo pieds i5 mètres de haut, élevé
la i' annir kèn-tcliyau l'xvx a I* oukakouça-no-sato, en Sagami, est une bonne œuvre de Ono-
goroouye mon, de la province de hadzouça. bile existe encore au jourd hui.
Chiant a la laque sèche, elle est presque abandonnée, et les artisans en statues de terre
peuvent à peine gagner leur vie.
Le plus célèbre sculpteur de ce temps est le llauin Ounkei.
Ounkei, suriiomme Bilsehvou llauin, était (ils du llaughèn Kaikei. Avant lui vivait le llaughèn
Iwvaikei, en religion Ananii. C était un élève de kaukéi. Il passe, avec Renkei, pour le plus
remarquable des maîtres imagiers de son temps. .Après Ounkei vient son élève le lïaukyau Djyau
lei kakou, son lils le llauin laukei, l’élève de celui-ci, le bonze K au oun, le fils de Kau oun, le llauin
Lan yen. Tous perpétuent cette famille d artistes.
Le llaughèn kauhen et le bonze kau-shyoun sont connus sous le nom de Tchyou-boutsou-shyo ;
le llaughèn kau-shyau, le llauin kau-yo, le llaughèn kau son, le llauin kau-you, le bonze Kauyei,
constituent batelier de l’Ouest. Le üaughèn kau-vou est le maître de batelier de l’Est. Tous réunis
forment l’école de la y’’ avenue de kyauto. Comme ils étaient à l’Ouest et à l’Est, c’est de là sans
doute que provient leur désignation.
( hi reconnaît encore batelier de la L'avenue avec le Ifo-kvau Djyau-yèn et le llaughèn Sèn-yèn.
Lutin, on mnimie : le llaughèn I n kau ; le llauin ïndjin; le llauin Inbau; le llauin Inken; le llauin
I u k ci : h- llaughèn Innso; le llauin Inn-schinn; le bonze Inn-jvau; le llauin Inn-tchyou; le llaughèn
I n — \ < » 1 1 : h- 1 1 ; m i glu * ii Ounga ; h* I lauin-oun-shyo ; le bonze Shvoun-kei; le Hau-kyau Iwvai-kèn, le
bonze Ei-yèn.
kau-kei, pendant les années Boundji (i i85-i 190', exécuta la Foukou-ken-sakou kwammon, les
quatre lènuau, les patriarches du Xau-ven-dau du kô-foukou-ji. La 8'1 année kenkyou 1197 il fit,
au Tô-daï-ji, parmi les quatre Tènnau, Zau-tchyau Ten-vvau.
Iwvaikei, la L‘ année kènninn iao3 , lit avec Oumkéi lesXivvau de la grande porte sud du Tô-
daï-ji. La (L année kenkvou 1 19A , dans le même temple, le Tamou-ten. La 8° année Kenkyou (1197 ,
le Iwvau-mokou-tèn par les quatre Tènnau. Au même temple, avec Djyau-kakou, une lwvamnou.
Le Shvaka, patron du kauzauji, ainsi que le patron de la pagode à i3 étages, Alirokou Bosatsou.
On cite encore comme étant de Iwvaikei un grand nombre de statues.
Ounkei, avec Iwvaikei, a fait les deux Maharadjahs du grand portail du Tô-daï-ji; le 8e mois de
la 8e année kènkvou 1197), parmi les quatre Tènnau du même temple, Djikokou-ten; d’autre part,
le Roshyana Boutsou du kauzaugi, et, parmi les quatre Tènnau du même temple, Ta-mouten; au
Toji, des deux Tènwau, Mitsoushya kougau; au Rhèn-ghé-wau-in, le saint du milieu, ainsi que les
Bouddhas des vingt-huit directions.
Par suite des incendies, il ne subsiste plus que de rares morceaux. Mais ce qui reste, d un
caractère vig’oureux et puissant, su I lit a révéler en lui un artiste eminenl.
Djyaukakou, la (i° année Ken kyou (1 uj5), lit le Djikokou-ten des deux Ten du Tô-daï-ji; la
8‘‘ année (i 197), dans le même temple, des quatre lennau il ht lamou ten; avec Iwvaikei, dans le
même temple, il lit le lwvamnou de 7nb ^0. (-iliaque artiste se charg’ea dune des deux moitiés qui
furent ensuite réunies.
Tau-kei est l’auteur, au Tô-ji de Nara, d’un des deux Ter, , au leur,, le. du /.uu-lrlnnu-
tèn; au Kauzauji, du Kongau-rikishi, du lion-ton, du Tai-shva-kou-len, du luslrvanun, le,,, e.
encore, à Kou va san, dans le Hen-shvau-in, des ti ois patrons Ami I.
Kau-ouna l'ait, au kauzauji, Kwau-mokou-ten mu des quatre Maharadjas). Kau-yau, auHaukon-
•• i u Ta .nutôo u iMiioini 1 1» i i i le fiTand maître imagier de Kaçouga, Kauben, a
gauji, le Emma wau. La 3e annee txemgiau w im,
fait le Ten-tau-ki et le Hvou-tôki du Kôloukiji.
Kaushyau, au Kyau-wau-gokokouji, a fait le Dji-kokou-ten de la porte rentrai..; et la r arrr.ee
Djyôyéi, le 8" mois, ont été fondus sur ses modèles les trois patrons Amela du koudou 1 1 ; . u r \ • n j r
La légende de la gloire est ainsi libellée : « Djyôyéi, 8* mois, le grand maître en B . Idhas Hokyau
O O
Kaushyau. Fondeur: Tahira no Kouni houmi ».
MONUMENTS
PL XXXIX. — XnvAü. — Nara. — Tô-daïji.
Ces Ni wau sont placés à la porte des temples pour la présentation «h* la doctrine. C. lui
de gauche s’appelle Mitsushia; celui de droite Nara En Ken Go. Ges statues ont • !<• lait. -s m < * » 1 1 . • -
boration par Ounkéi et Kwaikei pendant les années Kenkyon (1190-1199), et placées devant le
grand portail sud du Tô-daï-ji. De tous les Niwau, ce sont les plus colossaux Ils soûl h. oit- T s 1 1
Leurs visages imposants et le modelé énergique de leurs corps forment une bonne harmonie ll> s.mt
d’une sculpture puissante, qui possède bien la nature. La perfection de I anatomi» et du m< »u\ . nu ni
leur donne une vie dont l’intensité fut rarement égalée. C'est le triomphe d<* Ounkéi. S«.n I »im ^
vraiment était créé pour tailler ces images d expression terrifiante.
PL XL [i]. — Monjyou bosatsou. — Nara. — Kofoukouji.
Ce Monjyou bosatsou, avec le portrait de Ima, est en bois peint. Ces deux statuer ds-urs. ""ni
placées dans le kondan de Kofoukouji. Le Monjyou bosatsou mesure on',q > «le hauteur. Il **w| d un
travail vigoureux et d’une belle expression. Le style en est harmonieux. Ce n’est p.i< là I <eu\r* d un
artiste ordinaire, car elle exprime avec une grande force toutes le^ qualités de Monjvou. Elle a du
sortir des mains d’un artiste illustre, du temps de l’école de Kwai-kei et Ounkéi.
PL XL [2]. — Vuima. — Xara. — Kofoukouji.
Ce portrait se trouve, avec le Monjyou précédent, dans le kondau de Lest du Kofoukouji.
C’est un bois sculpté haut de om,ç)o. Le personnage est assis. Le corps, la draperie, et jusqu'aux
ornements du socle, tout est inspiré directement de l’étude de la nature. La proportion c^t heureuse,
et le caractère dune grande noblesse. Il semble que cette œuvre ait quelque ressemblance avec un
dessin de Li Loun^ min. On ne peut donc nier que la sculpture bouddhique ait subi l 'influence des
Soung. L exécution et la beauté de cette statue prouvent qu elle est I œuvre d un niait re de I ecole île
Ounkéi.
Pt. XLl. — Kwamnon aux onze faces. — Kyauto. — Hôkongau-in.
Cette statue, placée dans le Hôkongau-in de l’arrondissement de Kadono, à Kyauto, est en bois,
haute de om,66. Elle est d’une forme respirant la sérénité. Le vêtement est couvert de motifs peints en
relief. La gloire est décorée d argent repercé. Sur le socle, en lotus, retombent une infinité (h*
pendeloques précieuses. Cette œuvre, d’une admirable beauté, donne une idée complète de l’art de ce
temps. Lne inscription, sur le socle, indique quelle a été exécutée la ire année Ghèn O (i3i9).
Histoire de l'Art du Japon.
Q
YUIMA-KOJI (Vimalakîrtti, sanscrit).
XIIIe siècle (Kofoukouji-Nara).
* * •• * ' ï • S* A
PI. XL.
t
MONJYOU BOSATSOU (Mandjnsri , sanscrit) .
XIIIe siècle (Kofoukouji-Nara).
CHAPITRE V
Architecture.
I . arrliileel un* des temples bouddhiques de cette époque doit être étudiée sous deux
aspects :
i ' noeud <‘llr conserve, comme elle le lit tout d’abord, le style qu elle a reçu de l’époque
pivcci Icnl e et que, sans interrompre cette* tradition, (die arrive au milieu de cette époque-ci. Appar-
1 |eniu*nt a celte période, eu àamashiro, le Sei-shi-dau du Pchi-ou-in, h* Iloudau du Rèn-ghé-
w nu— i n la sa 1 1 « * aux i > travées., la pagode à cinq étages du Kai-djyou-san-p.
l-orqu elle s abandonne a I influence des Soung et des garan d(* la secte Zèu qui prend
naissance. I)e cet le pernuh*, d reste le Shyariden du Yenkakouji à kainakoura.
L origine de l architecture Zen, si florissante au temps des Ashikaga, c’est ce style qui
surgit d»*s 1rs premières années de cette époque-ci et, traversant toute cette époque, progresse
peu à peu.
Cependant, 1 croie qui continue la tradition du temps des Foujiwara est adoptée par
toutes les branches de la secte Shingon. Au milieu de cette époque-ci, ou sent qu elle va se
modifier. \ la lin, on voit que le goût de la secte Zèn s’y est mêlé. A l’époque précédente,
celait le charnu1 et I élégance «pii triomphaient. A l’époque actuelle, c’est la vigueur et l’énergie
<pn obtiennent les sullrages. L’exécution s'affranchit et se précipite hors des règles admises.
C’est là la caractéristique de l'époque de la sécession, ou du temps qui précède immédia¬
tement le lia boulon des Ashikaga.
Il existe comme exemples: en kawatchi, le kondau du kwan shinniji ; le Sai-myau-ji, en
Vunii ; h» Iloudau du Matsou-no-wo-déra ; le beffroi du Tô-daï-ji à N ara ; la bibliothèque du
komi-iio-daigo , en Yamashiro. Le stvle des garan des sectes de ce temps, Xi-tchi -rén ,
•l \ ainlo, S h in, .li, rte., n A*st conservé, aujourd'hui, dans aucun monument; et, bien qu’on ne
possède pas de base pour les connaître, il semble que, par suite des besoins du culte, la
disposition ib*s bâtiments ait cessé d’être fixe. Le style et la construction de ces édifices
n’offrent guère d innovations. On n’a fait que suivre le style antérieur.
On ne sait pas grand’rhose du style des Jinjva. Il est à présumer qu’il s’est borné à
suivre aveuglément le stvle de la période précédente.
L'architecture laïque fait aussi des progrès assez lents Les bâtiments brûlés du palais
lurent réédifiés en un temps extrêmement bref. Mais ils lurent de nouveau brûlés peu de temps
après. Le palais de campagne, qui était, au commencement de la période, au palais de Ixau-in, fut
Iransféré, à partir du milieu de la période, au Tomi-no-kodji-daîri. Lors de la sécession, on le
transporta à la cour du Nord. Le pavillon de Psoutchi-mikado, au Higashino-tû-in , servit de
demeure à l’empereur. Les plans, style et exécution, tout enfin, ne diffèrent qu’en bien peu de
parties de ce genre Shinn-dendzoukouri et du l)aï Dairi de Heian combinés.
Lorsque à oritomo inaugura le Bakoufou à kainakoura, il surgit a cet endroit un style
spécial d architecture de Yashiki. C’est ce qu on appelle le Bouké Dzoukouri. Le plan et la
construction ressemblent, en général, au Shinn-dendzoukouri. Cependant, le système féodal de
cette époque, la nécessité de pouvoir rassembler des Boushi, les lois du temps <pii fixaient la
disposition de l'enceinte du château et même le plan de 1 ensemble, toutes ces circonstances,
créant une règle constante, donnèrent naissance à un style d une extrême simplicité. Ainsi,
1 enceinte extérieure était faite avec des planches en ailerons; les portes étaient des aglie tsoutchi
mou (couvertes d’un toit en terre. 11 y avait aussi des yagoura mon portos à tour. En franchissant
la porte, on trouvait aussitôt le Tohozamouraï corps de garde avança1 , et le Shiki-dai • terrasse
de cérémonie;.
Les toits étaient en planches. On n'employait pas ordinairement les tuiles. On n a pas encore
entendu dire qu on ait découvert une tuile dans les ruines de hainakoura. •lustju aux i uuj ginmU
monastères Zen, appelés les cinq montagnes de Kamakonra, «pii sont couverts en planches, • n
roseaux ou en chaume. En résumé, à Kamakonra on suivait le lhmké d/.oukouri simple et rustique.
A kyauto, on préférait encore le Shinden-dzoukouri, élégant et somptueux.
.MONUMENTS
Mondau dv Kwaxnsiunn.ii. — kawatehi.
C’est nn bon monument de cette époque. Le plan compte sept travées sur quatre, avei pnrelie
et galeries. Les deux nefs (sanctuaire et nef) sont séparées. Au centre du sanctuaire s . I. \. un l: < » ma
dau, sorte d’autel bas sur lequel on brûle des baguettes de bois <le Non rou de llluis s rm m ta t n )
A droite et à gauche sont accrochés des panneaux représentant les Manderas des <Uux niomb's
La disposition particulière du Shumidan montre un bon modèle «h* temple ésutniqm* sliin- u
Le batiment, ne comportant qu un rez-de-chaussée, est surmonte d un t • > 1 1 a pignons
retraités. Les proportions sont très basses. La pente extraordinairement deeli\«* «lu toit, I eh - m< .
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Fig. ',G. — Iîkffiïoi du TodaLii. — Yiunalo. — N ara.
de ses courbes, les pignons dressés en profondeur à partir de la muraille, tout atteste l’essence
de la tradition du style des Foujiwara. Mais, dans les détails, l’exécution est él rangement
abandonnée, malgré des apparences de crânerie et de brio. Ce qui paraît le plus remarquable,
c’est l’arrangement des koumimono. 11 est regrettable que ce monument ait du être reconstruit
au temps de la sécession, ainsi que l’affirment certains documents des archives.
Fig- 4b- L’arrangement des colonnes n’obéit pas aux lois ordinaires, et la fatum dont sont
traités les koumimono est vraiment délicieuse. L’audace de la courbe du toit donne au beffroi une
grâce et une force dont on ne connaît pas d’autre exemple; et l’on ne saurait trop admirer,
Histoire de l’Art du Japon.
PI. XLI.
KWANNON AUX ONZE FACES (Avalokitésnwera -Ikadas, sanscrit).
XIVe siècle (Hokongauin-Kyauto).
surtout, la beaute parfaite des proportions de l'ensemble, (jui révèle la maîtrise parfaite, le pur
inmie architect lirai.
O
On n n pas encore de données absolument certaines sur la date de ce bâtiment. Mais la
cloche porte sur la tète de dragon formant l’anse: « Fondu la irp année Yen 0 iTicp, 2° mois,
)<>' jour ». tin supposant <pie le bâtiment a été restauré à cette époque, qui correspond à la
prospérité de kamakoura, les particularités de sa conception permettent de le rapporter à l’influence
chinoise des Souno’.
loi résume, l’arcliitccture de ce temps présente, par la multiplicité de son caractère,
des problèmes difficiles a résoudre. Cependant, on peut établir deux grandes divisions:
i" Certains aspects montrent la transformation opérée depuis l’élégance des Foujiwara
jusqu à la simplicité des Ashikaga;
•>. I) autres sont marqués de I esprit tout nouveau venu des Souug.
Ainsi approchera-t-on de la vérité. Les œuvres de la irp catégorie, sans discuter leur forme
d ensemble, bien «pi elles conservent, dans la décoration intérieure et extérieure, beaucoup de
I époque précédent e, subissent des changements (pii s harmonisent avec la seconde catégorie. Dans
les umvres de cette seconde catégorie, on se sert, pour les koumimono, de ce «pi on appelle le genre
chinois T; ui-yau . Ce nom est donné par opposition à ce qu’on appelle le genre japonais \\ a-yau , à
I epoque préci'd ente. Ce <|ni appert clairement des documents sur l’architecture de ce temps, ce sont :
i" L inauguration des <*aran de la secte Zèn ;
a" La naissance de Bouké dzoukouri ;
>" L’abandon par l'architecture bouddhique des règles anciennes;
j" Le commencement de l'emploi de la peinture et de la sculpture.
CHAPITRE VI
Industries d’art
Les nobles di* la capitale qui, à l époque précédente, avaient déplové un faste inouï, étaient
tombés sous l'entière domination des Ronslii. Mais kvaulo, bien qu’à maintes reprises elle eut été
foulée par les sabots des chevaux de guerre, conservait toujours son prestige de centre de la littéra¬
ture et des arts, la cité de la politesse et des mœurs élégantes. Les Boushi de toutes les provinces, à
commencer par ceux de kamakoura, la regardaient comme la ville modèle.
Aussi, à cette époque, la fabrication des tissus, des laques, de l’orfèvrerie, de la bijouterie,
continua-t-elle, pour une bonne part, les formes de la période précédente. Les transformations sont
de peu d importance. Aux dernières années de la période présente, les bonzes Zèn font de fréquents
voyages en Chine. Les lois étant relâchées par suite des troubles de la sécession, les popula¬
tions de toutes les provinces de l’Ouest et du Sud vont librement en Chine ou naviguent pour le
commerce dans In mer du Sud. (Lest alors qu’on voit introduire en grande quantité les poteries, les
tissus, les ouvrages de métal et autres objets de provenance étrangère. On trouve encore aujourd’hui
des boîtes à thé, des théières, des morceaux d’étoffes importés à cette époque et très appréciés des
Tehiga-jinn. L’importation d’objets étrangers suspendit la fabrication nationale, en sorte que celle-ci
ne chercha pas à se transformer. C'est seulement à l’époque des Ashikaga que, pour la première
fois, un changement se fit dans les goûts et qu’il se produisit une imitation des objets de
provenance étrangère.
La période de Kamakoura appartient aux Bouslii. Or, ce .pi'il- appréciaient le plu-, '•'■•tait
les belles armes.
Aussi la fabrication des sabres et des armures fît-elle des progrès remarquables ^1 a i - c<* < pi on
demandait avant tout aux armes, c’était leurs qualités pour l’usage* On les voulait solides et
tranchantes. Leur ornementation était secondaire. Pour les sabres paraissent successivement .If-
artisans fameux, tels que Raïkounivouki, ainsi que ce qu on a appelé plus tard 1rs trois rlirL
d’œuvre : Awada-goutchi Yoshi-mitsou, Okazaki-inaçamouné, Lan Visio llin». Pour I oniemmlat ion,
il n’est pas d’artisan dont on connaisse le nom. L’est à peine si, ver- l’époque de la sécession, b* lil-
d’un armurier de Sagami Shin-dô Kouni-ihé, Dai-jin-pô Youkéi, grave simplement -ni la lame «
qu’on appelle un Kir i mou.
Vers la fin de la période précédente parut à lwaiito un célèbre armurier nomme M a< -md (
Idzoumo-no Kami. Sous Kou Oyé I" LXX\ I, i i jçj P m \ a AI i i > > , d reçut le nom de \ I \ an¬
te* li i un. Pendant les années Boundji 1 185-1190), il se transporta à kamakoura, oii il fabriqua
beaucoup d’armes, à commencer par le célèbre casque appelé Kidokou. Pendant dix vénérai ions, ses
descendants portèrent le nom de Myau-tchinn et continuèrent sa profession. L’habileté* dans l’orne¬
mentation ne doit commencer à se montrer que vers le milieu de la période présente, l/nrl du
lomh m semble assez prospéré. Pendant les années Ken kyou 1 iqo-i i<)<) , Minamolo-no A oritomo lil
réparei le Daï-boiitsou du lôdaiji de Nara. Un Chinois des feoung, ïdnnna-kei, fut chargé* de la Ionie.
Aide pai Kouçabé Koréçouke, il mena a bien la fonte de la tète du Daïboulsoii. A cette époque,
il fondit beaucoup de statues bouddhiques. La décoration des statues et des objets du nulle est
florissante; le goût des motifs est au niveau de l’habileté d’exécution.
Objets.
CH objel (fig. 17), qui sert dans les cérémonies shintoïstes, est tout en bronze d’or repercé
H cisèle, l ubrique au commencement de cette période et restauré pendant les années Kakitsou
I ig. '|8. — Aiimihk imiuîiqiki:. — Xara. — Kaçouga-jinjva.
1 4 4 1 - 1 1 i j), selon les archives, il n’en est pas moins, dans tous ses détails, du style de l’époque
des Foujiwara.
Cette armure (fig\ /|8) est toute détériorée, mais ce qui subsiste révèle une fabrication soignée.
Le cimier, les manches, la jupe, etc., sont couverts d’une garniture de métal, formant des branches
de prunier, d’une sculpture 1res belle encore, en dépit des restaurations postérieures. Elle doit
dater du milieu de cette époque.
Vases bronze vert (fig, i9), décoré de pivoines et d aral.es, pies . . I.c socle for
un lotus. Le modelage des ‘décorai ions est d’une extrême branle, et la composition en est très
l it;-. i<). — Vases \ fleurs avec pivoines en relief. H
ingénieuse. Sous les pétales des pivoines est
Schyautchyou ( 1 3s 5) . Kvautô-1 lokkéji ». Il
cl’armes et d’ornements bouddhiques.
gravée 1 inscript ion :
reste encore beaucoup
im
* l'automne de la ■»' anime
iraux modflfs d armili ••*.
LAQULS
Les laqueurs conservent l’habileté de la période précédente. Le procède d»» knnagai redouble
ses progrès. La magnificence des laques augmente. On y fait beaucoup d 'incrustations de fmiilli^
de métal. Les motifs décoratifs sont pour la plupart empruntés à la période précédente. Pour varier
le asiate , on arrange les caractères chinois d’une strophe et l’on illustre sa signilieation, etc. ( ’.epmi-
dant, si la facture des ouvrages de la première partie de la période est très soignée, aile se relâche
peu à peu vers le milieu.
Le procédé de laquage, vers les dernières années, est assez grossier. Sous le nom d<* Négoro-
Nouri, les prêtres de Négoroji-en Kii, font des ustensiles de table décorés d<* laque rougi* ou noire,
ou rouge sur fond noir ressorti par polissage. Le caractère en est ferme et la couleur agréable. On
commence aussi à décorer de laque les motifs sculptés sur les ustensiles de bois. L’est ce qu’on
appelle le Kamakoura-bori. Ce genre de travail est le plus souvent très grossier, et les motifs en sont
très primitifs.
Objets.
l' ig. ><>. La boita porte cotte strophe, que sa décoration illustre : « Derrière le Tchvau-sei-dèn
(pavillon de la longévité), la nature osl riche en beaux spectacles, au printemps et à 1 été. Devant la
porte où n entre pas la vieillesse, h* soleil et, la lune se couchent tardivement. » Cette pièce, qui
mesure environ i pied > pouces, appartient au commencement de cette période. La décoration est
des (>bis soignées et d’un goût
tri* s élégant.
Au Tahémadéra se trouve
un reliquaire décoré <1 un étang
Henri de lotus, qui doit dater des
premières aimées «b* cette époque.
Il porte le nom des donataires et
du niait re laqueur.
A bizou, au Mishima-jinjva,
est conservée une boite à peignes,
décorée en nm/:ir d un sujet de
légende poétique. A I intérieur
sont d autres petites boîtes, toutes
d un travail très soigné. Le comte
.Malsomla-hira Xahn Çouké pos¬
sède une boîte à main, décorée
de papillons. Le vicomte Doi
loshiloom, une boîte de toilette
en nacre décorée de crêtes de
vagues. Ions ces objets sont
célèbres, et datent do la i" partie
de cette enoouo.
CKHAMlnUL
I ig. »o. — Boni-: laqué K Tehyau-sei-dèn).
Los | . . -ifs faites dans les Au n,artluis Yoshitkil'n Tokougawa.
premiers temps ne ressemblent pas
aux hvahibr à la mode coréenne, en pâte dure et aux formes irrégulières. Les progrès de la
céramique, si I on compare cet art aux autres, sont lents. Elle n arrive pas encore à dégager son
originalité. Les ustensiles journaliers se fabriquaient en grand nombre, mais rarement ils portaient
une décoration entièrement émaillée, ou témoignant au moins du goût artistique.
A 1 époque présente vivait, en Owari, ka-to-shirosa-é-mon-kakémaoa. Sous l’empereur Go
I lorikaw a (LXXXVI ,1a ir<‘ année Djvau-o iaa> , il accompagna le bonze Daughèn en Chine Soung).
Après avoir étudié là, pendant cinq ans, les procédés de la poterie, il revint, et fonda un four à Séto
inoiira, en Owari. Il fît, avec de la terre de Chine, des théières qu’il décora d’un émail bleu clair, qu'il
sema dé tachés d émail noir. C’est ce qu’on appelle « plumage caillete ».
Le nom de Kato-shirozaémon Ixaghémaça a été écourté et est devenu Toshirau. Les poteries
sont appelées « vieux Séto ». On peut dire que c’est là le réveil de notre céramique. Plus tard, sous
Kamé Varna Ier XC , pendant les années Bounyéi (1264-1270 , le second Toshirau inaugura le
Tchyou-vaki. J1 commença par inventer un émail jaune dont il couvrit des pots à thé, «les lasses, des
brûle-parfums, etc. Il fit une décoration tachetée en mettant ce jaune sur l'email brun clair.
Pendant les années Ei-ninn (i mp- 1 *>.«)«)), le P Toshirau, prennnl de la terre du mont Kinkwa
zan en Mino, imita en Séto les procédés du premier, et lit un décor lâcheté de noir sur fond brun « laii
Il fît principalement des pots à thé «‘I très peu d'autres vases. Pendant les années Ixmii mou i lij
j 336) parut le 4e Toshirau. La plupart du temps, sa décoration est jaune sur fond brun « lair Smi
émail, partout où la surface extérieure atteint la pause, u étant pas suffisant par lui imnm, la t* rre
apparaît en bosses. Ses poteries sont appelées llafouyaki.
Il a surtout fait «les pots à thé. Ces toshirau st‘ perpétuent «b griiiTatiou • n yem rateai \ !..
fin des Asbika«»‘a survient 1 invention «lu fclivadau.
i? *
Alors les poteries deviennent très appréciées des
connaisseurs, et un petit pot arrive à valoir plus de
i ooo yen.
«/
Objets.
Fig. 5i. Fait par Toshirau, le premier potier «le
Séto, porte le nom de kokoriohé-no-Tcha-ïré. Hauteur,
64 millimètres; diamètre, i i o millimètres ; la couleur
de terre est grise.
O
Fig. > r. — Pot a thé.
Appelé kokonohé- no- Telia -îré Musée impérial
Fig. '» t — lÎKfl.l -lAIII I Ms l \ lolt Ml IM lloV
•Vu marquis V osliiakitM I okmig.iw .1 . Ilaticm 1
niON : heto (Uwari). — Foukagawa. —
' lfl.)
ill
(a> lion, qu on attribue au premier Toshirau. est bien antique par la forme et le caractère
L exécution n’en est pas malhabile.
I ig. 02. Bien qu on attribue aussi cet objet au ivr Toshirau, sa forme, si on !«• compare ;
precedent, paraît tout à fait nouvelle. Ne serait-il pas plutôt du temps du 3° Toshirau ?
L émail est tacheté, mais sur fond brun clair.
Joutes les familles nobles possèdent un grand nombre de boîtes à thé, pots à thé et autres
poteries.
LIVRE PREMIER
Ashikaga.
O
CHAPITRE: PREMIER
Conditions de la société par rapport aux Beaux-Arts.
s
La sécession entre 1 • s deux cours du Sud et du Nord dura cinquante ans. L’empereur et les
fouet iminaire* de la cour du Sud vivaient à 1 écart, au fond des montagnes de ^osliino.
essayèrent de rétablir une capitale impériale. La cour du Nord s y op]>osa, et il s'ensuivit une
sérié de batailles incessantes.
Asliikaga Yosliimitsou, succédant à son père Yoshiaki et à son ancêtre Taka-oudji , fut
Sei - i - taï -Shvaugoun. I atigué des années consécutives de révolutions militaires, il comprit
l'inutilité de la lutte par les armes et proposa la paix en réglant la transmission du pouvoir
des deux ligues. Nord et Sud. Alors les deux cours se réunirent. Ixyauto redevint le centre du
gouvernement.. Le pouvoir passa de nouveau aux mains des militaires. Le Bakou Ion devint de
plus en plus puissant .
Cependant, lorsque, la cour du Sud disparue, la tranquillité fut revenue autour de Ixyauto,
Yosliimitsou afficha le goût du luxe et des plaisirs. Il éleva beaucoup d’édifices. Il restaura les
salles du Toi i et du Eurvakouji, ainsi que le kondau du Kofoukouji; il construisit le Shyokokouji.
Les monuments qui avaient été détruits par la guerre, il les fit rebâtir en répartissant la dépense
entre les provinces. Il éleva une pagode à sept étages, haute de 36o pieds, bâtit le palais de
Mouromatchi qu'il lit décorer magnifiquement. Pour sa villa de Kitayauma, il se fit offrir par les
gouverneurs et les daïmios de toutes les provinces, du bois, des pierres et des ouvriers. Il y créa un
parc avec des étangs, dans lequel il nourrissait des reris. Il se fil bâtir un pn\ilhm a tmis elages
dont tous les murs, colonnes, portes, fenêtres, étaient laqués «I or. Son exemple fut imité I
daïmiôs de toutes les provinces bâtirent des palais. Abandonnant la simplicité des iinnirs
militaires, ils se livrèrent aux divertissements, répandirent l’argent, rivalisèrent de luxe Kyauto
reprit alors son ancien éclat et même elle devint , pour l'architecture, l'ai l des jardin** et b*s
industries d’art, le terrain, d une soudaine renovation.
Cependant, la paix ne durait pas depuis longtemps, quand la In* I ' * < *« » i n m • • 1 1 < • ; » «* 1 1 1 1 • • les
maîtres de Kamakoura et le Shyaugoun de Kyauto. Ce qui restail de partisan* d.* la mur du
Sud se souleva de nouveau. Les bonzes de llokourci llieizan . de la <'apil.de du Sud \ ou ,
prirent les armes. Ceux que révoltaient les impôts excessils se lovèrent toi masse. La rnnfii**ion
fut bientôt portée à son comble par une disette universelle. Llusieur** * • « • 1 1 1 a i n - - d< |"Nniih>
mouraient de faim par jour. Mais les Shvaugouns. Lbumeur pacilique, ne songeaient qu a
leurs plaisirs.
Le 8° Shyaugoun surtout, Aoshimaca, entre autres, poussa la magniln ohv plu*, f-u
encore que son ancêtre Aoshimitsou. Il ne se plaisait qu aux amusement*; «livre* Il lit pro*.p. i. r
la construction. 11 avait un goût très vif pour le lYhvaji. \u (unkakouji *t au I • v "‘idau d<
1 1 igashi-vama, il y avait des salles de tlié. On v rassemblait quantile de npii\ <>bp I** d.
vieilles peintures. Entouré de Tchvajinn, A oshimaça organisait roustamnieiil de*, palier A I lie.
dont la mode se propagea rapidement.
Le Tchanoyou naquit de la cérémonie de Tclivadau de la t * /en. *>u "Iti.ol f tl u
Bouddha et aux hommes. A partir du milieu de l époque précédente, on \ i I de> -en* pi-rmlr* .1
cette cérémonie un goût marqué. A l’époque présente, on la embellie et tout *.! *.< L*.*. - d> la
société s’y complaisent et la compliquent du jeu des parfums et de la ileeoration Iku.d*
Le Shyaugoun et tous les daïmiôs, dans leurs salles de I lié. nvalixuil d. -mil .irh~iique
Ils dépensent des sommes considérables pour les objets destinés a f s «n ie 1 * . |t< nu .A. . ut
plusieurs résultats. Non seulement les arts et les métier* \ fmn\èrent un ^ t i 1 1 1 1 1 1 . 1 1 1 1 , m r.’ iqm .
mais encore les gens qui pratiquaient le Tcliyaji devinrent, pour la plupart, des amateurs . . l ui. *
en matière de décoration des maisons et des jardins. Leur goùl Caflina: m sorte qm « .11.
mode exerça une très grande influence sur la fabrication des objet* d art.
Cependant, les Shvaugouns négligeaient de plus en j » 1 u ■* le gouvernement, niult q>h tnnl I* s
impôts et ne se préoccupaient que de satisfaire leur goùl de faste. L I. injure était epin*<
L admimst 1 af ion se dissol \ ai t . Les cal uni 1 tes s abat 1 1 re 1 il sur le pu vs . L <■ * I alors qu eelnfereiit I .*
tioubles de O-ninn 1 jtg-i |Gq . Ce lut I anarchie, dus de soixante j>roviuees lurent changee** en
un enfer . Lest le début de ce qu ou peut appeler I âge sombre de notre histoire, (les troubles
durèrent à peu près onze ans et Kyauto <*11 fut réellement le centre.
A commencer par le Dairi, tous les grands temples, lèu-rvoii, Sliyaiigokou, etc., furent
incendiés dans ces guerres intestines. II en fut de même des yashikis et des villas des princes
des nobles. Los h\res et les objets conservés dans les familles furent en majeure partie delruils
ou dispersés. La capitale, ruinée, devint une plaint? aride. Les nobles et les fonctionnaires s*'
dispersèrent. Le déclin de la cour et la ruine do la capitale furent t « * 1 s que jamais on 11 en avait
mi de pareils. La majesté impériale et l’autorité du Shyaugoun étaient effacées, fous les généraux,
retournant chacun dans sa province, s empareront de territoires. Le fut le règne de la conquête
et de la Molence. La civilisation dépérit, les Beaux-Arts s’atrophièrent, les lettres tombèrent dans
l’oubli.
Lependant, 1 état trouble de Kyauto, centre des lettres, 1 éloignement des nobles et des
dames du palais laissèrent échapper les lettres à l’aristocratie. (Ve fut le peuple qui les recueillit.
On sentit déjà poindre le début des tendances artistiques ultérieures. Les conquêtes des bandes
militaires amenèrent le fondation de petites capitales. Celles du Sud-Ouest entamèrent à leur guise
des relations avec les commerçants étrangers.
Ces relations avaient été complètement rompues après la campagne de Kô-an (1278-1288).
Seuls, les bonzes et les marchands entretenaient un faible mouvement de transit.
Dans cel état de troubles qui accompagna le déclin de la maison impériale et la destruction
de l’autorité du Shyaugoun, les relations privées avec l’étranger augmentèrent, soit par la
piraterie des Coréens et des Chinois, soit par les voyages et les entreprises des particuliers.
Les Ashikaga, trouvant avantage à faire du commerce avec les Ming pour faire face à
leurs pressants besoins d’argent, lièrent des relations particulières avec l’étranger et firent par là
du mal au pays. Cependant les Chinois, recherchant l’amitié du Japon, envoyèrent de l’or, de
I argent, des antiquités, des livres el des peintures. Nos bonzes, en grand nombre, firent le voyage
de Chine et eu rapportèrent des objets d’art et des ferments de culture. Ainsi nos arts et nos
métiers déployèrenf une certaine activité. A partir du milieu de cette époque, profitant de
l'anarchie gouvernementale, des bandes armées rançonnaient les provinces. Celles qui réussissaient
à établir I eur domination se créaient des relations avec l'étranger, renouvelaient les transactions
O 7
avec la Corée et les Ming, et même en nouaient avec les Portugais auxquels ils achetaient des
objets européens.
Dans celte transformation sociale, le Bouddhisme n’avait pu échapper à la tourmente.
Cependant, le llambeau de la loi brillait encore en chaque secte, de Eizau à Nara.
A cette époque, aucune secte n'avait sur les âmes ainsi que sur les Beaux-Arts une influence
comparable à celle de Zèn. Cette prospérité de la secte Zèn tenait à I harmonie de ses tendances
avec les aspirations et les sentiments des contemporains et avec les circonstances du moment.
Lu effet, toutes les sectes qui jusqu alors avaient basé leur existence sur un livre canonique,
on étaient arrivées peu à peu à s’attacher trop strictement aux formules et négligeaient l'esprit de la
doctrine. Ln outre, elles étaient devenues fort mondaines. A maintes reprises, leur intervention
violent** et scandaleuse avait fini par leur aliéner les esprits.
La secte Zen, basant sa doctrine sur buccession immédiate à la voie de la bouddlii par la
générosité du cœur, et prêchant une religion dégagée de formules, acquit bientôt une prospérité qui
s'explique aisément. Par sa doctrine exaltant le sentiment comme la voie parfaite, elle apaisait les
(•(puis et incitait les hommes à réformer leur conscience. Cette conception religieuse d’une grande
simplicité devait convenir aux esprits de ce temps-là, tournés vers les œuvres guerrières, mais
indigents d intelleetualité et de science.
Elle séduisait surtout les Boushi, dont elle flattait les instincts en enseignant l'importance
d’accorder l’action et la connaissance par l illumination, en vantant la vaillance et la simplicité. A ces
causes de la prospérité de la secte Zèn, inhérentes à sa doctrine, s’en ajoutaient d autres assez
nombreuses. Pendant plusieurs générations, les empereurs firent fréquemment venir au palais ses
prêtres de dignités supérieures, ou bien, faisant des visites à ses temples, écoutèrent les prédications
et se convertirent à sa doctrine. Ainsi, les Ashikaga, qui la tenaient en haute estime, bâtirent cinq
temples à Kyauto et favorisèrent les bonzes Zèn. Parmi ceux-ci se manifestèrent de grands érudits;
quelques-uns brillèrent dans les lettres. Ils passèrent alors pour les dépositaires de la culture. 11
arriva alors que le courant de la secte Zèn, s’étant chargé d éléments nouveaux, réveilla le monde
intellectuel dans notre pays et emporta les esprits vers les études métaphysiques. La popularité de
la secte Zèn réagit sur les lettres, les mœurs, la religion. Elle domina les arts de cette époque, qui
subirent deux empreintes profondes de la secte :
i° L’empreinte directe sur les formes dans les arts;
2° L’influence indirecte. Les œuvres des Soung et leur culture, rapportées de Chine par les
bonzes Zèn qui y allèrent, laissèrent leur marque aux arts du Japon.
CHAPITRE 11
Evolution et caractère des Beaux-Arts de ce temps.
Quand, au temps de Ashikaga Yoshimitsou, les deux cours du Sud et du Nord m> ivmiiiviit , mu-
apparence de paix rég*na quelques années. Les Beaux-Arls <*l I uiduslni1 lii'uil al.u- d' - pid^i.
comme nous l’avons dit précédemment.
L’épanouissement de la secte Zen et les réunions de thé* sonl les deux événements prim ipaux
qui agissent sur les arts. Tout d abord, les goûts se montrèrent assez, conlus. I ms Ids t< ml • 1 1 • -'s
prirent corps et ce fut la peinture surtout qui bénéficia de cette impulsion. N ers la lin d. la p« ri- -d •
précédente, Kao avait fait des dessins à l’encre de Chine pour se reposer d<* ^.*s travaux n ligmuv
Après avoir emprunté le procédé des Soung et des \ouèn, le procédé H h* s t \ I < * de l«u .t > i J.
Kacouo-a, leurs couleurs franches et brillantes commencèrent a paru hier. !.*• u < * • 1 1 d dh>r- nh.i.t
un coloris léger et un trait schématique. On cherchait un procède clair et libre
Vers la période Oyei 1 3« j j - 1 j 28 , avec Djvosetsou et Shvouhoun, ce nouveau _ m .
peinture acquit un éclat de plus en plus brillant. Ogouri Sotan, Soga l)j\ a-eoknii, V.ami. Shv.m k» 1.
Sehvou, s’engageant dans cette voie, inaugurèrent un art nouveau, qui tendait nts un g.-ur*
populaire.
D’autre part, le célèbre maître-peintre de l’école Toça, Mitsou Nohoii, puisant dans I . . . » I . d »
Soung des tendances nouvelles, auxquelles il mêlait les procédés kakou Lui et d* N obou-zaiié, ou\ rit
à la peinture une voie nouvelle. D’autre part, kano Moto Nobou, avant reçu de son pi re Mara Y, bon
la tradition chinoise, y allia la tradition japonaise Ashighé, reçue de >011 beau-père MiNmi \'.>|.,,u. et
inaugura ce qu’on appelle le \\ akan-settchyougwa, école éclectique Yamatn < hiimi-,
En résumé, les caractères particuliers de la peinture de ce temps consistent dans um 1 . dn n le
nouvelle de la forme et de la couleur, un goût de l’idée profonde et limpide et liuiit.it om d< la \ j.
La peinture de cette époque peut être qualiliée de Z(;ncs(/nr. En ellet , bien qu’on ne puisse 1 , \ , M 1 1 j, r
en doute l’influence plus ou moins grande, sur la peinture, des doctrines de Lao l s/e cl de L-hwan-
Tsze, ce qu’elles appellent le Mou-i-ten-tau contemplation olfre beaucoup de ressemblance ,t\(r k,
doctrine Zèn. 11 semble que cet enseignement se soit confondu avec celui de la secte Zen et ait
renforcé son influence. Cependant la secte Zèn, comme on l a dit plus haut, préconisai! la Doiiddili-
cation directe par la pensée directe, c’est-à-dire en dehors d’une formule.
La conséquence naturelle d’une telle doctrine, n’est-ce pas la simplicité generale de la
peinture et l’abandon relatif du coloris? La secte Zèn n’est pas, comme beaucoup d’autres sectes,
née après coup de l’étude. Elle eut une floraison spontanée. Aussi son énergie et sa puissance
ont-elles été rarement égalées. Parmi les artistes célèbres de cette époque, un grand nombre étaient
des adeptes de la secte Zen. Il n est donc pas étonnant que la conception de celle secte a
dans leurs œuvres.
Ce qu’on appelle Zèn se traduit par méditation sereine ou encore fixité.
Comme le tond de cette doctrine affirme que pour s’élever à la connaissance du eomr, il faut
pratiquer la méditation sereine, il est naturel que la peinture quelle influençait dût montrer un
caractère simple et élevé. Cette prédilection pour le calme profond se manifeste encore clans le choix
fréquent des sujets de la peinture, qui traite alors les paysages, les oiseaux et les fleurs, comme aptes
à donner le repos de l’esprit. 11 y a donc, en résumé, deux tendances dans l’art de cette époque.
D’une part, le goût de simplicité qui provient de la secte Zèn; d’autre part, le goût de la magnifiée
1 t}
laraisse
•eiice
H de la décoration éclatante qui se manifeste dans le kinkakou et le Ghinnkakou, et aussi dans les
images bouddhiques, pour lesquelles on recherche l’éclat du coloris et la richesse des ornements.
Les mœurs luxueuses du temps se révèlent dans cette seconde tendance.
CHAPITRE III
Peinture.
La peinture de cette époque a subi, depuis l’époque précédente, l’influence de la secte Zèn, en
même lemps que les lettres. Les bonzes de ses cinq monts, ou même les autres bonzes, ont de leurs
mains exécuté de très nombreuses peintures. Leur art, pénétré de la doctrine Zèn, montre un goût
simple et élevé, même dans les sujets tels que légendes de temples, ou monogatari. La couleur est
souvent très belle. Mais la principale recherche, c’est la liberté de touche du pinceau et le maniement
de l'encre. On suivait en cela la trace des Soung et des Youèn de la Chine, et l’on subissait aussi
I influence de ses peintures taosséiques et confucéennes. Ces influences pesèrent sur toute la
génération, et très rares furent ceux qui y échappèrent. Ce fut à la fin de la période de Ixamakoura
que les lavis de notre pays tirent leur apparition. Leur apogée arrive à Iligashi Varna 1er (CXII, 1687-
ijocp. Les artistes qui se révident à cette période se pressent en bandes touffues et donnent à cette
période un éclat éblouissant. Cependant, vers la lin, l’empire étant constamment troublé, ce genre de
peinture simple et distinguée ne répondant plus aux goûts des hommes d’alors, on voit peu à peu
apparaître des présages de décadence.
ÉCOLES
Rien que h*s écoles de et* temps se soient montrées nombreuses et variées, on peut les
diviser on trois groupes, savoir:
F t
Tôt a cl kaçouga, écoles de Yamatoyé peinture japonaise . — Ecole de Takouma. — Ecole
Soghèn Soung-Youèn de Chine . Il n'v a donc pas une grande différence avec l’époque précédente.
Cependant, les écoles Toça, kaçouga et Takouma tombent peu à peu en décadence, et la
seule école du Soumiyé est prospère. Elle compte de grands maîtres et de célèbres artistes, et elle
parvient à imposer son influence au Japon.
Toutefois, avant l'apparition de Jyosétsou et de Shyouboun, l’art de l’Encre réunissant ce
qu’on appelle les écoles survivantes de kao et Goukei, n’est que l’œuvre des loisirs des bonzes Zèn
se délassant de leurs travaux apostoliques. Les œuvres de tous ces grands bonzes et personnages
célèbres sont simplement des œuvres d’amateurs. Il est impossible de les considérer comme des
œuvres de maîtres (‘t de les donner comme modèles; mais il faut apprécier le sentiment qu’elles
montrent. Dans l’école Takouma, on voit apparaître pour la première fois des illustrations des vers
de Li Rèh, ou la lune d’automne dans les cimes. Il ne s’agit pas là, à proprement parler, d’une
école nouvelle, mais d’un ensemble d’œuvres remarquables par le moelleux du pinceau, la vigueur
de l inspiration et l’originalité des tendances.
Gou kyokou, Isslii, kandènsou subirent l’influence de ce mouvement et, parallèlement, ils
produisaient des effigies de saints taosséiques et confucéens. Un contemporain, Jyosétsou, pénètre
l’esprit des grands maîtres des Soung et des Youèn, après avoir tout d’abord copié le nouveau
genre de la peinture chinoise. Mais parmi les maîtres qui apparaissent alors, Shyouboun s’est acquis
une renommée particulièrement haute par la beauté de ses œuvres. Vers ce temps, l’école Takouma
est déjà en décadence. Elle se transforme complètement dans l’école de l'Encre. Ecs écoles Toea cl
Kaçouga aussi arrivent peu à peu à la stagnation.
Youki-hidé Taka-mitsou, qui ne sombra pas dans le courant de 11 . le, est un maître . .
peut estimer; mais il n’atteint pas la grandeur de Vosliimitsou cl l’ak;ikam\ de I cp..,pi, | , i 1 , 1 1 1 .
A Nara, subsiste l’école du maître Sliiba llaughén. Il semble que d'abord elle ail oscille du
style de Takouma à celui de Kaçouga. En voyant les œuvres de Keishyoun et Riu-kèn, qui appai
tiennent à cette école, on constate que leur pinceau vise au grandiose, mai' u n ail- ml gm c.
Au temps de Higasheiyama Sesshyou, on cite de célèbres maîtres du Simmiy I >j\ a~nkon,
Sôtan, les trois Ami, Shyaukéi.
Leur facture, en somme, dérive de .Ivosetsou et de Shvouboun : mai." il'' ()|it • ‘ t ' i < 1 1 -
Souiœ* et des Youèn de Chine, et ont utilisé ces etudes dans la création «h* leur p r« » p r» • « »r i l: 1 1 m 1 1 1 • •
Youçéi Maçanobou aussi, mêlant les écoles de Souinive, des Soung <1 de> hnicii • 1 \ * '
l’influence de Shyouboun et Sessbvou Sotau, produisit umi im*lbotle nouvelle. Il «*"t, • n r« •;» 1 1 1 « * , !••
grand ancêtre des Kano qui, pendant loo ans, tinrent en mains b» pouvoir daim b* biir»*mi d«* la
peinture.
Son fils Motonobou, étudiant son père et aussi les maîtres chinois d«*s Smiug «I<‘" Vhi. ii,
fonda l’école de Kano; et son bis, surnommé le vieil iloghèn, a laisse une i«,pul;itnm «pu* pmsonm
n’ignore. Derrière lui parurent des artistes sympathisant avec son ernle, «pu lut 1res pr«*spm.
Shvaukei-sessou a créé une école de Soumivé. Isolé dans I bistoin* «b* lu p'iutiii* , il | * 1 1 - un
brillant éclat qui illumine la fin de la période des Ashikaga. Quonpi ou ne ronnaisso pas bn n - i
filiation d’artiste, ce dut être un élève des dernières années «b* Sessbvou.
Déjà l’école de Toça dépérissait, semblait éteinte, quami surgit Imu Milsou-nobou qui i"<«l.
mais énergique, enraya la décadence et ranima le flambeau expirant.
Son fils Mitsou-motchi conserva bien aussi les traditions d'art «b* >a làrmll«* I p« i - I h*
fils furent des hommes de haute valeur.
Procédés techniques.
Les peintures de toute 1 école des grands religieux, ne constituant pour «••*> hnmm«" «pi un
délassement de l’exercice de leur ministère, sont naturellement d'une tact ure >imph* « I sans
complication.
Avec Meitcbo, qui exécuta surtout des portraits de maîtres taoïstes «*l confucéens, l«* ruions
et l’encre deviennent également habiles; mais le procédé préféré <*l poussé à la maîtrise «*"t b*
coloris. Les grandes peintures et les vastes soies sont particulb*remenl nombreuses. Pour la tourbe,
on emploie en même temps les nuages volants, les eaux courantes H les feu i l/cs d'o rchidn s. Le
procédé de Jyoséi et de Shyouboun est le Soumivé ou le coloris indiqué. Il semble «pu* les peinture"
polychromes manquent absolument.
Cependant Shyouboun a quelques rares œuvres colorées. Idles témoignent d une «-ramie
vigueur de pinceau.
Sesshyou, Djyasokou, son ami, ont excellé surtout dans le Soumivé. Leurs ouvrages en
J fS
couleurs sont tout à fait rares.
S( ul So-tan a manie a la fois couleur et encre. lous, ayant surtout but des personnages
et des paysages, ont également peint la fleur, l’oiseau et le poisson.
Sesshyou a un pinceau ferme et expressif. Son métier est serre, sa composition soignée.
Comme paysagiste, il passe pour n’avoir été surpassé en aucun temps.
Ses personnages, ses chevaux, ses bœufs, d’un pinceau léger, sont extrêmement vivants.
Djyasokou a son pinceau énergique. Sa facture, peu soumise aux règles, est surtout
supérieure l)ar ^a verve. Les peintures des trois Ami : No Ami, Ghéi Ami, San Ami, qui présentent
entre elles peu de différences de style, sont calmes et limpides. Elles se préoccupent surtout des
valeurs et laissenl voir une tendance à ne pas accorder d importance au trait.
Dans le faire de Kano Youcéi, le pinceau habile, l’encre riche et pleine de ressources,
les valeurs justes, I arrangement naturel et même le style serré rappellent parfois Sesshyou.
Son fils Motonobou, dans sa jeunesse, montre un pinceau qui ressemble beaucoup à celui
de son pore. Dans sa maturité, sa facture, au contraire, se rapproche de l’école des Ami et
devient apaisée. En ses dernières années, il possède les genres japonais et chinois. Ses sujets
sont varies; il manie habilement la couleur et l'encre et il arrive peu à peu à une plus grande
maîtrise. L école de kano, qui a toujours montré une grande admiration pour Moto-nobou, étudie
surtout les oui v res de ses dernières années.
Eu résume, Jyosélsou, Shyouboun, Sesshyou, Sô-tan, Djyasokou, les trois Ami et kano
Motonobou ont un métier qui suit entièrement l’école des Soung et des Youèn de Chine. Non
seulement ils imitent le trait et le coup de pinceau, mais encore ils empruntent au genre chinois
leurs paysages, leurs personnages et leurs sujets de composition; et ils oublient absolument les
traditions de leur propre pavs.
Cependant Motonobou, le premier, chercha des sujets dans son pays. Ce fut surtout
quand son mariage l’eiït allié à Toça Mitsou-nobou qu'il s’essaya à des sujets japonais. Glanant
dans le genre chinois et dans le "genre japonais, il formait ainsi un mélange, il transforma
complètement la peinture chinoise en japonaise, et on le voit inaugurer le style, dit de kano,
<pu a vécu plus de trois siècles.
AUTISTES ET ŒUVRES
Ecoles de Toça, de Kaçouga et de Takouma.
Toça Y ouki-hiro.
Toça-no- kami, scms-cinquième rang, avec son fils Youki-hidè, ainsi que Yei-shyou,
.Ivakounçaï et l akainitsou, peignit les deux rouleaux des miracles de la secte Youtsou Nemboutsou.
D'autre part, il illustra le Nayotané monogatari.
Uokhakou .Ivakouçaï, sous-vice-ministre de la guerre, entré en religion sous le nom de
.Ivakouçai, fut chef de l'Edokoro, collaborateur de Youtsou Nemboutsou Enghi et renommé pour
son talent de peintre.
Vol ism Nimboitsoi E n < . ii i . Raigvi S \ i s h i i7 rouleaux . — San x au Reikenki. — Iàshixn Kxghi.
Awata Goukhi Takamitsou fut ministre de l’intérieur et Haughèn. 11 demeurait dans la
moitié Est de Ixvauto, à Awata-goutehi. De là sou nom de Haughèn de Awata-goutchi.
Suivant l’école de Toça, il prit le style de pinceau de Takouma. Très célèbre en son temps,
il excelle surtout dans les personnages taoïstes et confucéens. Son pinceau est vigoureux.
Paravent des chevaux attachés. — Saga-you-dzou-nemboutsou-yenghi.
Portrait ni grand maître Yo gawa-cuienzan de Ykizax (> rouleaux).
Portrait de TaIsiivokou-kwau Ivamatari.
Toca Youki-hidè, fils de Youki-hiro, chef des Kaçouga Edokoro. Pinceau vigoureux, il
ne laissa pas tomber la réputation de la famille. 11 peignit des Youtsou Nemboutsou et un petit
makimono de la fête de karno-jinjya.
I >(>
Toça Mitsou-nobou, fils adoptif de Hiro-tchika, propre lils de Nakalsou knsa-i.o Jyo-
mitsou-hiro, vice-ministre de la justice, sous-quatrième rang. «‘lève de s . i re. Dos son
enfance, il montra un talent hors de l'ordinaire. Devenu grand, .1 acquit U . . hal.de,,
de pinceau. Adoptant plus ou moins l’influence des S . g, fl w lit un style perle , . . l,
Shyaugoun Yoshimaça, appréciant s,, a talent, le ré mpensa généreuse . ni. Il parvint k un
âge avancé et produisit beaucoup. Il reste beaucoup d rouvres de lui.
11 a, dans sa peinture, le pinceau fin pour la couleur ou l'encre. Dans le Sourniyé, il
use d’un modelé léger. Il mêle volontiers à sa peinture des appiicat . - d’or Sa facture est
précieuse et extrêmement soignée.
Dans les périodes suivantes, les dessins d or des laques i m il < • n t beaucoup la mauD-tv de
Mitsou-nobou.
Légendes du temple de Kiyo-mitsov > rouleaux . — Miis,r i ni(>« n I
Un maki, sur 5, m. la légende du tbmpli d’Ishivama. — Ishivama-dêra \
Vielles légendes de Iau-xo-mine \ maki . — lÉui/au •liajx.e Vin G"
Légendes du Nitson-in. — Kyauto. — Xi-so-in .
Légendes de Kitano ! maki . — Kyauto. Kitam»-jinj\ a
Kitsouné-zaushi. — Au vicomte Saishyo At>oushi.
Foukou-tomi-zaushi i maki . — Au vieoiûte Akimolo Okitoum.
Fête de Tchikoubou-suima i maki . — Musée impérial.
Une paire d écrans. — Kyauto. — Honkokouji.
Promenade nocturne des cent démons i maki . — Kyauio. — lÉnt, k uji
Vie de Jyau-gou Daishi 6 maki Shyautokou). — Kyauto. fchtibau-hô-ji
Toça Mitsou Shighé, lils de Mitsou-nobou, vice-ministre de
(i 53a), élève de son père, devint un peintre de talent. Scs mcill
distinguer de celles de Mitsou-nobou.
la justice, I
a
eures t ouvres
V année kio-rokou
sont I rès tlillieilcs a
La légende de Tchyou-.iy vi 1 1 1 m i . au Tahéma-dêiM. • n Yamal<> • -i un. <, 1
lalokoro.
Mit tlle eu
Toça Mitsou-moto, lils de Mitsou Sighé, élève <b* son père,
combattant le 1 3e jour du ier mois de la i,T année Véirokou n ')(»<> .
Mitsou Ixoumi toudjhvara — Bingono Kami Ldokoro. (lu ne couu.iit p.e- ln< n *»<ui
origine. Il passe pour un excellent peintre.
Shyo-kei , dont la filiation est inconnue, est, dit-on, un des derniers siir\ ixaiitn de
I ecole de 1 akouma. Il reste de lui plusieurs paysages en Soumiyé. Son slvle semble proced* i de
Shyouboun.
Nobou-harou, de la famille de I akouma, mais de libation inconnue kaeoic'a l.dokopo
m
fit des images bouddhiques et montra du talent dans les autres genres. C'est un peintre élégant
Kwan-shinn, surnommé Siba Ilôghèn, habitant Nara. Il lut kaeoiu-a lalokoro.
W M P
Son K ai, célébré par ses peintures bouddhiques, appel,* en son vivant Sbiba ||,,,hcn,
d’après le Gvvashi (histoire de In peinture). Il existe beaucoup d’œuvres de lui à Nara, au kofoukonji
et au Tû-daï-ji. Dans le bâtiment du Ankyo de Kaçouga, il y a un écran de lui. Il semble avoir été
Kaçouga Edokoro.
keishyoun, qui fut aussi surnommé Sbiba Iloghèn, habitait Nara, et fut kaçouga Ldokoro. Le
Bounki-mandara de Tahéma-déra est de lui.
Rinnkèn, connu sous le nom de Shiba Ilôghèn, habitait également Nara et fut kaçouga lalokoro.
II reste de lui au Tô daï-ji la légende du Daï-boutsou-dèn. On conserve aussi, au kaçouga-jinjva, des
fragments signés d’anciens tableaux votifs (Ema).
Légende du To-daï-.ii
(3 maki). — Nara. — To-daï-ji.
Histoire de l'Art du Japon.
PI. XLII.
1
2
COUCHER DE SOLEIL
AU BORD D'UN ESTUAIRE
Par Shyouboun
XV* siècle (d’Youjiia Osaka).
PAYSAGE D’AUTOMNE
Par Shyouboun
XVe siècle (baron R. Kouki).
lü I
Djijvou ou Sliiba Djijvou, fils do Rinnkèn, imita le stylo do son pare ot traita surtout des
sujets bouddhiques.
Mintoho, surnomme Ixitchizan, né en Axvadji, outra dans le Tofoukouji de Kyauto sous le
mailro Dai-dau, prit b* nom de Dèri-sou. Sa touche et sa composition le rapprochent de l’école
Takouma. Il s inspira aussi dos Soung ot des Youèn. Son pinceau est énergique, et il excelle
dans les grands rouleaux.
I.k nirvana. Kyauto, — tofoukouji.
POHTHAIT IM M A ri'U I Sll YO- ITCHI-KOKOUSSUI . — Kvaillo. — Tofoukouji.
Darma. — Kyauto. — Tofoukouji.
Kwamnon u' vkti mi vi m. anc. — Kyauto. — Tofoukouji.
Tchv au Son, prêtre do la socle de Shingon, habitait au temple de kwannshinjin, en kawatchi.
Il imita Minlelio. \u kwansliinnji, on conserve de lui un Nirvana, et dans le Houdan, un M and ara
des deux mondes ainsi que les quatre Temrvvau, qu’on lui attribue.
Isslii, connu sotts le nom de Kauzau-zou, étudia sous Mintcho, se pénétra profondément du
six le de son maître, excella dans les scènes bouddhiques et aussi dans les personnages.
kan-dèiiçou , surnommé Seki kyaksu-shi, élève de Mintcho, traita aussi les scènes bouddhiques
et les personnages. I n dessin d'instruments de musique an Tofoukouji lui est attribué.
Dokaura demeurait a kvaulo. (l'était un peintre professionnel. Le Shvaugoun Yoshinori lui
commanda souvent des peintures. On lui attribue une peinture en couleurs au Shyau Kokouji, dans
la porte principale <|es llakan.
École Soung-youèn.
Donliau, dont le nom était Shyou-\vo, est élève de Mouso du Tèn-rvouji. Il demeurait au
Ix • n-t (di vau j i . Il prit Mokkei pour modèle ot excella dans les Heurs, les oiseaux, les rocailles, au
lavis. Son pinceau est très libre.
Bonvau, surnommé (divokou-yèn-shi, et aussi Tchisokou-kèn, élève de Shyonokou-mvau-ha,
du Nan/.eii-ji, habile dans les Ileurs et les oiseaux au lavis, excelle surtout dans les orchidées. Son
stvle rappelle surtout celui de Mok-ki.
Jvosétsou, m; à kvoushou, demeurait à kyauto chez Kan-bau-ken du Shyaukokouji. Son talent
lui attira la faveur du Shvaugoun Yoshimitsou. Il se pénétra de l’esprit des grands maîtres des Soung
et des Youèn. Les artistes qui imitaient le nouveau genre de peinture chinoise faisaient de .Jyo-sétsou
leur chef. Dans la préface de ses dessins de Xamatsou, on peut lire : « Le premier ministre a fait
créer par le bonze Jvosétsou un nouveau genre de peinture ». Cette peinture est conservée aujour¬
d'hui dans le Taizau-au du Myaushinnghi. Les autres œuvres qui subsistent de lui sont extrêmement
rares.
Shyouboun, surnommé Lkkei, ne en Au mi, demeurant au temple de Shyaukokouji, a Kyauto,
a/
fut r F o si 1 1 (fonction religieuse), étudia la peinture sous Jxosetsou. Il montra du talent dans le coloris
léger, usa des procédés de Ba-èn Ixakei pour le Soumiyé, qu il pratiqua. Les disciples de Sesshyou
et de () Kouri Ixano anciens et modernes, lont de Shyouboun leur introducteur dans 1 art des Soung
et des Youèn. Par là aussi Shyouboun a bien mérité de I art.
Paravents a paysages. — Malsoudaïra-moliaki.
Bœufs. — Kvaulo. — Shyaukokouji.
1 32
pi. XL1I [i]. _ Coucher de soleil al bord d'ln estuaire. — Ulisaka Aonjila-tl< n.
Ce n’est qu’un petit kakémono de om,84 de hauteur, mais d'un earaelére gracieux, qui
évoque la scène avec force.
PI. XLII [‘2j. — Paysage d’automne. — Baron Kouki Hvouitohi.
Comparé au précédent, le stvle en est négligé, mais le rararloio «*n »‘>t ti« > f '■'!
un bon spécimen de 1 art de Shyouboun.
Gougyokou, qui demeurait au Tü-foukouji, est un habile poète en meme lemp* «pi un
peintre de talent, surtout dans les sujets bouddhiques. Il peint genéralenmnt ;i I em r«*. Il «'India
Moklkéi et s’inspira de Mintcho.
Shimwo, appelé ordinairement No Ami et surnommé Au-çai, remplissait aupns «lu Shyau-
goun de Mouromatchi le rôle de bouffon. Il eut pour maître Shyouboun. < hi lui doit d- - pa\>. «“<■>,
des personnages, des fleurs et des oiseaux. Son pinceau élégant pénétra bi«*n !«• sl\l«* «b> Nmn^
Il excellait aussi dans le Rènga (réponses poétiquesi et dans rarrangenmut «h*" parcs II a\.ot
une réputation d’expert en calligraphie et en peinture. Dans les àg«*s suivants, «m s « >l appny*- -ni
ses conclusions.
Une paire de paravents : paysages à l'encre. — Kyauto. — Myau-hiunji.
DaRNIA : A DROITE ET A GAUCHE, OIES DANS LES ROSEAUX H kakémono . — K\alll<>. — |>, ! i u| K >
Kan z au et Jittokou (a rouleaux . — Kyauto. — Daîtokouji. Kobau-au.
Ogouri Sô-tan, porté naturellement vers la peinture, étudia sous Shvouboun S.* loin In*
vigoureuse fit école. Son talent de peintre le fit attacher à la maison de Mouro-mat< lii. \u « I « I > 1 1 1
de chaque année, il offrait un paysage peint au Shyaugoun, qui lui donnait un <<>stum»*d" saison.
Au milieu de sa vie, il entra au Syô-kokouji, se rasa et devint bonze. Il fut nomme .Ivair/a. \h <
lors son talent fit de grands progrès. Il pénétra l’esprit de Moklkiéi.
Soga Djyaçokou, de la province de Etchizu, fonctionnaire militain*, aimant la peinture,
prit pour maître Shyouboun. Il peignit des personnages, des pavsages, «les Heurs el «h " nis*Mii\
Esprit délié, pinceau hardi, il peut être considéré comme un des maîtres de cette epo«pic Ions
ses ouvrages sont pleins de vie.
Austérités de Shyaka. — Kyauto. — Daîtokouji.
Fleurs, oiseaux, paysages (suite de \ rouleaux . — Kyauto. — Daîtokouji
Les deux wau (2 rouleaux). — Kyauto. — Myaushinnji.
3 au Daîtokouji, à Mouraçakino. Il était le fils de l’empereur
Gokomatsou (NCIX). Dès son enfance, il quitta la famille impériale pour devenir disciple «le
Woshyau Sodon, du même temple, suivit la doctrine «h* Zèn et, «ai peu «h* temps, devint hou
So (grand prêtre). On vantait sa vertu solide et sa profonde sagesse. Cherchant «huis la peinture
un délassement de ses devoirs religieux, il étudia avec Soga Djyaçokou. Il traita les personnages,
les paysages et les plantes. Son pinceau original a une saveur toute particulière.
I oki 1 omikaghe , lamourahi de I oki , en Mino , adopta la manière «le Shyouboun et
excella dans le paysage, les personnages, les fleurs et les oiseaux. II peignit surtout les faucons
avec un OTand talent.
O
1 oki lô-boun, iils du Daymyau de Maça-louça, bon peintre, se distingua surtout
dans les Koumataka. 11 fut aussi bon poète. On a conservé de lui des calligraphies et des
peintures.
Le bonze Shyabakou, surnommé Ghèssen, eut un pinceau vigoureux, dans la manière de
Shyouboun.
Histoire de l’Art du Japon.
MONJYOU EN MER
XVe siècle (R. Ouhéno Osaka).
«
Le bonze l\ au l'éi, d’abord prêtre de la secte Uitsou, demeurait au Toshyau-taïji de Nara.
Il est connu sous le nom de Nara-lmughèn. Il fut Edokoro de kaçouga et peignit surtout des
scènes bouddhiques. Il étudia aussi sous Shyouboun et lit des paysages et des personnages. Il
se pénétra plus tard du genre Eiang-tclii et, enfin, s’inspirant du Woshvau Ikkyou, il acquit une
manière de plus en plus vivante.
1 * a y s ,v < . r. \ goi.oiia nox légère (?. ri >n Iran N . — Au marquis Hatchiçouka Moliakira.
PfiimiAii i»r ciiami maître Dhahma. kvauto. — Dalkokouji.
Sli yaukéi, surnommé I Iinn-rakouçaï, fut d’abord sliyoki (employé) au Kèn-tchyau-ji de kamakoura,
de sorte ipi on I appela kei-shyoki, kei l’employé. Très doué pour la peinture, il étudia, pour
1 encre, Mokkéi el en reçut la tradition par Shyouboun.
tdiei Ami, ayant vu des œuvres de lui, eu loua l’élévation, l’invita à venir chez lui et,
lui montrant tous b*s ouvrages de dessin qu’il collectionnait, les lui fit copier, dit-on. Dès lors,
le talent de Shyaukéi lit de grands progrès et s’ouvrit une voie nouvelle. Son pinceau, d’une
beauté fougueuse, est d’une élégance unique.
k WA m non \\m Yi \mi i Yi \\ MiM. i i Hiakoi L i-im n) à sa droite i‘t à sa gauche (3 rouleaux). — Au marquis
Mori Molnnori.
I.is maîtres m Zi \ m lli i-oex, i:oni iMiM.ANi ms pêchers kx fleurs, — kvauto. — Mvaushinnji. — Rei-
oun-in.
5 Ru xx rnrri' . - kvauto. — Raïtokouji.
Mox.iyoi . kvx/AX. Jittokoi ! rouleaux . kvauto. — Hoiulioji.
Paysage. Ohsaka . — Au lliraré Kaminosnuké.
RI. XM1I. MoNJYm in m i h . Ohsaka). — Ouhéno Ri-ilchi.
Apparitiox ni Moxjyov Iîosatsoi ex me h (encre sur papier.
Le pinceau, manie avec sûreté et liberté sans pourtant tomber dans la négligence,
montre bien là la manière personnelle de keishyoki.
So-ritsou, (ils de Ogouri Sô-tan, prit Shyouboun comme modèle, et fut enseigné par son
père So-tari. Il est célèbre pour ses peintures de vieillards à cheval et de chevaux.
Sinnghéi, fils de Shinno, |>lus connu sous le nom de Ghéi Ami-Gakousô, fut employé par
les Mouromatchi. Son art ressemble à celui de Shinno.
Sesshvou, de son vrai nom Tovo, né à Akahama en Bitchyou, riche d’heureux dons
naturels, prit pour modèles Jyosetsou et Shyouboun, et créa un genre nouveau. Parvenu à l’âge
d'homme, il entra au Sô-kokouji de kyauto et fut élève du bonze kôtokou. 11 alla aussi au
kèn-tchyau-ji «h* kamakoura, où il s'inspira de Ghyokou-in. Pendant les années kwan-shyau (ij6o-
i |(>(j , il s'embarqua pour la Ghine où l’empereur, goûtant son talent, lui lit peindre une muraille
du Ling-po. Sur la demande d’un Chinois, il exécute les trois vues de Miho, de kiyouri et du
l’ouji. Le célèbre lettré Tauki fit alors un recueil de longues poésies à la louange de ces
paysages. Malgré le succès que lui firent les Chinois, Sesshyou rentra au Japon, choisit un
I erra in à Souhau Vamagoutchi et, ayant construit la maison de la vallée neigeuse, il y lixa
sa résidence. Dans l’œuvre de Sesshyou, tout est beau. Mais ses paysages surpassent tout ce qui
a été jamais fait. La solidité de son style et la sublimité de son génie n’ont pu être égalées par
aucun autre peintre.
Cependant sa modestie ne fut pas troublée par son talent. Les Mouromatchi lui ayant un
jour commandé les peintures du konden, il proposa kano Ohoino à sa place. C’était un esprit
indépendant et original.
pi \klY. — Makimoxo de paysages. — Au prince Môri Motonori.
Paysages des saisons. — Au marquis kauroda Xagashighé.
Su va k a et t, es i (i rakan (17 rouleaux). — kyauto. — Iloujvauji.
20
Shyou-ghetsou, de son vrai nom To Kvvau, était offîeier. Il fut ïVî-shyou do Sais . a. Plus
tard, il se rasa la tête et se lit bonze. Aimant la peinture, il prit Sesshyou pour mai . . le
comprit profondément. Lorsque Sesshyou alla en Chine, Shyou-ghetsou l’y suivit, s., . .
brilla à l’étranger autant qu’au .lapon. On trouve, de temps en temps, dos " nvros signe..* .
« Shyou-ghetsou-myou-tau », c'est-à-dire : « Shyou-ghetsou qm alla en t.luno . Il a, . son
maître, la touche sûre et magistrale. Il a laissé des (ouvres qn aucun élève do Sesshyou u n
égalées. Beaucoup de ses paysages ou personnages à l'encre sont très ddïiede- n distinguer do
ceux de Sesshyou. On peut dire qu’il a bien continue la tradition do ce mmlro
Paysage i rouleaux . — Au vicomte Itlatc Menétioto.
Pc KixzAN.il. — Au baron Milsoui Hatehirau Ouvcmon.
Sliyoukau demeurait à Tabouininé, en àamato. Il apprit la pmiiliiro a\er Sr>*di\mi. ««qo.t
ses paysages à l’encre et devint très habile. H suivit Sesshyou dans sou vn\ âge • • u ' hm< • \ . <
Shyou-ghetsou. Beaucoup de ses œuvres sont siguees lo Km Hi\ mi k.«u
l’Oriental.
Kano Maeanobou, connu généralement sous le nom de Shiraiijn -m , « h ni;' plu- * od • n
celui de Ohi-no Souké, fut Etchizen-no Kami et laifou «lu bureau «h*** rites. < - • * l • • 1 1 ! • lik .on
de Déwa-jirau Loujiwara Kaghé-nohou. Comme il denmurail dans le ullagt «h K.on • g"hn «l<-
Kano en Idzou, il prit le nom de Kano. Il fut employé par le-s Sh\ aiigoun Mtaironi.il' In ■ t
attaché de près à leurs personnes.
Tout jeune il aima la peinture, étudia sous Shyouboun « * t Su-tan «•! conquit I * i • 1 1 1 ■ • t nie
magnifique originalité. Lorsque le Shyaugoun eut construit le Dèn-kakon , il lit I • i i • • d - • I « • « • -
rations murales par Sû-tan, qui mourut avant d avoir achevé* son ouvrage I..- >Ii\,hk t « 1 . 1 •
de confier à Sesshyou la fin du travail. A cette époque, Sesslivoii vovage.iil .i I d y < * 1 1 1 n * » - t
logeait à Sokaï. Voyant un paravent de Heurs et d'oiseaux «pii s** trouvait dan- I 1 1 « * I • • I , il
s’écria : « Cette table ressemble à celh* «le mon ami So-tnn. Qui **>l-ce qui .■» ropii* I i
L’hotelier lui répondit : « Cette peinture a «de ex«'*cut«*e par un scmkui lamilim du . . i
Kano Ohi-no Souké. » A quelque temps de là, Sesshyou, «le retour dan*' la « ipil.th . Irons .i
la commande du Shyaugoun, lui prescrivant de continuer l'œuvre laissée maclu-x «•*• par S<> lui
Sesshyou s’excusa et proposa Ohi-no Souké, qu'il déclara à la hauteur «l«* la là< In*. \m**i, il
s’honora par son désintéressement en honorant le talent d Ohi-no Souké, dont la n putalnui
grandit. Sur le soir de sa vie, Ohi-no Souk<’* fut nomme llaiighèn, se rasa les « • 1 1 • • \ • u \ «d prit
le nom de You-céi. 11 est l’ancêtre de la famille de Kano.
Trois rouleaux teintes légères . — An comte Akimoto Ükitomo.
Paysage ’>. rouleaux, teintes légères . — Au comte Akimoto Okiioino.
Shyaka, Moujyou, Y oukèx > rouleaux . — Kvauto. — Daitokoiiji.
Une paire d'écrans a grues. — Kvauto. — Daïtokouji.
I oshyoun, né a Bizèn, «Aait conducteur de chevaux «juarnl Slivouhoiin alla à Bizén. béjh
il s essayait a peindre. Accompagnant Shyouboun, il dessina en roule un cheval donl la foniu*
était juste, mais dont les pieds avaient quelque chose d «frange. Slivouboun lui demanda pour¬
quoi il avait ainsi dessiné les pieds ?
Ce qui est essentiel dans la peinture, répondit h* conducteur de chevaux, «• est «le
saisir l’esprit. A quoi bon discuter si la forme est parfaite ou non ?
Shyouboun fut frappé de cette réponse et remmena à la capitale. Il l«* fit étudier avec
lui et 1 oshyoun put se faire un nom. Il a du talent dans le paysage, les (leurs «d I < * s oiseaux.
Le bonze Yaughetsou, ne en Satsouma, demeurait au Kaçaghiji. Il étudia d’après Slivouboun
et eut Sesshyou pour maître. Son pinceau est large, son œuvre limpide.
Histoire de l’Art du Japon
PI. XL.IV
MAKIMONO DE PAYSAGES
XV® siècle (appartenant au prince Motonori-Mori).
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Le bonze Sô-yèri, né en Sagami, excelle dans le paysage. Il sait enfermer une vaste
eonceplion dans ses encres et ses teintés. Il est élève de Sesshyou.
Le bonze Shyou-tokou, élève de Sesshyou, a peint des paysages et des personnages. Il
a bien saisi 1 esprit de son maître. Il alla plus tard à Souhau-yama-goutchi et devint le maître
de Ounkokou-an. On le nomme le second Sesshyou.
Le bonze Tô-yô demeurait au An-yauji, en Idzoumo. Il étudia sous Sesshyou, fit des
dessins de Tehoung Kwéi (Shyôki) et d’autres. Sa réputation est assez grande.
Le bonze Oun Kéi procède de Sesshyou et se modèle sur Mokkéi. Il a peint des
paysages, des fleurs et des oiseaux. Son art a quelque chose d’archaïque, mais possède l’esprit
et la vie.
r
\ oughé Tocatsou, d’Ohçoumi, servait le Taïshyou de Satsouma. Elève de Shyoughetsou,
il a fait des personnages, dns Heurs et des oiseaux, d’un pinceau robuste qui garde le caractère
de son maître.
Shinn-san, fils de Shinn-ghéi, appelé ordinairement Sau Ami et surnommé Kangakou,
servit la famille de Mouromatehi et devint bouffon. Il a fait des paysages, des personnages, des
fleurs et des oiseaux, à l'encre, et quelquefois teintés, d’une élégance adorable. Il s’inspira
d’abord de Shyouboun, puis de l’école chinoise du Sud, et prenant pour modèles les Mi, père
et lils, il s assimila complètement, leur style. Il a peint les festins élégants et composé des vers
chinois et japonais. Il est particulièrement connaisseur en objets d’art et s’entendait à l'arran¬
gement des jardins. Dans les temples célèbres de kyauto, il existe encore ça et là des jardins
auxquels il a travaillé.
Si \ m\ si i: in am > rouleaux . — Au baron Kouki Ryou-itchi.
Mont I oi ji. — ( >hsaka l'oudjita l)èn-sabourau.
Su v a k a , Moimyoi'. I ' t m k i \ i rouleaux). — Kyauto. — Daltokouji.
H mis m Siio-shyu (a rouleaux). — Kyauto Okamoto Ka-sabourau.
M i mi si ,n i i rouleau). — Naeoya Sékido-mori Iliko.
l.i l oi n m \ saisons , rouleaux . — Au vicomte Narou-eé Masainitsou.
Le
Satake. Il
I litatchi.
concubine.
Sesshyou
genre à p
bonze Sessôn, de son vrai nom s’appelait Shyoukéi et appartenait à la famille
était d’Oshvou de Tainoura-gau. On dit aussi qu’il était de Boutari-moura, en
Son père voulut l’abandonner et prendre pour héritier un fils qu’il avait d’une
Il se rasa la tète et devint bonze. Doué pour la peinture, il s’inspira de
dont il devint enfin l’élève. Son pinceau pittoresque se plaisait à l’étrange. Il se fit un
art. Bien que Sesshyou ait eu beaucoup d’élèves, Sessôn, les dépassant tous, est très
renommé.
PI. XLY. — U nk pair k n écrans. Dragon »i tigre. — Au baron Mitsoui Hatckirau-acémon.
Paysage de Ryodo-rix. — Tokyau. — Maçouda Takasi.
Une paire de paysages. — Musée impérial.
Oierande a Ryoudjyo. — llvaugo. — Kawa-çaki Shyauzau.
Paysage crépusculaire. — Oksaka. — A M. Foudjita Dèn Sabourau.
Paysage a pavillons. — llyaugo. — A M. Kawaçaki 'Shyauzau.
Yamado-dau-au, était officier et demeurait à Foukou-zoumi, en Yamato. Il suivit Shyouboun
et aussi Sesshyou, étudia les Soung et adopta leurs idées. Sa facture a de la délicatesse.
D’abord riche, il consacra sa fortune à réparer quantité de temples.
Settakou était d’Oshyou. Il suivit Sessôn, dont il saisit bien le genre. Il a peint des
scènes bouddhiques et des personnages.
Soyéi se modèle sur Shyouboun, imite aussi Sesshyou et Sessôn. Il a dessiné à l’encre
«/
des pâtres, non sans talent.
Kano Moto-nobou, fils de Maça- nobou , très doue pour la j >» * 1 1 1 1 u i « * , lui « • I m > \ « • des
Mouromatchi. Jeune encore, il les servit de près. Tins tard, il lui I .l< hi/< i-iimkami H Int
nommé Haushèn. Il fut Edokoro. On le connaît sous le nom de Ko-lmu-ghèn le vieil I l.m- li. n
u
Il apprit d’abord son art avec son père, et il aimait aussi le genre de Shvouhoun e| de Su-tan.
Il étudia encore les grands maîtres des Soung et des Youen. Il prit pour femme légitime
Tchi-yo, tille de Toça-mitsou-nobou. Ce mariage le lança dans de nouvelles études. Il appro¬
fondit le style des Toça et les procédés des peintres chinois >‘1 japonais. Il fut te créateur de
cette école de Kano qui a duré plus de trois siècles. Hans tout ce qu il a lait, paysages,
personnages, fleurs, oiseaux, il n’est rien qui ne soit très beau. Sun pinceau et -<m . n« r»* sont
magnifiques, débordants de vie et d'éclat. La Y année Yeislivaii i . il lit plusieurs albums
qu’il envoya en Chine par un vaisseau marchand. Ou compte qu un grand peintre ehiiiois.
les avant vus, s’écria : « Depuis cinq siècles que le Japon est connu de la Chine, » >n n i
encore rien vu de pareil. Si j allais au Japon, je me ferais le très liumlde disciple d«- « « inaîti.
uni Ijini.
\tv .111 Sliin ji.
ïtt’â-ou-iiin.
Kr
1-4 >11 tl - 1 tl
I I .1 1 1 1 * * 1 1 1
d les a
c « * 1 1 e>t
Vues de Ohéyama (rnakimono). — Au marquis Ikeda Akiinasa.
Shyaka avec DES 1LEUBS et des oiseaux a DROITE I I \ (.Al t III *. l-oulraiix . A l u S.i
Une paire de paravents en couleurs : pays un — \ti |>riuve \E>ii M i|..n u .
Miracle de Shyaka <> makiiuonos . — A amashiro-shô. — Seirvauji.
Pay'sage. — Au comte Iclate Monénoto.
Shyaka Dharma, RiuzaI. — Kyauto. — Daîkokouji. — Seikwau-in.
Bord de l'eau a l automne : oies sauvages alun i >i doser. — K \ au i ■ * .
Fleurs et oiseaux; cascade (', kakémonos. Kvauto. Mvau Sliin- ji.
Paysages avec pavillons ((j kakémonos;. — Mvau Shin-jE tU-i-oun-in
Paysages : effets de neige ((> kakémonos — Mvau Shin-ji. Bci-min-in.
Paysages : effets de lune C> kakémonos . — Mvau Shin-ji. — Hei-onn-in.
Paysages : effets de pluie ((> kakémonos . Mvau Shin-ji. — Bt i-onn-in
Encre : 8 vues de Shyosho kakémonos). — Mvau Sh i n— ) i . K< i-oun-in.
Légende de Ivouramadéra j kakémonos . — \amashiro. — Kouramadéra.
Paysages (12 kakémonos). — Kyauto. — Daîtokouji-shyou-kwau-in.
PE XI. N I [ij. — Question sur les merveilles de Ki is\i — K vaut". Mv.iii Sliin |i. II. -<
(j pieds. Suite de \ kakémonos.
Un amateur ayant demandé à Kano -moto -nobou les merveilles de K»,i>au ,
représentées a 1 encre, dans un soir estompé de vapeurs nuageuses. La poisperli\
admirable.
I E XL \ i Tj. Grues ( foucourna, panneau de porte glissante . — Kvauto. .Vin / • ■ n— j 1 , g pu d'
Une grue est posée sur un vieux pin, au bord de l’eau, l/art en est sûr et puissant,
tant pour la composition que pour l’exécution.
Kano Youkinobou, 2e des trois fils de Maça-nobou et frère cadet de Motonobou, est
connu ordinairement sous le nom de Outa-no-souké. Il étudia d’abord avec son père. Luis
s’adressant à tous les maîtres des Soung méridionaux, il forma son talent. Ses paysages, ses
personnages, ses oiseaux et ses fleurs ressemblent extrêmement à ceux de Motonobou. Ses
œuvres non signées sont de temps en temps expertisées à tort, comme étant de Motonobou.
Sa touche est plus lourde que celle de son frere. Il excellait dans les grandes peintures
1 chi-Y o-dj\ o , fille de loça M îtsou- nobou , femme de Kano Motonobou, étudia d’abord
avec son père et fut alors appelée Mitsou-hica. Plus tard, elle changea progressivement de sfsle.
Il ne reste d’elle que de rares œuvres, d’ailleurs vigoureuses, bien composées et d’un coloris
charmant.
Kano-Sou) < -yoii, 2 fils de Motonobou, fut Djibou-shôyou sous-vice-ministre des cultes).
Son trait et sa touche sont sereins et purs et ressemblent aux œuvres de la vieillesse de son père.
Histoire de l’Art du Japon.
PI. XLV.
♦
UNE PAIRE D’ÉCRANS, DRAGON ET TIGRE
XVe siècle (appartenant au baron H. Mitsai).
X
kano sli\au a ci, >' fils de Motonobou, connu sous le nom de Nao-nobou, bien (|iie loin
<1 égaler son père, est néanmoins un peintre de talent.
Kano ( di\ okon-rakou, dont l(‘ nom était Sô-yu, étudia avec Motonobou et pénétra l’art de
son maille. Son talent le lit prendre au service du Daïmyau de Sagaini, Ilodjô Ouzimaça.
Kimoura Nagamilson, de Ainni, d’abord au service de Açaï Naga-maça, puis choisi par le
laikau I < >\ < >1 omi- 1 1 n leyosh i comme « serviteur à droite et à gauche », eut pour maître Kano
Motonobou, et peignit gracieusement les Heurs et les oiseaux.
Ashikaga à oshi-milsou, surnomme len-zan, aimait la peinture. Il se plaisait, de fois à autre,
a taire «les encres. Il possède beaucoup le sentiment du Mokkei.
Ashikaga oslii-molclii , surnomme (Ilièn-zan, /ils de 'l oshi-mitsou, bon poète chinois et
excellent ea 1 1 igraphe, eut pour maître Mintehô et peignit surtout des Iwvannon Taïshi.
Ashikaga 'loshiimicn, ayant laisse le gouvernement à son /ils Voshi-lliea, bâtit le Ghin
kakouji a Higaslii-vama et se retira dans le rogyou-dau. Aussi l’appelait-on Ifigashi-yama-
dono. I.a, il s adonna a la poesie chinoise et japonaise, et mit son plaisir dans l’encre et le
pinceau. Il passa ses heures parmi les élégances littéraires. Pour la peinture, il s’adressa aux
maîtres des Soung et étudia aussi le style japonais. Il traita tous les sujets; paysages, person¬
nages, Ileurs et plantes. Son pinceau a une élégance naturelle.
I akeda-harou-nohou était Daïmyau des kalii et général fameux, quand il se rasa la tête
et devint bonze, sous h* nom de Shinn-ghèn. II pratiqua la doctrine de Zèn. Il avait du talent
connue poète et comme peintre. Ses (ouvres sont très soignées et d’un genre archaïque. Il a
bien choisi I esprit de No Ami et San Ami et possédait une aimable inspiration.
CHAPITRE IV
Sculpture.
A partir des années Ghèn ko iTD-iTlji, les guerres successives désolent l’Empire,
qu elles conduisent au comble du désordre. Les arts subissent alors une éclipse. Comme
les autres, la sculpture traverse une période critique. Cependant, les circonstances ambiantes
et la propagation de la secte Zèn créent un nouveau courant artistique. On voit surgir des
«ouvres comme les portraits dos llonshi, et des statues bouddhiques 1res remarquables. Les
maîtres imagiers continuent a travailler. Ainsi I école de la y a\enue peisiste depuis Kau-
shyoun de l’âge précédent, et, de père en /ils cette famille aboutit à Kau-shyou. L’école
«le l’Ouest, depuis kau-véi, de la période précédente, va jusqu’à Ko-séi. Mais cette lignée
s’arrête là. Les autres statuaires, quoique produisant encore des œuvres relativement nombreuses,
montrent un art soucieux de la grâce des formes, mais dénué de vie, d’animation et d’expression.
Les statues bouddhiques de ce temps sont souvent couvertes de laque vermillon, ou simplement
laquées et décorées d’or plaqué par-dessus. A cette époque, le Nô-gakou est très florissant
et chaque Daïmyau appelle les artistes habiles en cette spécialité, qui devient alors celle d’une
famille.
D’autre part, on fait beaucoup de masques. Des spécialistes surgissent, qui se
préoccupent avant tout de l’expression, et nombreux sont ceux qui font preuve d’une grande
habileté. Parmi les masques conservés aujourd’hui, on cite ceux des auteurs de la période
précédente: Tatsou-émon, Shvakou-dzouroii, Himi, Otlii, ko-ouslii, lokouwaka. Si I <»n examine
de près ces œuvres renommées, on s’aperçoit qu elles paraissent plutôt appartenir a cette
époqne-ci qu’à celle de kamakoura.
Zo Ami-Foukouraï, Sliyoun- waka, Iloraï, Tsliikouça, San - kwaiibnu, etc., faiseurs de
masques de ce temps-ci, sont célèbres, et leurs œuvres sont estimées. Mais ee fut quand de
l’école de San-lvvvaubau furent sortis Mitsou-Terou, Tchika-nobou et kaukèn «pie la sculpture
des masques devint un art ayant ses traditions. Les masques étaient en usage depuis l'antiquité:
mais ils ne servaient qu'au Gikakou (musique seule), au Rougakou musique ef danse*, au Xatsmi-
gakou (cérémonies variées), aux fêtes shintoïstes et aux assemblées houddhi-tes. Le >nilptrur
de masques pour le Nô ne s'esi montré réellement qu’à Féj)oque actuelle. Far la N<» a rumniem <
à être pratiqué au début de cette période.
Genres et procédés.
Les statues bouddhiques de cette époque sont généralement an boi-. < >n \ ajout- d« s
couleurs. Souvent la décoration est magnifique. On use de mosaïques il or, ou bi» u d'urn*
décoration très épaisse ou de laque. II y avait aussi quelquefois des tontes, nuis • ll«- * • t . * i * ni
extrêmement rares. Les masques, bien qu'il en existât d'anciens lait- an htqua >*•<■!)• ou ni
papier, sont à cette époque presque toujours en bois sculpté, et la face a>| * nti* i m* ni « I • t o i . .
d’une peinture épaisse, détrempée à la colle. Les cheveux et la barbe sont peints ni noir L* -
démons en fureur, par exemple, ont las yeux enchâssés de métal. Il an exista <! un* d* < • *r.itioii
brillante et magnifique.
Mais 1 intérieur est tout simplement raboté sommairement et laisse voir las tracas <lu
rabot. Il est peint en noir ou en ocre rouge, et quelquefois couvait d'un légar laquage. Omlqmluis
le bois est resté brut. Ces traces du rabot appellent F attention des experts: car r'asl par ail* - qu ils
déterminent Fauteur et la date, comme on reconnaît Fauteur et la date d'une lame aux marquas
de la lime.
Pour la coloration des masques, il existe toutes sortes de procédés. (Ihanin a se*,
particularités. A partir du milieu de la période, les auteurs ont pris l’habitude de les marquer
a leurs sceaux. Ce sont des sceaux a chaud appliqués au revers du masqua. Fins tard, d arrive
très fréquemment que les noms expertisés et les noms des experts soienl inscrits an laque. < >u
voit, dans la suite des temps, Fart des masques devenir de plus eu plus parfait.
MAITRES ET ŒUVRES
Œuvres bouddhistes.
lxau-ei, i4e génération de Djyautcho, est fils de Kaushyoun. Il fut lloghén. Il eut pour
iils le Hôghen-kautan, qui engendra le Ilô-in Kau-kitsou, lequel fut le père de lbï-in lxau-ei.
Le fils de ce dernier fut lxau-tchinn, père lui-même du llaughén Kau-rinn. En des Iils da celui-ci
fut le bonze Kyaushyou qui demeurait en Mino, fut lloghén et maître imagier du To-ji. Ees
sept artistes étaient de l’atelier du milieu de la f avenue et passent pour être de la lignée
directe de Djyautcho.
kaii-shyou, fils de Kauyéi, surnommé le lloghén de Shimotsouké, fut maître scul]iteur du
To-ji. Il vivait vers l’époque Oyéi (i394-i428). Son fils Kauséi, surnommé le llo-in do Boungo,
fut attaché aussi au To-ji. Le fils de celui-ci, Ko-sei, fut également maître imagier au même terni
Ces trois artistes sont la lignée de 1 atelier de l’Ouest de la avenue
Histoire de l’Art du Japon.
1
PAYSAGE (par Kano Motonobou).
XVe siècle (Myau Shinji-Rèioun-in Kyauto).
%
CIGOGNE (par Kano Motonobou).
XVe siècle (Nanzénji Kyauto').
éZ
MASO! KS
I ‘ •g. > >■ Celle scu I pi lire en bois <1 une exécution extrêmement fine est entièrement laquée en
noir rehausse de fils d or (‘I de pierreries incrustées,
bile es I du commencement d<* la période d’ Ashikaira.
Snu style diffère ;i celui de l'époque de Knmakoura à
eause de I mlluence de la sculpture de Song. La tendance
vers la finesse atteignit a celle époque un point exagéré.
La délicatesse a remplacé le caractère.
Cette lie-ure représente le mieux le style de
1 époque.
/«> Ami 1 1 iealzougoii vivait pendant les années
Liwa i >7*)-i >j<) et demeurait à Kyauto. Il fut, dit-on,
houlVon de \sIiikaga-voslii-milsou . Il a sculpte surtout
des masques de femmes.
I oukouraï Ishiw aii-bé-mava-tomo vivait vers les
aimées <Kei i Iqj-i j *».N , habitait Irchi-djvau, en Ltcliizen.
()u dit que I nier de sculpter des traits dans les masques
de démons \ ienl de lui.
Sh\ oiinwaka, dit Tamba-no- kami, cousin de
»
Tokoiiwnka, montre un coloris sommaire et fruste, mais
poli, qu'on appelle communément nbura llaria (peau
grasse).
Ilaurai, lils de Loukou-raï, fait preuve d'uu coloris
doux et délicat.
Tehi-koiiça , habile sculpteur, a fait aussi des
gardes d»* sabres et des pauses de tambourins. Coloris
sommaire et. doux.
San K \> an-bail vivait vers les années Boummeï
( i 'jGj-i pSjp Il demeura d'abord en Ltcliizen. Lins tard,
il passa en Aumi et en Vamashiro. excellent sculpteur
de manques, tout ce qu'il a fait est très soigné. De
I école de San Iwvaw-bau sonl sorties des écoles de sculpteurs de masque. Lu voici la liste :
Kwannox Avalùkitésvara, sanscrit .
Musée impérial.
SAN KWAU-BAl
mil son ;
,<• IAim.i Di Ivkiii/i n Di-mi:. — .lirau-zaé-iiioii-inilsoii-lérou lits aine de Sau Kwau-bau).
•Z» |.;( (l, , in Acmii-zkki. kadzouça-tio-souke-lehika-noboii. .Iirau-zaé-mon ,
>° Kcoi.k ni: Ou mo I ) i mi . — Tai-kwanbau-kwaii-ken.
Jirau-zaé-inon-mori-
CHAPITRE \
Architecture.
Cette époque étant Père de grande prospérité de la secte Zèn, ses constructions religieuses
les plus importantes sont les monastères Zèn. Leur type est peu varialde. I ) ordinaire, la façade
est au Sud. 11 y a une porte principale. La salle de Bouddha, la salle dr la loi, la maison
abbatiale se suivent. Un beffroi s’élève à part. 11 y a encore la bibliothèque, la salle du fondateur,
la salle de bains, etc., beaucoup de dépendances qui, naturellement, ont pris d**s formes variées.
Le grand portail n’offre pas de différence avec les formes qu on appelle de Vira, ainsi que «•••Iles
de Ileian. Le type est établi, semble-t-il, pour servir aux Ages suivant".
Le sanctuaire de Bouddha et la salle de la loi ont une forme identique, invente** entiè¬
rement à cette époque. Le double toit; le pavage en carreaux; les plafonds avec n»are> en
planches polies sur lesquelles est peint le plus souvent un dragon; 1«* slyh parti* uli«i des
Koumimono, dit à la chinoise; les avant-toits doubles avec des chevrons halaii**--.. . t maid*i<*
d’autres points de détail sont tous traités fidèlement de la même façon dans (nu* l**s temples
de Zèn.
D’autre part, la décoration extérieure et intérieure, elle aussi, est simple, <<uihnui* ne ut m\
doctrines de la secte. L’extérieur n’est jamais décoré de couleurs; l'intérieur n a pas < ] . <lnrm.*s.
Comme type parfait d’architecture Zèn, il subsiste aujourd’hui, à kyauto, h* Daï-tokouji *1 I.*
Myau-shin-ji ; à Kamakoura, le kèn-tchyauji est très complet.
A Kyauto, le Tenryouji, le Kenninn-ji, le Shyo-kokouji, h* To-fonkou ji, ainsi que I. Man
jyouji sont les cinq solitudes Zèn. A kamakoura, le kèntehyauji, l<* Lnrvakouji, l<* J\«»u l*aik*»u|i,
le Jyautchiji, le Jyaumyoji, sont les cinq solitudes Zèn. Dans ces deux >**i i**N, on t r< >ux • .1**" ressem¬
blances et des différences dans le plan et dans la forme. A kamakoura. le style est plutôt
maigre. Los couvertures sont pour la plupart en chaume. Huant à la valeur architecturale. I.s
temples de Kamakoura sont loin d’égaler ceux de kvauto.
En matière d’architecture laïque, les châteaux sont constamment brûles et reconstruits.
Et cependant, on ne constate pas de changements notables dans 1<* sl\le. Bien qu*\ pour les
\ ashiki, le Shinnghen Djoukouri ait été remis en honneur par les Ashikaga, on m* \<*il plus
les procèdes antiques purs. Il semble qu on ait adopté les formes «lu Bouké-djoukotiri.
Ainsi, le célèbre Yashikidé-mouromatclii, fait par Ashikaga Yoshimitstou , était un
compromis entre le Shindèn-djoukouri et le Bouké-djoukouri apparu à l’époque de kamakoura.
Après tous les troubles des années Oninn 1067-1/JG9), naquit un style particulier, appelé Shvo-
in-dzoukouri, fort en faveur dans les hautes classes.
Ce nom de Shyo-in, à l’époque précédente, existait déjà, mais le développement
complet de ce style appartient à la fin de la période actuelle. Les règles n’en sont pas du
tout les mêmes que celles du Shindèn-djoukouri. Les caractéristiques consistent <*11 ceci: le Hlièn-
kwan (porche), le youka, les placards et la bibliothèque. D’un autre côté, l’architecture des
pavillons de thé s’est montrée vers la fin de cette époque. Sa particularité la plus remarquable,
c est quêtant très simple et très sobre, elle atteste au plus haut degré le goût Zèn.
De 1 assimilation des temples Zèn aux Yashiki naquit une architecture toute spéciale.
Le Kmkakou du Rokouenji; le Ghinkakou du Jishôji, ainsi que le Tô-kyu-dau en sont des
modèles. Quant à l’architecture des Yashiro.
nous n en savons pas grand chose. Cependant,
Histoire de l'Art du Japon.
PI. XLVII.
I (> I
I i ii 11 u< ‘ihm* des h‘iii|il('s /ru a du s étendre même aux Yashiro. Il y a beaucoup de raisons qui
Irinlenl a confirmer celle hypothèse. Dès la période où nous sommes, par suite de l’inüuenee de
I architecture boinldhisle, les règles de la construction des Yashiro et jusqu’à ses procédés de
détail se modifient, bile a donc du emprunter alors, pour la première fois, les Koumimono à la
chinoise el des goûts zènesques.
MONUMENTS
I OHl Al L 1)1 I O I* O f KOI 1 1 « — ^ il fil î|S h iro . - | O fou koii |1 .
C’est
un excellent exemple <
exactement la
date de ce portail, il s
faite pendant
les années Ovci i3qj
trois baies. S
a grande échelle, ses pr<
un caractère
remarquable.
Si I <»n examine les details, ses koumimono sont tous à la chinoise et simplement décoratifs.
Les balustrades, avec leur forme particulière aux temples Zèn, la forme des toits, la courbure des
avant-toits, etc., tout cela est la preuve d une calme vigueur d exécution.
IM. \l.\ll. — kiNKAkot. — Yamashiro. — Hokouenji.
E est un pavillon à trois étages, couvert en écorce de pin ( Chamoe ci/paris).
Dieu < pie sa disposition procède du temple Zèn, il ne produit pas, comme la salle et la pagode
de celui-ci, un elle! austère et solennel. On a évité de lui donner le caractère mièvre d’un palais
ordinaire. L'exécution ne s'est pas enfermée dans des règles étroites. Elle est souple et libre, et
cette forme particulière a été très heureusement réussie.
< illINN-kAkOI .
^ •iiiia>liiri). — Jistio-ii.
Sa disposition o>f tout à lait semblable à celle du kinn kakouji. Seulement, comparé à celui-ci,
il a est pas d un caractère aussi large et n’a que deux étages.
La salle Zèn du Tofoukouji est aussi de la même époque que le portail. Le Aisendau du
Manjvouji également présage cette époque. Le sont des monuments qu’il est nécessaire de
mentionner. ()n peut citer encore, refaits à cette époque et montrant bien le goût du temps, la
pagode à cinq étages du kofoukouji de Nara, ainsi que le kondau de 1 Lst.
En résumé, l'architecture de ce temps, abstraction faite de la diversité des genres, présente
généralement des cléments simples et nets. Ln un mot, on peut dire qu elle a le caractère Zèn. Les
manifestations nouvelles de I architecture de ce temps sont :
i" L’achèvement des formes du monastère Zèn ;
2° L'apparition du Shyo-iri-dzoukouri et aussi l’origine de l’architecture des salles de thé;
3" L’apparition d’un style d’architecture combinant le style du palais et le style du temple Zèn;
4° La reconstruction ou restauration entière des anciennes constructions et parfois leur
rajeunissement.
21
- 1<)2
CHAPITRE VI
Industries d’art.
L'art du métal, dans la première partie de la période des \shikaga, m* dilLue pa- * m>rnn ne ni
de celui de la période précédente. On imite les objets importés de I étranger et on \ ajout, aussi un
sentiment nouveau. La fonte, l'incrustation, le repoussage maintiennent leur Imlulete I " tnim
A l’époque de Higashi-yama apparaît dans le monde le sculpteur < »«>1;m-y«>u-dj\ .ni. ^"*s ■ I « »ns pi - •< • u\
il les consacra à l’art des sabres et il produisit des chefs-d «ouvre de ilrlicalc»**, sans pur I nm I . •
période précédente. 11 inaugurale style de la famille tint au qui «levait se Iraimimt 1 1 <• d- n- i ei ;
en génération pendant quatre siècles. On peut affirmer que c'est I < >u \ . 1 1 u i ■ < I < * la _ r a 1 1 < L • - c d.
l’art du métal au Japon. En outre, dans la famille des armuriers Mynii-h liinn. au « <eiun> "mut •!•
cette époque, parut le fameux artisan Mouné Yaçou, «pi’on peut app«‘h»r lano tr*- «b* la r* ■ n.t i — .1 n<
de l'art des armuriers, et dont les descendants devaient continuer la tradition p 1 j 1 1 > b -
Tokouga'vva. Surtout à la 17e génération, Nobou-ive, des annee> Lmliv.iu 1 ><>j-i >' 1 . I 1
1 53a— 1 555), fut très expert en l'art de forger le fer. Il a produit «piaiilil* <1 <« u\r- ** f.un- u-. ~ - t
formé beaucoup d’élèves, parmi lesquels Sawotome-nobou-vaçou, < * n I r< * autres, «pii . polira I 1 blé i
son maître; leurs descendants, de génération en génération, produismuit d«-> ««un « ■ • - a. In 1 «bb -
Ce fut surtout la fabrication des casques qui devint lart traditionnel dns Sawnlmiu'
L’art de forger les gardes fit, sous les Ashikaga, «le grande progrès «•( devint me -p'* 1 dit
Ainsi la maison des forgeurs de lames Oumè-tada fut surtout habile dan- but d. - _ar-b Sbiule
voshi fut employé par le Shyaugoun Yoshi-mitsou, sur I ordre duquel il lit «1rs tsouba. «b s .imn aux
et des pommeaux de sabres. Shighé-taka fut employé par b-s deux Shvaugouns A < »*-. 1 1 1 1 1 a r* > 1 1 .1 A ..-lu
aki, ainsi que par Ota nobou-naga. 1 ) « * s lors, l'art « 1 < *s gardes acquit sou imb p«mdan<".
Pendant les années Mei-tokou 1 Iqo-i jp j , >«ms l'empereur ( «oko-matsou Y < . I Y , vivait <u
Nagato l’ancêtre des artistes en gardes, llaghi Xakaï-mitsou-tsouné. Vers le «b but «!«■ la pm i. .dn.
en Yamashiro, vivait Kané-ihé. Myotchinn-nobou-iye fit aussi «les gardes. I n artisan «!«• Kouwaua,
Iran-kèn, vers les années Ghen (i5jo-i5y3), est aussi renomme pour ses gardes.
Lart de la fonte ne semble pas avoir souflert dt*s troubles de cette époque. La huile «les
théières fait de grands progrès avec la mode «lu tcha-no-you. Ainsi, Tshikouzon Ashiya lomlit une
théière portant des armoiries de chrysanthèmes et pawlonias, et 1 offrit à la cour. Il «levinl aussitôt
célèbre. Après que le Shyaugoun Yoshimaça se fut retiré à I ligashivama, il collectionna «les «uriosiles
et surtout s’occupa des cérémonies de thé. Il commanda à Toça-rnitsou-nobou un projet «b* théière
qu il fit fondre par Ashiya. Les fondeurs Asbiya se servirent de modèles créés par S« ‘sshyou. Aussi
leurs théières portent toujours des motifs pittoresques.
A cette époque, de Ten-myô en Shimo-tsouké vinrent également «les théières célèbres. Les
productions de Ashiya, avant les années Eishyau i5o4-i52i), s’appellent l\o-ashiya (ancien asbiya).
Ce qui est apparu avant 1ère Temmon (1 53a- 1 555 s’appelle vieux Ten-myo. M ais à cette époque il
n existait pas que Ashiya et Tèn-myo. Nagoshi-ya-shitchi-rau , pendant les années llounimvau
(1469-1487) est employé par le Shyaugoun Yoshi-maça et fond pour lui «les théières, qui sont
des œuvres renommées. On appelle d’ordinaire les théières de ce temps choses de I lygashi-yama.
Elles sont très appréciées des Tchya-jinn.
i63
MAITRES ET ŒUVRES
Ciseleurs.
< " »l ()-) ou-(l jv<‘iu eiiiil le fils légitimé «lu Onémon-no Djyau (officier des gardes de droite) ou
sous-5 rang, (mlo mol o-l sonna. Il demeurait en Mino. Il était très doué pour la sculpture. On
raconte, qn a 1 âge de Imit ans, il lil un singe en terre, si vivant, qu’un oiseau de proie fonça sur le
singf H 1 mlr\a. A son adolescence, ses qualités militaires le désignèrent pour servir dans la suite
dn Shyaiigonn 'i oslii-maça. A dix— huit ans, en hutte à la jalousie de ses compagnons, il fut accusé
Fia. V|. — MONTURES ET ACCESSOIRES OI( NÉS POUR SABRES.
*
ai Trois pièces do garniture (marquis Toshitsougou Mayéda), com-
pronanl une* paire d’appliques, une épingle et un manche do
rouleau. Cetto garniture ciselée par Yougo est célèbre depuis
longtemps.
Jb i Appliques de danseur (vicomte Nagashiro lnagaki). Danseurs de
la représentation dite le Nô.
c) Appliques de corbeau mouillé (marquis T. Mayéda), représentant
le corbeau se baignant. Ces objets appartinrent à Xobounaga
Oda. puis à Hidéyoshi Toyotomi, et acquirent ainsi leur célébrité.
d | Manche de petit couteau (marquis T. Mayéda), ciselure de Joshin,
d’un caractère fort et sobre.
e) Ménouki (appliques) Tehôga Imomoura. Ciselure de Yôshin.
représentant un poisson et une gourde, et montrant la liqué¬
faction d'un mot bouddhique de la secte Zèn.
injustement et jeté en prison. Là, ayant eu par hasard une pèche, il demanda secrètement un couteau
à son geôlier, et, sur le noyau, sculpta i4 bateaux et 63 singes, et offrit cet ouvrage au geôlier.
Le geôlier, admirant la préciosité du travail, l’olfrit au Shyaugoun Yoslii-maça. Celui-ci, frappé de
l’art manifesté dans cet ouvrage, fit sortir le jeune homme de |.rison et lui commanda scs gardes
de sabres.
Goto se rasa alors la tête et prit le nom de You-djyau. Il fut . . Hokyau | . . de la loi
et, demandant des dessins à Kano Moto-nobou, se livra eulÜTcmenl à son art. . . . . .
(CI) le nomma Hô-in (sceau de la loi . Il mourut le /jour du )' mois de la i" année ï eishyau 19 juin
1 5o4) à l’âge de soixante-dix-lunt, ans, dit-on.
Les dragons, lions, personnages, etc., sculptés par You-djyau sont «lu» relie! accusé. «>1 .lune
ciselure vigoureuse. Même quand le coup de ciseau semble lâché, si on regarde attentivement, on \
découvre de la verve et de la vie. Les œuvres «le la lin de sa vit* son! mimes el d’une beauté d- plus
en plus remarquable. Les dragons surtout ont des pattes et «les grilles «l une forme cxln.or.liiiain I • -
sourcils, les lèvres et b's mâchoires montrent la plus grande d«,lieati*ss«‘ «b* trasail I -■ r< le I < \ I*
modelé sont parfaits. Ce sont des œuvres admirables, connu»* <>n en \«»il i m r* 1 1 1 . « n i d.*««< - ml mu.
pendant 17 générations, jusqu’à 1ère de Meidji, s«‘ sont transmis sm s f \ I • • . La ‘ ' 1 ^ * ' 1 1 • 1 * d' " 1,1
appelée d ordinaire Sakoufou (style de la famille), el I «m « *s 1 1 1 ne ees a 1 • 1 1 s I • ■ ^ a I - _ <1 d-
peintres de l’école de kano.
Goto Sô-djyau, ou Goto II, est lils d«* You-djyau. Il lui llogan. Il immnil b* (« «I 1
de la 7e année Yéi rokou (11 septembre 1 3(>/p. Il mourut à I ag<* «b* soi\aiiie-di\-liuii
disent soixante-dix. Bien que son talent n égalât j*as celui «le sou père «bois • — • m* Il m- - i \i- -
il est quelquefois difficile de distinguer h une théier»* esl «le ■■nui père ou -I-- lui
Goto Djyau-shinn, ou Goto 111, lils de Sô-djvau, mourut .*11 . •« >111 1 * « 1 ' . * 1 1 1 a Ymlu " l u .
en Aumi, le G du 2e mois de la 5° année Yéi-rokou i<> mars 1 "><>•> , a I àiœ «b «niquant' bml »u-
d’autres disent le 9 avril à l’âge «b* cinquante et un ans. Sa ciselure est n i n u- -• - - ! t • -
ses creux profonds. Ses œuvres montrent un sentiment énergique.
Armuriers.
Miyau-tchinn-moimé-yaçou, le io° des .Mivau-tebinn, lils «lu Moum -ma« a, lit, >ui I «udi-- lu
Shyaugoun Yoshi-mitsou, un casque d or étoile d argent « * I mie armure a !r« s>« s <\< k 1 « \ » H
reçut le douille «lu prix ordinaire. Les œuvres «le la famille, à partir «lu 1 \| i\ an -I « biiiu |U"«pi 1
Mouné-yaçou, sont dites œuvres des dix Miyau-tebinn. l'.lles jouissent «le la plus liant' - tme
h ig. »>. — Casques Tchoga Imamoura .
I ig. 5j. Le casque du milieu est l’œuvre de \oshimité Miyau-tchinn. Les ornements sont dos
ouvrages postérieurs. Ceux des côtés sont les œuvres do son fils Takayoshi.
Gardes.
Miyan-I ehinn Yoshimitrhi est le i j'1 .Miyau-tcliinn. Vers les années Dai-yei et Kau-rokoii (1621-
1 ) >2), il habita successivement à Itehi-jyau, llorikawa, puis Foutchvoii , en Uidatchi; et enfin, en
kaudzouké. C’esl un artisan célébré, un des maîtres de F âge postérieur,
Miyau h binn-nobou-ihé s’appelait d’abord Yaçou-ihé, fils du 16e. Mivau-tchinu-yoshi-yaçou,
simiomim'1 le Sakon-shvaughèn, de Veishyau à Teu boun ( r 5o 1 555) passa de Shiraï en Kaudzouké,
de lé à loutcbyou eu K aï, puis s’établit à Odawara en Sagami. Parmi ses oeuvres, on cite un casque
du Souwa llosslivau, dont les étoiles sont plus grandes qu’à l’ordinaire. On lit à l’intérieur : Soirvva
I losshyau-daïmyau-jinn. On connaît aussi le casque
au l’ouji-san de trente-deux cotés, à l’intérieur duquel
est gravé sur toute la surface le I lanva shin-kyau ;
d’où le nom de casque du Shin-kvau qui lui est
donne, (les couvres sont 1res célèbres.
Mivau-lcbinn-nobou-ivé ; Yoshi-naga, le 1 V ,
H é oshimitc In, le frère cadet du ifi*’ 0 oshi-vaçou),
v
sont connus généralement sous le nom des trois
maîl res.
Sawotomé-nobou-vaçou , ne à Saotomé, en
Shimolsoukc», élève et gendre1 de Nobou-ivé, habitait
Odawara, en Sagami. Plus tard, il alla en Tsilatchi.
Ses descendants, sous les lokougawa, furent em¬
ployés par les Daïmyaus de Mito et tirent des
casques nmominés.
Outre Saotomé, ou cite Tèmboun (i53i-i555 ,
Ihé-tsougou et Ihé-lehika.
Fig. >(’>. Quoique l’auteur soit inconnu, cette
couvre paraît être du milieu de* ce* siècle. Le» repous¬
sage du fer « * t b* modelage de I animal sont cl une
exécution hors ligne.
’ig- >0
- CaSQI 1: I N l-ORMK DK POISSON
Vicomte M. Tanaka .
Shighé-yoshi , dernier tils de .Mouné-tchika
de* la petite forge de la F avenue, demeura tou¬
jours à Kyauto. Il «Hait fabricant de sabres, et faisait
aussi des garnitures. Il fut employé* par le Shyaugoun àoshi-mitsou et lit surtout des gardes de
sabres. Il passe pour un ouvrier de premier ordre.
Oumé-tada Shigbé mouné est, dit-on, le icy’ descendant de Mouné-tchika. Sur l ordre de
l’empereur Sliyau Kwau, la 23‘‘ année Oyéi (l'iib, il modifia l’écriture de sou nom et en même
temps les armoiries de sa famille.
Nakaï-mitsou-tsouné , appelé Shinza-émon, demeurait à àamagoutehi. 11 vivait pendant les
armées Mei Tokou sous Goko-matsou Tènnau (XC1X . 11 est l’ancêtre des Haghi, artistes en tsouba
de Nagato, qui tirent le plus souvent des tsouba en fer repercé ou ciselé. Le métal en est beau,
d’une patine noire, avec quantité de modèles. Cependant l’idéal en est pauvre, et l’on ne saurait y
voir des chefs-d’œuvre.
Le 1e1’ kané-ihé, dont ou ne connaît pas exactement le nom de famille, demeurait à Foushimi,
en Yamasbiro. Il doit être du commencement de cette époque. Ses gardes sont d’un fer mince et doux.
à patine rouge et épaisse. Elles sont plus anciennes que les gardes faites par Mivau-lcluun-nolx.u-ilié.
Les motifs ne sont pas des nuages ou des karakouça, mais des paysages, des personnages, des Heurs,
des plantes, des oiseaux et des animaux ciselés avec maîtrise. <>n file des gardes porlanl un < 1 ■ --si n
de cavalier en promenade fait de pointes d’or incrustées, et d'aulres porlanl sur fond de fer .les pins
repercés.
Miyau-tcliinn-nobou-ihé, — ou l'armurier Nobou-ilié, — est aussi renomme pour la bi*aiit<*
de ses o-ardes. 11 avait un grand talent de forgeron. Les tsoulm aussi conviennent à sa main.
11 exécute toutes sortes de motifs, dragons, karakouça, écailles de tortues, gourdes, hexagones, eh
11 n’efface pas à la lime les traces du marteau. Son genre est très apprécié. Il eut pour élève Nobnii-
sada dont les œuvres ressemblent à celles de son maître.
ïranken-san-kitcbi vivait vers Ghèn-ki et fèn-shyau i >70-1 H)a , et habitait kouwana en b »
Il a fait des gardes enfer bien forgé, minces, avec de petits repercés. Lui aussi laisse l.i lr.e e . I*
coups de marteau, et la patine donnée par la rouille à la surface est d’un goût original.
FOX TL
Nagoshi Yashi-tchi-rau, s’étant coupé les cheveux, fut surnommé Vi-.uui. L- iel.mi l< - une •. •>
Boummei [1469-1487), le Shvaugoun Yoshimaça l’employa, et le nomma chef du servie.» «le l.i buit-
quand Ya Ami lui eut offert une théière qu'il venait de fondre.
LAOUE
Au temps des Ashikaga, l’art du makiyé fait de grands progrès, \insi, le l'a k . »-i 1 1 . 1 k i \ • l.epe
en relief), ainsi que la peau de poire montrent leur complet développement. Le procédé- qui emploie
les applications d’or, ainsi que l’art du laqué* noir, se perfectionnent . Au début de relie époque, b >
objets venus de Chine eurent une grande inlluence sur nos productions, d'autant plus que r’rst h-
moment où, en Chine, les laques noires et rouges sont dans tout leur éclat. Lorsque arrivèrent e.-x
objets chinois, leur aspect nouveau, primitif mais élégant, leur conquit la laveur. Nos artisans 11e
firent que les imiter. Quant au makiyé des autres objets de laque, il ne subit pas la moindre
influence. A11 contraire, de Sen Tokou à Tèn-jyoun p jv.(>- 1 j Vi, la Chine envoie chez nous de-,
ouvriers en laque pour y apprendre l’art du makiyé. On sait, d'autre part, que Yoshi-mitsou,
chaque fois qu’il envoyait des cadeaux aux Ming, choisissait beaucoup de meubles laqués <>u en
makiyé. C’est là une preuve certaine de l'estime en laquelle «était tenu cet art chez nous à cette
époque.
L année a la peifection du piocede du taka makive, bien que cet art ait eu son développement
indépendant, a du coïncider a^cc 1 épanouissement de la peinture Soghen. Comme toujours, les motifs
japonais attestent une recherche de la grâce. A cette recherche, les procédés du Toghi-reshi, du
Iliramakiye, etc., étaient des plus propices. Cependant, le Hiramakiyé, par exemple, ne suffisait pas
à exprimer l’idéal vers lequel on tendait en imitant la peinture Soghèn, dans les dessins sur fond de
laque . On eut recours au modelage, on fit beaucoup de tentatives, et enfin on arriva à l’époque de
Hygashiyama, où l’on approcha de la perfection. C’est alors que l’art des laques atteint sa maturité,
et que le dessin de style japonais décore la fabrication de Takamakiyé, et de Toghi-dashi combinés.
Le procédé de la peau de poire arriva aussi à cette époque à son apogée. Il accompagne le
développement des autres procédés, tels que le poudré d’or et le feuille d'or. Le procédé du
Nashidji s’appelait d’abord Heidjïn (poussière plate). Bien qu’il ait été employé avec succès depuis
l’époque des Foujiwara, il montre, à l’époque actuelle, des différences sensibles. Le vrai nashi-dji est
MAITHKS i;r iKI.’YIŒS
Kan Ami dai-tchyau, vassal do l'on-
tourage do ^ oshi-mnoa , lit surtout des
makiyé*. Il recevait sas esquisses do Toça-
mitsou-nobnu . Pour sas formes, il suivait
las idées al les ii’OÙtS de Xo Ami ot do Sau
Cj
Ami. Il excella à la fois dans le Taka-
makivé, et le Toghi-dashi, ot transmit son
art à ses descendants. So-zèn à la 3‘‘ üféné-
ration, So-céi à la jr et So-hakou à la 5e
continuàront sas traditions à cette époque,
kau Ami-dau-sé‘i était le 2e Kau
nITar" au l,assnS° ‘l,! la l»*>rio«lo précédente à celle-ci. Il semble qu’il ait atteint sa perfection à partir
du milieu do celle époque.
Le eoul pour la doctrine Zen et Intendance à la simplicité, meme dans les objets usuels,
engendra l’Imbitmle do les orner légèrement de makiyé. On préféra les objets enduits. Jô-ô, Shyou-
kwau, et les autres Tcliyn-jin» choisissaient chacun les ouvriers renommés et leur firent exécuter
sous leur direction las objets t< 1 1 s * i u ils las
désiraient.
L<‘ maître-enduiseur de Nara, llidé-
tsougou, suivant las indications de .lo-o.
enduisit surtout les boîtes à tin*. Ses des-
candants suivirent sas traditions. On cite
aussi comme ayant au la réputation de
bons ouvriers : lai Ami et Se Ami.
La maitre-enduiseiir llada-corau
o
dama lirait a l\ vaut o, près de la port e I lok kaï
du Mvo kakouji. ( ) 1 1 appelle I lokkaï-mon-
nouri sas lauvras «pii sont fort estimées.
Les dessins du mnkivé jusipia-là
avaient été* surtout des oiseaux ou des
ornements. A partir de cette époque, ce
sont surtout des paysages al des person¬
nages.
La maître célèbre d(* ci* temps,
kau Ami-dau-tchyau, s’asl servi d’esquisses
de I oca-mitsoii-m >bou.
Fig. j;. — Tablk a lire et boite a écribk.
A Sa Majesté l'Empereur.
Ami lors de l’avènement de l'empereur Go-
tsoutchi Mikado 11 i j63). Il reçut de Yoshi-maça la commande des objets impériaux. Indépen¬
damment des esquisses de Toça, il montra un style personnel. Son dessin, bien que très chargé,
s’adapte bien au makiyé.
I garas li i Shinnsai servit Yoshimaça. Il est célèbre pour ses makiyé. Ses descendants continuèrent
ses traditions.
Fig. 07. Ces objets célèbres doivent dater de l’époque de Iligashi-yama. Alors, 1 art du kim-
poun a fait des progrès et donne un poudré bien égal. On devient aussi plus habile
L’art du placage semble arrivé à son apogée. Les procédés du dessin par-dessus la
double se perfectionnent. Pour la laque en relief hikou-tsoukéi, ou invente le I.
Bluta maki), c’est-à-dire le semis de poudre de charbon. Le nashidzi est également
pour le tamisage,
bique et du dessin
iquage superposé
parfait .
CLRAMIOl L
Au début de cette époque, on donne la préférence, presque toujours, aux poteries importées de
Chine, de Corée ou des îles de l’océan Méridional. Cependant, Yoslii-maça, qui aimait b s objets d ,i i h
les choses précieuses, et les bonzes de Aura, Shyou-Kwau et autres, commencèrent r\er dans
le détail les cérémonies de thé. Avec Shino-sn-
sliinn, grand amateur «lu jeu des parfums, ils
donnèrent une impulsion à Part céramique. Ils
voulurent des poteries de plus en plus reclier-
cbees, en sorte que l'importation étrangère ne
lut plus suffisante.
Shx ou - K wau , Jo-o, etc., désirant voir
fabriquer des objets à leur goût, tirent présenter
des modèles nouveaux par les potiers de partout.
Ce fut un nouvel élan donné à la fabrication.
I n potier de Matsou-zaka en lec, Gorau-
dayou-shyon-dzoui, du temps de l'empereur Go
Kashiwabara II Clll, .ioi-.'Hi, alla en Chine
ou il étudia les procédés de la porcelaine. Là, il
se Ii\ra a la fabrication dans la province de Ynng-
nan. La io* année à ei-shyau i u3, il revint an
•lapon et ouvrit un four à Imari, en llizèn. Ses
œinres I ont rendu célèbre sous le nom de C<>
shvou-dzoui ou Gorau-dai-you-slivon-dzoui.
MAITRES ET (KL VH RS
Sliiuo-gama lut en Owari, pendant les
années Houmméi (1469-1/487,, oflicier de Yoslii-
maça, Shino-so-shinn. Il aimait le jeu des parfums
et les cérémonies de thé. Aussi, il commanda à
i i., un arlisan de Seto des pots à thé et linit par se
;ir "“"T"1 ** l>0" '* 11 >' -** -» -putatio,,. Se, son . .
"T’ T «*■»»«* 'Is ont » U « . IP.
Les décorations cons.stent en plantes et (leurs d’un genre antique.
On les t fabriq"er d6S P°tS à thé Peildant le* années Yeishyau (kW,-.52, .
U ***«• aimait be.ue. . Au . .
a-t-on donne son nom. 1
d«, g.rj"”1 4 — de »»“' !*» cérémonies ,1, Hui „„ lit
bouilloires . ... et de, ..ses ù «ours. Les p«. » m ratmc ,, ,,miMfon
l ig. 58. 1 assk de pohcelaixe œuvre de Shon-Zoui .
I ( )< )
coréens, annamil.cs ou indiens. En se conformant, dit-on, aux; goûts des Tchya-jinn, on en fabriqua
aussi beaucoup en une porcelaine particulière. Ils sont très durs et très lourds. L’émail est d’un rouge
tirant sur le jaune tacheté d émail bleu par-dessus dans les plus beaux spécimens.
Lizèn Lama, four ouvert pendant les années Oyei 1 394-1 4^8 , avait fait depuis de grands
progrès. On avait bâti trois grands fours, qui brûlaient trente ou trente-cinq jours sans discontinuer,
dit-on. Los produits de ces fours sont très durs et délicats. Lien qu’on y ait cuit surtout des objets
d usage journalier, vers la lin de cette époque, on se mit à y faire des vases à fleurs et des services
a t lu*. L est ce qu on appelle I ancien Lizèn, très estimé des amateurs.
Mino-gama, Jours fondés la 20 année Tèn-shyaii r5y4) par un ouvrier de Seto d’Owari, venu
en Mino, Kato \osabé-é kaghe-nobou, qui, ayant fabriqué des services à thé, les offrit à Ota-nobou-
naga. Celui-ci les apprécia et donna un sceau à hauteur. kaghé-nobou, d’un autre côté, offrit des
tasses à émail blanc. Plus lard, Kaghé-nobou voyagea en llizen, vit le K a ratsou-gam a , et à son retour
I imita complètement., et apporta, dit-on, de grands progrès à son art.
Hakou-yaki, c’est une espèce de kyau-yaki faite avec le bout des doigts. Pendant les années
^ ei-slivau 1 )o j-i )2i), Améya, Chinois ou Coréen, dit-on, se naturalisa, prit le nom de Sô Kéi, et se
mit à lahrnpier des poteries. Peu de temps après il mourut. Sa femme se fit nonne, et, continuant les
procédés «le son mari, lit des poteries qu'on surnomma Ama-yaki.
knralsou-yaki, ce qu’on appelle le nénouki de karatsou-gama, a été fabriqué de kemmon à
Loumméi 1 T» j-i jftq). Il en existe en terre rouge et en terre blanche. L’émail est couleur de plomb.
Les gaufrurcs sont en Ichirimèn, en tissu. La nature de la terre est apparente et non émaillée. Ces
poteries sont très prisées.
Ce qu’on appelle okou-kaurai a été fabriqué de Boumméi à Ten-shyau ( 1 469- 1 SjS). A cette
époque, on aimait beaucoup les poteries coréennes et l’on regrettait de ne pouvoir en trouver
facilement . \ussi ce genre de poterie fut créé dans l’intention de les imiter. La pâte progressivement
s’aflina, et l'émail devint couleur de Livra. Il en existe aussi en émail bleu et jaune. Ces produits
sont renommés pour les gaufrures du fond.
22
.
CINQUIÈME PARTIE
K WA MPAKOU DES T0Y0T0M1
CHAPITRE PREMIER
Conditions de la société par rapport aux Beaux-Arts.
\|ii(*s 1rs 1 roubles des années Oninn 1467-1469 , les Ashikaga étaient condamnés à
disparaître. Les daimyaus, grands et petits, luttèrent vigoureusement pour l’agrandissement de
leurs domaines. Le pays se débattait dans le désordre et l’anarchie, car aucune main n était là
poiir le diriger. I elle était la situation quand parut Ota-nobou-naga. Ses armes réduisirent les
mutins, et il s empara enfin du pouvoir à la place de Ashikaga-yoshi-aki. L’Empire retrouva
peu à peu la tranquillité.
Nobou-naga se montrait plein de respect pour la dynastie. Il reconstruisit le temple
d Icé et y lit accomplir les rites réguliers. Il restaura 1 Atsouta-jinjya, bâtit un palais pour
1 Empereur, rétablit le cérémonial délaissé, fit des largesses aux nobles, répara le yashiki
de N ici jô et mit un terme à la corruption de Kyauto. A la cour, le Bakoufou retourna
peu a peu a son ancien état. Les nobles, ruinés et dispersés, revinrent à Kyauto qui rede¬
vint le centre des lettres et des arts. Cependant, au milieu de cette grande œuvre d’administration,
Nobou-naga fut assassiné.
T oy otomo-l 1 idé-yosh i résolut de le venger. Après avoir châtié les rebelles, il acquit une
illustration et une situation prépondérantes. Après avoir subjugué l’Est et l’Ouest, il nettoya
l'Empire et, tenant en mains le pouvoir militaire, fit de grandes constructions : le château de
Ohsaka, ceux de Zyourakou, et de Foushimi, le Hau-kwau-ji, etc. Il propagea le goût des
choses qu’il aimait, notamment la poésie japonaise, les réponses poétiques, les réunions de thé.
Pour le jTchya-dau, il fit faire, à Kitano de Kyauto, de vastes tchanoyou où il
autorisait même la présence des classes inférieures. Il voulut créer lune sorte de musée de
tout ce qui concerne le Tchya-dau. Il rassembla les objets réputés et les ustensiles précieux,
les rangea avec ce que Hidéyoshi avait recherché depuis nombre d'années et les exposa à
la foule des visiteurs. Il sacrifia ainsi à sa prédilection pour les curiosités. Les antiquités
obtinrent alors un regain de faveur. On vit des objets incomplets ou même brisés monter à
plus de mille pièces d’or. On échangeait pour des objets rares des pierres précieuses et même
I ~*2
des châteaux. Toyotomi Hidévoshi donnait aussi des objets antiques eu marnera de radeaux. Il
donna même, dit-on, à titre de récompense, au lieu de titres ou de terres. Les remuons de «l,ê
étaient devenues tout à fait à la mode. Elles permettaient de se rencontrer | . causer d’aflair.
secrètes, pour nouer des relations avec les puissants, | . . préparer les mariages. Cette vogue
dépassant celle de la période précédente, on vit surgir un style spécial de salon de thé, cela
n’alla pas sans donner une grande impulsion aux industries d ail.
C’est ainsi que Hidévoshi, à l'intérieur, flattait les peuples et déployait un faste inouï.
Cela ne l’empêchait pas de gagner des batailles avec des troupes magnifiques. Il parcourut la
Chine, où il acquit une gloire éclatante. 11 battit l’armée dos Ming quil lit trembler. aiiiH-x;.
les huit provinces de la Corée. Cette campagne conta des millions d » * mis I i u i n . t i i n t ’ * M 1 1 * 1 •
considérables, mais n’aboutît pas à un autre résultat que d’enregistrer les exploits militaires de
quelques matins à peine. Cependant, depuis Jinngou kwaugo, le j n« • - 1 1 u ■ mip'-rml, qui d'-pm^
longtemps n avait pas brillé dans les pays lointains, reçut un jioumniii 1 1 1 - 1 r* • . I.-- ,'C>|n
victorieux des généraux, rapportant des objets précieux et rares, « * t I arrive»*, a b’Ui' >uit» . d<-
prisonniers de guerre de talent ne lurent pas sans exercer qmdqtie iutlu« in • -ut
civilisation. A cette époque, des changements «avaient lieu en Lurope. Les esprits s\ i <>ui ii.o» ut
vers la colonisation, l’extension des relations et le commerce. Les LspagnoU avaient d • < . > ■, i \ • 1 1
l’Amérique, et les Portugais avaient doublé le Cap et découvert la route m.iritinn- i - lmb-*.
Les Portugais prirent Java. Ils y construisirent des églises, pour la eelebr.il é m «lu • ult
chrétien, et s’occupèrent de propager leur religion. Leurs navires marchand- lai- ai- ut !•■
commerce depuis Malacca jusqu'au sud des Ming. La i<Y' année Tcm-bnuu i ’> j i . iU 1 1 »« * i . I • i - • n t
à Tchinn-zaï et, pour la première fois, les relations furent ouvertes avec I Lui' j" h* 'puis l<>rs,
les vaisseaux portugais, tous les ans, vinrent, charges de marchandises, et lir. nl !• - uimu. i . ■
avec toutes les provinces du Tchinn-zaï. Les gens du pavs aimaient leurs etian-' - pi»»dmt> et
leurs objets précieux. Tous les daïmyaus de Otoino, Shimadzoïi, Anma, I lime mm, Mal>.m ..ma,
les appelaient, dit-on, à l’envi dans leurs ports. Leurs visites, qui apportèrent la poudre a ■ .mon.
eurent une influence extraordinaire sur notre art militaire, notre armement et m» h u t île ateui- I n
répandant le christianisme, elles affectèrent profondément nos nlees et uns concept- r. h^e u\
On voit que ce ne furent pas seulement la Corée et la Chine qui, a cet te époque, réagirent
sur notre civilisation. Bien pi us, en Tenshyau i >7>-i xpj , Anma I larou-nobou et olnmmra
Soumitada envoyèrent des ambassadeurs à Home et offrirent des lettres et des produits du
Japon au pape Grégoire XIII, et la littérature de Borne fut alors directement introduite au Japon.
Les sectes bouddhiques ne périclitaient pas encore. Le Shiniisvii, tout au eontraire,
monti ait une renaissance. Cependant, tout le monde se plaignait < i < * I oppression d<*> bonzes,
surtout Nobou-naga qui, ré^olté de leurs excès, détruisit des temples, exécuta des bonzes ♦ * t ,
avec 1 assentiment de 1 Lmpereur, autorisa la propagation du christianisme. Il construisit, a
Kyauto, le A ambanj i temple des Barbares méridionaux et, <hvus sou château de Adzoutclu, 1 1 n< *
vaste chapelle. Ainsi il lit rentrer les bonzes dans l’ordre.
Le christianisme se .répandit alors dans la capitale; le nombre de ses croyants augmenta
remarquablement, tandis que le bouddhisme déclina. Les temples bouddhistes et les jiimjvn, qui
tombèrent en ruines, lurent assez nombreux. Cependant, lorsque Ilidéyoshi eut vaincu
Shimadzou à Hakata, il se lassa de l’impolitesse et de l’arrogance des missionnaires, les chassa
au delà des mers, interdit la propagande du christianisme, fit démolir le Nambanji et le
bouddhisme revint en faveur.
Kataghiri Katsoumoto devint Boughyau et, sur l’ordre de la femme de Ilidéyosbi,
ùodoghimi, et de son fils llidéyori, il restaura les jinjya des environs de Ohsaka et veilla à
leur entretien. Les temples de Yashiro reprirent leur ancienne si»
ur.
Kn résumé, après Oninn (1467), l’autorité centrale déclinant, les bandes et les soudards,
I usurpation et b* vol s’étalaient partout. Le gouvernement de l’aristocratie fut détruit. Il y eut
un bouleversement social. Les officiers subalternes s’élevèrent brusquement et parvinrent au
gouvernement de Lbrnpire. Les conditions sociales furent alors modifiées, et les goûts devinrent
dillérents. Ainsi, le caractère général de cette époque est le grandiose. Les familles célèbres et
^ * 11 rul déclinent. 13e s boni m e . 3 d’un rang inférieur prennent place à la cour. Il en
résulté que les idées en cours deviennent plus indépendantes, plus larges, tandis que le goût
pré *ente un caractère populaire. I) un autre côté, la poussée qui mit en vue des officiers francs
et simples apporta une sorte de souffle héroïque, un goût des actions fortes. Telles étaient,
pendant quarante et un ans, les conditions sociales dans lesquelles se développèrent les
Beaux-Arts. Quelque courte qu’ait été cette période, elle leur permit de montrer pourtant une grâce
remarquable et un élan généreux.
CHAPITRE II
Caractère et développement des Beaux-Arts à cette époque.
Le b raid cmenl des conditions sociales donna une force nouvelle à l’esprit de bravoure et
d énergie. Cette rénovation était heureuse, car le sentiment d’élégance et la pureté de style de
I époque précédent e allaient tomber dans la mièvrerie. L’audacieux héros, sorti d’un rang humble,
devenu Kwampa kou, qui courba toute la génération Tovotomi-hidévoshi, influa sur les goûts
de son temps. Les Beaux-Arts prirent alors une tendance à la décoration éclatante, aux idées
de magnificence, aux vastes proportions. Celui des arts qui acquiert alors le plus beau développe¬
ment. c'est l'architecture, «pu construit des fortifications et des palais merveilleux. Alors s’élèvent
de magnifiques édifices comme les célèbres châteaux forts de Nobou-naga à Adzouki, de Ilidéyoshi
à Zvourakou, Olisaka et l’oushimi, d’une échelle grandiose, avec leurs murs dorés, leurs cloisons
peintes, leurs colonnes rouges, leurs bois sculptés, etc. En outre de ces bâtiments et du Ilau-kvvau-ji
entre autres, les daïmvaus de ce temps, imitant E exemple venu d’en haut, construisaient abondam¬
ment, restauraient leurs demeures. Une architecture magnifique apparut. Ce ne furent pas seulement
tous les arts du bois, du métal, de la fonte, de la pierre, mais encore la peinture et la sculpture qui
vinrent concourir à la décoration, et prirent de là une énorme activité. La sculpture décorative se
développa particulièrement, surtout celle qui exécutait de grandes figures brillantes, comme l’or et les
pierreries.
Mais aussi tous les arts suivirent l’élan donné par l’architecture, et, évoluant dans une
ambiance et des circonstances semblables, progressèrent parallèlement. Tous présentent un caractère
commun. Ils puisèrent surtout à la même source, à 1 école de Kano. Kano Ei-tokou à cette époque
ouvrit une voie nouvelle et très caractéristique. Un grand nombre de nobles tombent dans une
situation précaire. Les vieilles lois réglant les rangs sont détruites. Les éléments inférieurs de la
population arrivent à se mêler aux éléments supérieurs. Les idées se font démocratiques. La pensée
se libère de beaucoup d’entraves et les arts montrent une imagination libre et une conception
originale. Tous, jusqu’aux arts industriels, sont pris d’une fièvre de rénovation et s’enivrent de la
fraîcheur d’idées nouvelles et de la beauté de créations originales.
Les œuvres de Ei-tokou et de ses élèves Sanrakou, I Ion-ami, Kwau-yetsou, entre autres, sont
célèbres.
Kwau-vetsou adopta le style des anciens Toça et inaugura une école à la touche libre, éprise
du mouvement, et il produisit des compositions très propices à la décoration. Alors. Pécule* ToVa,
languissante et sans vie, était tombée dans la préciosité et la mièvrerie. Pourtant, réveülée par le sang
nouveau qui lui était ainsi infusé, elle réussit à peindre les mœurs populaires. La brandi.* qn on a
plus tard appelée Oukiyoé a certainement pris la sa sè\<*. Quoi qu il < u -S°>L h " pi» * ni>. ni" d< < <
qu’on appelle la peinture Oukivo commencèrent à paraître vers cette époque, recherchant les aspects
de la ville. Plus tard, ce fut .l'école Iwasa. Cette école se plut aux scènes populaires, aux divertis¬
sements des femmes, des courtisanes. Son coloris est extrêmement délicat. Comme mais l avons dit
plus haut, les grands événements de cette époque, 1 expiai il ion «le Corée, la mode du l< h \ .i-m »\ • uit
eurent une forte influence sur les arts et les industries artistiques. I. expédition de Coif - i • x * ilia n,,s
artistes, élargit le champ de leur vision, leur révéla des modèles de Corée cl «h* < bitte Dans h*
domaine des industries d’art, elle lit surtout prospérer la poterie
La mode du Tchya-noyou lit naître le genre spécial d architecture appelé Souki-\a, m h\.i la
fabrication des ustensiles de thé et, en outre, suscita dans les art> du temps une temlam r portii-u-
lière. Pour résumer ce chapitre, bien qu’on trouve dans les arts de ee temps toutes sortes d eh-imuits.
on peut énoncer les caractéristiques dans les cinq j>oints suivant" :
i° L’échelle est, en général, très vaste ;
2° Le sentiment est fort et sublime, et en même temps magnilique .
3° La conception est neuve;
4° Le coloris est franc et brillant ;
5° 11 se manifeste une légère tendance populaire.
C’est là qu il faut voir se refléter 1 idéal du temps.
CHAPITRE III
Peinture.
llo-tai-kau lit, par les armes, table rase des anciennes coutumes de I à g»* prérédenl. Il parvint
a saisir le pouvoir a la place de Ota Nobounaga. II ajouta au prestige d<* I héroïsme colin de la
magnificence et de la majesté, et ainsi éblouit b* monde. Dans ces circonstances, rien d étonnant a ce
que la peinture subît un changement complet. Tous les hommes qui avaient des qualités militaires,
étant entrés dans une période de loisir, furent naturellement portes a s’abandonner aux jouissances
de 1 oi g ue il. Ils bâtirent des forts, éleverent des palais, où ils accumulèrent les décorations. L époque
sc trouva ainsi favoiable aux peintres, qui ont alors créé de grandes et inimitables œuvres Car on
peut dire que l’habileté de Part du peintre n’avait pas encore été poussée aussi loin.
La peinture de ce temps se divise en quatre écoles: Ounkokou, Kano, Hacégavva, Soga. Rien
que ces quatre écoles offrent des différences plus ou moins grandes dans le style, toutes ont fait des
emprunts à l’école de So-ghèn (Soung-ghèn). On peut presque les considérer comme formant un
seul courant. Ln dehors d elles, les écoles Kaçouga, I oça et autres de la peinture japonaise sont en
complète décadence. Quoiqu il v ait à Nara un Ldokoro de Kaçouga, il se consacre exclusivement
aux images bouddhiques et ne fait pas d’autre peinture. Il y a bien aussi, à Kyauto, Mitsou-yoshi et
Mitsou-nori; mais tout ce qu’ils peuvent faire, c’est conserver la tradition de leur ITmée.
La seule école qui prospère est celle de Kano. Ei-tokou Kouni-nobou est l’artiste le plu»
f
renomme. Elève do son grand-père Moto-nobou, il montra des idées neuves et la faveur des nobles lui
permil do se livrer avec ard<mr à son art. Il eut comme élèves Sanrakou, You-shvau et d’autres non
moins célèbres.
Sanrakou lut adopte par Ei-tokou et prit alors le nom de famille de Kano. Son pinceau a bien
pris la tradition des Kano.
^ou-shyau suivit d’abord Ei-tokou. Plus tard, il changea de style et étudia celui de
Lyang-tehi.
llacegawa fohakou quitta l’école de Kano pour l’écob* de Sesshyou.
Arrivant à I époque où Ei-tokou et Sanrakou conquéraient la célébrité, Hacégawa-Tohakou,
comprenant qu’il ne pourrait devenir le grand maître de Kano, abandonna cette école et s’intitula
lui-même le )(' Sesshyou.
Ounkokou Tôgan suivit aussi Sesshyou et fonda une école.
L eeole < I < » Soga est encore une école indépendante, dont deux adeptes, Tchyokou-an et son 1 ils
N itchvo kou-an ont acquis une bonne renommée.
P- est dans les vastes peintures qu’excelle Ei-tokou. Ses œuvres révèlent la force et l’élan de
son époque. Ses peintures en couleurs sont vives et brillantes. La plupart sont délicieuses aux yeux.
Lors de la construction des deux châteaux de Ifo Taïkau à Zyourakou et à Ohsaka, on commanda
à Ei-tokou des fresques pour les murs dorés.
Ei-tokou n’avait pas le loisir de manier le pinceau minutieusement. Aussi lit-il surtout de
grandes peintures. Il existe de lui des pins et des pruniers de 10 à 20 pieds de long, et des person¬
nages de > à 10 pieds de liant. La touche est sommaire pour ses dessins cursifs à l’encre. 11 se
sert d’un pinceau de paille.
San-rakou montra aussi un beau talent dans les grandes peintures. Ses œuvres de grandes
dimensions ne sont pas rares. Ses paysages sont gras et non secs comme ceux de Chine. Ses
personnages, dans le style des Soung, sont forts réussis. 11 était le plus habile peintre de lleurs
et animalier.
You-slivau, dans sa première manière, ressemble à Ei-tokou. Mais à la lin de sa vie il a
peint surtout des personnages simples, tout à fait dans le style de Lyang-tchi. 11 a complètement
changé' sa manière.
Ounkokou Tôgan a pris les procédés de Sesshyou. Il eut du talent comme peintre de person¬
nage», de paysages, de lleurs et d oiseaux. Son lils Tô-yeki a eu aussi du talent. Cependant 1 école
Ounkokou, après lui, tombe en décadence. Son art devient sec, d invention pauvre et dénué d’esprit,
de grâce et d'abondance. Elle est bien loin de Sesshyou.
I lacégawa-tohakou alla de l'école de Kano à Sesshyou. Vers la fin de sa vie, il changea
encore quelque peu de manière. I»ien qu’il se soit donné le nom de 5e Sesshyou, son art est pauvre
et médiocre. Son lils Kyou-zau-nobou-harou étudia sous sa direction et prit le style de Kano. Sa
touche et sa teinte rappellent celles de son père, et il ne manque pas d'élégance.
Soga-tchyokou-an est réputé pour ses faucons, mais il montra également du talent dans le
paysage, les personnages, les lleurs et les plantes, la plume et le poil. Son trait et sa teinte
s’éloignent un peu de ceux de ses prédécesseurs. Son lils Nitchy-okou-au réussit aussi dans les
faucons. Sa couleur est simple et son pinceau vivant.
MAITRES ET ŒUVRES
École Kano
Kano Ei-tokou, fils aîné de Shyau-yei, s’appela d’abord Kouni nol Il ae rasa U tète et prit
le surnom de Ei-tokou. Il étudia son art avec sou grand-père Moto-nol . l’est un artiste d< génû
qui excella également dans le paysage, les personnages, les fleurs, les plantes, les anii . . I
grandes peintures le montrent dans toute sa puissance. I.a i Y année ÏVnsliynu quand II,.-
taikau fit bâtir le château de Zyourakou, il lit peindre par Ei-tokou, sur fond d or, une vue du lue
occidental. A cette époque, chaque fois que quelqu'un faisait bâtir un iMilice soigné . il faisait appel
au pinceau de Ei-tokou. L’art de Ei-tokou est robuste. Son échelle est vaste. Il s’est bien approprié
le style ancestral et possède une originalité personnelle, et son coloris, riche et brillant, ravit b-s
yeux. Pour les peintures de grande échelle, on le dit sans rival dans h‘ pa--.- il d.oi- !■ pi. - ut
Fl. XLN I1I. — Paravent d éci rie (au comte Motonori Ouyesouglii
Peinture de Kano Ei-tokou représentant des chevaux attaches dans un» • c 1 1 1 1 « Il \ .»
d autres paravents de cerisiers, de saule pleureur et de singes, t.elm «pif ihuis pproduiM • 1 1 ^ . • • p p n-
tient à la meme collection. Les armoiries de paulownia Kiri étant celles d*‘ llé.taikœ ces p.oawuts
paraissent avoir été peints par ses ordres.
Grands paravents a lions.
Troupe de singes jouant. — Paravent .
Vagues.
Troupe de cigognes.
lvano-mitson-nobou, fils aîné de Ei-tokou, connu sous le nom de Uiikv.iii-no-nasliimi . n . - tir
pas son père, mais il a laissé des œuvres d'un caractère archaïque d uni* imhuiialdr \.d<ui
Kano-taka-noliou, second lils de Ei-tokou, connu sous !»• imni d» Oukonnn Sh\ ,nœ lu n , « India
le style de son père et de son frère aîné. Il fut nommé Oghéi. Sa femme «*t ait fille de Sii>;i-nari-iiiara
et lui donna trois lils : Mori-nobou, Nao-nobou, A açou-nobou. Eliacun d eux fut chef d mu* laimlh'
d’artistes. C’est ce qu’on appelle les trois familles de Kano.
Kano San-rakou, lils de Kimoura-naga-mitsou du Koori de ganiaii en Amin. > app» l.nl
\ori. Dès son enfance, il montra du goût pour la peinture. Naga-mitsou, sou prie, était d almnl au
service de Açaï-naga-maça, [>uis il lut choisi par Ilo-taikau qui l’attacha a sa personne, Prénsrmcnl
le Taikau faisait élever de grandes constructions et allait fréquenuuenl les inspecter. M itsoii-yoi i,
tout jeune alors, le suivait, portant sa canne. I ne lois, sans se soucier de son ride dans la ^mle, il
dessina, avec la canne, un cheval sur le sable. Le laikau, ayant vu le cheval, le trouva remarquable
et confia le jeune homme a son premier peintre, Kano Ei-tokou. Luis, sur ses ordres, Ei-tokou
adopta son élève qui prit alors le nom de famille de Kano, et, changeant son nom, lui appelé
Shyouri-no Souké. Son pinceau a bien la vraie tradition des Kano. Sur l’ordre du Taikau, il a fait
un nombie considérable de peintures. Apres la mort du Taikau, il demeura encore à Olisaka.
Lorsque le château d Ohsaka capitula, il s enluit et logea chez un certain Takimoio a Otokoyana, en
T amashiro. 1 lus tard, il rentra en grâce auprès de Tokougawa-yéiyaçou, revint à K v auto, se rasa
la tête et prit le nom de San-rakou. Sa réputation grandissant toujours, on lui demanda nombre
de peintures donl il reste aujourd’hui encore une quantité dans les temples et monastères de Ixyauto
et des environs. Pour les paysages, personnages, fleurs et plantes, il rappelle le style de son maître.
Si s diagons, tigres, chevaux, faucons, sont aussi vivants que ceux de son maître.
Histoire de l’Art du Japon
PI. XLVIII
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ECURIES (peinture sur paravent).
XVIe siècle (par Kano-Yei-Tokou, appartenant au comte Ouyesonghi-motrinori)
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I *a ii a vi. nt m, l' i.ia its i r oiskai .v ( appartenant au marquis Tokougawa \oshinori).
Pointure do Ivano Sanrakou représentant les ileurs et les oiseaux des quatre saisons. Le relief
aux pâtes rapportées sous 1 or et l’ effet décoratif brillant, sont le caractéristique de l’art décoratif de
colle époque. Au verso, l’artiste a point des grues au bord de la mer, en grisaille, à l’encre de
Linné, ou il montre davantage son goût personnel.
Ah. i l. s it sinui. une fiaire de paravents). — Ilonganji.
h ai cons i kakémonos). Au comte Iliçamâtsou Sadakoto.
^< IN| S 1,1 i aboi; n une paire de paravents). — l\aul>é. — Kauwakal Seizau.
Aeari-maça-voslti avait une telle passion pour la peinture qu’il en oubliait de dormir et de
manger. Il prit le* style de Toki. Il eut du talent comme peintre de faucons et comme paysagiste.
K a i- li o k ou, dont le nom était Tyu Sliyau, ni'* à Kataka, en Aumi, eut pour maître Kano
Li-tokou. Il n est pas sans talent dans le paysage, les personnages, les fleurs et les animaux. 11 finit
par créer un genre nouveau et par fonder une école. Ses personnages sont le plus souvent traités
dans la manière cursive de Liang-tchi. C’est une peinture d un genre tout particulier.
l' l ia lis di nu mi ii, i*i voi n ks paravent à fond d on. — Kyauto. — Myoshinji.
Koro. i ( iiiqi liai. iivm.s, peintures sur paravent à fond d'or. - lvyauto. — .Myoshinji.
I«\oi»ai i i iis i Si \ m n n paravent à fond d'or). — Kyauto. — Mvoshinji.
I'i.hsonnai.i s, paravent. — Kyauto. Ilonganji.
École Ounkokou.
Ounkokou-togan, de Hizèn, suivit d abord kano Shyau-yei et, plus tard, imita Sesshyou. Ses
passages, personnages. Meurs, animaux sont d un pinceau robuste. Son encre est calme et ingénieuse.
Sur la lin de sa vie, il habita dans le Oiin-kokou-kén, ancienne maison de Sesshyou, et continuant la
tradition de ce maître, s’intitula lui-mémc le 3e Sesshyou. Ses descendants habitèrent tous là.
Uunknkoii-tù-éki, lils d»* Tô-gan, fut Ilokyau. Ses paysages et personnages sont bien du
style de la famille.
École Hacégawa.
Ilaeétrawa-to-liakou, dont le nom commun était kvourokou, était de Nanawo, en Noto. D une
famille de teinturiers, il abandonna le métier de ses parents et alla à kyauto où il suivit kano
Slivau-yei, avec lequel il apprit à peindre. Peu après, il imita Sesshyou et prit le nom de 5e Sesshyou.
On le range soit dans le genre I lacégawa, soit dans le genre Ounkokou. Son pinceau est puissant,
et peu de ses contemporains 1 ont égalé.
A i n va na di Hoi ddha. — Kyauto. — Hompôji.
I lacégawa-nohou-harou, dont le nom courant était kyou-zau, était le 2e fils de To-hakou.
Bien qu’il ait appris à peindre avec son père, son art élégant ressemble à celui du vieux Hôghèn.
Il eut du talent dans tous les genres de peinture.
Le bonze Tchyau-sèn (un de ses noms est Eikaïj, né en Kyoushyou, doué pour la peinture,
imite le style de Sesshyou. Peintre célèbre, il alla a kyauto, où il discutait souvent sur son art avec
kano San-setsou.
École Soga.
Soga Tchyoukouan, fils de Schô-shyau, excelle dans les faucons. Mais il réussit également
dans les paysages, personnages, fleurs, plantes, oiseaux et animaux. Son genre ressemble à
celui de San Ami.
Faucon sur in chÉnb, cigogne «ans les roseau* (une paire de paravent» . Daitokooji.
Soo-a-nitchyokou-an, fils de Tchvokouan, excelle aussi dans les faucons. Sa Urne-lie .-si tri-s
précieuse et montre souvent une énergie qui rappelle celle de lô-gau.
École Toça.
Toça Mitsou-nori, 111s de Mitsou-yoshi, garde bien les traditions artistiques de >n famille.
Il a fait beaucoup de scènes du Ghènji. Son pinceau est beau, son coloris liai".
Plon Ami Kwau-yetsou, surnommé Taikyo-an et 1 okou-you-çai, célébré p<>m u\»nr ri*b-\r
la calligraphie, fut d’abord instruit par Kono-yé Riou-zan-ko, dont il pénétra a fond renseignement
Etudiant les chefs-d’œuvre antiques, ceux de Tau-fou Ono-no et de San I oudjiwara-no, il loml.i
une famille d’artistes. On sait qu’il était calligraphe de talent. Ouanl a sa peinlure, ^'>n pim ••au
primesautier et indépendant glana dans Toça et dans Kano. 0 est un artiste plein d nb • •->.
Kwau-yetsou fut dès son enfance un artiste très habile. Il excelle dans les laques
aussi de la céramique. Les peintures qui subsistent de lui sont très rares.
Açou-kaï-itchinino-tsoubouné, tille du ministre Aeou-kai Dai-uagon-maça-lrlnka , un'iitra
toute jeune un goût très vif pour la peinture, étudia le genre de I oça Mit sou-mdn >n, p*u_mt d«*s
monoo’atari ou des éventails.
o
Ono-notsou djvo), tille d Ono-no Idzoumi, ou, suivant d’autres, de \aga-numa Kit» lii-b*
calligraphe et peintre de talent, a laissé quelques œuvres. Sa couleur e>l soigner; >a loin du* » "I
dans le genre de Toça. Pille est aussi renommée comme écrivain. Ou lui attribue »•<• <pi»m a app> I-
la Source des Jvau-rouri-boushi, l’histoire de Minamoto-no-voshi-tsoum* el de .1 \ 1 1 1 - 1 • • 1 1 1 Mm
CHAPITRE IV
Sculpture.
Les héroïques desseins de loyotomi donnèrent pendant quelques amnMs une impulsion .m
génie d’héroïsme et d’indépendance, et leur influence se lit sentir sur les choses H sur les évé¬
nements. Cette inlluence ne fut pas la seule qui agit sur les arts. Los objels venus <b* Chine, de
Corée, du Sud-Ouest apportèrent des éléments nouveaux. La sculpture de ce timips, eu gvuéral
grandiose et élégante, manifeste un esprit d’émancipation el d’originale indépendance. ( '.«'pendant ,
si on la compare à celle de l’époque précédente, elle n'est pas sans laisser voir certaines
infériorités.
I ' ,7 ^ ^ ^1 ^ 1 arrogance des bonzes, les mircnl à la raison el
réduisirent en cendres les temples, ce qui arrêta pendant de longues années l'élan de la peinlure
bouddhique. Cependant, la construction des grands châteaux développa subitement la sculpture
décorative, qui produisit des œuvres dune elegance sans précèdent. Pies châteaux de Moinovama
a b oushimi ou de Zyourakou, entre autres, étaient d’une architecture très vaste ; ce qui est
démontré par l état des vestiges subsistant aujourdhui. Et des sculptures d’une imposante
proportion les décoraient. D’autre part, les Jinjya de ce temps, suivant en cela l’exemple des
temples bouddhiques, étaient décorés de toutes sortes de sculptures et de peintures. Du te
de Nobou-naga vivait un fameux sculpteur de Miya nommé You-ça. Rnis Oka-bémata-émou,
Mi\ a-nishi-you-za-emon, très bons statuaires, ont sculpté, dit-on, dans le château de Adzoutchi,
snr les colonnes du haut pavillon à sept étages, des dragons montants et descendants.
Le sculpteur I lidari-jinngorau, célèbre de tous temps, a paru vers la fin de cette époque.
Son nom est resté attaché à la sculpture décorative des châteaux et des temples. D’un autre
cote, la sculpture des masques de No, par suite de la floraison des No, devint de plus en plus
remarquable.
Les artistes habiles apparaissent en foule, et les œuvres délicates sont de plus en plus
nombreuses.
DENUES ET PROCEDES
Rien qu à cette époque la sculpture bouddhique soit en décadence, on voit cependant
surgir le colossal Rouddha (h* bronze du llau-kwauji de Kyauto, haut de i y1" , 55 , qui a été
détruit lors du tremblement de terre de la 6e année lwvamboun 1666.
La sculpture décorative a laissé des œuvres, les unes éparses dans les matériaux subsistants
des châteaux de Momoyama et de Zyourakou, les autres conservées dans des jinjya ou des
temples bouddhiques. Les noms de leurs auteurs 11 ont pas été conservés en grand nombre.
Leur style est assez délicat; leur coup de ciseau est nerveux et vif.
Les sculptures (h* valeur sont communément attribuées à I lidari-jinngorau. Pour les masques,
les familles d'artistes gardent les traditions et produisent des œuvres de plus en plus délicates.
.Mais dans la matière et la facture, il n’y a pas de différence notable avec ce qui a été fait à
I époque précédente.
MAITRES ET ŒUVRES
1 1 idari-jinngorau vivait vers la lin de cette époque et au commencement des Tokougawa, et
habitait Kvauto, I oushimi. Il était maître charpentier. Ses œuvres sont extrêmement nombreuses; parmi
elles on eiti* partout les Naghisi et les Ranima de Momoyama et de Zyourakou. Quant à la
li-nee de Jinngorau, toutes sortes d’opinions ont été émises. Dans le doute, on fait de Jinngorau
un ancêtre dont Part aurait été continué par son fils Soshinn et son petit-fils Katsou-maça.
(dieu Souké, dont le nom était Shyou-inan, appartient à l’école de Etchizen Dénié. Il était
fils de Nori-mitsou.
On l'appelle communément le vieux Ghèn Souké. 11 est célèbre surtout pour le genre de
masques féminins appelés manibi (femme souriante .
Masques de N ù .
Les masques se trouvent avec d'autres sculptures de l’époque de Tokoukawa voir fîg. 65).
Mamiii (on le montre avec un masque du temps des Tokoukawa). — Musée impérial.
Il est sculpté par Guénsouké, le charme est exprimé admirablement. Guénsouké s’est
spécialisé aux masques de femmes. Il est sans rival, surtout dans le sujet du Mambi.
Zékan, dont le nom était Yoshimi-tsou, élève de Taikwaubau kaukèn, gagna la faveur
des llô-taikôu qui lui firent une grande réputation. 11 se servait d’un sceau à chaud qui porte
Ten-kai-tclii-zékan. On l’appelle ordinairement Ohmo Dénié. C’était un des faiseurs de masques
célèbres de ce temps. Il mourut à l’âge de quatre-vingt-dix ans, la 2e année Ghcnwa (1616).
CHAPITRE Y
Architecture.
L’architecture de cette époque construisit surtout des palais. I. nrrliilorltire i . ■ 1 1 - 1 • ■ 1 1 - . * , ■ n
comparaison, ne jouit pas d’une grande prospérité. On peut considérer . un Un
modèle d’architecture religieuse le Xisld Honganji de Kyauto. U salle du B . Idha coloual est
la plus fameuse. En somme, les formes architecturales de ce temps, bien qu'elles ^écartent peu
à peu de celles de la précédente, subissent, surtout dans leur décoration, l'iniluenee tn > umnpn <* <!••>
Ming. Des changements importants se manifestent : l'emploi «l«‘> sculplures démnitives, d<s
colorations soutenues partout, des peintures sur les murs.
Au Honganji, monastère Shinshyou, par exemple, on essaya de donner un < .n.i< !■ t< «h*
bonhomie populaire, dans l’échelle aussi bien que dans !<■> arrangements ;i I inférieur et • «
l’extérieur des salles. On y voit des détails qui diffèrent profondément des t * n i j » 1 « ^ d«- ,-uh - >
sectes. Le choix de sa situation dans un quartier animé, la disposition des h. il immit -, •!■ "'iin -
comme pour y faire entrer un nombre immense de fidèles: sa toiture plutôt lourd»* ; -»••»
énormes auvents projetés bien au delà du pan des murs; l'excès «h* décoration ll.nub<»\ » n t • * -t
fastueuse de l’intérieur, sont bien pour aflirmer le caractère populaire de I éditir*-.
L’architecture palatiale a pris un très grand dév«doppement à eelte époque. \ I ••poqu»*
précédente était né le stvle de bibliothèque. Il atteint maintenant sou ;ipog<*«- S. -s pr« »< ♦ * I * -
de décoration, utilisant la sculpture et la peinture, sont particulièrement remar<pi;iU'>
La peinture et la sculpture, au Japon, ont marché du même pas «pm Par •< liihilm • t
surtout au cours de cette période qu’on constate et* phénomène, font, dans b* -t \ I • d«
bibliothèque, montre un luxe débordant : l'alignement «le constructions nombrcn-cs : L • ■ * 1 1 • * 1 1 •
vaste et grandiose ; les fouçouma, soukido, etc.; les peintures grandioses et magnifnpies : I • « Lit
des murs dorés; les sculptures pleines de vigueur «*t de beauté; l«-s plafonds au coloris
flamboyant ; tous les détails enfin. On voit aussi grandir l’architecture des châteaux fort». \
l’époque précédente, les châteaux forts étaient simplement des forts de bois <>u «!«• pnlissa»les:
leur but principal était de protéger contre les llèclies. La construction fut révolutionnée par
l’artillerie, et, pour l’enceinte des châteaux, on creusa «les fossés profonds. Parfois le fo^sé
d enceinte était multiple. A l’intérieur de cette enceinte creusée on éleva une liante muraille de
pierre et, par-dessus, on bâtit le fanion communs pour In garnison . Aux saillants et aux
rentrants, on lit des bastides à plusieurs étages. Dans 1«* château s«* trouvaient d«* vast«*s « * I
grandioses batiments en style de bibliothèque. Puis, pour observer au loin 1 < » 1 1 s les points «h*
1 horizon, on élevait le majestueux donjon, qui complétait l’aspect imposant de I édifie»*. Lelt**
construction ouvrit à notre architecture des voies nouvelles. Les châteaux d'Ohsaka, «le
l oushimi, de Nidjyau; le palais de Zyourakou en sont des exemples. Parallèlement à ces
constructions se développait 1 architecture des salles de thé, tendant à une extivme bienséance.
Elle finit par acquérir un style palatial quelle accompagna d’un caractère tout spécial. Les
palais de rocher de Katsoura, du Honganji en sont des exemples.
Parmi les jinjya, il faut citer le Hô-kokou-jinjya. Généralement, les jinjya de ce temps sont
d un style qui mêle les formes bouddhistes et shintoïstes. Son plan très vaste est trac»* sur le modèle
des garan. Il est abondamment décoré de sculptures et de peintures.
Histoire de l’Art du Japon.
PI. XLIX.
FLEURS & OISEAUX
XVIe siècle (par Kano-Sanrakou, appartenant au m
arquis Tokougawa Yoshinori).
L<‘ Kilano-jmjya est encore un modèle. Pour relier le llondèn au Haïdèn, on se sert de
galeries dallees. A gauche et a droite du I laid o n s’élevaient le Sô-gakou-jyo pavillon de musique)
<‘l le Sliin-sèn-jyo (pavillon des o lira ride s). Il est du genre qu’on appelle à huit faîtes (Yatsoumouné).
lai oui iv, par son portail a otages, sa porte médiane appelée San-kwau-mon et l’arrangement des
galeries, il ressemble beaucoup a un garan.
Au Nishi llonganji de Kyauto il y a ce qu’on appelle un Tai-mèn-jyo (parloir . On dit que
primitivement d était dans b* château de Eoushimi. Son plan est unique. A la face droite du 2e gradin,
et encore au 3° gradin, les sculptures des llainma, ainsi que les peintures prodiguées partout,
montrent toujours le meilleur goût du temps.
M< ATM F XTS
l’l> l< i • l\ v n v-mox porli* « hinoisc du Xishi-IIonganji. — Kvauto.
I Ile figurait primitivement, dit-on, au palais de Zyourakou. Elle est à quatre piliers, auvent
à la (diim >iso devant et derrière. Sa démoration de sculptures grandioses et de colorations magni¬
fiques, avec des ferrures compliquées, frappe les regards. Seulement, la toiture, par suite d’une
restauration postérieure, est un peu épaisse, et a perdu l'équilibre de sa proportion. En outre, la
Kara-mon du Dailo-kouji, celle du I Ioko-kou-jinjva, celle du Sam-bô-in de Daïgo, toutes reliques
de cette époque, diffèrent plus ou moins par la forme. Elles sont toutes décorées avec un grand
luxe de sculptures et de peintures.
2 .
I 1 loi \-k VMM . — Kvaulo.
\ islu-1 longaiiji .
Il est a trois étages, couvert en écorce de llinoki. Sa forme est élégante et charmante. On ne
saurait décrire I harmonie des courbes qui limitent la toiture. L’arrangement des deux ailes, la forme
des pignons, I auvent à la chinoise de son avant-toit, les baies des trois étages, tout concourt à un
ensemble délicieux. L'inférieur aussi est d une harmonie parfaite et d un goût d une grande ampleur.
Les règles du Karamon, bien qu elles aient paru, semble-t-il, de bonne heure à l’époque de
kamakoura, étaient alors extrêmement simples. A Eépoque présente, les formes se compliquent peu à
peu ; enfin, à l'époque des Tokougawa, on ajoute des auvents. C’est ainsi que l’arrangement des portes
s est beaucoup développé au Japon depuis l’antiquité. 11 se manifeste, à cette époque, une architec¬
ture qu'il faut traiter a part. C’est la construction des églises chrétiennes. Ces monuments, au temps
de Xobou-naga, s’élevaient partout. Il semble qu elles devaient être toutes de style européen pur.
Mais, comme très peu de temps après leur édification elles furent toutes détruites, il n’en reste pas
do trace aujourd hui.
En résumé, comparée à celle de la période précédente, l’architecture de la période présente
a complètement changé d’orientation. Celle-là visait surtout à la simplicité. Celle-ci tend au faste.
Les innovations architecturales remarquables de ce temps-là sont :
i" Le plan de l’architecture palatiale s’agrandissant de plus en plus ; elle emploie la sculpture
et la peinture ;
2° Les règles de F architecture des salles de thé palatiales sont établies ;
3° L architecture du château tort fait ses débuts.
Au point de vue des formes extérieures dans chaque genre d’architecture, beaucoup de
changements se font voir.
O
CHAPITRE VI
Industries d’art.
L’art des gardes, des ornements de sabres, à I époque des liants Inils do I lu-lai-Uau, prit un
O 7
caractère de plus en plus vivant. Les motifs et 1 exécution inontivroiit d«* la < i . • 1 1 * • 1 1 < • . Il ad\ mt ;ni-si
que par suite des travaux de Moinoyama et de Zyourakou, tous 1 ♦ *s aitisans du natal proxpcrèrani
et leur art lit beaucoup de progrès.
D’autre part, les élèves de Jô-ô et de Sèn-no-ri-kyou parurent : et «*n même temps la mntle du
Tchya-dau, la fonte des marmites, devint llorissante. La fonte du Doiuldlm colossal du I laii-hw au-ji
dans l est de Kyauto exigea une main-d œuvre considérable. Los art" qui plus tard sont diwonii"
traditionnels à l’époque des Tokougawa ont ouvert leur voie à l'époque présente, et il n en .•"!
aucun qui n’ait subi le contre-coup des grandes actions de llo-tui-kau.
ARTISTES ET ŒUVRES
Décoration métallique des sabres. — Famille des (loto.
Goto Kwaujyau, 4e Goto, lils de Jyau Shinn, qui mourut la i" année Lirokou i >*’»•» a \ishi
Saka-moto, en Aumi, continua l’œuvre de son père. Il eut le titre de llogén. Sa ciselure a b*
caractère de celle de son ancêtre. Le modelé en est accentué et serre. Il réunit I habileté de trois
prédécesseurs et porta à son point culminant l’art de la famille des Goto. Il mourut la G année
Ghènna 1620 à l’âge de quatre-vingt-douze ans.
Goto Ghèn-jyau, second lils de Jyau Sliinn, lit des kndzouku à guerrier^ eise|**>. Dans la taetur»
des prunelles, on voit la trace du inéoutchi-tagané dont il se servait. En elb t. jusqu a lYpoquc do
Jyau Shinn, on ne se servait, dit-on, simplement que du Namé-koui ilagane.
Goto Tokoujyau, 5P Goto, lils de Kwaujyau, fut lln-gén. En faveur auprès de llo Tai-kau,
il en reçut un domaine la S' année 1 èn Shvau 1 jSj . Sa ciselure est sereine. Parfois on conlond
ses œuvres avec celles de Kwaujyau. Comme élève, il eut Nomoura Maça-loki. Jusqu à la tin de la
période des Tokougawa, ses descendants successifs pratiquèrent le Awa llori dont il est le fondateur,
Goto-ei-jyau, 6P Goto, fils de Tokoujyau, est d’un caractère d’art particulièrement simple. Il
est extrêmement habile dans les personnages.
Tsouba.
Oumétada Shighe-yoshi, d’abord forgeur de sabres, Tatchilmna mouné-tchika, 2 V' du nom, lut
attaché, dès 1 âge de treize ans, au Shyaugoun Ashikaga Yoshi-aki. Il fut plus tard surnommé Myau-
j)su. I oyotomi-l lidéyoshi , ainsi que 1 lidé-tsougou et llidéyori l’employi*rent. Les forgerons de
toutes les provinces vinrent en grand nombre étudier auprès de Shighé-yoshi, qui a surtout fait des
gardes d une ciselure admirable et extrêmement recherchées. Il réemployait pas seulement b* fer,
mais aussi le cuivre. Et pour la forme et les dessins, il a créé un genre original.
Oumétada-maça-tomo, élève de Oumétada-meijyou, demeurait à Nagato. Il vivait vers les
années Keitchyau (i599-i6i5). C’est le fondateur de la famille Okada.
Okamoto-yuji vivait en Keitchyau ( 1 59G- 1 6 1 5) . Ses œuvres sont extrêmement rares. C’est le
fondateur de la famille Okamoto de Ilaghi, en Narrato.
o " o *
1 83 —
Odawara-maçatsougou est, dit-on, le maître du reperçage fin des gardes en fer ou Shyakoudô.
Il demeurai! a Odowara, en Sagami, les années Keitchyau (i 696-1 G 1 5 , puis il liabita Karatsou, en
lli/èn. Ses descendants, établis soit a Edo, soit à Karatsou, excellèrent généralement dans le
reperçage lin. Lest pour cela que plus tard toutes les gardes de ce travail sont appelées Odawara-
tsouba .
Ahmiiiks. ’ ,
Myo-tchinn-rnoiine Ibe, 19e, nommé Kyoutarau en Tenshyau ( 1 676- 1 69^) , demeurait à Adzout-
< lii en Ami. Sur I ordre de I okougavv a lyé ^ aeou, il lit l’armure précieuse du Dai-en-hei-tchyau-zan.
Mynu-tchinn-mounc-nobou , ao1’, nommé ( )ho-Soumi-nokami, vivait en Gliènwa ( 1 6 1 5- 1 6^4) •> il
( )hçaka, puis à Edo.
Dans la famille de Saotomo, Nié llarou, Ihé-nori, demeurant à Shin-dèn, en Hitatchi,
vont muèrent la profession ancestrale.
FONTE
Nagoslii-yaslii-tobi-rau, j' des ^ a Ami, servit Otanobou-naga, et mourut la 2e année Boun-
rokou 1 j<) b.
Xisbi-moura Dauninn, fondeur de Kama du tehyajinn Jyan-o, lit les Rama célèbres dits
Sakoura-gnwa , Duibouro, Arareigama, Natsoumé-gama. Ses lils Kou-héé et Dauya continuèrent
ses travaux sous les l’okougawa.
Tsoudji Yojirau, né à Tsoudji-moura, en Aurai, d’une famille de fondeurs de poêles, de
mai-miles H de quincaillerie, étant un habile artisan, très aimé de Sèn-rikyou, et selon le goût de
celui-ci, lit les Kama Amida-dau, Shiribari. Il reçut l’ordre de fondre la grande cloche du Ilaukwauji,
à kvauto-Kst. l/opération ne réussit pas et le feu prit au grand temple Daïboutsou dèn. Yojirau se
rasa la tête et prit le nom de Ittan.
La >' annee Bounrokou 1 nyi , il fondit les lampadaires de métal placés au bas de la galerie
des cenl travees de Momnvama. Buis, après la mort de I Io-tai-kau, en reconnaissance des faveurs
dont il Lavait comblé, il fondit un lampadaire qu'il plaça dans le Hokokoujhnjva. Ses élèves,
Yashiro et Tobéé, sont également célèbres.
Nagoslii S.ausbx o, lils de Yoshi-maça, appelé communément Ya-émon, s’étant plus tard rasé la
tête, fut nommé .Ivaumi. La i<>' année keitchyau, sur 1 ordre de Toyotomi Hidéyori, il fondit la grande
cloche du Daiboutsou-dèn «lu llankwauji, dont la hauteur atteint 4nb2(k diamètre 3m,3o,
L«*paiss«mr o'Nay. On \ lit cette inscription : «fondeur : Foudjiwara-sau-shyau de shô-djyau, en
Etehi/.èn ». Bette « loche avait d'abord été commandée à Yojirau. Il mourut le 9e jour du 8° mois de
la 1 V‘ année kwauyé G sejitembre 1 669 , et fut enterré au Honkokouji. Son fils, Maça Taka, lui succéda.
Beaucoup «b* ses élèves sont devenus des artisans célèbres, entre autres Kantchi, Hori-jyau-ho,
Ohonitshi-jvau-sei, Miva-zaki et Nishimoura-kyou-béé. Tous vécurent sous les Tokougawa.
LAOUEURS
Bar suite des luttes des années (dienki et lenshyau (i5jo-i5ya et 1 5y , les familles
d’artisans perdirent tout appui et tombèrent dans la fabrication grossière et irrégulière. Lorsque
Tovotorni Ilidéyoshi eut mis fin aux guerres civiles, les laqueurs, qui s étaient dispersés de toutes
parts, revinrent se rassembler au karaçou-marou «le Kyauto et reprirent leurs travaux dune façon
régulière. Cependant, il ne purent éviter de faire des œuvres grossières. C’est ce que l’on appelle
communément karaçoti-marou-mono.
Cependant, les formes et les motifs sont jolis et élégants, et montrent une conception originale.
Il ne manque pas d oeuvres charmantes. Au kaudaiji, a kvauto, ou eonser\e un îelupmiie de Sh\ou-
midan, ainsi que des meubles en makiyé qui suffisent à montrer des exemples, C est ei* <pi ou appelle
communément makiyé du kaudaiji. A cette époque vivait un homme nomme Seii-nori-kvou, que -.es
talents de tchya-jinn firent employer par Ilidéovshi. 11 inventa toutes sortes de tonnes a son goût
pour les ustensiles de thé. Ainsi que .lyauô avait fait précédemnumt pour le hupieur I liddsougou
et d autres, il choisit des ouvriers
-^a réputés et les lit travailler. Les mnî-
tres-laqueurs en Natsoumé Sei Ami
et le 1 1 1 d < * — t sougou entre autres,
acquirent une haute faveur. \ ers la
lin de cette époque se rattache à
fart du îaqueur une chose extrême¬
ment remarquable : e est le kwau-
xetsou-makivé, dont la hardiesse et
l'ampleur expriment bien le caractère
de cette époque. Son élégance, em¬
pruntée aux peintures des anciens
Toça, s unit à un goût de Tchva-dau.
Ce style nouveau qui s est prolongé
sous les I okougawa et a tait enfin
école, s<* préoccupe avant tout de
l’exquis dans 1 invention et !*•> aspi¬
rai ions
maithks i;r <i;r\m*;s
kau Anii-tchvau-au , petit-liU
du ~v kau Ami, lit 1rs meubles im¬
périaux lors de I avènement de I em¬
pereur Go-vau-zei < i ~> S — t . Il mourut la
I ¥ } / '
8‘* année kei-tchyau (i(><>3).
Ixwau Ami-k\\ au-etsou avait
de l’érudition et des idées. Habile peintre et calligraphe, il trouva des idées 1res neuves. Il
inventa une sorte de makiyé spécial. Il mourut la i année Ixxvanvéi { i ( » > y i , a l’Age de soixante-
dix ans.
t t* IA E 1 J * Boite a écrire (makiyé : Shinoboukouça). — I ukyau. — M. Taniinori-nianawo.
Œuxre célèbre de Ixwau-etsou, elle représente des Shinoboukouça (Davall i a buUatci . I ne
poesie japonaise y est inscrite en plomb. Le couvercle est décoré à 1 intérieur d animaux en nacre
et en plomb. Le compte-gouttes a une forme extrêmement simple et élégante.?. Les caractères de la
poésie japonaise sont du pinceau de Sau-myakou-m, qui, a\rec kwau-etsou et Zyaushô, forme la
trinité des calligraphes de ce temps.
PI. IJ [a]. —
Boite a écrire (makiyé : Soumino-yé). — Olisaka. — M.
1 1 r
acé Kaméiio-souké .
D’après lxwau-etsou,
Soumino-yé, avec une poésie
imitée plus tard par Kwau-rinn. Le sujet est le site célèbre de
amoureuse. Les vagues sont en poudre d’or; les rochers en plomb;
Histoire de l'Art du Japon.
PL L.
i.- PORTAIL DU TEMPLE BOUDDHIQUE A NISHIHONGANJI
XVIe siècle (à Kvauto).
2. - LE PAVILLON HIOUN-KAKOU DU TEMPLE BOUDDHIQUE
NISHIHONGANJI
1 < ‘s caractères ni or «léeoupé. Partout
extrémemenl roluiste.
le relie! des incrustations est très net. Le sentiment est
1*1. 1.1 ['■$]. — Foin a p.cniitK makiyé : cerisiers).
( Misaka. — M. loiuljita déii Zaltouraii.
L esl une copie de kwau-rinn d’après
une poésie sur la fête des cerisiers dans le
parc du nolde Sliyounzei. Le dessin est d’une
liante inspiration et d’une «dégante simplicité.
Nod ji-zèn-kvau, fils de Shino-i llidé-
tsougou, un «les ruait res-laqueurs de Sen-
llikvou, est connu sous le nom de Tenka-itclii
|r
Yoji-I I idétsougou.
S«d Ami, «le son nom Shvau-ho, un des
inaîtres-latpieurs «le Sèn-rikyou, reçut aussi «lu
Taikau le nom de I èn-ka-itclii.
Fig. >«)• Los \ «ent au v sont de Lentrée du
mausolé de Tovotomi llidéyoslii «d «U sa femme
Asano. La pagode tout entière est décorée de
la«pie «Lun stvle spécial «pii a pris le nom «lu
temple même «d s appelant laque de kôdaiji.
< ) 1 1 peut juger la beauté «1<* I ensmnlde d’après
ces ventaux.
Fig. 1)0. - C ABIXET AUX MAXUSC1UTS POÉTIQUES, EX CAQUE.
Temple Kôdaiji de Kyauto.
Fig. (>«. Le cabinet a appartenu à I hono-
épouse «le 1 1 idt'voslii, fut légué au temple
Kodaïji qui le garde. Il est décoré de fleurs.
Fig. 6i. Plateau ayant appartenu
également à l épouse de Hidéyoshi. 11 est
décoré de roseaux à bord de la mer et des
armoiries Paulownia de la famille Bavoromi.
«y
CÉRAMIQUE
Fig. fii. -, Flateau ex laque. — Temple Kodaïji de Kioto.
Tovotomi Hidéyoshi aimait le Tchya-
dau et les objets à thé anciens. A cette
époque, Sén-rikyou, lloso Kawa fonçai,
Fourouta Oribé et autres tchya-jinn étaient
nombreux, et chacun faisait exécuter des
poteries à son goût. A Kyauto, Tchyau-you
lit les poteries célèbres appelées Rakou-
yaki. Shyau-i, Man-émon, Ghèn-jurau, Sô
Hakou, mo-émon, Shimbéé, Daumi, Kôçon,
et, en Bizèn, Mikadjouki, Rokoubéé, etc.,
inventèrent de nouvelles formes de réci¬
pients pour le thé. Après la campagne de
l’armée ramenèrent en rentrant un grand
24
mrée en Bounrokou 1092-1596), tous les daimyaus de
nombre de potiers de porcelaines, et chacun d'eux construisit des Cours. Les Cours ouverts eu
Satsouma, à Tchyauça; en Tchikouzèn, à Takatori; en lligo, à Vatsoush.ro; en Nagnlo, a llaglu,
et d’autres encore en Uizèn et en Bouzèn, datent de cette époque.
GENRES ET MAITRES
Rakou-yaki, le fils de Sô-kei Tchyau-you, appelé comn.uné ni Te hvauj irait, suivant les
idées de Rikyou, pendant les années Tèn Shyau (i573-,5<)2), à Kyanto, prit ,1e la terre h Zvoti-
rakou et fabriqua des pots à thé.
Toyotomi llidéyoshi lui donna en récompense un sceau d'or où était gravé le caractère
Rakou et le lui lit imprimer sur les Tohyawan de sa fabrication. De la cette appelation spéciale de
Rakou-yaki. Ce sceau, du vivant du 2° Tchyaujinui, fut perdu. Aussi, à partir «le la i' génération
Nonko les vénérât ions successives eurent toutes un sceau < 1 1 11 < i ' 1 1 1
Le Rakou-yaki est d’une terre tendre <‘t blanche. Les poteries rouges sont mélangées d oi
Fig. G'j. [t]. — Brule-parfum en forme de lion. Fig. (>2 I > ie i 1 i -paiii i m en eoiimi i»i i.n v
[Comte Naoaki Matssudaïra). Sadamori Fonkoui do Kiv.iulo.
rouge. Elles changent à la cuisson. Les noires sont couvertes d’un émail lail do cailloux pulvérisés,
qui, à la cuisson, donne cette couleur. Toutes sont pétries à la main, sans qu’011 fasse usage
du tour. Il a fabriqué des boîtes «à encens, des aiguières, mais surtout des tasses à thé.
lig. 62 [ 1 ] . Poterie d’un émail brun faite par Tchojiro, le premier des lia bons.
Fig. 62 [2]. Du même auteur, émail noir.
Karatsou gama.
Ce qu on appelle Ekaratsou date de Keitchyau (i5(j6), et produit quantité d’objets variés
dusage journalier. La terre est de deux sortes, rouge ou grise4. Elle est décorée d’un émail bleu,
orange et noir. Cette poterie est très luisante. L’émail noir trace des dessins dans le genre des
o
feuilles de
anciennes,
du être, à
bambous.
Le dessin
I origine,
Les poteries dont les
s’est amélioré peu à
copiés su!1 des objets
dessins sont incompréhensibles sont estimées les plus
peu dans les époques plus récentes. Ces motifs ont
coréens.
<Mt lin (.AM A.
Le foui1 esl en Owari, pendant les années keitcliyau (i 5<)6-i6i ô). Sur l’initiative de Fourouta
Oribe-no-shyau, on commença à faire une espèce particulière d ustensiles à thé. La terre, en réalité,
esl analogue a celle des Shino-yaki et très tendre. La décoration est en émail brun très foncé
(,l (,|> niuail % ‘ et . Les dessins sont presque toujours des plantes. Très souvent, on y voit des
inoLifs de nuages, des cercles, des fleurs de pruniers, tous très élégants.
UlZI-.N CAMA,
La dureté de celte poterie fut une innovation dans notre pays. Jusque-là, on n avait guère
fai* «pie des ustensiles d'usage courant. C’est dans les années Tèn-shyau ( 1 5y3- 1 àqa) qu’on a
commencé a faire dans ce caractère des ustensiles de thé. Ceci est à la gloire de Mikka-dzouki-
rokouboé, <pii se servait, pour ses œuvres, d’un sceau en forme de croissant. Elles sont, la plupart,
décorées d un émail bleu foncé d’une couleur brune obtenu par le feu.
I on o t oui i llidévoshi, lorsipi il lit la campagne de Chine, logea à Imbémoura, dans la maison
du maître-potier Oh-hibiki gorau-zaémon. Il lit faire par les potiers kimoura, Moritérami,
kanésliiglié, des ustensiles de lia'1 et des statuettes. Les poteries couvertes d’épaisses taches
jaunâtres, et les Hirfasouli (cordons de feu), poteries grises couvertes de bandes rouges
irrégulières, ont du apparaître vers cette époque.
'
Histoire de l’Art du Japon
PI. LI,
1
3
BOITE A ÉCRIRE DE LAQUE
XVIe siècle (par Honnami Kwau-étsou).
SIXIÈME PARTIE
TOKOUGAWA
CHAPITRE PREMIER
Etat de la société par rapport aux Beaux-Arts.
Lu dehors de quelques années troublées à leur début et à leur fin, lors de Y avènement
de< Tokougawa • *t lors de leur chute, cette période de 260 années environ a été [en somme,
dans l'histoire japonaise, le temps de la plus profonde paix. Aussi, les lettres et les arts et
toutes les industries * \ -ont fortement développés. Le plan de domination du monde que
caressait Iovotomi l'a i ko disparut avec lui. Après cet homme, on vit des partis s'agréger.
Deux grands partis s»? formèrent, absorbant les autres, ceux de Tokougawa Iyé-yaçou et de
Iseluda Mitsounari. Il v eut entre eux une collision à Seki Gahara, qui décida entre eux. La
déduite des derniers précipita la ruine de Toyotomi et mit le pouvoir aux mains de Tokougawa
lvc-\aeou Bapidement, la 8'* année Keitchvau i6o3], Iyé-yaçou était nommé Séi-i-tai-shyaugoun
et installait le Bakoufou à Edo. Depuis la disparition du Bakoufou des Ashikaga, Ota et les
Tovotomi avaient, comme Daïjin et Kwampakou, exercé le pouvoir suprême. Dorénavant, le
Bakoufou est restauré, et la dignité de Shyaugoun se transmet de père en fds dans la
descendance de [ye—yaçou. Edo devient le séjour de la haute société et du jiouvoir. Des lors,
tous les Daïmvaus v ont une résidence. Les artisans et les marchands s’y rendent en foule,
•/ ^
venus de tous cotes. Le Bakoufou invita beaucoup de saxants et d artistes. Le terrain ou
s’étalait la prairie immense du Mouçashi se transforme en une grande capitale llorissante, et
enlin devient le centre des lettres, des arts et des industries. C’est la période plus tard appelée
civilisation du temps de Edo.
lyAviiçoii prenant le pouvoir, voulut établir le Bakoufou sui des bases solides et lui
assurer une longue durée. Dans ce but, il prit toutes sortes de dispositions ingénieuses, enserra
dans des règlements les Khougé et les militaires et comprima les Daïmyaus, tandis qu il fortifiait,
la domination de la maison impériale. La tyrannie de cette cour devint plus tard la source
des idées du respect absolu du au prince, et amena l’extinction, par lui-même, du Bakoufou.
Mais il répartit ingénieusement les daimyaus dans tout le .lapon, et, par un ‘‘ontrolr oint m l
entre eux, obtint la tranquillité générale. En outre, il organisa une autonomie complète.
L’administration financière, l’éducation, la production, l'industrie étaient déléguées entièrement au
gouvernement démocratique. C’est surtout a ce système que les arts et les industries doivent leurs
progrès.
Le fils de Iyé-yaçou, Hidé-tada, eut le mérite de se montrer très prudent et très libéral.
Puis la clairvoyance et la décision du 3e Shyaugoun, Iyé-mitsou, fortifia encore le Bakoulbu dos
Tokougawa, qui fut dès lors prêt à fonctionner pendant plus de dix générations.
Avant cette période, Ota-Nobounaga Toyotomi-Hidéyoshi ayant fait son apparition, h-s
troubles, qui avaient désolé plusieurs années consécutives, avaient été apaises. L empire lut
unifié; l’aurore de la civilisation rompit l’obscurité d'une longue nuit, et montra une bande de
claire lumière. Cependant, la forêt des lettres avait été foulée aux pieds des chevaux, et u était
pas prête encore à donner une fraîche feuillaison. Cependant, à l'époque où nous somuic>
arrivés, la paix règne. En haut, Goyauzéi 1er C \ 1 , 1671-1 387 1 G 1 1 - 1 (> 1 7 , monarque éclairé et
ami de l’étude; et plus bas, Iyé-yaçou, lui aussi ami de l’étude, favorisent le> lettres et fondent
des écoles. Iyé-yaçou fait commenter les livres canoniques et los histoire-, par le erl. bie
confucéiste Foudjiwara-seikwa, et honore son élève llavashi-razan . Il collectionne les livres
anciens, fait publier des ouvrages nouveaux et donne une vigoureuse impulsion aux études. Les
études chinoises font beaucoup de progrès; les études japonaises renaissent, et toutes sortes de
nouvelles formes littéraires se manifestent. Dans tout le Japon, un goût universel des h-ttivs
se fait jour. Et la répercussion de ce mouvement des esprits se fait sentir sur les Ileau\-Arts.
En encourageant les lettres, Iyé-yaçou tourne les esprits des Boushi vers les goûts studieux,
en sorte que l’activité des hommes de valeur, ainsi dérivée, ne s'emploie plus .1 fomenter de>
troubles. Cependant, la flamme belliqueuse n’était pas complètement éteinte, et l'esprit de guerre
et de massacre n’était pas entièrement disparu. Il était d'une politique très habile de choisir
la contrée en fermentation de l’Edo pour en faire le centre du Kvvanto. \insi, I es Boushi de
toutes les provinces, qui avaient si longtemps joué du sabre et fait métier du meurtre,
trouvaient là rassemblés dans une cité et ainsi maintenus. En outre, Ivé-\açoii, combinant hs
deux règlements de Djyauyé et de Kemmou 12J2 et i33j-i33(> , élabora les lois des Boushi,
remit en honneur l’ancien esprit des Boushi, l’esprit militaire austère et simple. La mollesse
fut appelée mode de la capitale, et le luxe mode des bourgeois, toutes deux honnies et
méprisées.
Dans les réunions amicales, les seuls sujets de conversation étaient les fatbnies des
combats d autrelois, les exploits des ancêtres, les considérations sur l'art militaire du temps,
et les beaux coups de sabre. Ainsi, dans les mœurs et les costumes transparaît encore l'esprit
guerrier. L’escrime et la lutte sont florissants. On organise des joutes et des assauts d’armes.
Mais la vendetta est strictement prohibée. Peu à peu, cependant, cet esprit dégénéra en appétit
sanglant et en vint à se changer en ce qu’on appela plus tard le caractère d’Edokkoo et produisit
ce qu’on a appelé Otokodaté.
refit la paix avec la Loree pour mettre un terme à l’expédition en cours, et
toléra les relations commerciales avec la Chine. Les relations étaient aussi autorisées avec
Makao, l’Annam, le Siam, Goa, Luçon, ainsi qu’avec toutes les îles de l’Océan du Sud, tous
les royaumes des deux Indes, avec les Portugais, les Espagnols, les Anglais, les Hollandais,
les Mexicains.
A Kagoshima, Ilakata, Goto, llirato, Sakai, Nagasaki, dans tous les ports, beaucoup de
gens venaient faire le commerce; et, sur les cotes de Kyoushyou, les daimyaus et les grands
commerçants passaient en bateau dans ces pays en assez grand nombre. Ainsi, d’un côté les
produits étrangers étaient en grande quantité, et, d’un autre, les tendances des Japonais
s’imprégnaient d’un sentiment étranger. Des hommes parurent en grand nombre qui se livraient
à des recherches en des pays lointains. Un vassal de Daté Maçamouné, Hashikoura-tsonénaga,
alla à Home. Un certain Tokoubéé de Takasago, en Harima, était aussi allé trois fois dans
l’Inde centrale. Ils avaient rapporté des objets précieux. Parmi ceux qu’avait rapportés
Tsounénaga figuraient son portrait à blinde par un célèbre peintre italien, une planche de cuivre
de la V ierge et des documents officiels sur parchemin, offerts à Tsounénaga par le gouvernement
de Home, et qui existent encore.
Dépendant, au cours des années Kwan vei ( i 624-1 G/j \ ), le Bakoufou publia des interdictions
contre la religion chrétienne. On renvoya les missionnaires dans leurs pays et on leur défendit
de venir par mer. On interdit au commerce d’envoyer à l’étranger des navires ou de construire
de grands bâtiments. De sorte que les relations avec tous les pays étrangers furent complè¬
tement supprimées, dette décision de fermer le Japon fut prise par le Bakoufou quand on
s'aperçut (pie les missionnaires venus d b.urope nourrissaient en secret des desseins de convoitise.
Les Japonais qu'ils avaient convertis en vinrent à se révolter à Amakouça, en lligo, et à Shima-
bara, en llizèn, la i j ‘‘ année* Kwan yei 1637).
Aussi, bien que toutes les relations avec l'étranger fussent interdites, les voyageurs, qui
ne se mêlaient pas de propagande religieuse*, mais ne visaient qu’à faire du commerce, comme
I es dhinois et les Hollandais, furent bientôt autorisés à aborder. Les Hollandais faisaient
connaître ce qui se fabriquait dans tous les pays d outre-mer, et les Chinois dans le Tonkin,
LAnnnm, le Cambodge, fous importaient les produits des pays du Sud-Ouest. Comme les gens
de Chine et de Hollande avaient toujours cherché à avoir le monopole des relations, et comme
le port de Nagasaki avait été désigné comme le seul marché d’échange, les objets de l’étranger
entraient au Japon uniquement par l'intermédiaire des deux nations et par Nagasaki. Les
Hollandais apportèrent les connaissances et les matériaux d'Europe; ils mirent à la mode l'étude
du hollandais chez les Japonais, qu ils mirent à même de connaître la civilisation européenne.
Ci- fut la une des forces qui participèrent au mouvement politique d'où sortit la restauration de
Moidji.
Ivé-milsou gouverna pendant environ trente ans. Le gouvernement du Bakoufou jeta un
éclat remarquable. Les lettres et les arts progressèrent à pas de géant. La construction du
mausolée (h* llikkwau et la réparation du château de Edo datent de son temps. Or, sous
Ivé-vaeou et llidé-tada, les constructions de toute la période se rattachent presque toutes à
et* dernier monument. Tous les grands travaux accomplis, toute cette poussée d’art, c’est la
floraison qui accompagne les Tokougawa. C’est une ère de paix profonde qui a permis ces
réalisations. El pourtant, malgré le règne de cette paix profonde qui éblouit à distance, l’empire
des Tokougawa était un monde féodal et oligarchique, ressuscitant des lois et des coutumes
abolies, ligottant la pensée, comprimant de haut en bas les fiers et les humbles. C’est, sur
tous les plans, un gouvernement formaliste, par lequel les esprits finissent par être déprimés,
la société perd son activité, et des mœurs fâcheuses peu à peu se dessinent.
Le je Shyaugoun, lyé-tsouna ( 1 65 1 - 1 680 , d’un tempérament maladif, fatigué par les soins
du gouverne ment, les abandonnait entièrement au Tairau Sakaï-Tadakivo, dont l'arrogance et
l’arbitraire minèrent en bien des points le travail du 3e Tokougawa. Cependant, même dans ce
gouvernement déplorable, il y avait des daïmyaus remarquables tels que : Hoshina Maçayouki,
Ikéda-mitsoumaça, Tokougawa mitsoukouni ; des lettrés comme Hayashi-shyoun-saï, le bonze
Keitchyou, etc.; des artistes comme Kano-kô-i et Kano-tan-nyou ou Soumi-yoshi-Jyokei. En
Chine arriva l’invasion des Tartares, à la suite de laquelle des philosophes ou des grands prêtres
des Ming se réfugièrent au Japon, tels que Itsouzen Ryouki, Sokou-hi, [Shyou-shi-you (Shyoun
soui Tchinn-ghèn-in, etc. Leur talent et leur expérience vinrent aider notre civilisation. Nos
lettres et nos arts, et aussi nos tissus, laques, poteries, métaux, toutes les industries <1 art
firent de grands progrès, et la civilisation poursuivit son élan.
Puis vient le temps de Tsouna-Yoshi (Y, 1680-1709 . Il lit graver des livres, ou bien,
établissant le Shyau-hei-kau, il encouragea beaucoup les études eonlueeistes. Le laponiste l\ i t
moura Righin, le shintoïste Yoshikawa Korétari, 1 ingénieur et hydraulicicn kaw a-inoura Dzomkèn,
choisis par lui, ouvrent les voies aux hommes de talent. Le «laïmyau de Mito, lokoiigawa
Mitsou-kouni, le premier, puis beaucoup d autres après lui, fondent des écoles et appellent «les
confucéistes. Au début de cette époque, féconde en hommes «le talent, 011 voit au premier rang,
dans les lettres chinoises, Kino-shita-jyoun-an, Itô-jyounsaï et autres savants illustres; dans
les lettres japonaises, Shimo-Kavvabé nagarou, le bonze kei-tchyou et après lui. kila-nmura
kighin. Dans la littérature légère et les romans Ihara Saïkakou , Tsehik amatsou-niouzaémim.
Parmi les acteurs : le ier Itchi-kawa Daujvou-rau; en Djaurouri, rakénioU>-ghi-»la\ ou : en
Haikai, Baschyô et ses disciples.
Par suite de la continuité de la paix, les mœurs s'amollirent <*t tombèrent «laiis I all'ét» rn*
et la volupté. On en vint à ne se préoccuper que de parure, «le chants, «le danses, «le jvaun »uri,
de décoration mobilière, etc. Surtout dans le makivé, l'orfèvrerie «I or H «larg«*nt, «-t t«»u> l«*>
objets d’art, le Shyaugoun le premier, et après lui les Rouslii, I«*s mandiainls, l«*s acteurs
rivalisent d’ostentation. Aussi, ces industries artistiques font-elks «le grands piogn s « n « < tt«*
période qu’on appelle le temps de Jyaukèn-in Tsoumayoshi . Répondant, à 1111 <« • r t ; « i 1 1 point d<*
vue, le gouvernement de Tsouna-Yoshi, vers l’époque Ghèn-rokou i6«S<S- 1 70 j , m> tut pus mm
ère de paix universelle et sans aucun trouble. Auparavant, la >' année \l<*ir«*ki 1637 . I»* grand
incendie de Edo avait dévoré, en deux jours, à commencer par 1«* château « I «* E«lo, l«*> Vishiki
des daïmyaus, ainsi que de nombreux «piartiers. Plusieurs milliers d'hommes \ trouvèrent la
mort. La ville n’était, pas encore restaurée, quand, la 16e année Ghenrokou 1 7 « » > «*ut lieu le
grand tremblement de terre du Kwautô suivi du gran«l incendie Le fut mu* |our«l«* < 1 1 . « 1 1 •• .m*
o ~ r*
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les finances de l’Etat.
Cependant, le Shyaugoun se «lésintéressa peu à peu «lu gouvernement «*l conlia tout**"
les affaires à ses favoris, tandis qu’il s’abandonnait aux plaisirs. Sans enlants, ayant perdu l«»u>
ses héritiers, il tomba pendant sa vieillesse dans «le «lespotnpms aberrations. Son g« m 1 \ « • r 1 1 • • 1 1 1 « • 11 1
devint de plus en plus oppressif. Aussi, sous cette grande paix apparente, on sent frémir «les
passions farouches, et les arts de cette époque, reflétant cet «Hat, prémunit un caractère <l«* rmhv-'Si*.
Après lyénobou (VI, 1709-1713) lyétsouyou Ail, 1716-1715), Yoshimouné fut Shyaugoun.
Yoshimouné, par ses talents et sa fermeté, répara les fautes de ses prédécesseurs. Il prit gar«h*
au relâchement des lois criminelles, il mit en faveur la frugalité, fut accessible au peuph* «*l
développa puissamment la production nationale.
En dehors des livres qui traitaient du christianisai**, il autorisa la lecture «b*s autres
livres européens, de sorte que les connaissances scientifiques «le I extr«'*me Decnlent p«,,nélr**r«*nt
au Japon. Comme les mœurs «les Samouraïs, depuis longtemps emouss«*es par la paix, tombaient
dans la mollesse, le Bakoufou, déplorant l’oubli de tradition samouraïqim, à laquelle il attachait
la plus haute importance, remit en honneur 1 esprit militaire et l’art des armes. En même temps
il s’opposait à tout excès des prêtres et à toute tentative «le violation «le la loi. Grâce à
toutes ces mesures, 1 autorité «lu Bakoufou lui universellement respectée, «*t l’on voit apparaître
les effets de ce qu’on a appelé la renaissance des Tokougawa.
L(îs letties et les arts, a cette époque, ne montrent pas des modifications égales à celles
de la politique.
En effet, le Shyaugoun prescrivait la littérature légère et encourageait la littérature
- if)3
serieuse. ht, dans le lmt de corriger les mauvaises habitudes acquises, il préconisait l’économie
dont il donnait lui-même l’exemple. Il avait écarté tout luxe de son intérieur, qui était des plus
modestes. Il montrait une grande simplicité dans son costume et son régime, simplicité qu’il
exigeait chez les daïmyaus. Dans les mariages, la parure, les repas, les présents, tout était
réglé. Des ordonnances réglementaient le prix des broderies d’or sur les manches des femmes,
les jouets des enfants. Les ornements d’or et d’argent plaqués étaient interdits et les enfants
ne pouvaient avoir des poupées de plus de 8 pouces. Le luxe des étoffes et du mobilier était
prohibé. Lu dépit de ces lois somptuaires, la population, habituée au luxe par une longue paix,
ne perdait pas aisément ses habitudes. En sorte que tous les métiers poursuivaient leurs progrès.
Ainsi, les objets servant à l’équipement des daïmyaus et les sabres atteignent une grande délicatesse
de travail.
Le Shyaugoun désirait arrêter l’introduction des objets étrangers. Aussi encourageait-il
partout I industrie nationale, à commencer par la céramique, les laques, les métaux, les cuirs.
La plupart des industries nationales acquirent, à partir de cette époque, une remarquable
prospérité. En littérature, les lettres chinoises seules étaient brillantes. Les études des anciens
textes chinois de six le antique comptent plusieurs écoles : Araï llakouséki, toô-togai, Y\ oghiyou
Serai, savants illustres, paraissent. Non seulement leur enseignement eut une grande influence,
mais encore le courant des études chinoises et l'importation des objets de Chine répandirent peu
à peu un goût (danois dans la prose, la poésie et la calligraphie.
I n hôte des Tsing, Ifoukvou, vient au Japon où il laisse des œuvres de peinture, sur
l'ordre de llisan-kn des Tsing. La traduction et la gravure du Soui-Ivoden ayant été publiées,
b1^ conceptions du roman chinois se font jour au Japon. Les peintres des Tsing, Tchin-nan-pin,
llikanghèn, viennent à la même époque. Ce sont là des événements parmi les plus saillants de
la période Kvauhau i 7 1 (>- 1 7 3(> .
I\ éshighé l\, 1 7 i •>- 1 7 C» o succéda à son père au moment où s’affirmait la renaissance
provoquée par celui-ci. Mais, souverain d’esprit insignifiant, il ne lit rien. Son héritier, Ivé-
harou X, i”S~ , fourvové par de mauvais conseillers, laissa le Bakoufou tomber encore
dans b* désordre.
E11 outre, depuis Ivé-harou jusqu'au XL Sbvaugoun, les cataclysmes naturels furent très
fréquents. Notamment, plusieurs années consécutives de famine jetèrent le pays dans la désolation.
\ ers cette époque, parut Matsou-Dahira Sada-nobou qui aida le Shyaugoun et changea du tout
au tout le gouvernement. C'est ce qu’on appelle le gouvernement de Kwansei 1789-1801).
Sada-nobou, petit-lils de Yoshi-mouné, était un homme sage, éclairé et lettré. 11 réprima
tous les abus du gouvernement, encouragea les lettres et l'art militaire et réforma les mœurs.
Cependant, la richesse et la prospérité se développèrent, les mœurs redevinrent luxueuses, et,
après la retraite de Sada-nobou, l'état général du pays était florissant. Les études japonaises
étaient revenues en faveur, et parallèlement se fortifiait le sentiment national. Un parti croissait
qui déplorait l’effacement de la maison impériale et la prépondérance du Bakoufou.
Cependant, le Shyaugoun et, à son exemple, la population s’abandonnaient au plaisir. Les
mœurs allaient se dépravant, les lois se relâchaient, l’étiquette créait des formules et des rites
compliqués. C’est pourtant, vue sous un certain angle, une période extrêmement brillante, que
cette période appelée le temps du Ohgoshyo.
A Edo surtout, les savants, les lettrés, les artistes forment une phalange serrée. Les
lettres se ressentent de l’influence de la classe bourgeoise. Les poésies, les contes comiques,
les romans, les peintures du genre vulgaire sont très appréciés de la majorité.
Kyauto cesse peu à peu d’être le centre de la culture qui s est transportée a Edo et qui
reçoit l’impulsion de la culture chinoise venue par Nagasaki. Les écrivains chinois paraissent en
foule. L’art des vers chinois jette un éclat sans précédent. Le chinois classique est pratiqua
dans la bonne société. Ce qu’on appelle « la peinture de lettres « devient à la mode. Lnl.n, on voit
paraître dans cette ère de paix générale un nouveau genre de culture.
Nous arrivons à Iyé-yoshi (XII, i838- 1853 . Le Raudjyou (conseiller d'Etat Midzouno
Tadakouni, s’inspirant de’ l’esprit de Kyauho et de Kwansei, et voulant mettre un frein au
luxe, prohibe la vente des objets de lux»', limite le prix des parures, fait deç préparatifs
militaires et s’efforce de régler les mœurs. Mais l’élan du temps était irrésistible. L.'s goûts
sont tournés vers le luxe et les mœurs sont vouées au plaisir. Dès lors se précipite la décom¬
position intérieure du Bakoufou. Ln mouvement très ardent s»* dessinait en la\«*ui du h'Uini iic un ni
direct de l’Empereur. Mais le gouvernement Shyaugounal avait pendant longtemps donné une
prospérité telle que le souvenir en demeurait encore, si bien que ni trame ne pouvait étn-
déchirée en un matin.
Cependant, alors qu on ne s’y attendait pas, en iSô), la llolt»* américaine apparut
soudain à Ouraga et le long songe de paix s’évanouit. L’Empire s’agite, les esprits se
surexcitent, l’élan militaire se réveille. L’opinion se fait jour avec violence, qui veut ouvrir \< >
ports, repousser les Barbares, honorer l'Empereur et punir le Bakoufou. Lutin arrive la dissn
lution du Bakoufou. Alors le Japon revient à l’ancien gouvernement direct de I Lmpcreur. La
nouvelle ère de Meidji s’ouvre; l’aspect de la société change du tout au tout. des progrès
considérables sont réalisés.
CHAPITRE II
Caractère et évolution des Beaux-Arts de cette époque.
Dans notre histoire, rien n’est aussi brillant que la civilisation de (•«•»)»• période et la
continuité de la paix est sans exemple dans le monde. Tout s'est alors développé, mais d'un
développement fait d’éléments complexes. Les Beaux-Arts et les industries ont donné une
production abondante; et il n’y a pas lieu de s’étonner si une grande complexité s'\ manifeste.
A partir du début de cette période Keitchyau, i 5(j6 , la prospérité règne pendant jo à (h> ans.
La culture progresse. Cependant, comme on n est pas loin d»* la période des troubles, et comme
Iyé-yaçou, Iyé-mitsou encouragent l’art militaire, la richesse et l'influence appartiennent aux
familles militaires, et un reste belliqueux des provinces subsistant toujours, Es esprits sont
portes encore vers le goût des armes. Aussi voit-on dans la peinture meme un»* tendance à la
force et à la rudesse, au tourmenté et à l’excessif. L’architecture fait reparaître des formes
abandonnées par la période précédente.
L école de Kano, en peinture, se perpétue et est proclamée dominatrice. Elle seule
poursuit un développement original. Les maîtres Sanrakou, San-setsou exercent leur influence.
Us sont imprégnés de l’esprit des Boushi et portent bien la marque de leur temps. C’est surtoul
quand on arrive a lannyou, dont le grand talent honore son école, qu’on voit bien paraître le
goût de 1 époque. Les Kano seuls sont alors en pleine prospérité et peuvent être regardés comme
les Shyaugouns du monde de la peinture.
En architecture, Iyé-mitsou réglemente les maisons des Boujin, ainsi que des fermiers et
des marchands. Les artistes, liés par ces règlements, sont gênés dans leur développement.
Cependant, lorsque le Bakoufou est consolidé, les efforts de l’architecture sont portés vers la
construction des temples funéraires de Nikkwau et vers h agrandissement du château de Edo.
Ces œuvres sont mises au nombre des beautés du Japon. Les daïmyaus aussi construisirent
des châteaux sur leurs domaines, et tous se font de magnifiques et solides yashikis à Edo. La
construction devient de plus en plus prospère, et les métiers de sculpteurs sur bois et sur pierre
et tous ceux <pii tiennent des arts décoratifs prennent un grand développement. En raison meme
de leur prospérité, ces arts en arrivèrent à une minutieuse division du travail.
Ive-yaçou pensionna des maîtres dans tous les arts, en envoya à l’étranger, d’où il en fit
venir d autres. Des procédés nouveaux, des matières nouvelles furent introduits chez nous. De
célèbres tcliyajin ayant paru, tel kobori Einshvou, non seulement la cérémonie de thé fut de plus
en plus pratiquée, mais toutes sortes de formes nouvelles firent leur apparition dans la céramique
et la laque. Quant à I art des jardins, il devint florissant. Le palais détaché, auquel Einshyou
consacra les forces de la lin de sa vie, en fut l’idéal.
Lorsque le lokougawa posa les bases de la féodalité, la constante préoccupation du
de régler par des lois tous les points du cérémonial ; de sorte que, depuis
us humble sujet, la conduite de chacun était délimitée. Il rendit la
Shvang-oun
fut de régler |
1 Empereur
jusqu'au plus
société très
formaliste et il
forçai! 1 les
gens à croire
propagea dans h* monde 1 11I
Dans le monde des arts s’établit un culte excessif de la tradition. On eut horreur de
changer quoi que ce soit aux vieilles formules et aux anciens procédés. Si par hasard on osait
une innovation, on ne désirait plus v apporter aucune modification. L’esprit de coterie et
l'exclusivisme garrottaient h» talent, fous les artisans tombaient dans la minutie. Les religions
étrangères étant prohibées, on proclama l’ordre délever dans tout l’Empire une chapelle
bouddhique à chaque maison. Alors furent exécutées en quantités innombrables les statues
bouddhiques. Mais les artistes ne produisirent que des statuettes de petites dimensions. Ils ne
s'essaient plu aux images grandioses; et, même dans les petites, leur talent est loin d’atteindre
l’antique.
En littérature se produit la réaction des écoles de Kwamboun 1661-1673), et l’influence
en littérature se transportant en bas de la société, on voit surgir soudain les idées démocratiques.
\ l'époque suivante, dite de Ghèn-rokou 1688-1704 , la littérature vulgaire est florissante et étouffe
la littérature noble. Dans les arts, des maîtres paraissent, qui essaient de conquérir une indépendance
de style et de si* lancer dans un nouveau domaine.
Les peintres célèbres de ce temps se livrent chacun à la spécialité où il excelle. Toça
mitsouoki abandonne le style de sa maison et éclectise les procédés de Toça et de Kano. En
outre, n étant pas retenu par le style de sa maison, il subit des influences contemporaines. Il
cherche à innover. Et quand bien même la contexture de ses sujets est archéologique, il y ajoute
une saveur populaire. Il y a dans son œuvre quelque chose de la beauté de Moronobou et de
kwaurinn. Il déplore les défauts du temps, mais il y sacrifie. S'il ne manque pas parfois d’une
certaine crànerie, il est en général modéré dans ses tentatives et inventif. Mais il n’a pas assez
dépouillé les vieilles formules.
Quant aux industries, en dehors du style d’école se montre ce qu’on appelle la sculpture
de ville (sculpture bourgeoise). En opposition avec l’orfèvrerie parue jusqu’alors, elle laisse voir un
goût bourgeois très prononcé. C’est le temps de Ghèn-rokou qui répond aux mœurs luxueuses et
faciles d’alors. On se livre alors à l’ostentation et à une frénésie de parure. Les sabres et les
différents objets d’habillement, qui ne visaient autrefois qu’à l’utilité réelle, sont devenus des
objets de parade et, dans leur exécution, on en vient à rivaliser de beauté et d’ingéniosité.
La décoration architecturale atteint le comble de la magnificence. Comme il a été- .lit précé¬
demment, les incendies étaient fréquents à Edo et les yashiki durent être refaits souvent, surtout
après le grand incendie des années Meireki (x655-i658). Les yashiki de toas les daïmyaus
généralement tendent à la simplicité. Cependant, le temple de kwamnon, à A<.nkom.a ; le Co-
kokouji, à Ouéno ; la salle centrale de kompon, la salle de Moii-jvou. ainsi que la porte des deux
Maharadjas-niwau, par exemple, ne le cèdent pas même aux temples de Nain H < I • • 1 1 1 1 , - l
montrent la beauté architecturale de cette époque.
Pendant les quarante et quelques années qui s ecoulent de l\\an-lm ;| Il « »- 1 * * k i 1 7 i < * -
iy64), les peintres de l’époque, Okou-moura Maçanobou, Mishi-kawa Soiikr-noboii , Blng.iw .1
Toyonobou, etc., fournissent une production aimable relevant de 1 ecole vulgaire. ( .«‘pendant , ain-i
qu’il a été dit plus haut, le Shyaugoun à oshi-Mouné s’employa avec ardeur a îvlormer b ahii" «t
s’efforça de remettre en honneur la simplicité des mœurs «‘t les goûts militaires. Les arN, qui
s’étaient développés pendant la période Ghèn-rokou, se trouvent alors arrêtas. La l < * 1 > - 1 1 • • p' rtn«|.-
de paix donnait pour principale préoccupation publique les diverses lètes annuelles qui mie n, n ni
un excès de cérémonial et de formalités. Ce fut ainsi surtout dans les cortèges des <lmm\ mis,
lorsqu’ils se relevaient à Edo pour leurs séjours réglementaires. Leur arrivée était un pi. i. \i. .1
un grand déploiement de pompe, à une rivalité de faste et de magnificence. Aussi, apres
Ghèn-rokou et Kyauto, les industries de Edo devinrent florissantes. (In lit pour les prno-sshms
militaires quantité d’objets précieux qui sont très réputés.
L’orfèvre Yokova Somin inaugura le genre de ciselure, »lil pictural, et mamh‘>t.i "<>u telenl
dans les kodzoukas et les ménoukis. D’autre part, à cette époque, comme la société tout
entière s’adonnait aux lettres chinoises, les vers et la prose chinois amenèrent un demi
d’imiter les dessins et peintures de Chine. De là vint, pour notre civilisation, un clément demratil
brillant et très particulier.
N ers Meiwa ijbj , le monde artistique, à Edo comme à l’okyaii, montre un idéal tn -,
différent. Cette époque était l’apogée du gouvernement de Bouké. L'excès de la prospérité ve
fait sentir à Edo, où les Samouraïs et le peuple vivent dans tous les délices de la paix. Awsm
les goûts populaires suscitent les poésies légères et comiques, les «envies bmmn i^t iqm x *-t b-,
romans, qui prennent un brillant essor. En même temps apparaît un genre de peinture s«-mhlahl<-.
ht Ion voit surgir des quantités innombrables de peintures légères ou comupies et «le croquis
prestement enlevés.
Les romans et les contes, nécessitant des illustrations, font faire à cet art d immenses
progrès. Un romancier de ce temps, Tané-hiko, disait volontiers : « l/auteur a beau avoir un
grand talent et un pinceau varié et original, si à son ouvrage ne s ajoute pas le charme des
dessins et le mérite de la gravure, il ne peut pas espérer faire monter la valeur du papier dans
la capitale. »
l ne école d illustrateurs remarquables se montra alors, presque tous se rattachant ;ï
1 école dite Oukiyoé. Cette école répondait au goût du temps. Elle s’enorgueillissait de Katsou
Kawa Shyounthyau, du second Ilarou-nobou, du premier Toyokoni Ixeisaï, etc. Ces artistes
répondaient au goût du temps et à l’idéal des conteurs contemporains.
tandis qu a Edo triomphe la mode de l’école Oukiyoé, à kyauto, au contraire, le goûl
approuve ce qu on appelle le dessin de lettré et le courant de la poésie et de la littérature
chinoises. La, favorisée par 1 exemple des peintres chinois venus au Japon et par la mode des albums,
la peinture distinguée et aristocratique est prospère. Elle compte des artistes comme Ghi-nankai,
Iké -taiga, etc.
Cependant paraît Marouyama Okyô qui, se trouvant eu présence de ce mouvement,
s assimile ce qu il y a de meilleur dans chacun de ces maîtres et révèle à kyauto un art composite et
Histoire de l’Art du Japon.
Grav. V, en couleurs.
ONO-NO KOMATI
EFFAÇANT PAR LE LAVAGE LES MOTS AJOUTÉS SUR UN MANUSCRIT ANCIEN
XVII8 siècle (la Poétesse, peinture de Kwaurinn).
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pariait, lundis que des célébrités apparaissent en foule, Sliibakaukan pour la première fois emploie
la peinture à ! huile. Déjà, en kwan-yéi (162^-1644)» Yamada Ouémon est connu pour avoir fait
de la peinture européenne, mais ces procédés n’avaient pas été transmis.
Dans les autres arts et industries, le développement montre, en général, une tendance
populaire. Ainsi, les bourgeois du temps, en matière de sculpture, aiment une décoration de
premier ordre dans les netsouké, les blagues à tabac. Pour les poupées servant de jouet, on
rivalise d habileté. Dans I orfèvrerie et les laques, on trouve des décorations variées et vives.
Pour les tissus et les teintures, on suit le goût des acteurs, en général très populaire. On
renonce aux formules jusque-là consacrées par l’étiquette, et l’on recherche l’originalité.
De Bounkwa et Pounséi à kéitchô i8o j-i8o8 , l’impulsion donnée par les dessins chinois se
communique peu à peu et atteint le Kwanto. Bountchyau, Tchinzan, Ivvvazan s’y adonnent,
chacun avec un genre personnel.
A Kyauto, d’un coté Tano-moura Tchikoudèn procède de l’école de la peinture de lettré;
d un autre coté, Malsou-moura (io-shyoun se fait un nom à part dans l’école Shidjô. \ ers cette
époque, les érudits versés dans les études japonaises se lèvent par essaims. On approfondit et on
commente I histoire ancienne et le vieux langage. L’archéologie renaît. Tanaka-totsoughèn et
d mit res, inlluencés par ci* mouvement, ressuscitent l’ancienne peinture des Toça. D’autre part,
comme orfèvre, Xau-rokou; comme laqueur, kôminn, etc., copient l’art ancien jusqu’aux tissus de
nishi-djin. < >n arrive ;'i produire des sabiori en vieilles couleurs.
dépendant, les troubles intérieurs et les difficultés extérieures étant devenus menaçants,
les esprits entrèrent partout en effervescence et, abandonnant l’école archéologique, les Beaux-Arts
se jetèrent dans un genre plus énergique et plus male. Puis, la lutte pour l’existence devenant
plus âpre, les idées modernes primant leur essort, on voit les Beaux-Arts et les industries se
plonger dans le réalisme. Ainsi se montrent Ooshvoun, llokouçaï, Iliroshighé en peinture; Seimin
dans la fonte; (loto Itehi-jyau en sculpture; Mioura kèn-ya en céramique. A cette époque,
I l.mpire est en effervescence. Les circonstances ne sont guère favorables aux lettres et aux arts,
et I on ne peut alors espérer voir une floraison semblable à celle des jours précédents. On
touche à la révolution de Meidp.
CHAPITRE III
Peinture.
Sous les Tokougawa, tous les genres d’art qui avaient successivement paru depuis mille ans et
jusqu’aux si vies nouveaux de Chine ou des pays de l’Asie du Sud et de 1 Occident se sont harmonisés.
Dans la peinture, des styles divers se manifestent. Chaque artiste suit son goût personnel et adopte
un procédé qui lui convient. Les uns ont un style épris de la grande beauté noble; d’autres montrent
un genre clair et simple, le « genre de lettré » ; d'autres enfin s’attachent à un réalisme populaire.
Pendant trois siècles environ que dura cette période, le pays étant fermé, la vie y étant facile, la
peinture est calme et sans grande originalité. On semble incapable de créer des procédés neufs, ou
de tenter (h* sublimes efforts. Bien entendu, cette période de trois siècles ue s’est pas écoulée sans
présenter des intervalles qui diffèrent entre eux.
Depuis le début des années keitchyau jusqu’aux années kwamboun 1 5c)6-i6o3-i66i;, de lyé-
yaçou Ier à Iyé-tsouma IV, on s’adonne entièrement an style de 1 époque de Moiioyama. L<- piueeau est
hardi, le coloris brillant. Toutes les écoles, Soga,Ounkokou, I lacégawa, Kano, ont une tendance analogue,
et reflètent le goût des militaires (Boujin). Vers la fin de cette période, en Chine, les Ming s eeroulrul
et les Tsing’s s’élèvent. Des Ming arrivent au .lapon Saïryou, Inn Chèn, Mokou-an, Sokouhi, qui se
font naturaliser, apportent quantité d'anciennes peintures et produisent eux mêmes -le nombreuses
oeuvres. Chacun d’eux a des disciples.
De Kwauboun à Ghèn-rokou et jusqu’à Shyau-tokou 1 66 1 -i Gj(>), sous les l\', \ NI' et \ II'
Tokougawa, la pensée reprend son essor, la conception et 1 execution agrandissent leur domaine,
et les Kano, entre autres, jettent un grand éclat. Los maîtres de lora, Soumiyoshi et kwannnn,
atteignent la cime de 1 art et de la beauté.
De lvyauho à llô-réki, pendant un peu plus de 3o années, c est-à-dire pendant la période qui lut
vraiment l’apogée des Tokougawa, alors que le pays jouit d une tranquillité et .1 une paix -ans
pareilles, les peintres produisent des œuvres charmantes et délicates, sans qu aucun grand madré
surgisse dont la renommée éclipse les autres. Cependant, à partir d llûreki i 7C | , la religion et la
politique sont peu à peu troublées ; et, depuis An-yei et Fenniei jusqu a la tin de Iwauwa 1 s<> i .
la nation tombe dans la mollesse et les mœurs efféminées. La peinture alors se vante de sou alb-lmm- < t
en vient à n’être plus qu’une distraction sans portée. Toutefois, à kyauto et dans le k\\an--ai
conserve un goût très différent de celui deàédo, ce qu’on appelle ■ le style de lettre . C.- eml,
passant Nagasaki, pénètre graduellement dans toutes les provinces cl se répand de plus eu plus
Ghin-ankaï le premier, puis Tchimmei, Slivabouson , etc., s'amusent au dessin méridional
(Nangwa). Kouma-shiro Shyoukô, Sô-shi-séki, et d autres encore, s'éprirent des dessins chinois l’siiii:
de Tchin-nam-pin. Enfin, du dessin des Ming provient une nouvelle école à tendance naturaliste, r. lb-
de Marouyama Okyo.
A partir de Bounkwa jusqu’à Meidji (1804-18. ..), les peintres chinois de kvanto suivent b* slvb
de Okyo. L’ouverture du pays aux étrangers jette une certaine confusion dans les esprits: aussi l< -
tendances de la peinture sont-elles incertaines. On voit apparaître, dans le style d.- la i' a\enue,
Matsou-moura-goshyoun ; dans le genre de Soghen, Gankou ; 1 éclectisme du Nord et du Sud réalisé
par Tani Boun-Tchyau ; les dessins, soit Ming, soit Japonais, de I lara-zaï-trhyou ; les dessins Ming
Tsing de Tano-moura-tchikouden, de Watanabé Ivwazan; le renouveau du 'lamalo avec lanaka
Totsoughèn, Oukita, Ikkei, Okada Taméyaçou, etc.; les peintures populaires de kalsou-shika
Mokouçaï, etc. Toutes les écoles surgissent à la fois et rivalisent à la lin de la période de Tokougawa
La peinture d Extrême-Orient montre là une ère de grandeur. On peut dire que le courant révolution¬
naire de Meidji a pris sa source à cette époque.
Exécution.
La peinture du commencement des lokougawa, depuis keitchyau, par l\\\an-\ei pisqu à
Ifl (1096-1615; 1624-1644; 1608-1661), poursuit le style de Momovania, surtout dans la
composition. Elle ne s’astreint pas à la recherche d’une perspective très parfaite ; elle tend à la
liberté du caractère. Nombreuses sont naturellement les peintures qui semblent se prêter aux goûts
des Boujin.
Kaï-hokou you-sh^au, d un pinceau ferme et sûr, s attache à un style particulièrement simple.
Soga Tchyokou-an montre un art imposant et un métier de plus en plus serré,
kano San-Setsou, d un pinceau g’ras et franc, est épris de simplicité; Shyau-Kwadau étudie
son genre et atteint un caractère de liberté. A cette époque, comme artistes ayant des idées neuves et
un style onginal, il faut citer Kwau-yetsou et Matabee. Ges deux hommes pourraient être considérés
comme appartenant aussi à l’époque précédente. Leur lignée se continue à cette époque des Tokou-
gawa. Matabéé apprit son art sous les T or; a et travailla le Sôghèn. Il a surtout pris pour sujets des
scènes de mœurs. Son coloris est joli, et son pinceau extrêmement délicat.
A partir de kwamboun, par Ghèn-rokou, jusqu’à Shyautokou (2® période), on voit Kano-mori-
nobou, mélangeant le japonais et le chinois, montrer un pinceau très habile. Naonobou manie l’encre
liquide avec une parfaite liberté. Il crée un style particulier qui reflète exactement les goûts des chefs
militaires du temps de Tokougawa et qui s’est perpétué pendant longtemps. A partir de cette époque
à peu près, le coloris des Kano est vif, et pourtant il garde une harmonie qui séduit l’œil.
Toça Mitsou-oki, se basant sur le genre proprement japonais, s’inspire insensiblement des
Kano, H introduit dans son art les aspirations magnifiques d’un Age brillant. 11 fait transparaître avec
douceur un modelé et des lignes calmes.
Ogata Iwvaurinn possède au suprême degré l’invention et le style. Son dessin est entièrement
pris à Iwvau-etsou. Son coloris, particulièrement vif, emploie franchement l’or et l’argent, en poudre ou
appliqué. Il entasse la couleur en épaisseur sur le papier et la soie, et produit l’effet d’une sculpture
en bas-relief. Dans les (ouvres de grande dimension, la trace du pinceau disparaît autant que possible.
Cette peinture est faite pour plaire» à l’œil de loin.
Ilanabouca Itcliô et kouzoumi Mori-kaedié montrèrent une certaine élévation d’idée. Leur
O
triomphe n’est ni dans l’harmonie de couleur ni dans la délicatesse; il est dans la liberté du pinceau
et le nouveau de la composition.
Ilishik awa Moronobou el Mivagawa Tchvaushvoun ont montré un talent original. Moronobou
no le cède à Mitsou-oki ni pour la délicatesse du pinceau, ni pour la beauté delà couleur. Le pinceau
de rdivaushoun, dans sa liberté, n’est au-dessous ni de Naho-nobou, ni de Tsouné-nobou. Dans le
coloris de ce peintre, le mélange1 des tons vifs et légers et l’agencement habile des autres couleurs
atteignent une harmonie suprême, et que personne peut-être n’a jamais dépassée.
Lu somme, en ce qui concerne le coloris, on peut dire qu’à cette époque de Ghèn-rokou
1 688- 1 -<> i apparaissent les artistes qui l’ont manié avec la plus parfaite maîtrise.
I.n kvauho 1 7 1 ( »- 1 7 >( > , il no surgit pas d’artistes montrant un talent original et puissant. La
peinture de cette période, presque toujours, tombe dans la convention. Quand arrive 1 époque Temmei
1 78 1- 1 7<S<p, on voit affluer un grand courant de peinture chinoise. O11 étudie les peintures Tsing,
d’un joli naturalisme, et I on s inspire des œuvres littéraires des Youèn et des Ming. Rapidement
on échappé à l imitation servile, au prolit d’un genre encore marqué de plus d originalité, mais
puisant ses inspirations dans la littérature et les mœurs de la Chine. L’école de Marouyama, entraînée
par cette mode de la peinture chinoise, produisit un genre naturaliste qui se plut à représenter
fidèlement les scènes de ce pays, ses pavsages, ses fleurs et ses oiseaux. Cette école montre un
coloris et un stvle léger et sobre. Pour les fleurs, les oiseaux et même les paysages, la plupart du
temps, elle n’emploie pas de lignes doublées. Elle trace habilement le contour d’un seul coup de
brosse qui donne un trait bien fondu. Elle ouvre aussi une voie nouvelle par ses recherches dans
la manière d’exprimer les ombres. D’autre part, un des meilleurs éléments artistiques de cette époque
fut l’école Ouki-yoé. Son style et sa composition n’étant pas retenus par des règles fixes, chaque
artiste s’abandonnait à ses propres idées et cherchait des procédés personnels. Ils se sont attachés
à des effets nouveaux.
Depuis Bounkwa jusqu’en Meidji (1804-1867), la peinture reprend de la vigueur. En même
temps, la littérature se tourne vers l’antiquité. La peinture japonaise ancienne renaît. Les peintres
se plaisent aux sujets historiques ; ils recherchent les procédés, le dessin et la couleur du temps des
Eoujiwara et de kamakoura.
A la même époque, Oadau, Shiba-Kaukan, etc., copient des tableaux hollandais. Dès lors,
011 adopta l’arrangement et le clair-obscur européen, et beaucoup d’artistes s’essayèrent à ce genre
de peinture.
200
MAITRES ET ŒUVRES
Écoles Toça. Soumi Yoshi, Kwau-Rinn. Renaissance japonaise.
Toça mitsou-oki, fils de Mitsou-nori, fut Sakonshyaughèn du sous-seeoud V rang. R unira en
religion et devint Ilô-ghèn. R est surnommé Jvaushü. 11 étudia avec son père et un des élèves de
celui-ci, et travailla particulièrement le style de Kano. Il réunit au plus haut degré à la fois le i^f ni»*
du Japon et celui de la Chine et, par un long* travail, arriva à la maîtrise du pinceau. Il releva le
prestige de l’école Toça, qui périclitait depuis Mitsonobou. 11 mourut la (>r année (diènrokou i<h)> ,
à l’âge de soixante-quinze ans. Ses personnages à l’antique, et même ses Ileurs, oiseaux, plantes,
animaux, insectes, poissons sont tous des œuvres superbes.
Vue de Matsoushima i paire de paravents . - — Marquis tokougawa ^ i»>liinori.
Oiseaux i paire de paravents à fond d or . — Marquis Knuroda Xaganoii.
Scènes nu Ghèx.ii (monogalari .
Toça Mitsou-nori, lils de Mitsou-oki, entra en religion sous le nom de J\aii-zan, et garda h -
traditions artistiques de la famille. 11 passe pour un grand talent. Ses meil lettres n iivivs m,hI
confondues avec celles de son père.
Toça Mitsou-voshi, fils de Mitsou-souké, était renommé en llnreki 1 7 "> i - 1 y U» j . Il 1 . «ut <1.*
nombreuses commandes du gouvernement.
Mitsou-sada, fils aîné de Mitsou-voshi, fut Toça-no Kami, el Ldokoro. Il éleva uie mui.-<m .<
part dans le monde de la peinture.
Soumi-voshi lliromitchi, second fils de Toça Mitsou-voshi, est élève « h • M il sou-ie >1 i < > n
l’appelle ordinairement Naïki. 11 entra dans les ordres la première année lw\ aille ni n ilitii s< ,11-» h
nom de Jyôkéi, et devint Ilôghèn. L'année suivante, il changea son nom en celui de Sotiini\ nMii
Son pinceau fut employé par les Tokougawa. Il est aussi question d’un ancien Souni-\oshi 1 1 « * - • 1 1
(ce doit être Souni-yoshi Kei-ninn), connu pour son talent de peintre.
Jyôkéi peignit de nombreuses légendes de temples- et de familles et «les monogalari. Sun
style ressemble assez à celui de son aîné Mitsou-nori.
Légende de Tauno-miné (a makimonos) en collaboration avec Koukéi.
Vie de Siiyau-Tok.ou-Ta1-.Siii ) makimonos;.
Hashi II i m é monogataii I .
Tan /.au Jiuj\a.
Soumi-yoshi Ilirozoumi, fils aîné de Jyôkéi, entré en religion la f année (diènrokou iihp»
sous le nom de Goukei, fut Jlogèn. Son style ressemble à celui de son père; mais il le dépasse en
force et en sentiment de la vie. Il est renommé pour sa peinture japonaise.
Légendes des Hatciiimangqu de Hakozaki.
Vues de ea capitale et de ses environs. — Musée impérial.
Soumi-yoshi llirotsoura, fils de Ilironao, appelé communément Naiki, prit modèle sur les
grandes œuvres de Toça. 11 parcourut toutes les provinces, peignant partout et partout laissant des
œuvres. Les Soumi-yoshi, pendant plusieurs générations, furent employés, de même que les Kano,
par les Tokougawa, comme maîtres-peintres. Mais leur réputation pendant longtemps demeura
inférieure à celle des Kano. Ce n’est qu’avec llirotsoura qu’elle arrive à l’égaler.
Histoire de l’Art du Japon.
PI. LII.
1 - MARIAGE DE RENARDS (peinture en rouleau de Oukita Ikkei).
XIX6 siècle.
2 - FÊTE SHINTOÏSTE (par Tameyassou-Reizéi).
XIXe siècle (Reizéi).
Ita-ya Iliromaça, j > 1 1 1 s lard religieux sous le nom de Keishyou, étudia la peinture comme élève
de Soumi-yoshi lliromori. Il passe pour supérieur à son maître. Les Shyaugoun l’employèrent comme
maître-peintre au même titre que les Soumi-yoshi.
Nomoura Sô-tatsou, surnommé I-nim et Ryou-séi-kèn, né en Noto, résida d’abord à Kanazawa,
en Kaga, puis vint à Kyauto et étudia sons Kano Litokou. Il travailla aussi avec Soumi-yoshi Jyokéi.
Il s’assimila ce qu'il y avait de meilleur dans les deux écoles et se fit un style original. D’autre
part, profondément épris de la manière de Hon-nami Kwau-etsou, il l imita dans ses animaux, oiseaux,
Heurs el plantes. D'une imagination brillante, il s’adonna surtout à la peinture décorative. 11 vivait
vers Kwan-yéi ( iGa/j- 1 G44) *
Pi.antks i r i i l. rus i pairt* «le paravents).
Ogata kwaurinn, surnommé Jvaumei, Kausei et Haushyoukou, né à Ivyauto, lils aîné de
Ogata Sokèn, étudia d’abord avec Vaçou-nobou et Goukéi, puis, s’inspirant de Kwau-tsou et de
So-latsou, il créa un genre original. Il excelle à la fois dans les personnages, le paysage, les fleurs,
plantes, oiseaux el animaux. (Test un artiste d’un génie noble, dont le pinceau magique transfigure
ce qu'il peint. Son idéal est très haut, son métier parfait. Grand admirateur des œuvres de Kwau-
etsou, il a fait des laques d’or et créé quantité de motifs nouveaux. Il ouvrit à Kyauto un magasin
où il exerça le métier de laqueur. On l’appelle vulgairement Karigané-ya. Ses dessins ont servi pour
les poteries, les lissus, l'orfèvrerie. Ils sont connus encore sous le nom de motifs de Kwaurinn et
estimés dans le monde entier. Il mourut la in‘ année Kyau-hau (1716) à l’âge de soixante-deux ans. Son
humeur était lière et indépendante, assez dédaigneuse de l’étiquette. Sa conduite plus d’une fois
étonna ses contemporains, qui sentaient en lui un homme extraordinaire.
I'i.i i iis 1 1 pi vnti s (paravent). — (lomle Okoiima Shighé-nobou.
I.i Dim di vi n t 1 1 11 dim in TONM.Hiu (paravent ... — Comte Tokougawa Mitci Taka.
Kvi \taii s si mi s paravent). — Comte Datif' Mounénori.
Crav. en eoiileurs, Y. La poétkssi: Oxo-xo Komati i, avant un maxusckit. — Manao Tanimori, de Tokio.
La célèbre poétesse Komati fut accusée d’avoir fait passer pour sienne une poésie ancienne.
L'accusation lui présenta un manuscrit ancien auquel elle ajouta préalablement le poème de Komati.
Celle-ci, pour prouver son innocence, lava le manuscrit; l’encre fraîche fondit dans l’eau tandis
que l écriture ancienne ne s’altéra pas.
Ogata Kèn-zan, lils de Sokèn, frère cadet de Kwaurinn, de son nom : Shinn-sei, surnommé
Shisoui, Iteikai et Tau-in, étudia la peinture avec son frère Kwaurinn et lit des peintures d’un genre
particulièrement élégant et simple. Il fut aussi habile laqueur. Mais son triomphe est la poterie.
Il est très estimé pour l'originalité de ses formes et de ses motifs. Kèn-zan aimait la poésie chinoise
et japonaise. Quelquefois il commente en vers ses propres œuvres. C’était aussi un Tchyajinn. Vers
la fin de sa vit*, il vint à Tokvau et demeura au faubourg de Iriya.
Watanabé Shiko, né à Kyauto, étudia d'abord le style de Kano, puis suivit Kwaurinn et fonda
lui-même une école. Son coloris est beau et riche. Ses paysages à l’encre sont particulièrement pleins
de saveur. Okvo les qualifiait de chefs-d’œuvre, et, dans plusieurs de ses peintures, il imite Shiko.
Tatebavashi Kaséki servait le daïmyau de Kaga en qualité de médecin. 11 vint a Edo et
s’appela Sliiraï. Il suivit Kwaurinn et s’imprégna profondément de la tradition de ce maître.
Sakaï llau-itsou, dont le nom était Bounsèn, a reçu aussi les surnoms I-shinn, Toryou,
Oson, Teihakoushi. Fils du daïmyau de Sakaï, Tadayaçou, frère cadet de Tchouyi, il était très
maladif. Trop indépendant pour se plier facilement à l’étiquette des Bou-mou, il quitta sa maison et
entra au Hougauji de Kyauto; il se rasa la tête et se fit bonze. Il est connu dans le monde sous le nom
de Ilau-itsou-shyau-ninn. Plus tard, il se retira à Edo. Puis il vécut en pleine solitude, dans un
ermitage on il se livrait à la peinture. 11 avait étudié les écoles de Kano, Toça et Marou-yama, qu’il
202
avait bien pénétrées, quand, par hasard, il vit une peinture de Kwaurinn, dont il lut ravi, lioehercluint
partout les œuvres de ce maître, il les copia pendant plusieurs années et enlin dégagea sa personnalité.
Il grava beaucoup de dessins de Kwaurinn, le Ogata Ryou Impe Recueil des sceaux de l'école
Ogata) et se fit l’ardent propagateur île cette école. Ses peintures offrent dans leur beauté un
caractère particulier de noblesse. Cela tient à la pureté dame de l'homme. Il était aussi
calligraphe et poète de talent. Il mourut la 1 1- année Bounsei (i8-<8 . S.-s disciples sont nombreux.
Fleurs et oiseaux aux \ saisons (paravent). — Tokvau. - M. Kiu Sim. lu.
Fleurs et plantes (inakimonoL — Must-e iniporial.
Soiizouki-ki-itsou suivit Hau-itsou, dont il fut l'élève. Sus meilleures œuvres sont exiles «
celles de son maître.
Ikeda koson, d Etchigo, venu jeune à Edo, étudia la peinture d après llau-itsnu. \ei> la lin
de sa vie, il s’inspira des Ming et modifia sensiblement sa manière.
Tanaka Totsoudièn, de Owari, vint à kvauto. Son talent de peintre lui valut b* litre «b*
Ilau-kyau. D’abord épris du style de Foudjhvara nobou-zané, il l'étudia et se I assimila. Son *» uvro
a la vie et le mouvement de l’ancien Toça de ko Toça. Dans ses dessins de costumes et d inlurieurs.
il montre une érudition archéologique qui n'est égalée par aucun de se- contemporains, rotsoughèn,
d’un caractère sincère et droit, ne fît jamais un mensonge. Il disait souvent : Si je perdais la vin-,
je mourrais. » Or, dans la vieillesse, il devint aveugle. Totsoughèn lil honneur à sa parole. Ih -irant
la mort, il se priva de nourriture pendant plusieurs jours. La mort ne venait pas. Il se coupa alors la
lansme avec les dents, dit-on, et mourut. C était le 3P mois de la 6' année Donnseï iivnl-m.ii i *•». ! .
o 1
Oukita Ikkéi, de son nom K aï ; car Ikkéi est un surnom. Né à kvauto, venu a Edo. épris d*
peinture, il eut d’abord pour maître Tanaka Totsoughèn, près duquel il apprit beaucoup, puis il
étudia plusieurs années les œuvres des anciens Toça, et, dégageant sa personnalité-, finit par * I • • \ ♦ un
un artiste de talent. Il aimait la poésie japonaise et se montra bon calligraphe. (l’est a e.-lL- épi. qui-
que les vaisseaux américains vinrent demander à entrer en relations avec le Japon. Le Dakouloii
voulait la paix. Or, Ikkéi était pris d inquiétude pour son pays. Si on lui demandait une peinture,
il représentait la dispersion des Mongols envahisseurs par le souffle des dieux, (. était mu* façon
allusive d’éveiller dans les esprits l’idée d’expulser les Barbares.
PI. LII [i]. — Konkwai Sosiii rouleau de peinture fantastique
Mariage de renards (peinture en rouleau de Oukita Ikkéi .
Xaovuki Koumagai, de Kioto.
Cette peinture, œuvre de Ikkéi Oukita, est en rouleau makimono. D’après la vieille tradition,
on dit que les renards ont le pouvoir de posséder les hommes et de faire la procession de mariage
en temps de pluie. Ce rouleau représente le mariage des renards déguises en seigneurs. L auteur a
ainsi critiqué les mœurs.
Kauryouko commença par étudier la peinture de lettré, puis il rechercha le vieux style
japonais dans Oukita Ikket et d autres. Enfin il s inspira du l oba Sôzyau et créai un genre
nouveau assez original.
Okada Taméyassou, de son nom Reizei Sabourau, né à Kvauto, fut d'abord fils adoptif de Ixano
Eigakou, puis fonda une ecole. Il aimait les anciennes œuvres des loça, prit pour modèles Mitsou-
naga et Nobouzané avant d acquérir son talent. Sa peinture est élégante, son coloris délicat. A la fin
de sa \io, il copia la vie illustrée de Ilau-nen-shyau-ninn du Tchion-in, et dit alors qu’il avait
beaucoup progresse. Il mourut la i10 année Kokwa (18/j/p, h l’âge de soixante-sept ans.
PI. LII [2]. — Fête shintoïste. Reohi Mourayama d’Osaka.
Peinture de loménari héizei représentant une fête shintoïste. Elle mesure environ 5m,6o de
hauteur. Nous reproduisons ici la partie inférieure du tableau. L’auteur a peint d’après les anciens
Histoire de l'Art du Japon.
PL LUI
maîtres M itsonmaga, etc., cl, par suite cette peinture montre tout le caractère de l’ancienne école de
I oiijiwara.
lakasliima Iclii llarou demeurait d’abord à Olisaka, puis vint à Edo, s’inspira du style des
I oca et b* posséda bien.
I larazmt cbvou , ne a kyauto, s’inspira des œuvres des Ming; le coloris de ses paysages, fleurs
et oiseaux, est délicat. Il copia aussi les peintres japonais anciens et modernes et réussit dans la
peinture archéologique et les reconstitutions de scènes de cour.
École Kano, Oumkokou, Soga, Hacégawa.
Ixano Sansetsou, dont le véritable nom de famille était Tchiga, fut adopté par Sanrakou, et,
prenant le nom de kano, lut surnommé Jassokoukén. Il apprit la peinture avec Sanrakou et plus
tard modifia sa maniéré. Ses paysages, fleurs, plantes, oiseaux, animaux, par leur beauté et leur sim¬
plicité antiques, vont de pair avec les œuvres des grands maîtres, et il passe pour le génie de ce temps.
Sa maison est appelée Ixyau kano. Il mourut la j‘ année Kei-an, à l’àge de soixante-trois ans (i 65 1) .
PI. Mil. — - Paysage, par kauô Sansetsou.
Partie de la peinture de paysage1 en rouleau. La composition grandiose et 1 aménagement
savant sont dus au sérieux et mur talent de l’auteur. Le sujet et l’exécution sont pleins de
pittoresque et d originalité.
Mi\ an-moto Mouçahi, surnommé Xitèn, né en llarima, était fils de kèn-kakou Mounisaï.
Son nom ordinaire était Mouçaslii. II devint fils adoptif de Minamoto Bouémon. Expert en escrime,
r
il inventa l'art des deux sabres. Epris de peinture, il étudia Kaî-I lokou youshyau et s’inspira aussi
de Mokké. Beinlre, il fut fidèle à l’escrime, dont il représenta des assauts. Son pinceau est ferme
et vigoureux, son encre calme et savoureuse. Xitèn mourut la 2e année Shyauhau ( 1 6^5 , à l’âge
de soixante-quatre ans.
Shojvau le bonze , surnommé Sho-sho O, né à Xara, était un caractère peu ordinaire. Il étudia
l'ésotérisme. Jeune encore, il aimait la calligraphie. S'éprenant de kau-ya-taishi, il parvint à le
comprendre entièrement. < )n le compte parmi les trois pinceaux de cette époque. Il aimait aussi
la peinture. Il étudia d abord Sanrakou, puis Mokké; enfin il se lit une manière personnelle.
( lénéralement il évite l'éclat, et recherche uniquement la sérénité. A la fin de sa vie, il se construisit
nu ermitage à Olokoyama, et, du nom qu’il y inscrivit, s’appela Shyau kwado. 11 y termina ses jours
dans la méditation et s’éteignit la io‘‘ année kwanéi iG3q), à l âge de cinquante-six ans.
|,i s - suas i>.v.\s i a forêt ni bambous. — kalsoura. — Gaushvo.
Lis i() Ha k an il) kakémonos . kyauto. - — Dal-tokouji.
kano-koï, qui s’appelait Sada-nobou, était de Ashikaga, en Shimotsouké. Il apprit la peinture
avec kano Mitsou-nobou et arriva à le surpasser. Plus tard, il s’inspira de Sesshyou et de Mokké.
Ses paysages, ses personnages, par la vigueur du pinceau, paraissent d’une grande originalité.
La mort de Ixano-taka-nobou étant survenue à cette époque, ses fils \açou-nobou, Mori-nobou,
Nawo-nobou étudièrent ensemble sous Koï. Celui-ci mourut la i3e année Kwauboun 1673).
GOUSII YOU N INSTALLANT LE TAMBOUR DK REMONTRANCE. - KyautO. - Nislli. - Hougailji.
Vin T ANC dénouant le eilet a trois eaces. — kyauto. — Xishi. — Hougauji.
Paysage a l'encre 1 paire de paraA'enls). — - Nicomle Akimoto Oleitomo.
kano Yaçou-nobou, 3° fils de Taka-nobou, surnommé Eisliin, Bokou-shiau Saï. Bien qu’au
fond son talent n’égale pas celui de Tanyo et ïsouné-nobou, ses deux frères aînés, il a
dignement continué les traditions de sa famille. La 3° année kvvanboun (i663), il fut chargé par
l’empereur de peindre des sages dans le Shishindèn. Il réussit dans les paysages. Il . . et
plantes, oiseaux et animaux. Il jouit, en son vivant, d'une grande renommée. On l'appelait
Nakabashi Kano. Il mourut la 2e année Jyûkyau i (>85 .
lvWAMNON A LA CASCADE. PlYOINKS ET LIONS » kilktMnoilOS . Tchi-seki-iu.
Kano Mori-nobou, fils aîné de Taka-nobou, surnommé Tan-you-sai, fut |‘ioiuu .» la
longue Ilô-in du ministère du Palais. Il reçut d’abord de koï les procèdes d<* la lamillf, avir
ses frères Nao-nobou et Yacou-nobou. Lorsqu’il fut arrivé à la maturité du talent, il .-tu. lia Ks
maîtres des Soung et des Youen, et aussi Sesshyou, et enfin il montra un talent persnnmd extraor¬
dinaire dans le style japonais et le style chinois. Dépassant le genre d<> sa famille, d erra un
style particulier puissant et magnifique. Ceux qui plus tard ont étudié 1rs kano ont Ions pris
pour modèle Mori-nobou sans pouvoir atteindre à sa hauteur.
Mori-nobou, étant allé voir Tokougawa Yéyaçou, en Sourouga, lui plut beaucoup. 'i evaemi
lui accorda, pendant les années Ghèn-na (iGi5-if>2| , un yashiki, dont le terrain se trouvait a la
levée de Kadji-bashi, à Edo. De là le nom de kadji Basbi kano qu’on lui donna de son temps.
On dit que Tan-you consacra toutes les dernières forces de sa vie à la légende du .l\ ou Ib'-ai-
zan, de Nikkwauzan. Sa réputation a retenti par tout le Japon. Tous les grands, tous h-s ai¬
de bonne famille venaient lui demander des œuvres, aussi en reste-t-il beaucoup. Il mourut a
l’âge de soixante-treize ans, la 2e année Empau i <>7 j .
PI. LIY. L empereur Guiô. — (Marquis Xakahiro Iki'da .
Peinture de Tannyou à l’âge de soixante ans, moment où son talent atteignait son i-ompb-t
développement.
Il compte parmi les grands artistes du Japon et avait de si nombreuses qualité-s «pie non¬
ne pouvons les citer toutes; mais cette peinture, reproduisant un sujet historique, d'urn* <■ mpo-ition
aisée et savante, d’un sentiment élevé et d’une exécution soignée, peut donner une i»b . de I 1 liant»'
valeur de l’artiste.
Légende de Xikkwau i makémonosL — Xikkwau. - Tn-sh.»-f«ni
' * O
t leurs et oiseaux i paire de paravents . — Marquis kokiui^awa Yoshi-nori .
Lipeh allant voir une cascade; Pavillon et paysage 8 cloisons mobiles . Palais ,1. kai-nura.
Tigre (cloison mobile). — Kyauto. — Nauzên-ji.
Igiiong Liang, conduisant les » chèvres blanches, FAIT VISITE' V I. EMPEREUR klNG. Il'»n^an-ji | » i ' 1 1 1 1 i 1 1 ' * mm ■!•
\ ïsite de l’empereur YVou Ti a Swang mou (dais peint). — lton^an-ji.
Les a» poètes (3G feuilles). — Tôkaldau. — Myôshinji.
Balte s’éveillant. — M. Kawassaki Shyau-zau.
Paysages des \ saisons (i paire de paravents). — Kyauto. Mvokakouji.
I « t IO-
xatsouda Tchikouwo, né en Aki, employé par le Shyaugoun pendant les années Matulji
1GG1 , apprit la peinture avec Kyou Ilakou, réussit dans les Heurs, les oiseaux et les personnages en
cou eurs. 1 lus tard, il changea sa maniéré, préféra le Saumié et s inspira beaucoup des deux Sctsou.
kano J\ao-nobou, second fils de laka-nobou, frère cadet de Tan-you, est surnommé Ji-
t ki sai* r^Pres longues années de travail, il posséda à fond les procédés de sa famille et
acquit une manière personnelle. 11 a laisse une quantité d’œuvres, d’un dessin enlevé, et ses
peintures soignées ne sont pas rares. S étant assimilé les procédés de Mokké , il chercha la
distinction et 1 élégance en dehors de la forme réaliste. Jouissant (Tune grande faveur auprès du
troisième Shyaugoun (Iyemitsou , il éleva une nouvelle maison à Kobikitchô. Aussi l’appelle-t-on
dtclio Kano. Ses descendants continuèrent sa profession et beaucoup furent d’excellents
artistes. Il mourut la 3« année Kei-an (i65o), à l’âge de quarante-quatre ans.
Les sept sages dans la foret
de bambous. — Palais de Katsoura.
Histoire de l’Art du Japon
PI. L-IV,
«
GUI O (par Kanô Tannyou).
XVIIe siècle.
20)
K ai llokou \ousetsou,
anciennes et finit par changer
fils cl (3 Vous li vau,
< 1 < » manière, après
élève de son père, s’inspira plus tard
s’être assimilé le style des vieux Kano.
d’œuvres
liions i paire «le paravents . — Wakayana. — hvasaki-mohé.
I *i a \ri:s d actomxk, — kyauto. — H origan ji, Bibliothèque.
(aussi.. Kyauto. Ilonganji, Bibliolhèque.
Ouinkokou 1 oyo, fils di* Tô Fki et petit-fils de To-gan, fut, comme son frère cadet To-ji,
I lô-kvaii iif célèbre comme calligraplie.
Ilacegnwn I o-tchyo doit être un parent de To-hakou ; il fit bien les personnages, fleurs et
plantes à l’encre. Son pinceau pur a tout à fait l'ancien style.
Kaim Lino, fils aîné de San Setsou, appelé généralement Noui-no Souké, et surnommé Sau-
sei, étudia d'abord avec son père, puis suivit Yaçou-nobou qu’il pénétra profondément. 11 aimait
les lettres et était très habile expert en vieilles peintures. C’est lui qui publia le Hon-tchô-
tnvashi.
P*
Kano Fsouné-nobou, fils de .)i Teki-saï Naonobou, jeune encore perdit son père et reçut
alors les conseils de Tan-vou-saï, qu’il parvint quelquefois à égaler. Son pinceau est à la fois
élétranl <*t magistral.
(i\i «.mis ii ci nt s i n « . i s » kaki’uiionos . — Vicomte Tsoutchiya Shighénao.
Kouzoumi morikaghé, né à Kyauto, surnommé Itsou-tchinn et Mou-ghyau-saï, eut pour
maître* Kano Tan-vou. Il aimait aussi le stvle de Sesshyou et les vieux Toça, et encore Ba-ven
Kakoi. Il s'assimila ivs maîtres et se forma un talent. A la fin de sa vie, il s’attacha à Foudjimoura
Yokèn et étudia le Tchvau-dau, dont il aimait la mode gracieuse. Ce qu'il a fait de mieux
peut être mis «le pair avec le grand maître de 1 1 igashiyama. De tous les artistes sortis de l’école
d«* Kano, lui et llanabouça Itclio sont les deux grands maîtres créateurs d’un nouveau style
complètement indépendant de ce qui a existé précédemment. Il mourut pendant les années
Clièn rokou entre i (»8<S et 1 70 j .
(]m nsi. m « 111 yai \ ni: I\\mo parawnl). — Vicomte Akiinoto Okitomo.
Paysaok ain 1 saisons. Vicomte Foukou Oka Kautei.
llanabouça Itclio, dont le véritable nom de famille était Taga Shin-kau et les surnoms :
Soui-w o, 'H )0-kan-jinn; Tchô-kô, I lokou-sô-wô, était d’Ohsaka. Fils de Taga-hakou-an, à l’àge
«le quinze ans il suivit son père à Edo, demeura dans Gofoukou-matchi, étudia la peinture avec
le maître du Bakoufou, Kano Yaçou-nobou.
Itclio, dont le pinceau était indépendant, ne se modelait pas sur son maître; si bien que
Yaçou-nobou finit par se fâcher et le renvoyer. Dès lors, Itclio changea de style et fonda une
maison particulière. Il prit le surnom de Ghyau-oun et se lia avec Kikakou, Ran-setsou, etc.
11 excella dans les personnages et surtout dans les scènes de genre. Il aimait les sujets étranges
et fantastiques. La 1 F' année Ghèn-rokou (1698), il fit. un dessin qui ridiculisait les Shyaugouns.
Cela lui valut l’exil à Miaké-jima, où il resta 12 ans. Là, il exécutait des peintures qu’il envoyait
à ses amis de Edo, et dont la vente lui permettait de subvenir aux besoins de sa mère. Ces
peintures sont signées llokou Sôwô. Gracié la 6° année Hôli 1 7 0 9 K ^ revint a Edo et prit alors
le nom de llanabouça Itclio. Sa réputation s’étendit de plus en plus. Il mourut la 90 année
au Kyau Ho (172.4), à l’àge de soixante-treize ans.
Bps 12 mois (makimono). — Marquis Kourocla Nagashighé.
PI. LV [i]. — Sots une AVERSE, par Hanahousa lttrhô. — Paron Kouki Hyou-ilflii.
Des gens s’abritent sous l’auvent d’une porte. Comme la précédente, . livre porte la
signature Foudii-nobou. L’une et l’autre doivent dater du milieu de la vie de Itclm.
o «
PI. LV [a]. _ Bateau de dassage, par Hanabousa Ittehù. Baron Kotiki I \ y * » t j i i < I » i .
C’est une peinture célèbre qui rassemble dans un bateau des Samouraïs, paysans,
ouvriers, marchands, chacun avec son costume et son allure caractéristiques.
Kano Tô-oun, de son nom Maçou-nobou, 3e iils de Coto Hit sou j va u Mitsou-vnri. Doue
d’un talent fort remarquable dès sa jeunesse, il étudia avec Tan-vou qui l'adopta. Cuis il s'établit
à part. H est, connu sous le nom de Souwa-gadaï Kano.
Tsourou Saxva Tanzan, de Edo, étudia sous Kano Tan-vou. Son pinceau est solide et
vigoureux. Plus tard, il fonda une famille. En Ghèn-rokou 1 1 C»88 et 1 7 < » i , il lut appel»* a
Kyauto par l’empereur Higashi-yama CXIII , qui lui demanda maintes peintures. Il travailla
aussi aux peintures du Tôgou Goten.
Kano Tcbika-nobou, lils aîné de Tsouné-nobou, fut maître peintre du I ’» a k « » u I . > 1 1 et 1 1 « * 1 1 1 1 1 1 é*
Naka-tsoukaça Kyau Môgèn. Il passe pour un maître célèbre.
Kano Miné-nobou, 2e lils de Tsouné-nobou, élève de son frère, dont il a tout a fait b-
style, prit le nom de Matsou-moto en fondant une famille.
Kano Yau-sen, lils aîné de Mitchi-nobou, a un style qui ressemble absolument a c» lui
de son père.
Kano Tô-shyoun, 111s aîné et élève de Kano Ghènsén, de son nom Yoshi-imbou, remunta au
style de Sesshyou et peignit à la manière ancienne. Depuis Tô-oun, il u'\ a que lui comme Kano d<-
Fouçouga-dai.
Kano Sokou-yo, second lils de Kano Sosen, de son nom, I Ovo-uobou. pciutii d . • talent,
conserva les traditions de la famille. Plus tard, il servit le daimvau de Ka^a.
Ilanabouça Vppo, lils adoptif de Itchô, de son nom Xobou Katsoii, prit b* >l\b* de son père.
11 excelle dans les pochades. On l’appelle le second Itchô.
1 atchibana Morikoum, qui prit plus tard le surnom (h* Soken, était d Ohsaka. Il étudia >ous
I soui ouzaA\ a lanzau. 11 excelle a la lois dans les personnages, les paysages, les Heurs et les oiseaux
II vulgarisa le dessin en faisant imprimer de nombreux modèles.
Le bonze loug'wai, né en Hitachi, demeurait dans une grotte de la montagne d Odawara, en
S agami . Ann du bonze Slunn-etsou, on le cite pour sa vertu et sa science. Il avait un talent mue de
peintre. 11 a fait des peintures de Darma et de llotei. Son pinceau peut aller de pair avec celui de
Shyau Gwa Dau. On lui payait ses peintures avec du riz. Il vivait entre Ghèn-rokou et lloéi
(1688-1700;.
Momoda Ryou-ei, surnommé You Kau-sai, apprit la peinture avec Tan-vou.
X amamoto Sotei, apprit aussi la peinture avec Tan-you, puis alla demeurer a Kyauto, ou il
acquit une réputation. Il fut en relations d’intimité avec le Tchvajinn Foudjimouru Yokèn. Celui-ci
exécuta des ustensiles de parfum et de thé dont il fit peindre la plupart par Toça Mitsou-nari et
Sotei.
I\ n 11 o Ei sèn, fils aîné de 1 chika-nobou, de son nom Eourou-nobou, fut llôgèn. Elève de son
père, il prit beaucoup le caractère de son grand-père Tsouné-nobou.
Sawaki Soushiki, de Edo, étudia sur le tard avec Itchô et fonda une famille. Cependant,
beaucoup de personnes classent son œuvre dans l’école Oukiyoé.
^oitclu Sekkei, de Kyauto, prit les procédés Sesshyou et s’inspira de Mokké, puis se
Histoire de l’Art du Japon.
PI. LV.
1 - SOUS UNE AVERSE (par Hanabousa Ittchô).
XVIIe siècle (le baron Kouki Ryou-itchi).
2 - BATEAU DE PASSAGE (par Hanabousa Ittchô).
XVIIe siècle (le baron Kouki Ryou-itchi).
JC * j
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20'
fil un style personnel. Il a peint des paysages, des plantes, des Heurs, des oiseaux, qui par leur
coloris simple, la fermeté du pinceau et l’expression générale, ont le caractère de la lune d’automne.
Il vivait en Kyau-hô (1716-17 >6 alors que la mode ne goûtait pas ce genre; de sorte que peu de ses
(ouvres ont été conservées.
kau sou-kokou, appelé aussi Takahisa et surnommé To-ryou-wô, Gakou-shi-saï, épris du
style de Itclio, se lit élève de Soushi et le surpassa, dit-on. Ses peintures ou encres de paysages,
personnages, Heurs ou oiseaux, sont traitées toujours très librement. Il excella dans les bergeries et
les pochades.
Isliida Vmlei, (h* kyauto, étudia d abord sous Tau-kei, (ils de Tsourou Sawa Tauzau, et finit
par être maître de ses procédés. Plus tard, il dégagea sa personnalité. Sa manière est soignée et jolie.
Okyo fui quelque temps son élève.
(io-shyoun-méi, dont le nom de famille est Igarashi et le surnom Kokau.de Nigata Etchigo,
commenta à étudier avec kano Yoshi-nobou ; puis prenant pour modèles les œuvres des Soung et des
^ouen, il changea de genre. Il réussit dans les personnages et les paysages en couleurs et à I encre.
Il s (‘tait construit un pavillon où il peignait. On dit qu il y travailla jo ans sans en descendre. 11 était
calligrapbe renommé. Sa réputation brillait en lloreki et Meiwa entre 1750 et 1772).
Takata-kei-ho, de llino, en Aumi, étudia d’abord le slvle de Kano, puis prit Koken pour maître.
Son style est fruste. Il a surtout réussi dans les personnages. 11 était connu à la même époque que
( io-shvoun-mei.
Yoshi-moura Shyouzan, d Ohsaka, fut llogèn, étudia les Kano et en saisit bien l’esprit.
Oh-oka-shvounbokou, d’Obsaka s’inspira des Kano et fut llogèn. Il passa, pendant un certain
temps, pour un des meilleurs artistes.
Matsouno Baizan, né à Owari, pénétra profondément le style des kano, fut Hôgau du Shiki-
bou-kvau. L(‘s peintures du l'on j i onl fait sa réputation.
Soga Shohakou, de son nom Iki, el surnommé Djyasokou-ken, Kishinn-saï, né en Icé, fixé à
Iwauto, étudia d’abord sous Taka-ta-kei-ho, puis s’inspirant du style de Djyasokou et de Sesshyou,
liait par créer un >l\le nouveau. La vigueur de ses personnages et de ses paysages est parfois
extraordinaire. Ses personnages ont parfois un caractère d’étrangeté qui va jusqu’au fantastique.
Il mourut la >'' année Temrnei (178'L.
Uaysam . — Tokyau. — M. Kata-no Shirau.
1 1 \v a x « . s - 1 1 1 Kol'nc: ir Tciiant.-liam;. — Tokyau. — Collection Takaminé Sidéi-wo.
Oii-ism-Yosni-AVo co.vsi ili.i; i.\ soumission 1 kakémonos . — Kyauto. — Collection Takémoura To-béé.
kano I-sèn, de son nom Eishinn, surnommé Ghèn syau-saï, fils aîné de Koré-nobou, fut Hô-in.
Il conserva bien la tradition. Ses dessins enlevés à l’encre ont l’esprit de Ji Teki Sa ï et lui ont valu
de la renommée en son vivant.
Kano Sei-sen, nom : Oça-nobou, surnom : Kwaï Shinn Saï, fils aîné et élève de Eishinn.
kano Sho-sen, nom : Maça-nobou, fils aîné et élève de Oça-nobou.
École Ouki Yoé.
Ivvaça Matabéé, nommé Katsou-motchi, était le dernier lits de Moura Siglié Araki Settsou-no
Kami.
Moura Sighé servit Nobou-naga, montra des qualités militaires et devint Taishyou de Settsou.
Il demeurait dans le château de Itau. Plus tard, il refusa d’obéir à Nobou-naga. Celui-ci et son fils
assiégèrent le château pendant plusieurs années. Moura Sighé finit par quitter le château et se
réfugier à Amagaçaki, où i! s’ouvrit le ventre, dit-on. A cette époque, Matabéé n avait que .leux ans
à peine. Sa nourrice l’emporta à Kyauto où elle se cacha au Honganji. Il prit la . « 'I- . . Uelwaça.
du côté maternel. Aimant la peinture, il travailla de longues années et devint un «rlisl- de talent.
Il allia ce qu’il y a de mieux dans le coloris de Toça, de Kano et de Soghéu, reproduisit les scènes
de mœurs du temps, et fonda une école. De son temps, on l’appela Ouki-yoé Matal.éé. Sa . . .
était universelle. Personne n ignorait le nom de Matabcc.
Le 3e Shyauo’ouu Ivé-mitsou ayant entendu parler de son talent, 1 appela a son < bateau, nu il
mourut la 3e année Kei-an fao juillet iG5o .
En Mousashi W ouma (ion, à Semba-moura, dans le kita-in, d y a, dans I < • ll.tid- n du
Tô-shogou, un tableau des trente-six poètes, qui est sans doute un Matabéé authentique. Au verso
du dessin on lit l’inscription : « 17e année Kwan-ei, 6e mois, r>A jour i août 1G10, imitant h* niaitn-
peintre Toea-mitsou-nobou, hvaça Matabéé-no-jyau Katsou-motebi pin.vit.
hv aea Katsou-shig'hé, de son nom ordinaire Cdièn-béé, ld> de Matabee, dit-on, repmdmsil
les mœurs du temps dans leurs détails. Le daïmyau <1 Ltchizen le pensionna pour ««la * •n dit
qu il peignit, en Kvvam-boun iGGi-iGji) les portes de la salle des grues du eliateaii d.* I "U-lnim
Hishikawa Moronobou, surnommé You-tchikou, appelé aussi Kitchihéé, né «• 1 1 \wa. dune
famille de brodeurs, vint tout jeune à Ldo et commença par laire umqiiemeiit du df>siu d ■ •
broderie. On ne sait comment il a étudié. 11 s est sans doute inspiré- du sl\l<* de Ma!aln-« , «ui
bien a cherché l’idéal des Toça et des Kano. Il a fondé une famille. Il a bien représente b s imeur-
nationales et les beautés de ce temps. Ses formes gracieuses et son sentiment voluptueux plaident au
premier coup d’œil. Il eut beaucoup de succès. Il a peint quantité de vues de printemps, de >• ••m
de théâtre, de promenades en bateau, etc. 11 mourut en Shyautokou 1711-171G a I âge de s o i \ . » n t •
dix ans. Ses fils Morofouça et Moronaga étudièrent avec lui et continuèrent son style
PI. LVI. — Théâtre I‘ah Moronobou (makimono). — MusÉe impérial.
Ce makimono, qu’il a mis plusieurs années à faire, est un ehef-d œuvre. Il \ a plnO* m-
scènes. Nous donnons ici une des scènes de théâtre.
^louzèn était de Kyauto, demeurait dans (dii-on-matchi. Habib* dans le "vnre <)uki-\oé, il
emprunte les élégances anciennes et dessine un nouveau genre de motifs modernes et fut lui-même
chef d’école. Qu'il peignit des éventails ou des papiers de tenture ou des vêtements a l'encre ou en
couleurs, on pouvait les laver sans que la couleur s’effaçât. C’est ce qu ou appelait alors décor a la
^ ouzen. On lui en demandait de toutes parts, tous les teinturiers lui commandaient des motifs, si
bien qu’on dit : la teinture Youzen. Il vivait de Tenwa à llovei 1681- i~i 1
Kwaï Ghetsoudau vivait en Kyau-hau et Shyautokou (1711 -1- JG;. I! habitait Kilo. Il peignit
de belles femmes, d’un coloris simple et élégant. Mais ses compositions, montrant une ou plusieurs
femmes, manquent de variété. On ne connaît pas bien sa vie. Il signait Do-lmu ou Au-tchi.
Si ees deux signatures appartiennent à deux personnalités différentes, il semble que l)o-lmu
l’emporte comme coloriste.
Ton-i Kiyo-nobou demeurait d’abord à Kyauto, puis se transporta à Kdo. C’est le fondateur
de l’école de Tori-i. Il peignit d’abord en s’inspirant du style des Hishikawa, puis devint chef .l’école.
Ses personnages sont de formes rondes et pleines, d’expression tranquille. Dès lors, les annonces
de théâtre furent peintes dans le style de Tori-i. Il fit beaucoup d’estampes, en noir ou en couleurs,
qu. eurent de la vogue. 11 était à son apogée vers Kyauboun (1716-1736). Son frère cadet Kiyo-ou-
maçou et le fils de celui-ci Kiyo-mitsou continuèrent le style de Tori-i et firent beaucoup
d’estampes.
Histoire de l'Art du Japon.
PI. LVI.
THÉÂTRE (par Moronobou).
XVII0 siècle (Musée impérial).
O Kyou, nee a Edo, fille de Yarna-zaki Boun-émon, avait un goût inné pour la peinture et
dt‘\inl une artiste célèbre de l’école Ouki-yoé. On l’appelait Oryoué. Elle vivait vers Kyau-hau
1 7 1 6- 1 7 Kij. Ses peintures sont dans le style de llishikawa-moronobou. Elle a fait beaucoup
d œuvres d une composition remarquable.
Miya-g awa I chyau-shyoun, de M iya-gawa-moura, en Owari, vint à Edo, pratiqua le style de Kano,
lui Irappe du style d<* llishikawa-moronobou et s’inspira aussi des œuvres des Iwasa. Il reproduisit
exclusivement les amusements des hommes et des femmes de ce temps. Son coloris est élégant et
distingue, et ses œuvres ont une harmonie rare. Ses contemporains l’ont beaucoup admiré et l’ont déclaré
maître. Il signait à amato-è Miya-gawa Tchyau-shyoun. Sur un portrait qu’il a fait de lui-même et daté
kwau-hau, 2*’ mois, i'1' jour ) février ijiaj il se donne soixante et un ans. 11 a été à son apogée de
Kyau-hau jusque vers (îhèn-boun 1716-1736).
Son fils Shyoun Sou i suivit son style et plus tard changea son nom en celui de Shyau-sen.
Okou-moura Mayanobou habitait à Edo dans Tori-shiwo-matchi, oii il (Hait libraire, ce qui ne
1 empêchait pas de bien faire le Ouki-voé. Il prit le nom de Yamato I ] sh i . 11 peignait de belles
femmes, des guerriers, des démons, etc. Il a fait plus tard des planches représentant des paysages
en perspective dits Ouki-voé1, ou des chasses autour du Eouji. Elles eurent une grande vogue.
0 est là le commencement des Bénie estampes rouges). Il vivait avant et après Kyau-hau
1716-1736).
Xishi-gawa Souké-nobou demeurait à Kvauto. Il étudia d’abord la peinture sous Kano Einô,
puis se livra entièrement au genre Ouki-voé. Ou l appelait Nishi-gawa-ryou. Il eut beaucoup de
vogue entre Kyau-hau et kwan-veri (1716-1701 . Son style et sa construction puisent à la fois chez
les Kano et chez les loya. Son coloris est délicieux. Ee sentiment du pinceau est élégant. Son
st\le exprime bien la tranquillité et la joie de son temps. Il a fait beaucoup de femmes et aussi
beaucoup de dessins et d estampes. < )u peut dire que e est le grand maître de 1 école Ouki-yoé.
Ishi-kawa lovo-noboii, surnommé Sbvou-ha, fut le père du fameux maître de la poésie
comique lîokoujvouen Shighé-naga. Il a fait beaucoup de Bénié au commencement de Horeki (1751).
lovo-nobou m‘ s’amusait jamais dans les maisons de plaisir ou les boutiques à saké,
dépendant il en a bien rendu le caractère. 11 a représenté les mœurs des hommes et des femmes
de son temps.
l'ori-i Kivonaga, né à Edo, apprit le style des Tori-i. G était le plus jeune fils de Kiyo-mitsou.
Il a peint des scènes des lieux de plaisir. Il a fait aussi des estampes en couleurs, à la feuille et en
albums. Vers Au-yei 1772), sa réputation soudain grandit. Beaucoup d’élèves vinrent à lui, et on
l'appela le chef de l éeole.
Souzouki llarou-nobou apprit son art de Nishimoura Shighé-naga. Ce fut un bon peintre,
qui innova sur deux points. A cette époque, on faisait en quantité une sorte d almanach, pour
lequel on cherchait des inventions de tout genre. A partir du début de Meiwa 176/4), on commence
à faire des Adzouma qui ont fini par être appelés aujourd’hui Nishiki-yé. C’est à lui que revient
cette invention. Avant qu’ait paru llarou-nobou, vers Shyautokou et Kyau-hau (1711-1736), les
portraits d'acteurs n’étaient généralement coloriés qu’en rouge (Beni-é). llarou-nobou fut le premier
qui les lit en couleurs. II eut même l’idée du dégradé et du gaufré. llarou-nobou méprisait les
acteurs et jugeait humiliant de faire leurs portraits. Il a laissé beaucoup de portraits de belles
femmes de son temps et toutes sortes de scènes de mœurs. Il s’était donné le nom de
Yamato-éshi.
Tsouki Oka Settei habitait Osaka. 11 étudia la peinture japonaise et chinoise, puis,
changeant de manière, peignit exclusivement des femmes a la mode du Japon. Il s attacha à
dessiner d’après nature. Son coloris surtout est remarquable. Il mourut la 6° année Temméi (1786),
a l’Age de soixante-dix-sept ans.
2 I O
Katsou-kawa Shyoun-shyau s’appela d’abord Katsou-miva-gawa. Il |<eig . s quantités de
belles femmes d’un pinceau élégant. Pendant Meiwa (17C.4-1772), il dessina des têtes d’acteurs. On a
publié aussi do lui des albums en nombre considérable. Vers cette époque, l’impression en
couleurs fit d’immenses progrès. Les graveurs et les imprimeurs atteignent une suprême habileté
L’adzouma-è devient une spécialité célèbre dans le Japon. Il a eu de nombreux élèves. Sinon,,
Kau, Shyoun-yei sont les plus connus.
Içoda Koryou-saï demeurait à Edo, 4akèn Eori. Aimant 1 Ouki-yoe, il s<* lit I »‘1* \ #*
de Nishimoura Shighé-naga entre Meiwa et An-vei et ensuite étudia ave
Souzouki Harou-nobou. Il fit des dessins pour estampes et surtout beaucoup de raebe-piliers ImsbiiM
kakoushi) en forme de petits kakémonos minces et longs. Son coloris use du rouge et «lu bleu.
Plus tard, il abandonna EOuki-yoé et fut nommé llo-kvau. 11 ne lit plus alors «pie < 1 > * la pemi me.
Outa-gawa Toyo-harou, qui peignit les mœurs de son époque, lut cliel d eenle. Sun entons
est délicat, sa composition fertile en idées. 11 a produit beaucoup <1 arrung’omenls nouveaux .1
extraordinaires. En Kwau-sei 1789-1801), lors de la restauration des temples de Xikkwnn, lo\n
baron était le chef de tous les artistes.
Kitagawa Outamaro étudia d’abord le style des kano, puis lut élève «b* lori-xamn Si ki-» 11.
dont il s’assimila la manière. A partir de Teminéi vers 17811, il s inspira exclusiv «‘iiien I < 1 < • I « » ri 1
Kiyo-naga et enfin devint un maître. Il a reproduit les mœurs élégantes du l«*mps. Il .1 un-i
représenté pour la première fois des paysages de fantaisie. Il a fait imprimer beaucoup d ' -l.onp-
Il fut entre tous le peintre à la mode. On ne sait pas au juste la «lato de sa mort, <pii .1 dû
avoir lieu vers la 7e ou la 8e année Bounkwa 1810 ou 1811 .
Iloçoda Eishi étudia d’abord sous Kano Ei-sen, lit de EOuki-voé, puis suivit I »ouii-ryou-
saï. Il s’inspira aussi de Tori-i. Il se donnait le surnom de Tchô-boun-saï H llorms-iit «*n kw.m-
sei (1789-1801). Ses dessins de belles courtisanes, par leur tournure et leur <bdic;ilr>si*.
ressemblent à ce qu’a fait Outamaro.
Koubo-toshi-mitsou, très bon poète comique et conteur distingué, étudia la peinture iv ,
Katori-na-hiko , travailla plus tard le stvle Ouki-voé avec kitawo Shighémara wr> kw.m
sei (1789-1801). Il illustra des Tau-lion livres allongés et paravents pour la poésie romiipir II
a beaucoup d’originalité. On dit qu’il était gaucher.
Isliida Ghyokou-zan habitait Olisaka. Elève de Tsouki-oka-scttéi. G est un des grand>
graveurs modernes, d’un dessin très serré. Il a tout également réussi, personnages, pavsages.
Heurs, oiseaux. Son Ehon Taï Kau-ki Histoire illustrée de llidé -vosln et son Tau-rfo-nu'i
* V
bhyo-dzoué (Guide en Chine) ont eu beaucoup de succès. Il mourut la 9*’ année Bounkwa iNi-m,
à l’âge de soixante-seize ans.
Katsou-kawa Shyoun-ei apprit le style de Katsou-gawa Shvoun-slivau et publia de
Kwan-sei à Kyau-wa beaucoup de nishiki-é et de portraits d acteurs. Il se créa un stvle personnel,
nommé Kyou-tokou fou (style des neuf vertus . Il publia toutes sortes de recueils île dessins. Le
ior Toyokomi s’inspira de son style.
Kouwa^ata Ixei -saï, appelé aussi Kitawo Maça-yoshi, étudia le style de kano, s'inspira
de la manière de Kwaurinn et de Ilautshyou, composa de rapides dessins schématiques qui
eurent une grande vogue. Il mit à la mode les livres modernes illustrés en couleurs. La 8° année
kwan-sei (1796,, il fut enrôlé dans le clan de Mima-saka-matsou-daïra. Dès lors, il cessa de
faiie graver des peintures et se livra exclusivement à la peinture proprement dite. Il excellait
dans la composition et montra une grande facilité d’invention. Il pénétra à fond le caractère des
personnages, des animaux et des oiseaux, qu il faisait saillir en quelques traits pleins de verve.
On peut dire avec justesse qu après Kwaurinn et Itchô, il a retrouvé leur sentiment. Il mourut
en la 7e année Bounsei (1824).
Histoire de l'Art du Japon.
PI. LVII
LES SIX TAMAGAWA (par Hokouçaï).
XIX8 siècle (Kausau Homma de Tokio).
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Onta-gawa Toyokouni, surnommé Itcliiyausaï, étudia l’Ouki-yoé sous Outa-gawa Toyo-harou.
Il s inspira aussi do llanabouça Itcho et devint chef d’école. Il réussit surtout dans les portraits
d acteurs et retraça les séduisantes attitudes des belles femmes. Ses livres et ses peintures
eurent du succès partout, au Japon comme à l’étranger. Il eut une grande vogue et ne manqua
pas délèves de talent. Il mourut la S1' année Bounséi (1S20, à l’àge de cinquante-sept ans.
Outa-gaxva l’oyo-liiro, surnommé Itehi-ryou-saï, créa un genre spécial. Il lit graver ces dessins
cursifs à I (Micro appelés communément I ta ri nui z é-ga k i , de ce que plusieurs sont jetés pêle-mêle
sur la même (ouille. Il illustra beaucoup de livres et mourut vers la iip année Bounséi 1828).
Katsou-sbika I loksaï s’appelait d’abord Shyoun-rô, puis Sô-ri et aussi Mokou-çaï, Tatsoumaça,
Taï-to, Manro-jinn. Il apprit son art à l’école de Katsougawa Shyoushyau. En même temps, il
étudiait secrètement sous un certain kano, s’inspirait du stvle de Tsoutsoumi Tô-rinn et travaillait
la peinture européenne avec Sbiba kokan. Il doit la vigueur de son pinceau à Tô-rinn et il a
prolité du style du vieux Sesshyou. Le réalisme de son dessin lui vient de Kokan, et enfin, son
procédé décomposition, très savant, lui vient des Ming.
Uokouçaï, doué admirablement, a travaillé sans relâche et a créé un style très particulier.
Sa touche est libre, sa composition fertile. Il a reproduit tous les aspects multiples de la vie, et
chacun deux sans v négliger aucun coté intéressant.
De Iwvun-sei à kvau-ho (1789-1801), il a fait des contes et des nouvelles en même temps
que de la peinture. A partir de la i31’ année1 Bounka (i8oj , il a fait beaucoup d’illustrations
pour les (ouvres de Bakin et autres. A cette époque, il recevait beaucoup de visiteurs et d’élèves.
Boni* ces derniers, d lit graver plusieurs livres de modèles (Edehou) . Sur la demande des
Hollandais, il peignit chaque année plusieurs centaines d’albums qui étaient envoyés en Hollande.
Il mourut la 2/ année kavoi (iS jq , à l'àge de quatre-vingt-dix ans.
IM I.YII. Uiviiiu Tamac.awv. — kaiisan lloinma de Tokio.
Il y a, au Japon, six rivières portant le même nom deTamagawa rivière de cristal) à cause de
la limpidité de l'eau. Elles sont célèbres par le paysage environnant. Les six provinces qui les
possèdent sont Moutsou, lxi-i. Yamashiro, Mousashi, Aumi et Settsou. Les poètes et les artistes en
tirent les sujt'ls de leurs (ouvres dès l'antiquité. Sur six paires de panneaux peints par Uokouçaï, nous
en reproduisons ici deux.
Audn lliroshighé étudia d’abord le stvle kano avec Okajima-riinsaï, plus tard EOuki-yoé
avec lovo-hiro. Il est surtout bon dans le paysage en couleurs. Il fit paraître les 53 stations
du l o-lxai-dau et h's 100 vues remarquables de Mivako, etc., qui eurent une grande vogue. Son
interprétation des lointains n’est égalée par aucun autre peintre. Il mourut la 5e année Ansei
( 1 838), à l’âge de soixante-deux ans.
Outagawa Toyokouni (Toyokouni 111 , kau-tchô-rô ou Gô-to-téi, élève du 20 Toyokouni,
excelle dans les portraits d’acteurs et de chanteuses. Il a rendu fidèlement leur caractère et leurs
attitudes sur des Xishiki-é ou des écrans qui ont eu une grande vogue. Il a fait beaucoup
d illustrations de romans. Dans le I Nakaghèn-ji, par exemple, il a exactement reproduit les
mœurs do la société noble du temps. Il est mort la i10 année Ghendji (18643 à l’âge de soixante-
dix-neuf ans.
Outagawa kouni-yoshi, surnommé Itchiyousaï, élève de Toyokouni, commença à se faire
connaître à partir de Bounséi (1818). Son pinceau est vigoureux. Ses séries de N ishikié, telles
les Vies des \7 lion ins, les Vies illustrées des Héros des Trois- Boijaumes, ont eu beaucoup
de succès. Ses compositions sont originales et pleines d’idées. 11 mourut la irc année Bounkyou
(1861), âgé de soixante-cinq ans.
212
École Minn Shinn (Chinoise moderne).
Ghinan kaï, né en kii, avait des dons artistiques et littéraires de premier ordre. Il apprit
le métier avec Kino-shita Zounan. 11 prit pour modèle les recueils de dessins chinois Slnn
et étudia les maîtres des Youen et des Ming, et créa un style particulier. H excellait dans le
paysage. Il possédait bien la peinture de l'école chinoise des Soung méridionaux, don e-t ""ih
le « dessin de lettré » ancien et moderne au Japon. Il suivit à la lois 1 enseignement «h- l»\«ei-
ri Kyau et de Iké-tai-ga. Il est mort la 4e année Kwan-èn i;n dans sa soixaiilc-quinzmim*
année.
Ilo Hyakou-sèn, né en Owari, demeurait à kyauto vers kwan-èn ij'C- V cette <q>oqm\
l’influence du Tan-you était prépondérante. Hyakou-sèn se consacra à 1 etude des uuivres d-->
Youèn et des Ming. Ceux de nos peintres qui suivaient le style Soung méridional des b»iien et
des Ming reconnurent Nan kaï Hyakou-sèn comme leur protagoniste.
koumashiro-youhi Azana Ixisèn, surnommé Svou-kô, de Nagasaki, en Ilizen, dune t . . Il-
d interprètes de chinois, aima le dessin dès son enfance.
Le Chinois Tchinnan-pin étant venu sur la demande du Bakoufou, il étudia avec lin. Les th-urs.
plantes, oiseaux et animaux qu’il a peints sont d’une couleur franche et jolie. Son coup de pim e.m
se distingue difficilement de Tchinnan-pin. Les artistes modernes, «pii ont étudié la peinture elnnoiM
de style réaliste, reconnaissent Youhi pour leur ancêtre. Il mourut la i" année Anvei i y-’» , a I à io¬
de soixante et un ans.
Sô-shi-séki, de Edo, étudia sous Youhi, et prit plus tard pour maître le Chinois So-shi-gan,
dont il prit le nom. Il réussit les fleurs et les plantes, les oiseaux et les animaux. Il excella aussi daim
les bambous à l’encre. II fut pour quelque temps exalté par ses contemporains. Son lils Shizan liil
aussi bon peintre. Itô-jyakou-tchyou , de kyauto, étudia Hakou-jvoun de la secte Waubakou, <1
approfondit la doctrine zèn. D’abord il travailla chez les kano, puis copia les oumes des Youèn
et des Ming. En même temps, il étudia le style de kôrin, et créa une manière neuve. Son dessin
original, son coloris franc et beau. Jyakou-tchvou avait toujours un poulailler et, soir et matin,
observait ses volatiles. Il les dessinait au repos ou en mouvement, chantant ou picorant, foules
leurs attitudes ont été rendues par son pinceau. Sur la fin de sa vie, il demeurait à cote de Seki
Ilauji, à Foukakouça. Il se procurait du riz avec ses œuvres et vivait ainsi. C'est de là qu’il ;i pris
le surnom de To-bei-an.
Fleurs et oiseaux (i3 makiinonos . — Palais impérial.
Pruniers ex fleurs; faisan doré; phénix (2 kakémonos). — llonganji.
Nirwana. — Séigano-i.
O O
^ Saw a Kien, nommé Rikyô, parent du Daïmyau Yamato-no komi kori-yama. fout
jeune il aima l’art. Il prit pour modèles les œuvres des Youèn et des Ming. Après plusieurs années
d études, d se fit une maniéré. Son colons est joli, ses encres limpides et élégantes. C’est surtout
un coloriste.
Le caractère de kién, franc et indépendant, ne se pliait pas aux formalités de l'étiquette.
Il avait plusieurs talents . bon littérateur, bon poete et bon officier, il était encore calligraphe et
peintre. On dit qu il possédait seize arts. Il aimait beaucoup a recevoir des visiteurs, nobles ou
humbles, élégants ou vulgaires. Tous ceux qui venaient le voir étaient retenus à dîner. C’était là, avec
1 art, son grand plaisir. Il mourut la 8e année Hôreki (iy58j, dans sa cinquante-troisième année.
Histoire de l'Art du Japon.
PI. LV1II.
1 - SHOGA POURSUIVANT KANSHIN (par Yosha Bouson).
XVIIIe siècle (Foudjiwara Ghensakou Kyauto).
2 — GUENTOKOU VISITANT KOMÉI DANS LA NEIGE
XVIIIe siècle (Foudjiwara Ghensakou Kyauto).
TC*
21 J
lk(> laiga, nomme Mouméi, montra dès l’enfance des dispositions précoces et un goût très
v*l pour le dessin. Devenu grand, il alla en Kii et apprit la peinture de Ghi-nan Kaï. En publiant le
reciied de dessins de Shyau-seki-bokon des Tsing, < j ue Nankaï avait collectionnés, il écrit : « Si le
sage étudié la peinture, c’est bien. Le littérateur doit étudier la peinture ». Allant en Yamato, il
‘‘India la couleur avec Kvou-ri Kvau, copia quantité d’œuvres des Ming et des Tsing et parvint à être
sans rival dans le paysage, les personnages et les animaux. C’était un caractère solitaire et sans
ambition. Il se plaisait avec les humbles, ne s’inquiétait ni de l’éloge ni du blâme. Sa conduite était
presque toujours différente de celle de la plupart des hommes. Il se délassait de ses travaux en faisant
(h* la musique avec sa femme Ch\o Kouran et chantait de vieilles chansons. Ses jours se passaient
dans le calme. Aussi sa peinture est d’une rare noblesse.
Ohshima-foiiyaii , né en kalii , établi à Kyauto, d’une érudition très vaste et d’une lecture
immense, avait approfondi les très antiques documents des Ts in et des Kan de Chine. Il était versé
dans la sigillographie; on l’appelait h* sage des sceaux. Aimant la peinture, il était paysagiste de
talent. Prenant pour modèles les œuvres des Youèn et des Ming, il en tira un style particulier, d’un
idéal très élevé. On l’associe à Iké Taiga et Kan-tai-nèn pour faire une école.
Motehi-dzoïiki Ohvokousèn, de kyauto, étudia d’abord avec Toça Mitsou-nari et prit Sekkéi
comme maître. II s'inspira aussi des anciens kano et finit par fonder une famille. Plus tard, il se lia
avec Iké Taiga. changea complètement de style et inaugura la peinture à la Han (chinoise). Son
fils Sei-saï et Chyokou-sèn le continuèrent. Il mourut la 5e année llô-ei 1708 .
Yoça Bon Son Asana, Shyoun-sei, surnommé* Ya-hantei, né en Settsou, puis installé à Kyauto,
s'inspira profondément des œuvres des Youèn et îles Ming. Après plusieurs années d’études assidues,
il parvint à former son talent. Il excella dans les paysages, dune grande élégance. Ses meilleures
œuvres peuvent aller de pair avec celles de kau-san llakko. Des artistes japonais en grand nombre
l'ont piis pour maître. Il était aussi bon poète, et souvent ses dessins humoristiques illustraient
ses vers. C'est un artiste très original. Il mourut la C année Temméi (1783 , dans sa soixante-
huit ième année.
I | I.Vllt. Shùc. \ pot it si iv wr kiNsiuv ii GtiMOKot visnwT lvùMF.i dans i.A NKiiîK. — Guensakou Foujiwara
ili* kvanlo.
Peintures de Bouson. L'une représente le généralisme kaushin s’en allant, parce que
le roi de Kan ne voulut pas lui témoigner sa confiance. Shôga, premier ministre du roi, appréciant
sa valeur, court après lui. L'autre représente un autre épisode historique : le roi Riou Guéntokou
allant demander l'art de l'apaisement du royaume à sou futur ministre Komei, sous une tempête
de ne i ire.
Le caractère particulier de Bouson consiste, dans cette peinture, à faire voiries expressions des
personnages dans la liberté absolue de pinceau. Bien qu’il s’inspire des maîtres chinois de Yeng et
de Ming, il a su se dégager de leur influence et se créer un style personnel. Bailleurs l’œuvre elle-
même montre suffisamment la haute valeur spirituelle de l’auteur.
Totoki Baïkai, doué de talents multiples, poète, littérateur, calligraphe, peintre, en tout lit
école. Le Daïmyau de Maçouyama, Sessaï, aimait son style et finit par l’appeler et l’attacher à sa
personne. Ses paysages sont d’un pinceau ferme, d’un sentiment distingué, sans la moindre vulgarité.
Minna-gawa Ki-èn, de Kyauto, d’une mémoire sure, bon poète et bon écrivain, calligraphe
et peintre de talent, étudia d’abord la peinture avec 0 lvio à qui il enseignait, à son tour, l’archéologie.
Son père était un amateur éclairé, qui recherchait les œuvres des Touen et des Ming, et les faisait
calquer à Ki-èn. Aussi celui-ci fit-il de gros progrès dans l’art.
Kousiro Ounsen, de Shimabara, en Ilizèn, jeune encore, voyagea avec son père à Nagasaki et
Histoire de l’Art du Japon
PI. LlX.
PAYSAGES (par Bountchyau)
XIXe (le comte Tokougawa Satotaka).
213
(‘I lin s 1 1 1 1 i si »i < * 1 1 1 a peina pour subvenir aux besoins de son père et sa mère. Un jour, reconnaissant
que I étude de la philosophie n’était pas un mode de gagner de I argent, il chercha par quel moyen
d pourrait garder ses parents de la lairn et du froid. Ce fut à la peinture qu’il demanda sa subsistance.
Il suivit alors l'uni Boiintchyan, So-shizan, Kané-ko Kinnrvau. Après plusieurs années de laborieuses
éludés, il s assimila le meilleur du talent de tous les maîtres et fit école. Son pinceau est vigoureux,
sa composition intéressante. Il recevait beaucoup de visiteurs, parmi lesquels on remarquait surtout
I oukouda Nan-kau, l’soubaki Tchinnzan, Yarnamoto Kinngokou. On conte qu’un jour, causant avec
les deux premiers, Kwazan s’exprima ainsi : « Les œuvres des Han conservées dans notre pays sont
extrêmement rares. \ mon point de vue, dans le paysage, Wauseki-kokou est le maître. Pour les
Heurs et les plantes, c’est Kinan-dèn ; le paysage est le triomphe de llau-kau; les Heurs et les
plantes celui de Tehin-zan. Il faut que chacun travaille le plus possible dans le genre où il réussit
le mieux ».
I\\\ azan était un parfait expert. Il collectionna avec amour, pendant de longues années, des
albums de calligraphie et de peinture. Il les offrit tous à son Daïmyau. On peut juger par ce trait
quelle délicatesse de sentiment était la sienne. La >•' année Tempau, il reçut des dignités qui le déci¬
dèrent a se mettre de tout cœur à l'administration. Il réforma de nombreux abus. 11 étudia la question
des relations avec les étrangers. Avec Takano, Tchvau-ei, Koseki-san-yei, il lit des recherches sur
l 'état 'de I Lampe et lit paraître un livre dans lequel il s’attaquait par allusions au Shyaugounat. Il
fut pour cela exilé en Ixii et mis en prison, la io° année Pempau 1829. Craignant que sa disgrâce
ne rejaillit sur son Daïmvau, il se donna la mort.
Ourakami Shvoun-kinn, bon poète (H bon écrivain, excellent peintre de paysages, de (leurs et
de plantes, d’oiseaux et d’animaux, montra, dès l’enlance, un goût très vif pour les excursions; il
visita toutes les montagnes et tous les lacs célèbres. 11 collectionna aussi les antiquités. Après
plusieurs années d’études, il devint un bon peintre. 11 résida d abord a halo, puis a Kyauto. Sa
réputation se répandit partout. Dans la vie privée, il était d une intelligence ouverte et d un patrio¬
tisme vibrant. Il fréquentait Itai-sau-vau, Djvausho-tchikou et d’autres personnages célèbres. Il passa
sa vie dans les joies de l’art et de la poésie.
Nakabavaslti Tehikoudo, d’Owari, demeurait à Kyauto. Il copia d’abord les bambous à l’encre
de Mvazahi Kiinpo, puis, s attachant aux procèdes des A ouèn et des Ming, il fonda une école de
paysage, de plantes et de (leurs. C’était un homme d’un caractère simple et timide. On a dit que son
pinceau était aussi délié que sa parole était embarrassée.
Yarnamoto Baï-itsou, d’Owari. Amateur passionné des anciens philosophes, des Ming et des
Tsing, il eut du talent. Sa renommée rivalisait avec celle de son contemporain Nakabayashi Iclnkoudô.
II excella en tout ce qu’il lit : paysage, personnages, (leurs et oiseaux; mais surtout dans les fleurs
et plantes. Son coloris est extrêmement délicat.
Okada Han Ko, Tsou d’Isé, demeurait à Ohsaka. Aimant la peinture, il étudia sous Beï-san,
approfondit les œuvres de l’école du Sud des Ming et des Tsing, et finit par acquérir du talent. Son
style est simple, calme et distingué.
Tsoubaki-tchin-zan, fonctionnaire du Bakoufou, érudit, bon calligraphe et peintre. Il finit par
donner sa démission pour s’occuper exclusivement de peinture. Il eut d abord pour maître Kané-ko-
kinryau, puis étudia chez Kwazan. Il lit très bien les plantes et les papillons, les (leurs et les oiseaux.
II s’inspire beaucoup de Quinandén. Sa composition est correcte sans froideur. C’est un des meilleurs
artistes de son temps et un excellent portraitiste. L école du portrait, que fonda Kwazan, atteint son
apogée avec Tchinn-zau.
Noukina-kaï-okou prit, déjà âgé, le surnom de Shyau-wô. D’Awa, il vint s’établir professeur
à Kyauto. Calligraphe et peintre de talent, il a fait beaucoup de paysages. C’est un amateur, mais il
mérite une mention.
Tani Boun-itsou, fils adoptif do Boun-tchyau, a fait des œuvres qui ne le oéduiont pas à celles
de son père. Il donnait des espérances; malheureusement il mourut jeune.
Tatchiwara Kyau-shyo, fonctionnaire de Mito, en llitatehi, bon calligraplie, 1‘eintie < t ri 1 ** N * 111
de sceaux, commença par étudier avec Ghessén et Boun-tchxau, s assimila les o 11X11 s ‘ 1 ' H *' 1,111 ' '
modernes et surtout la peinture du Nord. Sa fantaisie est originale et étrange. Il était « \p< il >m ' 11
calligraphie et en peinture. On dit qu’il ne se trompait pas une fois sur cent.
Kita Boucé, de Edo, élève de Boun-tchyau, plus tard imita Tan-you. Il fit bien les personnages,
les fleurs et les oiseaux. Son coloris est charmant.
Ohonishi Tchin-nèn, de Edo, étudia d’abord avec Nangakou, puis suivit Boun-tchyau. Sou
style est vif et gracieux. Il a fait des personnages, des paysages, des Heurs, des oiseaux, des poissons
et des coquillages.
Écoles Marou Yama, Shidjô, Kishi
Marouyama Okyo, nommé couramment Mondo, porta d’abord le surnom d«* S» • n - r« ■ i . \«*
à Anatamoura, district de Kouwata, province de Tamba, d’une famille d agriculteurs, tout « ni, tnt,
il suivait ses parents aux champs; là, il prenait un éclat de bambou ou un morceau de bois H
s’amusait à dessiner. Dans le village habitait un marchand qui colportait des cosinH iqm-s I <• p**tit
Okyo s’amusait souvent chez cet homme. Un jour, il lit un dessin sur un sac à lards Uuelqii un axant
vu le sac le trouva curieux, l’acheta, puis l’offrit au Daïmvau de hamé-yama qui en lit «b* grands
compliments. C’est de là que commença la réputation d’Okyo. Il alla donc à lwanto et étudia sons
Ishida Youtéi. En très peu de temps, il lit d’énormes progrès, s’inspirant du style de S. u-sh\ oiin-Lx < ■
et de Kyou-ei, et étudiant successivement tous les maîtres. Il travailla surtout d apres la nature • t
excella dans les personnages, les fleurs et les oiseaux. Vers Teminéi 1781-1789 , il avait acquis un
grand talent. La fondation de l’école de Marouyama date, dit-on, de cette époque. Les Tokougawa
lui demandèrent un grand nombre de peintures. Il avait un génie inné, qu’il développa par un patient
labeur sans s’attarder aux vieilles formules d’aucune école. Il créa un art personnel, liibh* ,î l.i nature,
d’un dessin et d un coloris neuf, plein de vie; enfin il inaugura une branche nouvelle de I art japonais,
qu’on appelle le style de Marouyama. Beaucoup de ses élèves furent des peintres de talent ; aussi
l’école de Kxvanzaï détermina une évolution; et, aujourd'hui encore, quatre à cinq peintres sur dix
suivent son style. On peut dire que c* est le grand artiste des temps modernes. Il mourut la 1" année
Kwansei (1795), à l’âge de soixante-trois ans.
BH-nion.
Cascade (grand kakémono). — - Aumi. En-man-in.
Les 7 MALHEURS ET LES 7 BOXHEURS. — Aumi. — En-mau-in.
Au FRAIS DANS LE LIT DE LA RIVIÈRE A SHIDJO. - Auilli. — Ell-man-in.
1 AA SAGE COLLÉ DANS LA SALLE DES HoTES. SailOllki. K ollipi I’a-J I 11 | va
Prés couverts de neige (une paire de paravents). — Baron Mitsoui llalrliim-émon.
N ue de l'Hodzou gava d'après nature (paravent). — Kyauto. — Nishimoura S.
Seinnin jouant sur le mont II or Ai. — Kyauto. — Higashi Honganji.
Carpes, poissons, oiseaux d eau (ia kakémonos). — Comte Mounénori.
Seiwobo, tigre, dragon (3 kakémonos). — Ohsaka. — Kono-iké-zen-émon.
Le t ou.il aux 4 saisons (série de 4 kakémonos). — Kawa-saki Shyanzau, Kobé.
Grues (écran). — ^ açaka-jinjya.
P1; LX- ~~ Pix cotJVERT ,)E XE1GE ET canards sauvages. — Osaka. — Mourayama Ryouhéi.
ressemble a celai de la colleclion Mitsou. C est un modèle caractéristique de la peinture d’Okyo.
I A1
pin
l ig. G 3. Cette grande peinture fit originairement partie du trésor d’un temple. Nombre
d’artistes de l’école de Kyauto l’ont copiée et en firent le modèle d’un sujet de paon. Elle est <lu
pinceau de Okyo à l’âge de sa soixante-troisième année.
Histoire de l’Art du Japon.
PI. LX.
PIN COUVERT DE NEIGE ET CANARDS SAUVAGES (Par Okyo).
XVIIIe siècle (Mourayama Ryouhei Osaka).
sBgif •> '
/
21 7
fig. 61. C’est une œuvre < I < * Okyo dans sa vieillesse, au moment où son talent a atteint le
suprême degré, et où son pinceau suit librement la pensée.
Matsoumoura Ohékkei, alias Goshyoun, de Kyauto, étudia d’abord avec Ohonishi Souigetsou,
puis pril pour maître lîouçon. A la mort de celui-ci, il demanda à Okyo de lui donner son enseignement,
Okyo d'abord refusa, puis finit par se lier avec lui. Alors Matsoumoura travailla avec ardeur, et, dessi-
l'içr. f>3. — Paon et vieux pin. — Xaovouki Kouniagaï de Kyauto.
O J
nanl d après nature, mélangea le style de Bouçon et celui d Okyo. Il créa plus tard 1 ecole connue sous
le nom d’école Shidjô, à cause du quartier qu’il habitait à Kyauto. 11 n’a rien dessiné qui ne soit plein
de talent. La force de son pinceau ne le cède pas à Okyo. Il était bon buveur et peignait dans le feu
de l’ivresse. 11 a fait un grand nombre de dessins humoristiques. Il mourut la 8e année Bounkwa
( 1 8 1 1) à l’age de soixante ans.
I J at Air, le de l’Oudjigawa (2 kakémonos). — Baron Mitsoui Halchi-ro-émon.
Paysages a fabriques en demi-teintes. — Kyauto. — Collection Katsoushima-ki-itchirau.
Fleurs et oiseaux (une paire de paravents). — Shiga Fouroumotchi-ni-béé.
PI. LXI. — Paysages (2 kakémonos). — Ohsaka. — Foudjita don Sabourau. — L’un est un ellét de neige, l'autre
un effet de pluie. Ce doit être un clief-d œuvre de Goshyoun.
•28
Nagasavva Rosetson, de Yodo, en Yamashiro, étmlm la sous Ok , ■'
produire un genre neuf. C’est le meilleur disciple de Okyo. rout ce qui ni es >
Ile verve. Son imagination est riche et imprévue. C’esl un grand malheur .,» d s . nul
prématurément à quarante-cinq ans, la f année' K\van-sei 1 7'.>*.* •
P1 I XH _ Animaux (maki . no). - Hiroshima. - Yaçouda-yaçokitchi. Il J « . . « * - V
quadrupèdes. Ce doit avoir été pcin, pour servir de . dût». !.. style es, -, ré, non, eu, .use r, pieu, de.l.u,
Watanabé Naugakou, de Kyauto, étudia avec Okyo, et rénssil les personnages, les Heurs
et les oiseaux. 11 est renommé parmi les élèves de Okyo pour la vigueur du pmeean.
Mori Sosen, de Nishino-miva ea Settsou, ou, suivant certains, de Nagasaki en II, /en.
demeurait à Ohsaka. 11 dessina surtout des singes. Ses œuvres représentai,! autre du
litLil l I I I < I
Fig. G'i — Enfant sur vache. — Comte Masayoslii Malsougata.
animaux sont extrêmement rares. Son style tient des écoles de Marou-vama et < I < •
«- «
parcourait les montagnes avec l’encrier et le pinceau, logeant dans quelque temple écarté* <>u
demandant sa nourriture cliez des bûcherons. Loin des villes, il se promenait dans le domaine
des singes, guettant leurs attitudes. Après trois ans de cette existence, il eut pénétré le caractère
des quadrumanes qu’il rendit avec un relief remarquable.
Mori-tetsou-zan, 1 ils adoptif de Mori Sosen, vivant à Ohsaka, étudia avec Okyo et réussit
bien dans les personnages, les fleurs et les oiseaux. Plus tard, il changea quelque peu de style.
Nishi-moura Nantéi, de Kyauto, élève de Okyo, s’assimila bien les procédés de son maître.
Yoshi-moura Kôkei, de Kyauto, élève de Okyo, fit bien les fleurs et les oiseaux.
Okou Bounméi, de Kyauto, s’assimila bien les procédés de Okyo.
Aamagoutchi Sokén, de Kyauto, élève de Okyo, excella dans les scènes représentant des
femmes japonaises. .Jolie et facile, sa peinture eut beaucoup de vogue.
Sbirawi Nawokata, élève de Okyo, excella dans divers genres, et surtout dans les rats.
- 2Î9
Gankou, de kanazawa, m kaga, d’abord Samouraï du prince Aricegawa, nommé plus tard
l‘il < li izen-uo Souke, sur la lin de sa vie, abandonna ses fonctions et prit sa retraite au faubourg de
kilaiwa koura. Il s inspira d abord de Tehinnan-pin et dessina des oiseaux et des animaux d’une
louche vigoureuse? cl caractéristique. Il mourut la <)*’ année Tempau i<838) à l’âge de quatre-vingt-dix
ans. Son style a été continue par son lils Gantai, son g<>ndre Gan-ryau, son lils adoptif Rèn-zan.
Ils forment ce qu on appelle l’école des kislii.
I ) i! \ « . i ) \ i>\\s I.i.s \i v«;ks. Plafond de la salin à manger du Toji, à Tokyo.
Dhacon i i Tuât i.. — Katnakoura Knkakouji.
Paons cii couleur sur soie . — Kyaulo. — Nisliinioura So-émou.
I loin s une paire de paravents). Kvauto. Sliimoinoura Shvaularau.
Le bonze ( diesseii, supérieur du lemple de .lyakou-nen, en Icé, consacra à la peinture les loisirs
de son ministère. IVndant quelque temps, sa réputation fut très répandue. Il vendait ses œuvres très
cher. Au sm lui reprochail-on son âpreté au gain. Vers la lin de sa vie, il éleva un portail, répara la
salle du Imuddha, acheta largement des livres canoniques et des commentaires, et secourut les
malheureux. Alors ceux qui I avaient taxe de cupidité furent les premiers à vanter son exemple.
Ii >\ au, de Séndaï, lui llngén. Il habitait Kvauto, étudia les procédés de la peinture avec Ixano-
baï-shyau ; plus lard fréquenta Okvo et Ghèkkéi et adopta leur style.
Souzouki Nan llei, de kilo, établi à kvauto, étudia sous Toyau, lit bien les paysages, les
personnages, les Ileurs et les oiseaux.
Matsoumoura keibnun, frère cadel de ( îoshyoun, s’appliqua à travailler d'après nature. Ses
demi-teintes en couleurs sont jolies. Sa touche est pleine et grasse. Ses oiseaux surtout sont beaux.
Lien qu'il ait étudié avec son aîné, dont il n'égale pas d ailleurs le talent, il a son originalité. Il est
mort la i \*' année Tempau i8:>. l à l'âge de soixante-cinq ans.
Okamolo Toyo-hiko, de Lizèn, établi à kvauto, élève de Ghèkkéi, eut une réputation univer¬
selle*. Son triomphées! le paysage.
kaw ainnura Louiupo, de Iwaiito, eut Gankou pour maître. Il étudia aussi avec d’autres
peintres et se lil un ^ I \ le. Sun pinceau, vigoureux, excelle aux personnages japonais.
Oda-hvakou kokoii, surnommé kaï-Sèn, venu a kvauto, étudia sous Ghèkkéi dont il
> assimila le >t\h\ Lins lard, il prit pour modèles les œuvres des Youèn et des Ming, et changea
completenienl de slxle. Il lil des paysages, des personnages, des Heurs et îles oiseaux d un joli
coloris. Il mania avec virtuosité l’encre liquide.
Shibata Ghito, ne en llizîm, établi à kvauto, a une réputation de bon peintre. Il a subi
rinlluence des Sidjo et aussi îles Ming. Son pinceau facile réussit les personnages.
Yama-waki lôki, de kvauto, elmlia d’abord sous Ghèkkéi, puis changea de style. Il excella
dans les personnages II s'inspira aussi du style des T’ang et lit des portraits de sages. Son pinceau
i» si soie-neux et vigoureux, son encre riche et belle.
o O
Taaka Nikkwa, élève de Oka-moto Toyo-hiko, lit bien le paysage, les Heurs et plantes, et
passe pour le meilleur élève de Toyo-hiko.
Yoko-vama kwa-zan, de kvauto, prit pour maître Gankou, et suivit aussi Go Ghèkkéi. Il
vaut dans les personnages, le paysage, les fleurs et les oiseaux.
Mot< hi-dzouki Ghvokou-sèn, petit-fils di' Ghyokousèn, s’instruisit à l’école de Gankou, puis
s’inspirant du style de Goshyoun, changea complètemcnl de manière, et se lil un genre personnel.
220
CHAPITRE IV
Sculpture.
Par suite de la paix qui régna au Japon depuis l'administrai ion des l'okougawa, pemlanl près
de trois siècles, la sculpture présente un esprit très différent de celui qu'on lui découvre aux époques
précédentes. Elle répond au goût d'alors, décoratif et luxueux. Autrefois, au cours .les périodes de
Ota et de Tovotomi, le Bouddhisme avait subi une crise profonde et avait périclité. I.es lokougaw.i
XJ
lui rendirent les domaines et les revenus de temples qu'il avait perdus, et construisirent des t»*mph*s
et des monastères.
Iyétsouna, notamment, imitant l’exemple ancien des Ashikaga, désira élever d. s temple /.eu.
et demanda aux Ming des bonzes distingués. Le bonze Inghèn, étant alors venu au -lapon, fonda, en
Yamashiro, les temples de Oudji, ceux qu’on nomme Waubakou San et Mampou-kouji. Ils apparte¬
naient à une branche de la secte Zèn qu’on appelle la secte orthodoxe Kinsai. C r>t la secte de \\ m
Bakou.
D’autre part, la 3e année Djyaukyo (168G , Tsouna-voshi organisa en Iwvanto i* temple*
bouddhistes de la secte Jyaudo, favorisée par les Tokougawa, et on lit des monastères. I.< < ei.ddis
sements religieux, même ceux qui avaient été abandonnés, redevinrent florissants, l’ai suite, l.i
sculpture des décorations et des divinités des temples entra dans une ère de prospérité. Si I un
recherche les noms des maîtres imagiers célèbres, on trouve, en Iwvanyéi 162 4- H » \ J , b* bonze
Tanshvau, le Ilôgén Djyauki ; en Kwamboun 1661-167*3), le 1 1 an kyau Kaujliyan, Sa Iwau km
you ; en Empô (1673-1681;, Tankaï-ritsoushi, Shimidzou Bvoukéi; en Djyau-kyau i6N|-i6ss, |.
H au Kyau lvauzan ; en Hauréki 1701-1764), Komaï-ryoutchô ; en Anvei 1 77 >- 1 7N 1 . le bonze Gouten
en Ghèn-rokou (1 688-1 704 , Jyau-kei ; les maîtres imagiers Mingbouet Sakvau. Dépendant, les statuaires,
opprimés par les procédés de leurs prédécesseurs, ne créent rien de neuf. Ils laissent déchoir leur art, I
dans leurs œuvres gaspillent l’or, l’argent et les joyaux sans se proposer un autre but quelle flatter
les yeux du vulgaire. En décoration architecturale, la production est augmentée de beaucoup. Des
édifices sont entièrement décorés de sculptures, tels le Tô-shû-gou de Nikkwau, le kwanveiji et le
Zaujyauji a Edo ; le Ilonganji a Kyauto. Cette décoration porte le nom de ses hommes éminents:
c’est l’école de Hidari-jingorau.
Les familles Gô-tô, Shima-moura, Ishikawa, établies à Edo de génération en génération, sont
O O 7
célèbres pour le Miyabori (sculpture de temples).
A Kyauto demeurait Okamoto lomo-souké, né a Mikawa, célébré sculpteur dont d nous reste
plusieurs œuvres, notamment les grues volantes des frises du Kwannonzan.
Le Nô devient de plus en plus en faveur vers le milieu de cette époque. O11 fait des masques
superbes. Les plus célèbres artistes de ce genre sont, en Kwamboun (1661-1673), Mitsounaga, de
l école de Ltchizen Demé, a qui succèdent Mitsoushighé, Mitsoufouça, Mitsou-zané, Mitsou-tada, qui
tous possèdent à fond leur art.
En Shyauhô (i 644-1 648), paraît Iyé-shighé, de l’école de Aumi-i-zéki, dont l’art, extrêmement
délicat, jouit d’une grande réputation.
En Jyauô (i65a-i655), Mitsou-yaçou, de l’école de Ohno Démé, est continué par Mitsou-taka,
Mitsou-nori, Mitsou-nawo, Aaçou-hiça, Yaçou-yoshi, Yaçou-taka.
Mitsou-maça, fils adoptif de Mitsounaga, qui prit plus tard le nom de Kodama, est le fondateur
PAYSAGES (par Croshun, Matsoumoura).
XVIIIe siècle (Foudjita-den-zabouro Osaka).
I
221
<lr I eeole Mèn-outchi-Kodama. Il lut continué par Tomo-mitsou et Yoshi-mitsou. Ce qu’on appelle
les (iMivres de I Ecole est sorti de leur école. Les œuvres de ces élèves ne sont pas nombreuses. Les
plus célébrés d entre eux sont Yarnato Yoshi-mitsou, Kadzou-mitsou, Takamitsou, Tchikougo, etc.
Les masques de Laboura et, autres ont fourni un assez grand nombre de belles œuvres. La sculpture
<b‘s nelskes, a parlir de cette époque, est très florissante et féconde en œuvres délicates. En somme,
le Nelsoukc bori cherche surtout I idée, meme dans l’interprétation par le métier. Les matières qui
composaient les nets k es étaient très variées. On lit d’abord des dieux et des génies, des démons,
des Bouddhas, des personnages, puis des animaux, des oiseaux, des poissons, des insectes, des
Heurs, des fruils, cl jusqu a des paysages. Il n’est pas de sujets, réels ou imaginaires, qui n’aient
ete mis a contribution, lui somme, h* commencement de la sculpture de netské n’est pas exactement
connu . Cependant, si, vers l\\van-yei ifis'j-ifijj , llounani Kwau-yetsou et Nonogoutchi Rippô en
ont fait, comme on b* dit, ils n’ont certainement pas dû en faire beaucoup.
Elus tard, on Iwvamboun et I èn-wa i GG i - 1 G8/j beaucoup de gens portent à la ceinture des
mro et des réticulés. Les netsoukés aussi tendaient donc à devenir à la mode. Mais à cette époque,
on avait un engouement exclusif pour les objets de Chine. On copiait tous les usages chinois, et cette
lièvre d’imitation conduit à des procédés merveilleux. Ceux qui faisaient alors les netskés,
e étaient des maîtres-imagiers, des maîtres-sculpteurs, des maîtres-ivoiriers et laqueurs. Ils les
exécutaient dans leurs moments de loisir, et il ne semble pas que cela allât plus loin que de
répondre aux demandes des amateurs. Le métier n’était pas encore à l’état de tradition.
C'est en Ohènmkou et Shvautokou ibKj-ijiG) que la demande des netskés augmente, que la
mode b ‘s impose. Les fabricants deviennent alors très habiles dans cet art, et ils parviennent à produire
des objets très remarquables. Les amateurs, de leur coté, s ingéniant à posséder des netskés hors
du banal, traçaient des projets <pi il faisaient exécuter; par leurs idées et leurs recherches, ils firent
luire un progrès considérable à cet art. \ ers cette époque, les artistes en Bouddhas de Nara, dans
leurs loisirs, firent beaucoup île personnages de No et de petits masques. Ces ouvrages eurent une
grande vogue. Il advint que de kvauto, Ohsaka et Nara on fournit en abondance des netskés.
A partir de Iwnu-ho i — H » jusqu'à lloreki i ~6 Y et plus tard, le nombre des amateurs de
netské* s alla croissant. La cause principale est 1 usage du tabac. A cette époque, les Daïmyau et les
llatanioto voulaient une belle ornementation à leurs sabres et les rendaient magnifiques, parce qu ils
les portaient à la ceinture. |)e leur cote, les grands marchands et les hommes riches, au lieu de
sabre, accrochèrent à leurs ceintures des blagues à tabac qu ils voulurent belles et luxueuses. Aussi,
lorsqu ils trouvaient un de ces objets à leur convenance, ils n hésitaient pas à le payer très cher. Leur
fabrication atteignit alors une haute élégance. Dans les objets exécutés alors, le dessin correspond
au sens d’anciennes poésies. Des peintres en renom en dessinaient les projets. On les exécutait avec
le plus grand soin, et par suite on lit des œuvres très artistiques.
En Meiwa et kyauwa iy(>j-i8oj , cette mode atteint son apogée. Lest a partir de cette
époque que la profession de maître-sculpteur en netskés se transmet dans les familles. Les plus
remarquables des artistes de talent sont Aoshimoura Shyouzan, Ogaça'wara Issaï, Idzoumi-ya,
Tomotada. On cite aussi le llogén Shyoughètsou, Djyoutei, Ounjyou, 1 oshi , Aoumé-marou, Tamétaka,
Minko, Shyauminsaï, Dénié Ouman, Kawaï A oritake, Séibéé. Dans 1 ordre des petits tia'saux, une
telle nouveauté d invention, une telle liberté du ciseau ne s étaient encore jamais \ues.
A partir de Bounkwa et Bounsei (i8o4_i8i8), les excès de luxe dépassent 1 imagination, et 1 on
arrive à employer souvent comme matières les métaux précieux et les pierreries. Comme artistes
célèbres, on cite alors Rakoushikèn, Ghyoukwa, Yamagoutchi Tomotshika, Meikei Saï-hau-jitsou,
Shinshi Saï-ryoukei, Morikawa To-èn, Nagai-rantei, Miya-çaka-hakouryou, Yamagoutchi Okatomo, etc.
Depuis cette époque jusqu’à la restauration de Meidji, bien que les objets d art soient en décadence,
ces netskés, toujours en modification perpétuelle, sont enfin devenus des sculptures d ivoire ou des
■ )•>•)
, i i> . j,. l'îvrtîri» <‘h1 ilù sans doute a ces uetskcs.
obiets décoratifs. Le développement actuel de a ri i , , *
objets accord i (1.rande importance. Le nom de statuette. de Vira
La sculpture de figurines avait pris a IVira r i
leui ( st reste. W oL- imivi on portait des troupes sculptes. Il faut
Autrefois, dans les cérémonies de Kaçouga W akam.N a, on pm .1 i
voir là sans doute l’origine de l'art des statuettes. . -,
A l’époque de Okauohokyau, cet art devient de plus - P . . le«°
delà sculpture dite » à coups de couteau faites d’un coup .1, ciseau enlevé. C«rt un ge . lér,v<
des poupées de Nara. inauguré, vers Bounkwa {.8oi par livan-U l,>au. q.n a -ni,...- sur.»,,, .les
1 , . t p ■ i k imo d’A^akea, etc., deviennent plus en plus
oiseaux et des insectes. Les figurines de baga, Q<
. x knoiiiâ I on voit se développer la >euli>ture connut*
intéressantes, atteignent meme une grande beauté, <1 '<» I i
sous le nom de figurines animées. Les maîtres les plus fameux de ce ge . . Mi» i . -no
Souké, Matsoumoto Kiçabourau, Nedzonmi-va-gohée. Les des,- . . de ee d.-rm.-r . .
aujourd’hui sa profession.
Dans la sculpture décorative des ustensUes, on use du Yoshino-bori, d, l
du repercé, etc., avec une maîtrise qui rend ces objets très estimés dans le ni . .
Youghetsou, Jyodéi, Sô-itchi. Ki-hatchi. I langerait ont Ions a celle époque un Inl-ttl d.
premier ordre dans la sculpture fine. A partir du milieu de l'époq . les I ukoiigaun. il \ a c, qu ..u
appelle les intailles Teppi-tsou-bori . La sculpture sur bambou, sur pierre, sur b«.i,. a.-e.-mpauna
la mode de la « décoration de lettrés - .'st au comble de sa prospérité U
bien qu’existant déjà depuis le commencement de cette époque, arrive .1 , tn v\\ 1 • im m> ut
florissante vers le milieu. L’art de Taï-nèn, de Fou-vau, etc., est quelque chose «b* 1res b. ni
GENRES ET PROCÈDES
Les statues bouddhiques de ce temps sont, pour la plupart, sculptées eu l »• * 1 - I* mps * u
temps, il y en a en cuivre, mais ce n’est pas la peine <1 en parler. L exécution ne semble pa- dilb -i • r
de celle de l’époque précédente. La décoration architecturale, à l’époque <>u nous "diiiiii»’». • L >1 1
répondre à une demande double de celle de l’époque précédente. La sculpture des t- mpl* - Min.i
bori), et la sculpture des frises deviennent tics professions séparées qui rivalisent d »n^'-ni"~ite
et d’exécution. La matière employée est généralement le bois dur. On sculpte des 11. ui» et de.
plantes, des oiseaux et des animaux, des motifs divers, des nuages. Tantôt on laisse le Loi- nu.
tantôt on l’enduit de couleurs. L’art des masques est très florissant, grâce à la faveur où sont tenus
les nô à partir du milieu de l’époque des Tokougawa. O11 ne voit rien dans les époques précédente,
qui soit comparable. Dans ce genre, il y a plusieurs écoles qui différent entre elles, soit par b*
coup de rabot, soit par le coloris, soit par plusieurs autres points. La matière employée est presque
toujours le bois, mais on en trouve en papier mâché. Quant aux nctskés, il en est de toutes
matières, de pierres précieuses, d’ébène, de bambou, d’ivoire, de corne, d’agate, d’ambre, de
corail, etc. Pour les figurines et les netskés fl Ouflji, on emploie, flil-on, les arbres à thé croissant
dans cette localité, leur les figurines, on emploie surtout le bois; on 011 lait aussi en pétrissant
de la seuil e. G est ce qu on appelle les figurines peines, loutes sont pour la plupart 1res colorées.
Les figurines de Saga, sculptées dans le bois, peintes et dorées, sont très belles.
Les figurines de Kamo, du genre nommé Aanaghi-bori, c’est-à-dire la tête et les quatre
membres, sont sculptées avec délicatesse et le costume est en carton recouvert d’étoiles collées.
Les figurines d Açakouça, inaugurées par Soughino-ya Tchika-youki sont très belles par b*
coloris, plutôt (|iic par la sculpture. Petit à petit, on en vint à faire les figurines animées, sculptées
en copiant exactement les personnages vivants. Plus tard, on leur ajouta même des mécanismes qui
luisaient mouvoir les quatre* membres et la bouche. L’incrustation, le repercé, les sceaux, ont des
procédés variés.
MAITRES ET ŒUVRES
lau K ai Uislii, nommé ordinairement llozan, né la f)(‘ année Kwan-ei 1629), dans le
district de Ano en Ici'*, aimait la peinture et était aussi un maître statuaire.
La 7’’ annin1 Lmpô 11*79, il monta sur le mont Ikoma, en Yamato, où il fit une statue
de l’oudau. Il londil ensuite dos statues de Mirokou et de Kokouzau. Il exécuta religieusement une
statue de Kwanuon au\ onze faces, et, avant réalisé son intention constante de bâtir un temple
à Kwanuon, il l \ installa. Les plus belles œuvres de Tan K aï sont conservées au Hôzanji de
Ikomavama. Son art est délicat et soigné.
• o
Shimidzou-rvonkei, de Kyauto, lit de la sculpture sous Tan Kaï Rislii. Son stvle est
extrêmement habile. Il fut llôgan.
Shyau-ouu était d abord artisan en Bouddhas de Kyauto quand il alla visiter le temple des
llakan, en lîouzen. L idée lui vint d’élever des llakaii, vers les années Djyau-kau 1 (58 j- 1788. Il alla
à Ldo, où il demeura à llauakawado, dans Acakousa, et là il commença à sculpter. La 8e année
(dienrokou 1 ( >9 Y | , il lit b* saint patron et les 5oo Rakan. Il mourut la 7"' année Hoyei (1710), à l’âge
de soixante-trois ans.
Kawatchi Daïjvau Ivé Shighé, lils de Bitchyou-jvau, demeurait en Aumi et se transporta plus
tard a Ldo. Très habile sculpteur de masques, il a un très haut renom. 11 perfectionna les procédés
d un coloris particulier, simple et, souple, (pi on appelle communément coloris de Kawatchi. Parfois
aussi, sans se servir de brosse, il fixe la couleur avec un tampon. On appelle ce procédé, dont il est
aussi l'inventeur, coloris au tampon. Il mourut la 70 année Shyau-ho (i(>45 .
XI vsoi 1 Di No : m mon. - Mus.*., impérial. !• ig. (ii n . Voir Mambi, p. 179*)
l'ig. (55 l) . Masque de llanmja (Musée impérial). — Ilannva est la jalousie personniliée.
L auteur, I s < * l< i Kawati, a rendu b* sens du sujet d’une façon profonde. L incrustation du métal doré
aux yeux et pour les dents rend le sujet plus expressif. Ce masque est usité dans les pièces telles
que Dàjôji e! Kourozouka.
l'ig. (55 c . Masfjur de Ad Musée impérial). — Masque de jeune seigneur dit Jorokou ; on
v voit la distinction du personnage. Le coloris est aussi réussi. Il est employé pour représenter un
personnage comme Atsoumori. Il est I œuvre de Kawatchi.
Fig. (55 (/ . Masque de A VL — Masque de Takashiki, jeune homme. C’est aussi la sculpture
de Iseki Kawati. Le coloris, sans être lin, donne une expression douce.
ili Mvsqvks dk no. — Musée impérial.
Yamato Mamori, élève du précédent, était d’abord prêtre shinto de Nara, et vint ensuite
vivre à Ldo. Il mourut la 12° année Ixwamboun (1672;. Son sceau à chaud est Tenka-itchi
Yamato.
l’ig. (55 [e]. Masque de Kijaughèn (Musée impérial . Masque de Bonakou, sculpté par
Yamato Mamori. Le colons ressemble aux masques de Kawati. L auteur s est, distingue aux ligures
douces de femmes, mais on rencontre aussi ses œuvres dans les sujets forts tels que celui-ci.
— 11(\ —
Manshyo, fils adoptif do Ghènkyou Man-yei exerça son ari on Kawalcfi, puis qmtta
la famille de Man-yei, retourna à Kyauto, où il prit le nom de km •>»•' - u""- 1 1 ' ^
le palais. Il prit ensuite comme sceau : Ten-ka-itchi Aurai. Il pnt > a o •> 11 J
Man-yei, quand il travaillait avec lui. 1 lus tard, d muta • .
J 1 , , .T • , / o._ nie IVhvau-ouémoii I oinoinitsou continua
beaucoup de talent. Il mourut la iro annee Iloyei 170 1 . > on ld.
sa maison. . . u- .
Miya-ta Tchikougo, élève du précédent, demeurait à Kyauto. Son sceau porte . M.ra.a
Tchikougo, dans un contour d’écran.
Fior. 65 If). Masque de Nô (Musée impérial). - Masque de lîésliimi, sculpté par Miyada
Tchikougo. Le caractère du sujet est remarquablement exécuté
comme un chef-d’œuvre de l’auteur.
Aussi, considère-t-on ce masque
Tohakou Mitsoutaka, fils de Mitsou-yaçou, d’abord élève de Aumi, après la mort de son père,
alla à Edo. Adopté par Souké-zaémon, il continua sa maison. Il mourut la 5e année Shyautokou
(17O).
Tosoui Man-kou, üls du précédent, surnommé Mambi, signait à chaud Démé-mambi. Il
mourut la 1/4° année Kyau-hau (1729).
Nonogoutchi Rippo, nommé Tchika-shighé, de Kyauto, aima dès son enfance la peinture, fut
élève de Tanyou. Plus tard, il imita Sô-tatsou, dont il pénétra le style. Il avait aussi du talent
Histoire de l'Art du Japon.
PI. LXII
DESSINS D’ANIMAUX (par Rosctsou).
XVIIIe siècle (Yaçouda-Yaçokitci Hiroshima).
22 )
Fig. 66. — Nêtsoükés de Siiwin.
comme sculpteur <‘l, faisait do beaux netskés. Son art est aisé et ses idées distinguées. C’est qu’il a
une solide éducation de peintre. Comme il avait du talent pour les ligurines (Ilina-ningyau), on
I appelle I linaya-rippo. Il mourut la if année
Kwauboun ififiq à l’âge de soixante-quinze a b
ans.
Yosliimoura sliyouzan, d Ohsaka en
Setsou, étudia d abord la peinture des Kano
cl travailla avec Sada-nobou. Il lit de grands
progrès dans cet art, où il montra un talent
< I < * coloriste. Il fut nommé Ilûgan. Il pratiqua
la sculpture et, lit des netskés. Ses idées
sont originales et sa couleur magnifique. Ses
sujets sont, pour la plupart, pris dans le
Shau-hai-kimj* ou b* Uessen-zèn-dèn. A ces
n
sujets, choisis parmi les plus étranges, il
ajoute encore le cachet de sa rie lie imagi¬
nation. Les œuvres sont très nombreuses. Il
florissait en Meiwa et Anvei entre i yG \ et
1781 .
Fig. (Kl a X et soûle (Kaménosouké
Ilirasé d’Osaka). — - Sénnin (ermite) en bois
sculpté et colorié par Yosliimoura Sliyouzan.
C’est un caractère particulier que l’auteur
seul a su faire exprimer par ses sujets.
Fig. ()(> A . Xétsoulé (Musée impérial). — Sénnin (ermite) en bois colorié de Sliyouzan. Dans
cet objet, on voit surtout le côté fin de la
sculpture de Shyouzan qui est un artiste
essentiellement synthétique.
Migoutchi-shyoughetsou, de Nanixva,
en Setsou, aimait la peinture et avait étudié
le style de Kano. C’était un peintre profes¬
sionnel. Il fut Hôgan. Il était aussi habile
sculpteur, fit bien les netskés. Il a un style
tout personnel et une inspiration heureuse.
Ses netskés étant très appréciés de ses con¬
temporains, il abandonna la peinture et alla
à F do où il se livra exclusivement à la
sculpture des netskés. Ses descendants, qui
portent tous le même nom de Shyou-ghetsou,
ont continué sa profession de génération en
génération.
Ogasawara Issaï, né à Wakayama, en
O 7 J 1
lviié, sculpteur de talent, faisait des netskés
et jouit d’une belle renommée. Il est supé¬
rieur aux sculpteurs de netskés de son temps. Il a surtout employé 1 ivoire et la dent de baleine. Ses
œuvres en couleurs sont rares.
Fig. 67 a . Nétsouké (Tsouroumatsou Mizoutani d’Osaka). — Sculpture en bois de Ogasawara
29
Fig. (>7.
Xktsockks ni ihadlk.
Fie1. (>8. — Nétsouké de bœuf.
o
M. Auzéki de Tokio.
Issaï représentant le blaireau déguisé en homme. L animal n osl tpi a la nu ni i* *1' >.i 1 1 .m Ici nul i u
l’auteur a rendu à merveille l’expression combinée de I iiomtne el de la bele.
Fig. 67 [A]. Nétsouké du diable (Musée impérial). — Le diable se regardant dans un miroir.
Ce Nétsouké en métal est ciselé par Ilamano Shôzoui dont la biographie se trouve dans le chapitre
de la ciselure.
Idzoumi-ya Tomotada, de Kyauto, sculpteur de talent, excelle surtout dans les nHskés
représentant des bœufs. Son travail <*st très délira!
très vivant. Ses œuvres avaient à Kdo nue très grande
réputation, de sorte que les copies en sont extrêmement
nombreuses. Mais un expert peut, au premier coup dVil,
distinguer les œuvres authentiques.
l'jg. 68. Le sujet du bœuf couché en ivoire est le
favori de Tomotada qui se distingua sur I élude de la
nature.
Tamétaka, établi à Xagoya, en Owari, aequit une
grande réputation de sculpteur de netskes. Ses «ouvres
sont, pour la plupart, îles personnages on des Meurs et
plantes. Dans les motifs colores dont il les orne, il ne >«•
sert pas de matières colorantes, mais il sculpte en relief.
On peut dire que dans la sculpture de netskés il a produit quelque chose d absolument lient
Minkô, de Tsou, en Icé, sculpteur de talent, faiseur de netskés,
a exécuté des œuvres soignées et belles. C’est un maître . Ses Darma,
O
conçus comme si la prunelle était animée, sont très beaux.
Fig. 69. Ce sujet, qu’on appelle vulgairement « le renard déguisé
en vieux prêtre », se nomme Iïakouzôsou. La tète et la canne sont on
ivoire et le corps en bois. Œuvre de Minkô.
Kami-bayashi-ghyouka, d’Iwamoura, en Mino, aimait les élé¬
gantes figurines de Nara- Il les imita et lit, en bois de thé, des netskés
représentant des cueilleurs de thé. Ils étaient très élégants. Aussi les
contemporains les ont-ils appelés Figurines d’Oudji. Leur réputation est
très répandue.
Miw a, sculpteur de Yédo, de la période Temrnéi 1780-17881,
aima sculpté les nétsoukés et acquit le talent reconnu. Il chercha ses
sujets dans le Japon même et préféra le bois de Isou et de cerisier
au buis. Son travail prit le nom du nétsouké de Yédo.
Fig. 70 [a]. Nétsouké d’enfant Tchojirô Miyagawa de Tokio).
— Bois sculpté de Miwa représentant un enfant cachant de sa main
gauche un masque de renard et de sa main droite montre l’œil pour
dépiter qui veut le prendre.
Fig. 70 [b\. Nétsouké de singe (M. Auzéki de Tokio . — Bois sculpté de Niwa, plein
d’esprit de vérité.
Ryoukéi, de Edo, faiseur de nétsoukés, manie le couteau avec une telle sûreté qu’on ne 11 saisit
nulle trace. Il chercha a laire des ivoires teints, et, après beaucoup de tâtonnements, en perfec¬
tionna les procédés, qu il appliqua aux netskes. Ses abeilles, d aspect réaliste, sont charmantes.
Il eut aussi beaucoup de talent dans la sculpture de faible relief.
Fig. 71 [al. Nétsouké de Hotei (Kanéjiro Kanéda de Tokio. —
t ig. <»)■
\ I / soi Kl .
M. Au/.t'ki de Tokio.
Bois sculpté de Rioukoi.
Dans retle (‘\i“cnl ion dune grande finesse, l 'auteur montre l’originalité dans le sujet en faisant
| h) lier les deux bras sur le dos dans lesquels on peut passer le cordon.
lig. 7 1 ^ • -A ctsoulc de (‘0(/in liages kanéjiro kanéda de Tokio). — Cinq petites coquilles
assemblées, sculpture d(i lîioukei, d une appa¬
rence tellement ual u rel b* qu’on les prend pour
de vrais coquillages, a causi* des taches de
couleur.
Souglii-nova Tcliika-vouki, de son nom
de famille Toiikoii-shima, lils de Iwva-shvo
Tchika-harou, demeurail à Aeakça, à lulo. Il
apprit la peinture avec son père, puis, aimant
la sculpture, il lit des nelskes. Ses idées sont
1res ingénieuses, son modelé* et sa couleur
distingués. Ses sculptures portent la trace
de son talent de peintre. Ses figurines lurent
appelées lie-urines d Aeakça ; ce doit être par
analogie avec le nom de Nara-ningli vo donné aux figurines faites à Nara. Il mourut en juillet 1882
dans sa quarante-sixième année.
Yamagouti Tomotika, signe aussi Tcliikouvosaï. Né à kyauto, étudia la sculpture avec son
Ig. 70.
ri j
XÉTSOUkÉ : EXFAXT K T SfXGIÎ.
N I I soi kl s l»l ItulKl II III Ciioi n.i.ua
Fig. — Xétsoukés de domestique
ET DE GAKÇOX DE BOUTIQUE.
frère Sliomin, attaqua les nétsoukés avec un talent acquis. Il lit d’abord les animaux et les hommes.
Il sut donner la vie à ses sujets d’une exécution line. Il eut son temps de vogue. Il mourut en
1 «S«So, dans sa soixante-dix-septième année.
Idg. 7a fi • Xctsoule de jeune garçon (kasouké Saïto de Tokio). - — Ivoire sculpté de
Tomotika, représentant un jeune garçon broyant le médicament,
Pio*. -2 b . Xétsouké (kasouké Saïto de Tokio). — Ivoire sculpté de Tomotika, représentant
un domestique renouant les cordons de sa sandale.
To-èn, de Nara, aima la peinture dès l’enfance, mais devint célèbre dans la sculpture,
ipi'il apprit avec Okano llobakou. Son invention est ingénieuse, son couteau très libre. 11 a une
joliesse aimable, bien que sa couleur ne soit pas très franche ni très éclatante. Il a beaucoup
produit.
Nagaï lian-téi, d’idzoumo, demeurait à kyauto. Sa sculpture est originale et précieuse.
Sa conception est ingénieuse et son coup de couteau délicat. 11 a lait en netskés des personnages,
des Heurs, des oiseaux, des paysages; mais c’est dans les personnages qu’il excelle. Sur la
. ,T. •• -i i , i nn nnjY mille sin,res de montagnes. La inimitié,
demande du prince de Ninnaji, il sculpta, dans une noix, miiu ■ ;
,, -il 1 i,- Jletinminr n I o‘l nu. Son t t lui \ ; 1 1 1 1 1
du travail était telle qu il était impossible de ( s ^
le titre de Hôkyau. ,
Miya-zaka Hakourvou demeurait à Ghion, à Kyanto. Célèbre pour ses netskes en ivoire,
il a fait surtout des animaux; il a particulièrement bien rendu les allures des t^res. , les léopards
et des singes. On cite, parmi les objets de cette époque, les personnages de Itan-lei et b-
animaux de llakouryou.
Yamagoutchi Okatomo demeurait à Higashi-yama, a kyaulo, ou il LL.iit «h *s ,s
ciseau est facile, son invention
préférence des motiis de fleurs ,
en chêne on en ivoire généra¬
is waïg u i o ko us aï , s’ap p e -
Osaka, est un sculpteur de
Hanzan et Guiokouzan. Il fut
derniers temps.
haricot (M. Auzéki de Tokio).
ii usl pas banale. Il taisait de
de plantes et de petits oiseaux,
lement .
lant aussi Masatsougou de
Nétsouké. Il prit ses sujets chez
célèbre par sa tinesse dans ses
I i t r -'j a . .\ ctsoulc Je
r> / l
Netsouké en bois en forme
a
Fig. 7>. — Nétsoukks dk haricot i r dk si n»;*
de haricot en cosse. La queue retournée fait l’anneau pour passer le cordon et h* colimaçon pose
joue le rôle de bouton d’arrêt.
Fig. 7 3 [b]. Nétsouké de singe (Tsouroumatsou Mizoutani d’Osaka . Ivoire sculpté <le
Kwaguiokousaï qui paraît avoir imité la nature par la tinesse du travail. Le singe retient le
fruit de Kaki (persimont) en regardant autour de lui d’un œil craintif.
Okano Ilohakou habitait Nara. C était le q° descendant de la famille Okano. Il s ap[)elait
Shyau-jyou. Il a fait surtout des netskés représentant des personnages de Nô. Son coloris est
harmonieux, et, comme à la composition et à la forme Ilohakou joignait du style, son talent
s eleve très haut. Ln dehors des netskes, il a sculpté, dit-on, beaucoup de boîtes à tampons de
sceaux et de boîtes à parfums.
Okano llôkyou, fils du precedent, a sculpté des netskés représentant des personnages de
Nô et toutes sortes d’autres sujets. Son ciseau est facile et son coloris agréable. C’est un des
maîtres du Nara-bori.
Matsouda Kyautchjau, né a lakayama-matcbi, en llida, d’une famille professionnelle de
génération en génération, dans sa jeunesse, s’attacha à Yoshida Soukétomo, avec lequel il
apprit la sculpture et devint un maître. Estimant que sur les figurines de Nara la couleur était
trop épaisse et cachait le travail de la sculpture, il parvint à mettre à profit les taches
Histoire de l’Art du Japon .
PI. LXIII.
1
PORTE YOMÉIMON DE NIKKWAU
INTÉRIEUR DE LA PAGODE DE DAIYUIN
(XVIIe siècle).
I
naturelles des fameux arbres de llida, le pin d’eau, sans ajouter de couleur. Il fit des grues, des
pigeons, des tortues et des grenouilles. C’est ce qu’on appelle la sculpture de llida.
Matsoiimoto kiçabourau, maître statuaire de figurines, de kournamoto, en Higo, vint à
hdo au commencement de Auni (iHoj), ou peu après. En passant par Nara, il vit les deux
Malmrad ja lis du I o-dai-ji cl, fui si «‘merveille de leur beauté qu’il ne put s’en éloigner, dit-on,
de Irois jours entiers. Arrive a Edo, il se mit à faire des figurines animées. Plein d’idées
neuv«‘s, d s attacha surtout a la structure du corps humain. Ses figurines semblaient vivantes.
Ce sont des œuvres d’un grand talent.
CHAPITRE V
Architecture.
L architecture «l«‘ cette époque, prenant le style de la période précédente, y ajoute un
caractère délicat et recherché. On néglige plutôt Pharmonie des proportions pour soigner partout
les details. La sculpture va perdant son caractère architectural, la peinture perd le sens décoratif.
L«*s combes, pour la plupart, ont abdiqué leur caractère ferme, qui allait jusqu’au sublime. C’est, on
p«*ul l«‘ «lire, le « rococo » d«» notre pavs.
Architecture bouddhique. Tokougawa Yei Mitsou et kei-shvau-in Kounifou-
ashimau), lils adoptif de Oghi-matehi I", tirent beaucoup de reconstructions. Les grandes œuvres
nouvelles, de celles «pii peuvent r<*vélor l ame <1«‘ ce temps, sont relativement peu nombreuses. Les
tentatives n'ont pas eh- couronnées «le succès. On a élevé un assez grand nombre de temples Shinto.
Leur forme est, pour la plupart, ce «pi on appelle Gonghen-dzoukouri. Ils sont décorés partout de
peintures et «b* sculptures compliquées. Les silhouettes d«‘ l’architecture, ainsi que les détails, abusent
partout des courbes jusqu’à produire la fatigue. Il existe, à part, une architecture de temples
funéraires. Leur plan «l’ensemble est celui «les temples bouddhiques. Si l'on examine les constructions
mm a une, comme pour les .linjva, c«* sont <h‘s mélanges «le Bouddhisme et de Shintoïsme. Cette
architecture use à profusion «h* la décoration et abuse des courbes.
L’architecture palatiale, comme nous l’avons annoncé plus haut, a subi I influence des
tendances à la mode. En irénéral, elle est ornementale. Tous les daïmyaus, au-dessous du château
«I Edo, arrangent à Eenvi leurs vashikis. Ils garnissent l’extérieur d’immenses portails. Au dedans,
ils rivalisent de luxe et «le beauté. Parfois, ils dépassent leurs droits. Aussi a-t-on établi des
lois somptuaires pour prohiber ces modes exagérées. Mais leur force n’a pas toujours été
effective.
L’architecture «le château fut aussi très florissante. Cet art devient de plus en plus habile.
L’architecture de pavillon se développa peu à peu, et chaque style produisit des types particuliers.
Les maisons ordinaires, d’autre part, firent des progrès énormes et leur construction devint enfin à
ce qu’elle est aujourd’hui. En résumé, l’architecture profane, pendant les trois siècles de paix de la
période des Tokougawa, fit des progrès sans précédent. Ses compositions, son exécution sont vraiment
à leur apogée. Cependant, elle se jette dans la préciosité, fille perd la grandeur de l’aspect. C’est là
un fait déplorable. Ainsi, dans la charpente, les architectes suivent obstinément des règles mortes.
Enfin, se liant eux-memes les mains, ils en arrivent à apprendre des stupidités qu’ils ne comprennent
pas. C’est là une triste constatation.
23o
MONUMENTS
Temple funéraire de Tai-tokou-in llidi-taila II). — l"kvau. SIuIm : Zojxaiiji
C’est un excellent type du genre. La disposition générale du bâtiment ressembla à celle d'un
Garan. II y a une première porte extérieure, une porte dédiée à l'empereur, un édicule lustral, un
beffroi. De la galerie de la porte intérieure on va au Haïden, au passage dallé, au Ibmdèu. Le
blond en, à double toit, a tout à fait le caractère d'un temple bouddlinpie lUmtsou-den. L intérieur
et l’extérieur sont d’une richesse et d’une magnificence indescriptibles. Près de ce temple funéraire
sont ceux du et du 8° Shyaugoun. Leur style ne diffère pas sensiblement «le celui du •>'
A Tôkyau, dans le parc d’Ouéno, il y a encore un temple des Tokougawa. Son an liiteel u r-
est aussi tout à fait semblable à celle des temples de Shiba.
PI. I.XIII [i, •>. . — Yau-mei-mon. — Sliiiiiolsoukp. — Nikkw.m.
Intérieur du temple funéraire de Tai-you-in I\ ùinitsou 111 .
Tosliyaiiffon .
Mtllir
liM'dllh
1 1 1 ■ Il l •< 1 1 1 1
La porte est à trois travées. La couverture de l’étage supérieur a un auvent chinois sur b-"
quatre faces. Quant aux détails, partout ce sont des sculptures tines, des peintures éclatant* •** U*-
batiment, vraiment surchargé de peintures et de sculptures, doit être regardé* comme un Ivpe d • •
l’école rococo. D’un autre côté, on y peut voir partout une construction d un sentimeul factice .uim
qu’une décoration artificielle.
Ce monument est bâti absolument par les mêmes procédés que le T<»sh\ augou d*-
Nikkwau-zan, tombeau du premier Tokougawa, lyéyacou. Si on compare ce monument, aillai qm
le précédent, aux monuments de Shiba et do Ouéno, à Tôkyau, à part l'échelle qui est plus grande,
on ne constate pas de différence sensible.
Nid.iyau-.iyau. — kvauto. — Palais détaché du Nidjvan.
La partie la plus importante de la construction de ce monument date de kwanvéi itla j
L’échelle est d’une dimension telle qu’on ne peut rien lui comparer. L'est, au .lapon, le ehef-d ..livre
du style de bibliothèque. Le plan n’a pas de caractéristique frappante, mais la pompe de la
décoration intérieure est pour étonner. Les colonnes de la bibliothèque sont d'un équarrissage
de o ,24 a o ,00 el davantage. Le plafond a y mètres de hauteur, et la hauteur du toit mesure
plus de 20 mètres. Le plafond est à compartiments: les croisillons sont laqués en noir, les
compartiments sont peints de décorations en couleurs d’une richesse inimaginable. Les murs sont
en général dorés et peints luxueusement. Il y a un étage supérieur peint d'une vaste fresque. Il \
a une bibliothèque, des armoires, un dais, décorés de brillantes garnitures métalliques. L’est le
grand œuvre de l’architecture palatiale de ce temps.
Mampoukouji. — Yamashiro.
La secte de Waubakou, fondée dans la première partie de cette époque, lit construire ce
temple dont le style, procédant du style des Ming de Chine, a fait école.
Parmi les monuments bouddhistes reconstruits à cette époque, et dont l’architecture est la
plus remarquable, il faut citer, à Kvauto, le Garan du Myaushin-ji, le llondau de Kiyomidzou, le
grand portail de Icbi-on-in et son llondau, le grand portail du Nan-zèn-ji. Le Tcbyoudau H le
Taikau-dau du Euryakouji à Hiyei-zan sont aussi remarquables. En résumé, à cette époque, les
changements de l’art architectural sont les suivants :
n
I un neural ion de l'architecture des temples funéraires;
‘î° Développement des yasliikis;
>" f inesse des procédés <1 équarrissage;
1" Alui.s îles lignes courbes, <lo la sculpture et de la peinture décoratives:
>n Decouverte de la construction menteuse.
CHAPITRE VI
Arts industriels,
METAL
V1' " Dliènwn cl lu pacifient ion, Ions les artisans eu métal formèrent des clientèles dont les
patron^ lurent l» s Donslii qui leur donnaient do gros appointements leur permettant de se livrer
tranquillement a leur art. Ils purent alors joindre à I habileté* professionnelle une pratique mûrement
'*! udiee. Ionie lu société étant plongée dans la paix, on se préoccupa beaucoup plus de Fornemen-
lahon des sabres que de leur trempe. La décoration sculptée des armes acquit une beauté sans
pareille dans les époques antérieures.
\ I époque llorissunte qui va de kwauhoun à Glièn-rokou (1661-170.4), Yokoya Sû-min, etc.,
échappant au style de I rcole, adoptent un style pittoresque. C’est alors qu’apparut, répondant au
ffn,,l (^‘s bourgeois, ce qu on appelle matt hi-bori (ciselure de ville . On voit apparaître aussi le
\nraloii-hori ciselure de \ara>, qui cisîde, d un ciseau épais, des motifs d’un genre particulier. Les
spécialité* si* inult ipl i«*nt ; les artisans se comptent par milliers. A Edo, on compte plus de trente
familles connues. \ l\ vaille, Ohsaka, en Aumi, on ne les compte plus. Dans la lignée des Goto
"mme, pisqu au i)' du nom, l’eijyau, bien que h* talent soit toujours remarquable et qu à première
yue on puisse distinguer le style <le la famille, à partir du 10'’, llenjvau, vers Ghèn-rokou 1681-1704}
d y a mélangé de ce six h* avec le style pittoresque innové par l’école de Yokoya. Arrivée à Goto
llchijvati, la lamille iinil par adopter entièrement ce style pittoresque et fonder une école particulière,
lundis quoi! tombe dans ce style pittoresque et naturaliste, il nv a, pour conserver le style, de
Iwvampo jusqu à lloréki 17101761, que Tsouno-jimpo. Jusque-là, la ciselure des Goto avait eu
horreur de tomber dans la mièvrerie et la préciosité. Pour les sabres ordinaires, 011 craignait que
I ornementation 11e disparût par le frottement des mains et des vêtements. Aussi la faisait-on preste,
avec peu d outils; le plus souvent on se bornait à trois outils : le tsoukouri, le tagané, le namékouri.
Le coup de ciseau avait alors une originalité qui finit par disparaître quand devint prédominant le goût
naturaliste.
L art des armures va déclinant depuis Tovotomi llidévoslii; la paix générale le rend
s 1 1 péril u . Les lignées des Mvau-tchinn et des Saotomé continuent leurs traditions, mais on leur
demande d employer leur talent à marteler le fer ou le bronze dans des ustensiles d’usage courant
plutôt que dans des armures. L’art des gardes est très florissant comme l’art de la ciselure. Oumetada
Shighé-yoshi se montre à partir de Keitchyau (1096); les Shvaugouns et d’autres l’emploient souvent.
L’école des llaghi de Nacrato est très brillante. Les Nakai, Kaneko, Okamoto, Okada, Nakawara,
Inouyé et d’autres familles sont également très prospères. L’art des Tsouba en reperçage fin est
continué par les descendants de Odawara Maça-tsougou. On voit aussi apparaître beaucoup
<1 artisans célèbres.
232
FONTE
En même temps que le Tchyadau est à la mode, l’art des fondeurs de bouilloires est en
floraison. Nagoshi Ihémaça et Ohonislii-jyau-rinn, célèbres depuis l’époque précédente, vers Kwan-
yei (1624-1 644), quittent tous deux Kyauto pour Edo et sont employés par le Bakoufou. Os
deux lignées de Nagoshi et Ohonishi se partagent en lignes de l Est et lignes de I Ouest, et
produisent un nouveau style.
En Kwan-yei (1624-1 644b Kanaya Gorau Sabourau fait toutes sortes <1 ustensile" en brou/.»-
et obtient des colorations de métal dont il transmet le secret a ses descendants.
Vers Bounkwa Bounsei (i8o4-i83o) paraît Mourata Sei-minn qui est regard/- comme l'mm-irr
le plus remarquable des temps modernes pour la fonte à cire perdue.
A la même époque, à Kyauto, se montre Ryou-mon-dau, qui fait de belles clm^o
En Sado, Houmma Takousaï exécute avec talent les ustensiles de bibliothèque de Tclia-no-\< m
ŒUVRES ET MAITRES EN GENRES DIVERS
Ciselure : Les Goto et leurs élèves.
Goto Ghèn-jyau (VIIe), frère cadet de Eijyau, recevait, en Iwvanéi 1621 , une pension du
Daïmyau de Kaga. Son genre, très vivant, excelle dans les guerriers. Il est considéré comme
Eancêtre de la Renaissance des Goto. Il mourut la 3e année kwan-boun i663i, entre soixante-
dix-sept et soixante-dix-huit ans.
PI. LXIV [1]. — Manche de couteau. — Marquis Tnshitsougou Mavûda.
Les deux guerriers Koumagayé et Atsoumori. Bien <|u’un peu usé, on voit le talent
caractéristique de Kénjô.
Goto Sokoujyau N IIIe), fils de Eijyau \ I, montre un ciseau ferme, dans le style de
Ghènjyau. Malheureusement il mourut à trente-deux ans, la 8° année Kwanboun 1668 Yoiijvau,
Kwaujyau et lui passent pour les trois maîtres. D’autres désignent comme les trois maîtres:
Kwaujyau, Tsoujyau et lui. Si de toute façon Sokoujyau compte ainsi, c’est que son art s’impose.
PL LXIV -[a]. — Appliques de sabre. — Vicomte Xagayoshi Inada.
Yorimasa tuant l’animal fantastique Noui.
Goto T eijyau LV), fils de Ghèn-jyau (VII), possède un style ressemblant à celui de Kwaujyau.
Son coup de ciseau, profond et vigoureux, a produit des œuvres de premier ordre. 11 mourut la
ire année Empau (1673), vers soixante-dix ans.
1 1. LXIV [3]. Appliques de sabre. — Marquis Toshitsougou Mavéda.
Ciselure en or représentant les lions jouant. Il y a également l’épingle et le manche
de couteau du même sujet, complétant la garniture.
Histoire de l’Art du Japon.
PI. LXIV
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ORNEMENTS DE SABRE
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IM. I,X1\ [',]• — Manche I)K COUTEAU. - Marquis Toshitsougou Mayéda.
^ osliilsounc offrant son arc au genie de l’océan. La dimension de ce manche dépasse
un peu la grandeur moyenne cl l’exécution est d’une finesse extrême.
I I. LXI\ » • M axt.hr de r.on'KA i . — Marquis Toshilsougou Mayéda.
Faucons.
loin llenjyau X* i , lils de Sokoujyau (VIIIe*), a un style élégant, mais plus rude que celui de
Ieijyau. Il mourut In >'* année llo-ei 1708), à quatre-vingt-deux ans. Sa longévité lui
p' *1*111 i I de produire beaucoup et de former beaucoup d’élèves. A partir de lui, les Goto s’installent
a I do et leur style commence a s imprégner plus ou moins du style pittoresque des Yokoya.
Goto I soujyau XL, petit-fils de Ghèn-jyau (\ll°), possède un art magnifique et plus fini
encore que celui de lîenjyau. Il compte parmi les trois maîtres. À cette époque travaillait Yokoya
Somma, et le style de la latmlle des Goto allait déjà vers la décadence. Il modifia alors entiè¬
rement le style de ses ancêtres et arriva même à acquérir le stvle pittoresque. Il mourut la
(>'* année kyauhau ( 1 7 •>. 1 ) , à cinquante-huit ans.
IM. I A I \ [f» . Manciii di coi ri vi . — Marquis Toshitsougou Mayéda.
( ,erl et érable en fine ciselure coloriée.
Goto Jvoujvau Xll'l, lils de Tsoujyau, ne fit que conserver obstinément le style familial.
Il mourut la 9/ année Iwvampo (i8ja), vers cinquante-cinq ans.
Goto l.njvau Xlll'M, lils du précédent, dont le ciseau est lourd et rude, a fait parfois
des u*uvres de premier ordre. Il faut en attribuer le mérite à son maître, Tobari Tomi 1 1 ica,
artisan de grand talent. Il est mort la jp année Temméi (17841, vers soixante-quatre ans.
Goto keijvau \ I V' , dont le style est encore inférieur à celui de Mitsou taka, est mort la
>' année kvowa 1180 b, vers soixante-cinq ans.
Goto Shinjvau (W' est encore inférieur à keijvau. Les Goto sont alors en complète décadence.
Nornoura Maça toki, élî've des Goto, surnommé Sotokou, mort en la 7e année Empau (1679).
Le <renre de celle lignée consiste, comme celui de l’école d’Awa, à obtenir une couleur de métal
o o
éclatante et magnifique.
Nornoura Maça-nori, surnommé Itokou, mort la 5e année Hau-ei 1708) est un ciseleur de
grand talent, et d'un ciseau extrêmement vigoureux.
Nornoura Maça-tchika, surnommé Youki, se servit d’une couleur de métal très brillante,
et acquit une grande renommée d’habileté. Il mourut la 71' année Kyauhô (1722). La famille
Nornoura fut continuée après lui par Maça-yoshi, Maça-mitchi, Maça-tada, Maça-tsougou, Maça-mitsou.
Tsouno-jimpo étudia la ciselure avec Nornoura Maça-mitchi et acquit le style pur de la lignée.
A cette époque où la lignée directe des Goto elle-même sacrifiait au style pittoresque, lui seul
conserva le stvle de la lignée. Aussi, même quand sa ciselure prit les traits généraux du style
Awabori, il montra toujours des tendances extrêmement élevées. 11 eut un grand succès et mourut
la 12° année llauréki (1762), vers quarante-deux ans.
IM. LXIV [7]. _ Appliques de sabre. — Xagayoslii Iinamoura de Tokio.
Appliques de la poignée du sabre, dites Ménouki, représentant les pousses de bambou
Écoles de Nara et leurs disciples.
Nara Toshi-térou, ancêtre de la lignée principale de l’école de Nara, surnomme Souwaii, lut
employé par le Shyaugoun en Kwau-ei (i 1)2 \ .
Nara Toshi-harou, fils de Toshi-mouné, surnommé Sô-you, maître de I oshi-luca, a lait
beaucoup de paysages, de fleurs et d oiseaux, peu de personnages. Son ail est silm »t bine
Nara Toshinaga, fils de Tosbi-harou, surnommé Tchikan, maître de l’atsou-niaça, iorina
Tsoutchi-ya Yaçou-tchika et Toshinaga.
Nara Mouné-toshi, fils de Toshi-naga, surnommé Koça-émon, a lait beaucoup de choses d un
mou vem e nt intéressant.
Nara Toshi-mitsou, fils de Mouné-toshi, surnommé Sô-kan, a lait beaucoup de morceaux
appréciés, d’un ciseau solide et d une composition animée. 11 mourut a soixante-douze ans.
Nara Maça-naga, élève de Toshi-naga, signait Maça-harou. Son style es! vigoureux et beau.
Il a laissé des œuvres de premier ordre. Sa ciselure est a la lois large et soignée dans h* detail.
Nara Maça-nobou, élève de Maça-naga, quitta Edo pour s établir a ttsaka, et, a\anl
atteint une virtuosité dans la ciselure des dragons, forma une école à part.
Tous ces artistes forment l’école du vieux Nara. Leur ciseau est gras et leur composition
de sentiment antique.
PI. LXV [ij. — Garde de sabre. — Téijun Mayeda de Tokio.
Garde représentant une chaumière. Elle est d’un stvle ancien d un vieux ciseleur de I école
Nara.
PI. LXIV [8]. — Manche de cûcteav
Xagayoshi énamoura de Tokio.
Manche de petit couteau en fer ciselé représentant une chaumière.
Nara Toshi-hiça (Tahié) demeurait à Ilonjyo, à Edo. Elève de Nara Toshi-harou, il étudia
aussi avec loshi-naga. Entre les deux écoles, nouveau Nara et ancien Nara, il produisit un st \ le
en dehors de celui de sa famille et du style pittoresque. C’est le premier des trois maîtres de la
lignée de Nara. On le donne d’ordinaire pour le protagoniste de toute l’école. Ses personnages,
fleurs et oiseaux, sont très beaux. Son ciseau est vigoureux, mouvementé, plein de hardiesse et
pourtant ordonné. (Lest, en vérité, un merveilleux ouvrier. Il mourut le i j0 jour du i mois de la
ir(‘ année Ghémboun (i4 janvier 17371, vers soixante-dix ans.
PI. LXV [2]. — Garde de sabre. — Xaoshi kiyoda de Tokio.
Elle est de la ciselure en haut relief de Nara Toshinaga. On voit la force dans le coup
de ciseau et le bon goût sobre. Le sujet représente un épisode de Aumori llikoshiti, vassal
d’Ashikaga. Le guerrier, devant le passage d’une rivière, rencontre une jeune fille qui lui
demanda de la passer. Il la porta sur son dos. Arrivés au milieu de l’eau, la beauté se transforma
en diablesse et voulut le voler. Llikoshiti alors tira son sabre et la tua.
PL LXV [3]. — Garde de sabre. — .Musée impérial.
Garde en cuivre jaune représentant un paysan. Elle est d’une ciselure d’un relief délicat et
percée en partie.
235
i\ara I oshi-hiça (II) ressembla, par certains côtés, au premier Toshi-hiça. Le soin sans
drlaillanco de son travail est sans équivalent et son métier est même plus aimable que celui du
premier. Il mourut la 8P année Meivva ( 1 yy 1).
Souglii-oura .lyau-î, élève de Nara roshinngn, surnommé Issandau Nagabarou, habitait Edo.
Il doit elre le crealeur du Sliishi-ai-bori . Lest le second des trois grands maîtres de 1 école de
Nara. Les sujets de sa composition sont empruntés à la peinture des T’ang. Il cherche le caractère
naturel jusque dans le detail. Il mourut le 2/['“ jour du 9e mois de la iip année llauréki
2 5 octobre1 1 y b 1 ) .
l't. E.W *|. ( iAhih DK s ah 11 k. \ icnrute Milsouakiia Tanaka.
Harde en cuivre ciselé on bas-relief représente Shôki, dit chasseur des diables.
Isouchi-va açou-tchika, élève de Nara-toshi-maça, de Tatsou-naga, de Shyau-nai et
surnommé I 0-011, montre un travail <|iii ressemble à Toshi-hiça, mais par certains points il ajoute au
style de I ; 1 laimlle de nouvelles idées et une nouvelle facture, el il lit école. Il compte pour un des
maîtres de l’école de Nara. Sa ciselure, d'un grand caractère, vise à l’élégance. On pourrait le
comparer à Iwvaurinn, car il a, comme celui-ci, une grande finesse jointe à une franche saveur.
Il mourut à soixante-quinze ans, le uyp jour du (/mois de l’année Enkyau i4 octobre 1 y/j jj.
rsoutehi-va açou-b liika II), lils du premier, présente un style très difficile à distinguer de
celui de son père. Il n \ a de différence qu’à la signature qui est plus grande, et dans laquelle le
caractère ■< Yaçou » est plus long.
l’I l,\\ V. — ( i a 11 11 1 s \ mu. — Musée impérial.
Ihivsage d un pâturage en relief, avec le nuage percé. La garde est en alliage noir appelé
Shakoudô.
Xagayoshi Imamoura do Tokio.
|*|. I.MV If. — Tl lh II ANN KAC 1)1 l'OIC.N K K UK SABRK.
feuilles de bambou couvertes de neige.
Hamano Shodzoui, disciple de Nara Toshi-hiça, manie le ciseau avec autant de vigueur que
d’éclat Après avoir appris le style de son maître, il inaugura un genre de ciselure qui détermina
(les Variétés nouvelles. Il n’est inférieur aux trois maîtres de Nara que de peu. Il mourut le 26e jour
du icV mois de la be année Meiwa (a3 novembre iybq)-
1*1. LXIV 10 . A imm.ioi k s dk sabrk. Kaménosouké llirase d Osaka.
Ciselure en 1er représentant une tète du saumon seche.
1*1. I.XIV [ri Maxchk dk coitkau. — Kaménosouké Hirasé d Osaka.
La lune avec le flot , exécuté en gros coups de ciseau appelé Katakin.
Hamano Koudzoui, élève de Shodzoui, qu’il surpassa en délicatesse. Sa facture ressemble
à celle de Jyau-i. Il faut regarder comme le chef-d’œuvre de Koudzoui les iG Rakan sculptés en
Temméi (1 y8i) devant le temple funéraire du Daïmyau de Idzoumo sur les vantaux en pierre bleue de
la porte centrale de la balustrade en pierre. Le dessin en a été composé par le ÏIôshi Eisen. 11
a formé beaucoup d’élèves.
— 236
PI. LXY [6]. — Garde de sabre. — Vicomte Mitsouaki Tanaka.
Attaque nocturne des frères de Soga.
Iwama Seiro commença par être élève de Toyatna I chyokoudzoui, puis siii\it I l.un.mo » i
shinn. D autre part, il calqua des moulages de Nara 1 oshi-liiça et de I lama-no Sliozoui. Ans. i on lui
a donné le surnom de Shodzouibau. D’autre part, très lié avec Matchi-da Mori-sliiglie, cisrb iir d.*
l’école-mère, il put étudier ses procédés. Après de longues années d un travail acharna, d p;u \mt ;>
introduire dans les personnages, les masques de Nô, les animaux, un sentiment qu<* l< -
anciens ne connaissaient pas. Il mourut à soixante-quatorze ans, le i i' jour du S' mois d«* la
8e année Tempau (i3 septembre 1887 .
École Yokoya et Écoles dérivées.
Yokoya Sôyo vint à Edo, en Shyau-an (entre 1 64 1 et 1648), reçut une pension du Shyaiigounal ,
et devint Ohori-mono-shi (ciseleur ordinaire . Il est Y ancêtre du Yokoya bori, vulgairement appelé
Odji Sô-yo père Sôyo . Il étudia la ciselure des Goto et surtout pénétra le genre de àoujyau. Son
ciseau est ingénieux et très énergique. Il mourut le 17° jour du 1 a*’ mois de la I' année Ghènrokou
( 1 5 janvier 1690).
Yokoya Sotchi succéda à son père Sôyo dans le service du Shvaugounat et mourut l;i
4e année Djokyô 1687).
Yokoya Sômin, de son nom You-jyau, et surnommé Ton-an, vint à Edo pendant les années
Djy°-k.y° (entre 1 684 et 1688) et fut adopté par Sô-tchi. Il servait les Slivaugouns, mais en
Ghèn-rokou (1688-1704), malade, il résigna ses fonctions. Il inaugura, en dehors de l'école
Goto, le Matchi-bori. Ce genre de sculpture, répondant au goût des bourgeois, a été nomme
ainsi par opposition au Kébori des Goto. Il chercha des sujets d après le grand maître-peintre
Kano Tan-you ou d’après Hanabouça Itchô, avec lequel il était lié, et il introduisit un st\le
pictural dans la ciselure. Cette innovation lit école. L’originalité de sa composition et la perfection
de son exécution font de lui un maître unique depuis Youjyau. D’autre part, bien que le Katakiri-bori
existât déjà, il n’a commencé à être intéressant qu’à partir de Sô-minn. Il mourut h* (i'' jour du
8e mois de la 18e année Kyauho, vers soixante-quatre ans.
PI. LX1V [12]. — Appliques de sabre. — Naoshi Kiyoda (le Tokio.
La paire de Ménouki représentant les Niwô dits gardiens de temple. L’une des deux pièces
est signée par Kikouoka Mitsouyuki, qui a dû compléter la première pièce perdue.
PI. LXIV [ 1 3] . — Manche de couteau. — Nagayoshi Imarnoura de Tokio.
Poète chinois So Tôba.
PI. LX\ [7]. — Gabde de sabre. — Kaménosouké Hirasé d’Osaka.
Corbeau dans les flots.
Yokoya Sôyo, second fds de Yokoya Sô-jyou, eleve de Sô-min et son fils adoptif, a bien
TL* ’ AK * *. > • liVIiW 1 *•
GARNITURES DE SABRE
penetie So-in in et ne lui est, |>as inferieur. Il a laissé des œuvres de deux sortes : les unes
I m * 1 1 \ * “ 1 1 1 die < onlondues avec celles de So-min, I < »s autres sont bien du pur Sô-yo. Il mourut le
a8(’ jour du mois de la 8'1 année An-yei (10 août 1779).
Vana^'awii Maça-tsougou, ancêtre de l’école Yana-gawa, élève de Yokoya Odji Sôyo,
mourut le i5e jour du y.*' mois de la 6e année Kyau-hô (i3 mars 1721).
Yanagawa Nawomaça, lils de Maça-tsougou, demeurait «à Kanda, à Edo. Il prit d’abord
pour mailre ’ï oshi-oka, puis étudia sous Sô-min. Extrêmement habile, il a laissé des œuvres
«pi on prendrait pour des So-min. Il réussit surtout dans les chevaux sauvages et les lions. Les
lions de 'lanagawa sont fameux. Il faisait aussi très bien les pointillés. Il mourut le 11e jour du
i"1 mois de la 7' année llauréki (20 novembre 1757), vers soixante-six ans.
PI. L\\ H . — (iardi: m. sa 11 10-:. — Vicomte Mitsouakira Tanaka.
Ligognes dans les roseaux, ciselées d’après une composition de Yokoya Sômin.
Yanagawa Nawo-mitsou, élève de Nawo-maça, avait une main digne de continuer son
maître et de travailler aussi dans le style de Yokoya. Son coup de ciseau est plein de vie et
de franchise. Il mourut le 1Y jour du I2‘‘ mois de la Y année Bounkwa (3o janvier 1809),
vers soixanl e-serze ans.
Yanagawa Nawo-harou étudia Sô-min et lui ressembla plus qu’à son aïeul Nawo-maça,
< ju'il surpassa. Il a eu beaucoup d’élèves, dont le plus célèbre est Kauno-harou Akira.
Tanabé Ihin-séi, élève de Yanagawa Nawo-harou, travailla dans le stvle Yokoya. Sa
sculpture (>sl plus sereine et plus soignée que le style Yanagawa. Il mourut jeune; aussi ses
œuvres sont-elles rares. Cependant, quelques-unes sont des chefs-d’œuvre.
Kauno-harou Akira, le meilleur élève de Yanagawa Nawoharou, fut Hôguén. Il a commencé
par le st\l<* de l'école Yanagawa, puis a emprunté au vieux style de Goto et enfin a créé un
>1 \ le personnel tenant le milieu entre le style pittoresque et celui de la lignée directe des Goto.
A cette
époque de
Temméi
souvent
banale, ses
œuvres
P
1. 1 AIN . i .
A N N 1 \ 1
Axm m n 11. » r dk poignée dk SABRE. — Nagayoshi Imamoura de Tokio.
F
Incrustation de divers métaux de couleur représentant Jurô, personnification de l’Etoile du
Nord, symbole de longévité.
Yanagawa Nawo-tchika, discijde de àanagawa Nawo-maça. 11 allie au st^le de celui-ci un
peu de celui de Yokoya. Il mourut la 1" année llauréki ( 1 7 f 7 1 G vers quarante-deux ans.
* «
Kikoutchi Tsouné-tchika, élève de Yanagawa Nawo-tchika, a beaucoup de talent dans la
sculpture en bas-relief « * I la ciselure proprement dite. Son ciseau libre a heureusement haimonist
les règles de Katakiri et du Kébori.
O
PI. PXIV i5 _ Anneau et tête de poignée dk sabre. — Nagayoshi Imamoura de Tokio.
Coq et poule.
Sano Nawo-yoshi prit pour maître Ko Naka-moura Nawo-yoshi, éle\e de \anagawa Nawo-
maça. Il habitait Edo et fut protégé par le Daïmyau de Akimoto. Son art est de tendance élevée
et n'est pas différent du style des Yanagawa. Ses descendants et ses nombreux élèves ont continué
son métier.
Ishikouro Maça-tsouné, arrière-disciple do Yanagawa Xawo-mava, puisa dans les esquissas
des peintres des idées qu’il adapta aux modes du temps. Sa sculpture est consciencieuse, son
ciseau délicat, son poli magnifique. C'est un artisan très habile, dont les descendants conti¬
nuèrent le métier. II est mort le 70 mois de la IIe année llounsei (août ou septembre
p] LX1V [16]. — Anneau et tète de poignée de sabre. \ icnmlo Milsouakira lanaka.
Paon avec incrustations de métaux variés.
pi. LX1V [ 1 j . — Anneau et tète de manche de sabre. — Ki-iti Oim no d Osaka.
Cailles finement ciselées avec incrustations de métaux divers faisant lu coloris.
f
Kikou Oka Mitsou-vouki se rasa la tête et prit le nom de Tohinn-rvau. Elève du Y'auagawa
Nawo-mitsou, il montre un style serein dans ses œuvres qui sont d’une haute qualité. Il mourut
la 12e année Kwanséi (1800 , vers cinquante et un ans.
PI. LXIY [i8j. — Appliques de sabre. — Xaoshi Kivota de Tokio.
Niwô, gardiens de temple ciselés en métaux de couleurs, d après les originaux d» Smniii.
Olmiori Eishyau, cousin de Ohmori Shighé-mitsou, reconnut pour maître Y okm a Sn-min.
Il a fait des choses qui peuvent supporter la comparaison avec lus œuvres de So-inin, tandis mu¬
sa sculpture en relief peut être mise en regard avec celle de So-yo. Il eut «lu nombreux él.-vus
et mourut la 9e année Mehva (1772), vers soixante-sept ans.
Ohmori Eishyou, neveu de Eishyau et son fils adoptif, ayant étudié lus pivoines épanouies
de Sô-min, y a ajouté quelque chose de nouveau. 11 est l’inventeur de la sculpture un relief <h-s
vagues, appelée Ohmori Nami. Il excelle aussi dans les guerriers. Il mourut la io' année Kwan¬
séi (1808).
PI. LXIY [19]. — Appliques de sabre. — Nagayoshi Imamoura de Tokio.
Kintoki jouant avec un ours.
PI. L\l\ [20J. I E l'E ET ANNEAU DE POIGNEE 1)E SABRE. — Xagitvoslli Imamoura tlt‘ Tokio.
Ee guemei 1 chohi, cisele a\ec force, ce qui rend parlaitement son caraeture d é-nergiu au sujet.
Tchidzouka Hiça-nori, officier du clan du Daïgakou-no-kami, élève de Ohmori Eishyau,
fit de la ciselure sa distraction. C’est un amateur d’un talent secondaire.
PI. LXIY [ai j. — Anneau et tète de poignée de sabre. — Kainénosouké Hirasé d’Osaka.
Grenades en or et argent incrustés.
Katsoura Eijyou, de Kouroumé, en Tchikougo, venu à Edo à l’école de Yokoya Ko-eisei,
devint le praticien de Yokoya Sô-yo. Il conserva bien le style de son maître dans les chevaux et
les lions. Certaines de ses œuvres sont belles. L’ouvrage le plus délicat qui soit resté de lui, ce
sont les gardes d un grand et d’un petit sabre, qu’il exécuta pour le Daïmyau de Satsouma, et
sur lesquelles sont sculptées en relief des chevaux en foule. Elles lui furent payées, dit-on,
100 rvau d’or.
t )
Iwamoto konkwan, dont les ancêtres parurent à l’école de Sô-min, a fait de beaux ouvrages.
II est mort la première année Kyauwa (1801), à cinquante-huit ans.
,>l- ,'XIN lav' A ppi.ioc es DI. sabre i* ki’h ks entant m s serpents. - Kameiiosouké Hirasé d'Osaka.
kikougava Moune-yoshi lui renomme comme kikoubori Tchyaubéé, et son genre est appelé
Tehyniibéé-kikou. Il vivait en lîounséi et Tempau (entre 1818 et i8|/j).
OllNEMKNTS DK S AD DES
Les Oumétada.
Oumelada Shyoujyou demeurait à Youshina, à Kilo. Il a créé un procédé nouveau de
sculpture*. Il plaquait sur le métal une épaisse conclu* d’or et lui donnait une patine d’aspect
antique. Scs menoiikis sont en repousse (I une excellente matière. Cette école compte, avant lui,
Maya I sou go 11 : après lui, Taï-tei, Shyou-mon, Shvou-ren, Jhvou-hau, Tin-sliin, Mei-jyou, Fai-an,
ken-ji, Sliyoïi-jyou, kyou-tcliin, tous ayant le même style. Les ménoukis, dragons d’or ou de
bronze de celle maison, ressemblent aux dragons de Minobori; les yeux sont petits et les écailles
très délicates.
1 lu met ada Sliv 011 jvoii esl mort vers la Y' année llanréki ( 1 7 ~> 5 ) , à soixante-quinze ans.
Écoles de Kyauto.
Coin | Sou j v au descendanl (i‘‘ génération) de Goto Kwaujvau, montre de l’originalité dans un
genre de sculpture pittoresque. Scs œuvres sont belles et ressemblent à celles de Tsou-jyau. 11 mourut
le 1 , ,* jour du «y mois .le la S- année Kvauhô 8 octobre ija'i't. Itcbi-no-miya Nagatsouné, d’Etchizèn,
venu a l\\a u t o . élève de Yaçou-i, travailla aussi avec Eourou-kawa Zèn-tchyau, étudia les œuvres
anciennes. Il avait travaillé la peinture, et, lorsqu'il se mit à la sculpture, il exécuta d’après nature
des pousse* de bambou, des colimaçons, des grenouilles, qui eurent un vif succès, puis des dragons,
des lions, des personnages, etc., qui sont d’une inspiration charmante et d’une grande franchise
d exécution, \vniil été employé par l'empereur Ko-kakou à faire la garniture métallique d’un écran,
il reçut en récompense la fonction de |)aï-djvau d'Ktchizèn. Dès lors, il signa Itchi-no-miya Etcbizèn
Daï-jvau Minamoto-no Nagatsouné.
|>| | \ | \ A\.m \i 11 ri 11 m 1*0 ic. ni. 1. de sabhk. — Kamenosoukê Hirasé d’Osaka.
I n des chefs-d'œuvre de Nagatsouné. Exécution fine sans sécheresse.
lin Temméi entre 1781 et 178b), il reçut du roi de Corée la commande d’une lanterne
portative qui devait être ofierte a 1 empereur kien-loung, des Ising. Naga-tsoune demanda une
esquisse à ( )kvo; pour cheminée de la lanterne, il lit un kikou double à jour dont l’exécution fut très
admirée. Les contemporains finirent par le comparer a Ok\o, le placer au 1 oing des maîtres de la
sculpture pittoresque et 1 ég*aler a So-min. Il mourut vers soixante-sept uns, la b année 1 emmei (i/8b).
Ohtsouki Mitsou-oki vint à Edo, en Kyauwa (entre 1801 et 180 j), puis retourna à kyauto : il a
fait des esquisses pleines de talent et a formé beaucoup d élèves.
IM. LX1V [V, . _ Anneau et tète de poignée de sabre. — l akao Ikeda d Osaka.
Crabe et pieuvre d’après nature.
Ikeda Oki-taka étudia sous Ohtsouki Mitsou-oki. Sa sculpture a beaucoup .le souplesse, ,le
mouvement et de goût. Il était aussi très habile à sculpter les armoiries. Le meilleur de ses élèves
est Kanau Natsou-wau, qui a vécu jusqu’en Meidji.
Okamo-to Nawo-shighé, élève de Tetsouya Kouni-harou, est appelé vulgairement l.tsoiiva
Ghem-béé, et surnommé Tetsou Ghèn-dau. Aucun forgeron de 1er ne I a jamais < gab . S. s .. u\i. > sans
rivales sont très estimées. Il était en réalité forgeur de gardes en fer. Mais les ornements de sabres en
or, en bronze, en cuivre, sont très beaux, mais traités, quelle cpi en soit la malièie, < oiiiiue du bu . Il
mourut la 9e année Anyéi (1780).
PI. LXIV [V> . — Bout et anneau de poignée de sabre. — 1 akao Ikeda d 0«Gika.
Gaina Sénnin, ermite au crapaud, incrustation sur fer.
Iloço-no Maça-mori inventa un procédé mélangeant 1 incrustation et la sculpl ur**, vers I « • | »< h j 1 1 . ■
Ghèn-ro kou ( 1 688- 1 70 \ ) .
PI. LXIV 2(i_j. — Manche de couteau. — Xagayoski Iniantoura de Tokio.
Cours de Kamo ciselé avec une grande finesse.
O
N agami-né, dont on ne connaît pas bien la vie, portait le même nom que son porc
ciselure est extrêmement soignée et belle.
Mouméda Matabéé, célèbre par son pointillé, inventeur du procédé dit l)aïm\au \ mako,
demande une grande dextérité.
Sa
qui
Goto Itchi-jyau, de Kyauto, lils de Goto ken-jvau, vivait à Hdo, à la même époque qm* le
XVIe Goto de la lignée directe. Mais le style de cette famille était en décadence. iL bi-jvau tenta <l<
réagir. Il demanda des croquis au peintre Ki-koutchi Vau-saï, et mêlant le style pictural a son ait,
produisit un genre nouveau. 11 mourut le 17e jour du 10° mois de la 9e année Meidji 17 octobre 1S77
PL LXIV [27]. — Manche de couteau. — Naoshi Kiyoda de Tokio.
Fleurs disposées dans un vase.
DECORATION DES SA B H ES
r
Ecoles d’Osaka et du reste du Japon,
Daï-nitcbi Fou-tchô demeurait àOhsaka; il eut une grande réputation, méritée par des auivres
attrayantes.
Mouné-da Nawo-mitchi a fait des personnages en relief accentué, pleins de vigueur, et d’autres
œuvres remarquables.
Soumi-noé Bousèn florissait en Temméi (1781-1789) à Founamatchi, en Osaka. Il est connu
aussi comme peintre. Ses croquis ont une aisance remarquable et son travail est très él errant
O
PL LXI V. — [28]. Manche de couteau. — Kamenosouké Itirasé d’Osaka.
Vendeuse de fagots dite Oharamé ou femme d’Ohara, nom d’un village de Kyauto.
2/, 1
Isomlji Mitsoumaya vint a halo, entra a l’école de ^ okoya Syou, étudia aussi le style Nara et
lil une sculpture jolie à incrustations, dans le style dos Encres de Chine, ainsi que du relief fort et de
la ciselure. En depil d une certaine mollesse, il sort de l’ordinaire. Il mourut le iqr jour du 12e mois
de la •>' année Anyéi (22 janvier i8:jq).
M il sou Aki demeurait en Mino. On ignore son nom de famille. Sa ciselure, à relief accusé,
employait 1 or et l’argent.
1 oslnsshighe a signe du nom de Oorausakou des sculptures faites avec son frère aîné Kouni-
naga, vers kwan-ei 1 62 j- 1 (> j > , Ils ont été les maîtres des nielleurs Yoshi-nori, Yoshi-kouni, Mori-
kata. 4oshi Kouni II, ^ oshi-tsougou, Yoshi-hira.
I ai/an Molo-taka demeurait a Al 1 to , en llidatchi. Il a laissé beaucoup d œuvres dune
heaule Ires appréciée : guerriers célèbres, japonais et chinois, sages et sennins. Il a particulièrement
1 1 1 1 1 1 Imi*r !'■ genre de Nain. Il llorissail vers I emméi (1 "81-1789) et mourut à quatre-vingt-dix ans,
laissant beaucoup d élèves.
'tada-he M i I eh i-naga habitait Mito. Il avait eu pour maître ko-ami, puis Nara Toshi-hiça.
‘*';l s< ‘ 1 ' I p I ure est Ires caractéristique. A Mito, on 1 appelait h* londateur de l’école moderne. Il mourut
h* 1" jour du (>' mois de la >' année Meiwa 1 \ juillet 1768).
Ilaglndaui kalsouhm, artiste df * Mito, étudia la ciselure avec son frère katsouhisa. 11 pénétra
aussi les executions de sa maison et celles de ^ okoya . Il est mort en i88C> a 1 âge quatre-vingt- -trois
ans. lient pour idève (hinno Shomin.
t’t* l a ■ O \ 11 üi m sa 11 it r. Ri-iti Oiivrno d’Ohsaka.
Dr agon ci se le avec le fond perce.
NIELLEURS
Les Mourakami.
Mourakami .lyotchikou habitait Edo en Meiwa 1764-1771). Il était nielleur en étriers et se
montra novateur. On peut citer, comme type de ses ouvrages, des bambous genre Soumi-vé incrustés
en Shibou-itchi ou Shyakoudo, ou bien, comme sculpture en relief accusé, des libellules et des
papillons incrustés en burgau, lnaba-tsouryau a dit, en parlant de Jyotchikou : «. Son travail n’a
pas la moindre gène. Son mouvement des feuilles, dans le style des Tsing, est si parfaitement
naturel, qu’à les regarder on éprouve une sensation de fraîcheur. » Ses fils, Jyosetsou et Jyosoui
sont connus. Ses descendants et ses élèves continuèrent son métier.
IM. liXIY [?.<) . — CrAHDK de sabre. — N’icomte Mitsouakira Taaaka.
Le mont Eouji avec le nuage en line incrustation d’or.
Mourakami Jyo-tchyou, élève et lils adoptif du précédent, a laissé des œuvres qu’il n’est pas
aisé de distinguer de celles de son maître.
31
ARMLRILRS
Miôtchin Mounéakira, élève de Mounésouké, 22e successeur de la maison Miotcliin. Il lit la
ciselure line sur fer forgé, habita Yédo vers les années kioho 1 1 y 1 (i-i ^ 1 ) .
Fig. y/j. Armure ale fer forgé et repoussé, des dragons sur la poitrine rl 1rs bras, rl 1rs liens
aux coudes. Le beau relief est accompagné d'une belle patine. Les mois suivants son I graves sur la
poitrine : « Le 8e mois de la y° année de kioho ( 1722), fait par Miotcliin Mounrakira, a ^ edo.
PI. LXV [ 10]. — G aiî de de SAiiiiE. — Ri-iti Ouvciio il Olisaka.
Feuilles de Ginkgo ciselées et percées en filets lins, dits Itozoukaslii.
Myo-tchinn Yoshi-hiça, appelé lvoça-émon, était, dans 1rs premières anurrs (ihrii-mkoii iRSS-
1 7°4) , protégé par le Daïmyau de Etchizèn ;
armures, il a fait des dragons et des phénix
cl ou son nom
souples, libres
d Ltchizen Myo-tchinn. lui dehors
, et d’une grande délicatesse.
des
Armuhe a écailles avec casque. - Marquis Matsou-dahira Motci Aki.
Dans cet ouvrage d’Etchizèn Myô-tchinn-yoshi-hiça, la cuirasse et les manches sont à écaille
le casque a la orme d une rose trémière, fleur qui sert d'armoiries aux Matsou Da-hira. Sur la visiè
se détaché un dragon. C est une pièce d’une grande solidité et d’une extrême beauté
FED HURES
Nakagawa Sliô-éi, de son nom courant Yoshyourau, d’une famille de fabricants d’armures de
lakata, ainsi nomiiiccs de la localité ou elles se faisaient, Takata, en Etchigo. Pendant les années
I ensliyau (i >7 5- 1 xja), il se transporta à Kyauto et repoussa ou forgea les ustensiles de cuivre ou de
1er dont Sen-ke se servit pour le Tchyadau. De là vint sa célébrité. 11 mourut le a3° jour du
(P mois <le la S*' année Ghèn-x\ a 3\ juillet itiiaj.
(i A U DES
Oumélada Shighé-yoschi WVI reçut un vasliiki el lui nommé II au kvau (entre 1096 et
ibi Y. Il a une composition très consciencimise et un travail très délicat.
PI. IA\ 11 . — (îaium ih sahrk. Musée impérial.
I er ciselé et incrusté des vues de Mamagawa, de Yoshino, de Tatsouta, etc., en minuscules
panneaux décoratifs.
Nakaï Tomolsouné, du nom vulgaire de Zénsouké, fit, les gardes de sabre. Son ancêtre, qui
lit les gardes dans la province de Souwo, remonte à l’époque des deux trônes au quatorzième siècle.
Mais c'est le talent de Tamatsouiié qui lit renaître la réputation de la famille. Il fit en ciselure et
incrustation les passages, les personnages durant la période de Ixiôhô ( 17 iG-iySY.
PL L\N 1/ . (îahim: i> i sahiii.. — Vicomte Mitsouaki Tanaka.
Giselure et incrustation représentant un navire chinois. Exécution d’une netteté remarquable.
Okamoto Yû-dji, élève de Okamoto Yù-glii, de Nagato, vint à Edo étudier son métier et
devint très, habile. Okamoto l’autorisa à prendre son nom. 11 florissait en Ghèn-rokou entre 1681
et 1704).
Nishigawa Tadamaça, ancêtres des forgerons en Tsouba d’Akaçaka d’Edo, produisit des
o-ardes nouvelles, très réputées sous le nom de gardes d’Akaçaka, en fer bien forgé et la plupart
ajourées. Il mourut la 3e année Meireki (iOôy), laissant comme élève Mori Tadamaça.
Ixitagawa Shoudén, on dit qu’il est le chef de l’école delà ciselure de Hikoné, de la province
d’Aumi. Les guerriers et les ermites font les sujets de composition. La ciselure est sculpturale et, par
suite, le fond est vidé et percé. L’ouvrage est très colorié d’incrustation.
Kitaffawa Sôdén, sii»-ne aussi Sôhéishi, successeur de Shoudén. On dit aussi que Sôdén est le
nom de la vieillesse de Shoudén. On sait qu’il habitait Ivyauto et signait Soden.
PI. LXV [ 1 3 1 . — Gahde dk sAinu:. — Musée impérial.
Garde en fer incrustée d’or en forme dite mokkô, qui se compose de quatre lobes.
ïtô Maça-tsouné demeurait à Edo et fit des gardes pour le Bakou fou. H était sans égal pour le
repercé fin. Il est mort la 9e année Kyau-hô (172 j •
Jyakoushi demeurait à Nagasaki. C’est, le 2“ du nom. Le ie‘ .lyakoushi Ou-émon sculpta des
gardes en imitant le travail hollandais. Le 2e, habile artisan, lit des paysages dans le style chinois,
des dragons, des silhouettes en perspective, etc. Il était très apprécie, si bien que ce qui rc^emhh
à son genre est généralement appelé de son nom.
Pt. LXV [14]. — Garde de sabre. — Musée impérial.
Pays âge en ciselure, d’après le style de la peinture chinoise, sujet dans lequel .lyakoushi se
distingua.
O
FONDEURS
Nagoshi Shyau-kau, fils de lvojyau-mi San-shyau, habitait kyauto. Il tondit surtout des
bouilloires pour le thé. Il mourut la 16e année Kwan-ei i63q . Son fils Shyaujyau et ses
descendants San-ten, Shyau-kwau, Shyau Ei, Shyau ko, Shyau-én continuèrent sa profession.
Nagoshi Kashyau, frère cadet de Kojyau-mi San-shyau, appelé par les Tokougawa û Edo
pendant les années kwan-ei 1624-1644) e*t l’ancêtre des kamashi, maîtres-fondeurs en bouilloires
de Edo.
Nagoshi Maça-nobou continua son père kashyau à partir de la 17'' année kwan-ei itljoi, et >e
fixa à Edo. Suivant le goût du Tchyaujinn kobori En Shyou, il fabriqua des bouilloires à cigales »•(
à coquilles. Sur les indications d’un autre Tchyajinn, kataghiri Seki-shyou, il lit une bouilloire et un
fourneau à dragon foudroyant. En outre, il produisit beaucoup de formes nouvelles. Il mourut la
2e année Djyau-kyau ( 1 685) et fut continué par Mitchi-maça, Maça-voshi, Mata-mitehi , ken-sli\au,
Shyau-mei , Shyau-kau .
Miyazaki Kantchi, dont le père était un fondeur de Noto, vint à kvauto et entra à fende de
Nagoshi Sanshyau. Devenu célèbre ouvrier, sur l’invitation de la famille Maoda, il se transporta a
kanayawa. Il est mort la 2e année Shyautokou (1712). Ses fils et petits-fils l’ont continué.
kanaya Goro Sabourau, petit-fils d’un certain Andô, fonctionnaire qui avait survécu à la
chute des Toyotomi, vint à Kyauto en Kwan-ei (entre 1624 et 16 jj) et s’adonna à la fonte des
objets en bronze. Ses descendants prirent le nom courant de Goro Sabourau et continuèrent son
métier.
Le IXe du nom s’adonna à la fonte et à l’incrustation. 11 se montra si habile <pm scs ouvrages
furent, en grand nombre, exportés à l’étranger.
Mademoiselle Ivamé, dont on ignore le nom de famille exact, était née à Nagasaki et conti¬
nua le métier de son père, qui était fondeur. Elle eut beaucoup de talent pour les brûle-parfums.
Ses œuvres étaient pour la plupart du style de ce qu’on appelle Karamono. La matière en est mince.
Nabéya Tchyaubéé, de Kyauto, fondait surtout les objets du culte bouddhique. La plupart
sont à cire perdue. Il était renommé pour sa sculpture et sa couleur. Il mourut la 8° année Bonnséi
(i825).
Mourata Sei-min, ne a Nagasaki, s établit a Edo vers Bounkwa ou Bounséi (entre 180 j et 18 j<>
et s’appliqua à exécuter des modèles réalistes, des tortues
et des chandeliers d'une exécution fine, ornés de motifs
cire perdue.
surtout très vivantes. Il fit aussi des vases
délicats. Ses œuvres sont généralement à
O
Histoire de l’Art du Japon
PI. LXVI
1
4
3
.
BOITES EN LAQUE
Mo ii rata leijyau, élève < I < * Sei-min, a le style de son maître. Au Kenteyauji de Ivamakoura, les
ciih| omis Lakan < I sept a liait pouces de hauteur ont été fondus par Teijyau et, son maître Sei-min
d apres les modîdes en bois exécutés par lakahashi llau-oun et son élève To-oun. On peut donc
considérer ces deux tondeurs comme les maîtres des temps modernes, leijyau a eu pour élève
I akarakoyama So-min .
^ omo ^ acou liei, Ids <1 un Samouraï du clan de Kamé-yama en Tamba, demeurait à Ky auto.
Son surnom est Nvon-boun-dau. Il fabriquait des ustensiles de bronze et avait aussi du talent comme
pemli'(‘ el cnlligrapho. Il mourut la a(“ ai met1 Tempau ( 1 83 1 ) à soixante-deux ans.
Ses descendants se siirnoinmèrenl Kyou-boun-dau et continuèrent sa profession. Il eut pour
élèves I lala-zau-rokou, 1res habile dans I a rl d’imiter l’antique et l’un des ouvriers les plus
remarquables de ce temps.
Nomma lakousaï, de Sado, lit des ustensiles de bibliothèque et de tchya-novou. Vers la tin de
cette période, ses «ouvres ont été exposées au loin. Il a fait des cires perdues sans retouche, patinées,
d’un if où | original.
LA OUE
l/art du laque atteint son apogée sous les Tokougawa pendant les trois siècles de paix
ininterrompue ipi ils donnent au Japon.
Lorsque Ive-vaçou se transporta à Tokyau,il y appela les maîtres laqueurs Ko Ami Tchyau-hau,
Koma Iwou-i, qui travaillaient pour lui et «pi il protégea. L’est te commencement du développement
d<* l arl à Ldo. \ cette époque, la haute administration observait un cérémonial des pins rigoureux.
I) autre part, le h hvadau était de plus en plus florissant, le jeu des Parfums aussi. Les meubles et les
ustensiles avaient d<-^ dimensions et des formes déterminées. Or, plus de la moitié de ces ustensiles
étaient laques. I.n sorte que jamais la demande des laques n’a été aussi considérable qu’à cette époque;
et les laqueurs rivalisèrent d habileté. Cependant cette demande constante d’objets à forme déterminée
ne laissa plus de place à la variété dans l’art. Le progrès, à cette époque, ne se montre donc que dans
le métier. Au contraire, l’invention est en pleine décadence.
Seule, l'école de Kwau-etsou «pii transmet les tendances de Momoyama de la période
précédente, n a pas subi les entraves apportées par l’époque et permet aux partisans de Kwau-rinn
el de llaritsou de montrer un talenl et une originalité de j >1 us en plus remarquables. A cette époque,
le makiyé de kvauto a subi les mêmes influences que celui d Ldo. Si 1 on jette un coup d œil d’ensemble
sur les œuvres de ce temps, Part de la première période continue encore en partie le style de
Momoyama. Il est robuste, non sans délicatesse et sans perfection dans le procédé. En elfet, les
procédés du Shishi-ahi, du Toghi-dashi et du Kirigané modelé, usé, pailleté) sont de plus en plus
parfaits et atteignent enfin à l’état magnifique de la période Kwan-ei (1624-1644 • L’ouvrage du
fameux artisan de ce temps, Kau Ami Naga-shighé, le llatsouné-dana, l’étagère « du premier chant
des oiseaux » de la famille d’Owari, est un bon modèle de ce qu’on a fait alors.
A la deuxième période de Ghèn-rokou pisque vers 1 1 o 1 ibNS-iy 1 1), la délicatesse et la beaute
sont poussées au plus haut degré. On a pris le surnom du 5e Shyaugoun pour désigner ces laques,
et on les appelle laques du temps de Jyaukén-in Tsouné-yoslii . Cependant, les plus belles œuvres sont
pour la plupart de petits Inrô.
A partir de kvau-ho (1716), bien que les maîtres célèbres ne manquent pas, on arrive pourtant,
par suite des circonstances, à la décadence. A cette époque, au château de Ldo, on établit des ateliers,
on rassemble les artisans célèbres et on leur fait faire tous les meubles. C'est ce qu on a|.|iellc < >kny aba.
Les objets remarquables pour la plupart se 1 ont la.
Mais, après kyauhû, comme ou se sert de beaucoup de laques pour laire des rideaux, on s.-
contente d’une fabrication courante. Les couches ne sont pas assez nombreuses en dessous ; la main
d’œuvre du makiyé est simplifiée le plus possible; on se sert pour cela (b- iiiinc- plaque d or <1
d’argent; pour la poussière d’or et d’argent, on use de procédés qui permettent son emploi <-n faible
quantité. Enfin, on a l’idée de fabriquer une poudre de forme plate, appelée Hiragokou.
A cette époque, à Kvautô, la fabrication aussi montre les mêmes tendances. La poudre d or esl
de mauvaise qualité, et l’on produit des choses belles au dehors seulement. L'est ce qu on appelle b-s
Kyauto-shi-irémono (laques toutes faites de Kyauto). Ainsi la fabrication était en grande partie tombée
dans la négligence. Au contraire, dans les provinces, la fabrication locale se développe et I on voit
Kanazawa en Kaga, Nagoya en Owari produire de belles choses.
Igarashi Dau-ho, le fameux ouvrier appelé par le Daïmyau de Kaga, s était rendu dans celle
ville et avait appris le makiyé aux gens du pays. D’autre part, le maître en makiyé* de Kyauto,
Yamato Shôbéé, s’était, vers Kwanséi (1789-1801 , transporté à Nagoya et y avait importé- son
métier. Il produisait des œuvres qui ne le cédaient pas à ce qu’on faisait dans b-s deux capitales .!<•
l’Est et de l'Ouest.
A partir de Tempau surgissent divers événements : la visite des ambassadeurs hollandais,
l’inquiétude de la société, les erreurs du Bakoufou. On touche déjà à la révolution. On délaisse b-s
objets laqués. Le makiyé a perdu la faveur. A peine peut-on noter les u-uvros de Boiin-sai et à. ni
You-sai qui ont du talent dans Limitation des Anciens. On sent la décadence.
MAITRES ET ŒUVRES
Igarashi Dau-ho avait du succès vers Ghènna (1G1 j-iGa'p. Un de s. -s ancêtres s’appelait
Shinn -saï et son habileté dans le makiyé le lit employer par le I ligasbivama-.buio. Appelé- par
Mahéda Toshi-ié, Dau-ho alla en Kaga, enseigna le makiyé aux gens du pays. Son I i I s . Daiilio
Kisaboureau servit aussi la maison de Mahéda, et sa famille demeura à Kanazawa.
PI. LXYt 1 . — Boite a kcriiik. — Rihei Yaraamoto do Kyauto.
Laque décorée d’herbes d’automne d’une grande finesse. A l’intérieur du couvercle est peint
le prince céleste Tanabata tissant la soie.
Kau-ami Nagashighé, le X* des Kau-ami, montre un travail consciencieux, solide et plein
de qualités. Il voyagea entre Kyauto et Edo, travailla pour b- gouvernement, lit b-s ustensiles
du Tô Eoukou-min, les meubles du couronnement de l’empereur Mei-shyau ceux du mariage de llimé-
ghimi des Tokougawa, etc. Ses œuvres sont nombreuses. Les trois étagères du « i«‘r chant des
oiseaux d du Daïmyau d’Owari sont l’œuvre de Nagha-shighé. Il mourut la f année Kéian (i65i
cà cinquante-trois ans. Après lui, sa famille est continuée par Nagafouça, Tchyau-kyou, Maça-miné,
jusqu a la 19° génération. Protégés par le Bakoufou, ils travaillèrent pour le palais.
PI. LXyiI. — IIatsou-xé-daxa et meubles décoratifs. — Marquis Tokougawa Yoslii Akira.
C’est le mobilier donné la i4e année Kwan-ei (i637) par le 3* Shyaugoun Tokougawa, lyé-mitsou,
àsa fille aînée Tchi-yohimé lorsqu’elle épousa le Daïmyau d’Owari. Il se compose de trois armoires, une
(»otite chapelle portât .ive, une étagère à livres, une étagère à manuscrits et des ustensiles de toilette,
ustensiles de bihliot lièque, tous assortis.
Lest I ouvrage de Ivau-ami Naga-shighé, qui a pris pour thème la poésie sur le 1er chant de
* I Ougouice dans le (diapitre du i ,r clianl «les oiseaux du Glien ji-monogatari, et l a traité en Ashidé-é
sur un loin! avanluriné, épais. Il y a mis des incrustations «l’or et d’argent. Ses modelés de paysages
sonl enlièremenl laits en pavage d’or, comme si c’était sculpté dans le métal même. Le travail est
admirabh1 de solidilé <*l de magnificence. La puissance de l’art fait parfaitement ressortir l’éclat
pa rt i<*n I i«»r de toutes
sentiment d harmonie
1rs matières précieuses, et cependant, la
absolue. L'est le elud’-d’œuvre de l’art de
composition so i g n é e
la laque au Japon.
dégage un
O O
l’I. I.W’I •/ . lîoi r» . — Must’r impérial.
La boite est connue sous le nom de Ilatsounéno lébako. LUe doit avoir fait partie de
nombreuses boîtes appartenant aux étagères du marquis Yôshinori l’okougawa. Il ny a aucun
doute, par conséquent, «pu* celte belle laque d’or soit faite par koami Nagashigué.
Yamamoto Shvoun-shvau, qui demeurait à kvauto, excellait dans le makiyé ; son exécution
était habile et sa composition harmonieuse. C’était, de plus, un bon poète japonais. Il a composé le
Ni-jvouitchi-daï-shvon lioui Kou. Ami de Ito Jin-saï, il était aussi versé dans la littérature chinoise.
Ses descendants jusqu'à la 10e génération, sous le même nom de Shyoun-shyau, continuèrent son
métier de laqueur. Il est mort la 2° année Tenwa [(>82 à soixante-treize ans.
PI. LXYI t . Ijoitk a liCRiitK. — Musée impérial.
Sur un fond d avant urine d’or en nuage sont peints les œillets dans un
La laque est signée par Sunshô avec son cachet.
distingué.
O
PI. LXYI ',]• 1 îorri: v kcuiiu:. — Shiguénosouké Founabashi de lvyauto.
Enfant jouant de la ilûte sur un bœuf. On voit aux champs les Heurs d’automne. Le sujet
•2 î (S -
est en relief avec les incrustations d’or et d’argent. Le paysage est en laque frottée. Celle Lu . si
du 5° Shunshô et de l’époque lloréki
Schii-bara Itchi Da-you, de Edo, appelé par le Daïmyau do Kaga vers la lin de b'van-e
(.645), se transporta à Kanazawa et se livra au makiyé, qu’on appelle Inro -le Kaga. S, .s -ouvres
sont pleines d’idée et d’élégance.
Koma Kvoui, ancêtre de la maison des Koma de Edo, fut maître laque, ,r -le Tokoi.guwa (>-•-
mitsou. Son fils Kvou-hakou lui succéda et servit également Tokougavva l'souua Voslu. La la . -
continue jusqu’à la nc génération à être les laqueurs du Sliyaugoun.
Fig. jo. Le couvercle de cette boîte est décoré d’une baie en bûches grimpée -1- vigne
vierge, en toghidashi, c’est-à-dire décor reparu par polissage. Il y a -lu rouge vermillon sur l-s
feuilles. Au revers du couvercle, un héron sous la pluie. Laque faite par koma kioui, signé** pin¬
son fils Kiouhakou en certificat.
Tat-souki Tchyaubéé vivait vers Kwanboun et Lin-po i (>(> i et 1G81). Il habitait kvauto. Son art
très habile a un grand sentiment de distinction. C’est l’un des grands artistes du temps.
Fig. 76. Le dessus de la table et l’extérieur de la boîte sont laqués d’or dit lliramé.
décor, d’un beau relief, représente les sentiers de vigne vierge. La malle-pagode laissée par 1<
prêtre est incrustée d’or. La laque est signée par Tatsouké Tchobei Takatada.
jC
Kadji-kawa Ky-ou-jirau fut un laqueur protégé par le Bakoufou. 11 excelle dans le inro; «>t on
l’appelait Tenka-itcbi, l’Unique. Il florissait de Tenwa à Kwanboun i66i-i(>84i. Ses descendants
continuèrent sa profession.
Seigai Kanshitchi montre surtout du talent dans les enroulements de vagues. C’est de là que
lui est venu son nom (mer bleue). Il florissait vers Ghèn-rokou (1684-1704
Ogata Kwaurinn s’inspira des makiyé de Ilonnani Kwau-yetsou et imita ses compositions.
11 fit des incrustations en employant l’étain, le plomb, le burgau, etc. L’originalité, l’élégance,
le grandiose de l’arrangement, l’ingéniosité des formes et du coloris le distinguent du travail
minutieux des laqueurs ordinaires. Pour le temps des Tokougawa, il inventa un art nouveau.
Kwaurinn était un esprit raffiné dont on cite un trait piquant. Connaissant la vanité des
changeurs de Kyauto, il se proposa de les mystifier. 11 alla un jour en leur compagnie voir les
Histoire de l’Art du Japon.
PL LXVII.
2%
U(»ui*s à Araslii-yama. Il emporta des boulettes de riz dans une feuille de bambou qu’il avait
préparée d’avance. Arrivée à Arashi-yama, la compagnie étendit une natte sous les Heurs, et
eliaeim ouvrit lièremenl une boîte à déjeuner magnifique d (;corée d’incrustations d’or, d’argent
(*| de nacre.
Kwaurinn tira simplement de sa feuille de bambou ses boulettes de riz et se mit à
manger: mais, si l’on examinait de prés l’intérieur de celle feuille, on voyait une surface plaquée
d'or et décorée de Heurs, d’oiseaux, de paysages en inakiyé des plus délicats. Les vaniteux
commerçants se regardaient entre' eux, dans une stupéfaction unanime.
Alors, le déjeuner liai, Kwaurinn laissa llotter au gré du vent cette feuille sur le
Ohoéo-awa et. s’en retourna tranquillement.
1*1. IA\ I
Mon i \ i ( au in
montagne
D
Miwa
I adamasa lliiyaslii do Tokio.
I n des chefs-d’œuvre connus de kôrin. Le décor représente la vue de la
de Yamato. Le fond est entièrement cou¬
vert de poudre d’or limé. Les pins sont en
plomb et en nacre incrustes sur le fond. La
pierre a godet représente le tori-i (porte,
du temple de Miwa. La forme de la boîte
rsl un carré arrondi et bombe. Le dessin,
d'une simplicité extrême, caractérise 1 ori¬
ginalité du maître. Quelques traits d'or
n
jetés sur le plomb pour taire les branches
de pins montrent les coups de pinceau
propres a koriu.
1*1 I.XYI [6]. Nom:. Musée impérial.
Laque décorée du pont aux Iris
appelé Yatsouhashi. Le sujet, pris dans un
poème ancien de Ariwara-no Narihira qui
décrit le pont brisé à huit tabliers jetés sur
les iris fleuris que le poète vit dans la pro¬
vince de Mikawa. Les tablettes du pont
sont en plomb et les fleurs sont en nacre.
Dans l’intérieur sont peints les filets d’eau.
Uirnwa Ititsouwo, alias liaritsou, d'Icé, venu à Edo, faisait des poésies llaikwai, et peignait
l ien dans le style des Toça. U était habile décorateur de laques, qu’il incrustait de porcelaine,
Je bois de plomb, d’étain, d’ivoire, de corne, etc. Ses laques, très appréciées de son temps, sont
connues sous le non, de liaritsou Zaï-kou. Son esprit est toujours élégant et son metier
extrêmement habile. Il mourut la 'f année Knkyau 1717).
Fi„. „ l’t io-ère laquée noire, décorée des pièces de monnaies anciennes, des bâtons
d’encre de «’hine et des miroirs antiques, en haut relief. Chaque sujet est représenté avec le
détail d’une vérité frappante avec la rouille et les avaries mêmes.
Pi,,.. -S. Sur un fond composé de bambous tressés est decoree en laque une collection de
bâtons d’encre de Chine.
Shiwomi Maça-nari demeurait en Kyauhau (i7.6-i736), à Kyauto, où il était renommé pour
l'ift
— Etagère
i é
Baron Riouti Kouki.
- 230
les Toohi-dashi Makiyé (laques frottées', au point que ce genre de Impie s’esl appelé dans la suite
«y v l
laque de Shiwomi.
Fig. 79. Sur un fond de laque noire est incrustée la nacre représentant une écluse,
accompagnée du roseau décoré en laque d or.
Nagata Tomo-harou était, eu Kyau-hô 1716-1736 , célèbre pour ses makiyé inspirés du style
d’Ogata Kwaurinn.
Yamamoto Ri-héé, du district de Kouwata en lamba, vint a kyauto el y étudia I nrl de lu
laque. 11 reçut, la 3e année Enkyau (1746', la commande des ustensiles de laque dans les mobiliers
Fig. 78. — Boite. — Xaoyuki Koumagayé de Kyauto.
t ig. 79' — I N ho lioil»* à médecin* ).
Miisrc impérial.
faits pour l’avènement de l’empereur Momozono (CXY . ce qui prouve la réputation dont il jouissait
t ig. 80. Boite a médicaments. — Musée impérial.
ig.
81
i > o 1 j f de médicaments. - Musée impérial
Il est mort le 27' jour du 9*' mois de la 3e année Meiwa (3o octobre 1766).
continuèrent sa profession sous le même nom de Ribéé.
fig. 80. Boîte a médicaments, laque décorée d’un saule et d’un coq.
Ses descendants
2 > I
lidzouka I oyo, surnommé Ivwan Shyau-saï, (excelle dans Je In-rô en makiyé. Vers Meiwa
! i ?(» j- 1 7721, ayant reçu du Daïmyau de Awa l’ordre de laquer certains objets, il répondit avec
hauteur que son niakiyc était réservé aux In-rô et que, quelle quantité d’or qu’on lui offrît, il
refusait toute autre commande. Le Daimyau, admirant cotte conscience d’artisan, finit par le
laire Samouraï et se I attacher. Les descendants de Kwau Shyau-saï ont servi les Daïmyau d’Awa
de génération en génération sous Je nom de leur ancêtre.
Nino-M iya To-toi, qui llorissait en Kan-sei (1789-1801), était médecin à Edo. 11 devint
très habile en I « hin-kin-bori. Le Tchin-kin-bori esl une gravure d’apprêt d’un motif sur les
objets de Impie destines à recevoir de la dorure. Le sont les ouvriers de Nagasaki qui ont
commence, en Kyau-ho 1 7 1 (>- 1 7- > ( > , à copier ce procédé d’après une fabrication chinoise. Tô-tei
se servait de dents de rai au lieu de couteau. Il grava ainsi des paons, des Heurs et des plantes
avec une grande délicatesse.
homa Ivwan-sai, eleve du >' kyouhakou, fut autorisé par son maître, à cause de son talent, à
prendre le nom de famille de konia. Dans sa vieillesse, il lit des poésies badines sous le nom
de Maeago-an Miteimori. Il mourut le q*' jour du V mois de la 7'' année Tempau (6 mai 1 835) .
Le fameux maître moderne Shibata-zé-shin fut son élève.
I ig. 81. Boîte à médicaments, laque d or, décorée du temple kiyomizon de Kyauto.
l ama-kadji /aii-kokon, <l<* Taka-matsou, en Sanouki, d’une famille de laqueurs de fourreaux
de sabres, faisait aussi de la sculpture avec amour. Au milieu de sa vie, il trouva un nouveau
procédé de laquage. Le procédé, «pii combine les procédés chinois avec nos anciens procédés,
consiste à tailler dans du bambou ou dans «lu bois, pris comme fond, de fines fleurs, plantes,
herbes, arbres, etc., el à remplir les traits de laque bleue, jaune, rouge. Cela donne des choses
d’une grande fraîcheur, d’une couleur éclatante. L’est, ce qu’on appelle Zau-kokou-nouri. Il a fait
aussi d'excellentes choses en laque noire à relief. Il reçut une pension de son Daïmyau, Matsou-
d ah ira 'lori-him «*t mourut, en février 1870, dans sa soixante-quatrième année.
Ilurn Yau-Youçaï, surnommé kau-zan, habitait Edo. Il eut de Bounkwa à Bounséi (i8oj-
1 8 in , la réputation d un lnqucur sans égal. Il demandait des motifs a Ilau-itsou Shyau-ninn et a
fait beaucoup «I couvres élégantes <*t discrètes.
Nakayama k«»min. élève «le Yau-Youçaï, montre un art habile et délicat, excelle dans la
copie des (ouvres anciennes. Il est mort en 1871. Parmi ses élèves on compte Ogawa Shyau-ininn.
CÉRAMIQUE
A l’époque précédente, llo Taïko, aimant les cérémonies de thé (Tchanoyou), avait fait surgir
de nouveaux procédés dans la fabrication de la céramique, et les seigneurs (Daïmyaus), qui avaient
pris part à l'expédition de Corée, ramenèrent à la suite de leurs armées un nombre considérable de
potiers coréens et firent élever de nouveaux fours dans leurs provinces. La céramique des trois siècles
de l’époque de Tokou-gaxva a ainsi son origine dans l’époque précédente.
La vogue du Tchanoyou se répandit alors de plus en plus. Les maîtres réputés en Tchanoyou,
comme Kobori-Yenshou, etc., ne cessèrent pas de s’intéresser à la fabrication des pots à thé. En
quête de goûts nouveaux à satisfaire, ils s’essayaient toujours à créer de nouveaux types. Ainsi
c’est à Yenshou que nous devons les Asaki-yaki (1) d’un rose clair tel que le brillant soleil du matin,
I; Yaki veut dire cuil et. désigne d’une façon très générale les produits céramiques.
les Shidoro-yaki d’un émail jaune noirâtre et très solide, les Akahada-yak. Jus Shigarak.-yuki, 1rs
laga-yaki, etc. A la même époque, à Kyauto, le fameux potier Ninsei Nonomoura établit plusieurs leurs
et, produisant des pièces très distinguées, pots à thé et autres, attacha une universelle renommée a
la poterie dite Kio-yaki. A Imari, dans la province de Hizèn, (îoinbei (iosou, Kake mon 1 -ik.iida,
réussirent à produire de nouvelles pièces suivant le procédé chinois «b* lokouéinon loslnma. Dans l.«
province de Satsouma, Bokou Ileii et d’autres, encouragés par le seigneui Shimadzou, hibiupu ni de
précieuses pièces de faïence d’une terre blanche, transparente comme le pm<<l.iim blem In \
Takatori, dans le Tchikauzèn, Djiro-zaëmon Igarashi, s’inspirant des divers procédés employés dans
la fabrication des poteries, étayant reçu de Yenshou des dessins, produisit diverses pi«*ce> a lln-
d’une qualité très fine. Plus tard à Awata, près de kyauto, a Hagi dans le Nagato, a k.n aU«m, dan>
le Hizèn, etc., on exécuta aussi des pièces très célèbres.
La paix régnant alors, tout le monde s’adonnait au luxe. La nécessite de Uni ter le gn||l, d'¬
plus en plus répandu, des porcelaines fines et précieuses pour les I chanoyou, les Ikebana ou entretien
des fleurs en vases, les Bonsaï ou pousse des plantes en potiches, (b* travailler entin aussi bien pont
les services de table que pour l’amusement d une riche clientèle, développa rapidement I importuner
de la fabrication de la céramique de Kyauto et autres lieux. Pendant Père de kiolid i 7 i b- 1 7 » » , la plus
paisible de toutes, quoique l’excès de la fabrication eut fait baisser de qualité les laques, b*s sculp¬
tures et autres produits de luxe, la céramique resta seule florissante; on établit de nouveaux loin",
et d’habiles artistes produisirent avec application des pièces très sérieuses. On le doit peut-être .1 l.i
situation rustique des fabriques de céramique. On ne les établit en effet qu’en des lieux où la mode
n’influe pas, comme dans les grandes villes, sur les conditions de la vie. Le fut surtout au milieu d*'
l’époque de Tokougawa qu’on vit à Kiomidzou près de Kyauto, à Séto dans I Owari, à koulaiii dans
le Ivaga, à Idzoumo-yaki dans Pldzoumo, des fours nouveaux se créer ou des fours anciens se relevt-r
et reprendre un nouveau lustre.
Vers les époques de Temmeï (1781-1788) et de Kwanseï 1789-1800 , la fabrication de la céra¬
mique subit une nouvelle transformation et les fours de Kvauto vinrent à produire des pièces d un g«uïl
tout nouveau. Gela était dû à la vogue du goût chinois dit Bounjin-konomi goût des lettres , 11e «b
l’étude des lettres chinoises et des articles importés de Chine. L’introduction au Japon de la nouvelb
manière d’infuser le thé dite Sentcha, venue de Chine, conduisit les potiers à des recherches déci¬
sives. Le premier amateur de Sentcha fut le Baïtcha-O, nommé Genslio Shibayama, natif de Hizèn.
C’était un grand savant et poète qui s’était consacré au Zèn, secte bouddhique appelée O-bakoii-ha,
et récemment introduite de la Chine. Toujours en vovage à la recherche de paysages pittoresques,
Gensho Shibayama vint se fixer, vers l’époque de Hôréki (1751-1763 , à Kyauto. La, il se procura tout
un service de Sentcha qu il portait avec lui et avec lequel il offrait le thé à des hommes de lettres ou
à des gens d’esprit, au printemps, sous les arbres en fleurs, et, à l’automne, dans les bois d’érables
rouges. De là lui vint le nom de Baïtcha 0, qui signifie le vieux vendeur de thé. Depuis, le divertis¬
sement du Sentcha vint tout a fait a la mode, et les marchands chinois se mirent à apporter les pots à
thé et les divers autres accessoires du pavillon de thé, que les Japonais prirent plaisir à leur acheter.
Les fabricants de porcelaine et de faïence imitèrent en conséquence les articles chinois du
Sentcha. Le fameux potier Dohatchi Takahashi, lié d’amitié avec le grand peintre Taïgado et l’amateur
de Sentcha T osaï, fabriqua des pots a thé en imitation de pièces chinoises, où sont reproduits des
figurés d’hommes ou des poèmes. Eisèn Okouda copiait aussi les pièces de fabrication chinoise
moderne et ancienne, et le célèbre artiste Mokoubeï Aoki fit ses études dans son atelier. Dès lors, les
porcelaines et les faïences de goût chinois furent partout admirées. Elles exercèrent de la sorti- une
inlhu ne< enormesui la fabrication de la céramique mêmedans les provinces, comme Koutani, Séto, etc.
Ainsi la céramique de l’époque de Tokougawa finit dans le goût ou style des lettrés et dans Limitation
des anciennes pièces de fabrication japonaise et chinoise.
Kio Yaki.
Or, coni[,rcrid -• hi-. celle appdlalion les \insei-yaki, les A wada-yaki, les Kiomidzou-yaki, ele. j.
L origine de la poterie de Kyaulo remonte à Pépoque précédente. Pendant l’ère de Kwanseï
i(v> j-16 Vb, le cédèbre artiste Ninseï Nonomonra établit des fours successivement à A wada-2’outchi
origine de I \ wada-yaki actuel , Omoiiro, Mizoro, Seikandji (origine du Kiomidzou-yaki d'aujourd’hui),
I wakoiira-vania, etc., etc. Il fabriqua des faïences aussi bien que des porcelaines, avec de la terre de
Shigaraki el des localités voisines de Ivyauto.
I n grand nombre de ses pièces de poterie présentent des profils d une souplesse rare et sont
revêtues d une glaçure très fine avec des décors très distingués. Inépuisable d’inventions, il travailla
d après ses fantaisies, sur les ordres de nobles et de gens d esprit.
\près Ninseï, les kio-yaki se divisèrent en deux branches: les Awada-yaki et les Kiomidzou-
vaki. La fabrication de la faïence d émail tendre, à dessins d’or et en couleurs, continua dans les
fours d \wada. Les artistes les plus célèbres dans cette fabrication furent Sobeï kinkozan, Seïkaï
Tanzan, Ihninzo llo/.an. etc. Dans 1ère de kwanseï 1789-18001, Lïsèn Okouda établit des fours a
\wada el fabriqua les Ko Sométsouké porcelaine bleue avec décors bleus , à Limitation des fours de
kotehiu Annam .
Parmi ses édèves, Mokoubeï, Dohatchi, Kamésouké, etc., furent les plus connus. L’autre
branche de Ninseï donna naissance à la porcelaine de kiomidzou et de Godjo-zaka. L’habile
potier kourobeï Olowava, habitant de Seïkandji, établit des fours à I ligashivama, Kiomidzou et
Godjo-zaka, dans 1ère de lloréki 1 7') 1- j *» > et continua à fabriquer la faïence et une espèce de
porcelaine.
Vers Père de Bounkwa iNoj-1817 , Dohatchi Takahashi, Kiteï W aké, Yoheï Midzoukoshi, etc. ,
produisinml pour la première fois la porcelaine bleue et blanche, à décors bleus, imitant les procédés
,1 \rita dans le lli/èn. ( ’ « • I a i » * 1 1 1 des objets façonnés à la main, et leurs décors bleus étaient aussi très
bien faits, (les pièces étant ainsi propres aux goûts du temps, les Tchadjin amateurs des cérémonies
de thé , el les Sliudjiu amateurs de sake ne manquaient pas de les acheter. Aussi leur fabrication
prospéra-t-elle.
Parmi les fabricants de cette porcelaine, Dohatchi II, Iviteï II, Shitchibeï Kiomidzou, Yoheï
Se i fou, Xorokou Makiomidzou, etc , furent très connus. Leurs produits avaient un caractère indes¬
criptible e| ce sont pour la plupart ries pièces a the ou a sake. Plus tard, 011 fabriqua aussi d autres
pièces diverses. (1 est la que la céramique appelée Kiomidzou-yaki et ses fours produisirent un grand
nombre de porcelaines et de faïences. Aujourd’hui, quarante-cinq mille familles de potiers sont
établies à Godjo-zaka et à Kiomidzou, et prospèrent.
Voici quelques notes sur les potiers les plus connus parmi ceux que nous venons de citer, et
sur leurs oeuvres.
Ninseï Nonomoura.
Ninseï (nom personnel était originaire de la province de Tamba. Jeune, il vint au village
d Odomoura, dans la province de Toça, et y apprit Part céramique d'un potier nommé Boutsouami,
Coréen naturalisé. Puis, pendant l’ère de Guenna (1600-162.) , étant venu a Kyauto, il continua
son apprentissage dans 1 atelier de 1 artiste Sohakou, habitant de Seïkandji. Ses études finies,
il établit des fours successivement à Awada - goût ch i , Omouro, Mizoro, Seïkandji, Iwakoura,
N aroi ît ak i , T ak a gamine, Kom atsou dan i ,
Fig- 8-2.
IIakouzodzou, Okimono (objet d'ornemenl).
Collection de M. Seisouké Ikeda, Kyauto.
25/,
etc., près de Kyauto. C'est grâce à ce célèbre potier que
la poterie de Kyauto, dite Kio-yaki atteignit sa véritable
perfection et toute son importance. Ses produits sont de
formes très variées et d’un goût parfait et lin, quoique la
terre n en soit pas assez solide.
Fier. 82. IIakouzodzou signifie le maintien dans In
représentation dite No (1), qui représente un lenaid en
vieux moine. Cet ouvrage exprime à merveille la scène.
La terre est revêtue d’une glaçnre grise et le décor est
noir.
Fig. 81. — Minzor-sAsm pot .i eau . — Collin iiou «!-■ M. kaim
nosouké Itirasé. Ohsaka.
C est un pot à eau destiné au Ichanoyou. Sa gla-
çure est blanche, ses profils sont très lins, et la couleur
de ses décors est admirablement réussie.
Fig. 84. — Canards savyao es, kono hrûb-p.iHuni» < "11. 1 .m
de M. Riohel Mouiavama, Uh>aka.
C’est, un ne nre d’œuvre où l'artiste Ninseï était
O
particulièrement habile. La teinte du dessin noir, dit
Kourogosou, montre le goût dédient de 1 artiste.
Fier. 8). — Maroc! IIatchi vase décor. d . . U ut*
Les profils de la glacure blanche sont tris nets et
très souples, et la tente est d'un pinceau très distingué-
Moheï Kinkozan.
établi des fours à Awada, près de Kyauto, la
2e
Tokoubeï Kagiya, le grand-père de Moheï, avait
année de Sliolio (16/p). Les pièces de sa fabrication
Fig- 83.
Fig.
8/1
avaient de riches décors (kin) et
un vif éclat (ko). C’est pourquoi il s’appela Kinkozan.
Moheï
(l)l,o No est, une représentation japonaise ressemblant un peu à l’opéra-comique.
•2 ) )
nom Personnel), le troisième du nom de Kinkozan, qui fabriqua les tasses nommées Temmokou
I < fia \\ n n ou lakauo Ichawan, comme* on les appelle ordinairement, pour le Shyaugoun Iyéshigué
lokougawa, sous I ère de liorcki 17 m-ijlii), (ni dès lors le fournisseur de la maison Shyaugounale
des Tokougawa.
O
Dohatchi Takahashi.
Dolialrln s appela aussi Niami. La S' anime de l3ounk\va (181 1 ) , transportant sa fabrique
d Awada a Godjo, il produisit non seu-
leinenl des pièces imitant l'ancienne l'abri
cation japonaise et chinoise, mais aussi
des statuettes. Il se rendit auprès des
seigneurs de Kii et de Salsouma pour
leur fabriquer des objets à usage per¬
sonnel. Plus tard, il établit des fours
à Momoyama, dont les produits furent
appelés Momoyama-yaki. Il mourut le
a 6 mai de la •>.' année d’Ansei fiSVx.
l' Ig. 86. La terre r*sl grossière el la
teinte très simple, mais le tout a du goùl.
l ig. (S- 1 . Celte pièce imite I ar¬
ticle des îles.
I‘ig. 87 •>. . Cotte théière est d une
terre blamdie et reproduit un poème sur
sa partie supérieure.
Rokoubeï Kiomidzou.
Fig. sO. ltorii, Okimo.no olijet dornemenl .
Collection tlt* M. Shinhitchi I i « 1 a . Kvauto.
Hokoubeï était originaire de la
province de Set l sou . Si mis 1ère de kwan-èn 1718-17)0, il revint à kvauto et v apprit la poterie
de l’artiste Seibeï, de Godjo-zaka, puis il
continua ses études à Shigaraki. Sous
l’ère de Meiwa 1764-1771), il établit ses
fours à Godjo-zaka et fabriqua dans la
suite des pièces à thé. 11 était lié d amitié
avec les célèbres peintres Okio et Go-
shoun. Il mourut la 1 i° année de Kwanseï
l799
Eïsèn Okouda.
Fig. ,S; [ij. Fig. «7 [a].
Thkièkks. — Collection de M. Xaotsoura Koumagal, Kioto.
Eïsèn, dune famille marchande
très riche, étudia par goût l’art de la
céramique, établit des fours à Awada et
fabriqua des pièces en imitation des anciens articles chinois. Ses produits imitant les fours cocliin-
chinois sont d’une fabrication très remarquable. Les célèbres artistes Mokoubeï, Kamésouké et
Kasouké furent ses élèves. Il mourut la 8° année de Bounkwa (1811), à Page de cinquante-neuf ans.
Fig. 88. Cette pièce imite la forme de la coupe de
Elle est d’une glaçure bleu foncé, verte ou pourpre de
cuivre dite Sliakou dans
Kotcliin (Annam .
l'ancienne < dune.
Mokoubeï Aoki.
Mokoubeï, originaire de Nagoya, dans la province d’O^vari, avait montre, des sa jeunesse,
beaucoup de goût pour 1 écriture et la peinture.
A l’Age de quinze ans, ayant < | u 1 1 1 F* sa lamille, il
alla dans plusieurs localités, afin de connaître les
hommes savants et les artistes. Il voulait d abord
se faire forgeron, mais, sur le conseil de kenkadn,
à Naniwa (Ohsaka), et après avoir lu chez lui un
livre chinois de Shouritsou Teï sur la céramique, il
se donna à cet art. Sous I ère de kiowa 1S00-1S0 i .
il vint à kvauto et y apprit la poterie dans batelier
de 1 artiste Eïsèn. Après ipiehpies années, il dépassa
même son maître en renommée et la année de
Bounkwa 1807), il vint à kanazawa sur l’ordre du
seigneur de kaga et y construisit pour lui les l’ours
de kasougayama. 1 n an après, de retour a Iwautn,
il y établit ses fours et se distingua par ses propres
procédés, différents de ceux d'Awada. Il acquit en
outre une très grande célébrité pour l'imitation des
anciens produits chinois. C était un homme 1re>
habile à écrire et à peindre, ayant autant d abon¬
dance que de goût dans le dessin, et ami d«*> fameux
savants o, leikouden, etc. Aussi 1rs pièces
potiers ordinaires. La j‘‘ année de Tempo iN>j. il
Fig. 88. — Shakoucata Kobo coupe sacrée).
Trésor du temple Kennindji, Kvaulo.
qu’il fabriqua diffèrent-elles de celles des
mourut à l’âge de soixante-sept ans.
Fig. 89 [ ij . — Bai Gletsou-ro (théière à dessin de fleurs de prunier sous la lune . Cnil, , n(,n de \|
Koumagal, lvvaulo.
Théière avec fourneau pour faire du thé. Cette pièce est en terre blanche sans couverte, et
seules les fleurs de prunier sont décorées.
hig- 89 [2]. — Théières. — Collection de M. Naotsoura Koumagal, Kvaulo.
La forme et la glaçure imitent celles de kotcliin.
log. 89 [ij. — Tasses. — Collection de M. Naotsoura Koumagal, Kyauto.
Cette pièce est en Akaé (décor rouge) ressemblant à celles de Nankin, en Chine.
1 ’^9 [i]- Bon ES a the. Collection de M. Naotsoura Koumagal, Kyauto
Cette boîte a la forme nankinoise et reproduit un poème.
^ ig- 89 >p Iiiéière. — Collection de M. Naotsoura Koumagal, Kvaulo.
Terre blanche sans glaçure.
Yoheï Seifou.
Yoheï
polerie chez
Uakou-vaki el
«
ctml originaire de kanazawa dans
Niami Takahashi, puis il établit
lus pièces anciennes japonaises et
la province
scs fours à
chinoises,
«h* kaga. Venu à kyauto, il étudia la
Oodjo-zaka. Il fabriqua d’abord des
puis, dans les dernières années de sa
vie seulement, les pièces
Bounkwa i<S6i).
en Seïdji
(céladon et à kinran décors d'or).
11 mourut la irc année de
Zorokou Makiomidzou.
Zorokou, habitant de kougamoura dans la province de Yamashiro, lit ses études, à partir
de lYige de treize ans, chez son oncle kiteï Waki. Il réussit à faire école en imitant les pièces
anciennes du Japon et de la Chine.
Kenzan Yaki.
Les Kenzan-yaki sont aussi un genre de kio-yaki. Sous lere de Ghèn-rokou (1688-1704),
Kenzan Qgata apprit à suivre l’art céramique de Ninseï et adopta les procédés hollandais. 11 établit des
fours dans le village de Naroutaki.au nord-ouest de Kyauto, et fabriqua des pots à thé et autres pièces
diverses, si distinguées par leurs peintures et leurs mots de bon goût, qu'elles devinrent un genre
unique dans la céramique de kyauto. Il s’établit dans les dernières années de sa vie à Iriya près
— 258
de Yédo, où il s’occupa encore de céramique. Ses produits sont appelas lt i\ •> l\« l,za
peu plus tendres que ceux de Kyauto. Chacune de ses pièces est signée Shisoui Shinslio
Kenzan. Elles sont tantôt façonnées à la main, tantôt fabriquées au moyen de moules,
ressemblance avec les Rakou-vaki.
et, sont un
ou Shisoui
>t ont de la
Kenzan Ogata.
Kenzan, le jeune frère du célèbre peintre Kwaurin
chez Yokèn Foujimoura et la peinture sous 5 asounobou
Ogata, étudia les lett ros et les Telianoyou
Kano, fameux peintre. Aussi ses produits
Fig. 90. — Shimamoyo Hatchi
(vases à rayures). — Collection de
M. Naotsoura lvoumagaï, Kyauto.
Fig. 91. — Matsom -no-miu/oi -sasiii
(pot à eau à dessin de pins'.
Collection de M. Selsouké Ikeda, Kvauto.
sont-ils d’un goût très distingué. Il mourut la 3e année de K\van-hô (17 jj , à l'Age de quatre-vingt-un
ans.
Fig. 90. Ce dessin consiste en Heurs de prunier sur les rayures. On ne voit ici que la signa¬
ture de l’artiste, au fond.
Fig. 91. Il y a là des dessins de pins sous la neige et de camélias.
Yeïrakou Yaki.
Les Yeïrakou-yaki se produisirent aussi à Kyauto. Sous 1ère de Bounkwa Y 804-1807,
Zengoro Hozen, 1 i descendant dune famille de potiers qui s occupèrent successivement
de la fabrication de tsoutchi-bouros (fourneaux en terre) pour le thé, fabriqua pour la première
fois des porcelaines imitant a\ec une très grande habileté les pièces d’anciennes fabrication
japonaise et chinoise. Il produisit surtout pour sa célébrité des pièces revêtues d une glaçure
rouge obtenue par la rouille et décorées de dessins d’or semblables à ceux que l’on fabriquait en
Chine dans 1ère de Aeïrakou iq4o3-i4.24) sous la dynastie des Ming. Le seigneur de la province
de Kii, appartenant a une branche des Tokougawa, qui les appréciait beaucoup, lui ordonna la
i° allll0° ^>ounS(‘i (*827) de fabriquer des pièces dans son palais de Nishihama. On appelle ces
pièces l(*s Onixva-yaki à aki du Palais). Le prince donna à Zengoro lïozèn un cachet avec les deux
caractères ei-rakou). L artiste les adopta depuis comme nom de famille et appela ses produits
" à eirakou Kinrandé ». Ce nom de Kinrandé tirait son origine de ce que l’éclat de ses pièces décorées
de dessins d or est semblable à une sorte de brocart d’or, nommé Kinran. L appellation Nishikidé
(tour les diverses pièces décorées est due au meme sens. Zengoro Kxvaizèn, deuxième descendant
de sa famille, travailla aux fours de Koutani et y enseigna l’art des Kinrandé. Les ouvriers de
koutani ont, depuis, amélioré considérablement ses procédés.
Arita Yaki.
Les fours des Arila-yaki se trouvent au district de Matsoura dans la province de llizèn . La
L année keiteho 1 >()8), les nombreux potiers coréens qui avaient accompagné le seigneur Naoshigué
Nabcshima, lors de son retour de l'expédition de Corée, établirent les premiers fours d Arita. L’un
d eux, Li Sampéï, d<»couvrant le kaolin blanc à Idzoumi-yama dans le district de Matsoura, réussit
a produire «les porcelaines blanches. Des fabricants et des ouvriers porcelainiers, venus de plus en
plus des div erses parties de l’Lmpire, s’y établirent et fondèrent, dans la suite, la ville d’Arita où de
nombreux ouvriers s’occupent des diverses branches de l’industrie céramique. D habiles ouvriers
s y succédèrent, «pii parvinrent à produire de véritables objets d’art, surtout la porcelaine bleue
et blanche à décors bleus ou rouires.
P
I okouzaèmon Toshima, habitant d lmari, apprit d’un Chinois de passage à Nagasaki l art de
déeor<*r la porcelaine avec les émaux. Le procédé fut indiqué à Kakiémon Sakaïda, habitant d’Arita,
«pii axait «* 1 1 1 « 1 1 «* l'art céramique près «l<* Goroshitchi Takéhara, potier de la maison de Taïko, mais il
11e ivussit pas au d«*but. Ce ne fut que grâce au concours de Gombeï Gosou et après de nombreuses
années «I essais <>l «le tâtonnements «pie kakiémon finit par triompher. Ces pièces décorées d’or et
«I argent «le nouvel!»* fabrication lurent exportées à leur tour en Chine, par le port de Nagasaki.
Ce fut là la première exportation d<* la céramique japonaise, la 3e année de Shohô (1647). Depuis
cette année, on a fabriqué à Arita un grand nombre de pièces avec décors en or et en couleurs, dont
les marchands chinois et hollandais portèrent la majeure partie à l’étranger.
Sous hère «le Iwvanboun (iGfio-iOja’, un <h*s princes Daté, seigneur de Sendaï, enxoya a Arita
un marchand «le porcelaines de Aédo, du nom «ie Gorobeï Imaria, pour y faire des commandes.
Celui-ci rapporta des objets fabriqués par Kizaëmon 11) Tsoudji qui passait pour un potier habile.
C«*s objets furent offerts par h* prince Daté à la cour de l’empereur, dont Kizaëmon devint le
fournisseur. L<*s pièces envoyées chaque année à Kyauto, et destinées à 1 usage du souverain et
de la famille impériale, sont à émail bleu d'une élégance incomparable et portent les armes
impériales, le Chrysanthème. Le petit-fils de Kizaëmon 11, également célèbre potier de la cour,
reçut «Telle la 3e année d’An-ei (177 J) le titre honorifique de Hidatchi-no Daïdjo. Un jour,
il trouva une pièce tombée sur une autre et y adhérant, et, les ayant cassées, il découvrit àl intérieur
une pièce de porcelaine d’un éclat admirable, tout à fait différente des autres. Possédant ainsi un
nouveau procédé par T observation du secret de la cuisson, il réussit à produire des pièces supérieures
au moyen de cazettes d’une terre sablonneuse. Les pièces fabriquées par ce nouveau procédé sont
appelées Gokousin. Si le joint des cazettes n'est pas luté, les produits sont appelés lboshi-iri. La
fabrication des pièces dites Gokousin fut limitée seulement à une qualité supérieure de porcelaine,
parce qu’il fallait toujours casser les cazettes.
Sous 1ère de Tempo (i83o-i843), Yodjibeï Hisatomi, grand marchand d Arita, établit de
nouveaux fours et employa un nouvel émail. Grand amateur des Tchanoyou et peintre de mérite, il
donnait à ses ouvriers des modèles de formes et de décors, et les nouveaux j * i « > < 1 1 1 1 1 1 1 « m i \ » • i « * n I un
écoulement facile parmi les marchands étrangers de Nagasaki, (.es pièces ctaicnl s i 14 1 1» * « * ^ Snn-po,
nom d'artiste de Yodjibeï. De ce jour
commence la lahrication dos articles
pour l’exportation, comme les vases u
Ileurs, les tasses à thé* ou a cale avec
soucoupes et autres objets divers.
Fig. 92. Cette porcelaine déco¬
rée fut fabriquée par le célèbre artiste
kakiémon Sakaïda. La pcintun* en est
parfaite.
Les fours d Okotchi sc trouven
près d Alita dans la province de lli/cn
t'ig- \)'J-
- Vase octoc.one, décore d'un dessin de fleurs.
Collection du Musée impérial de Tokio.
Ils ont été établis sous I ère de kn'diô
(1716-1719-171*)), par ordre du -i*i-
gneur Nabèshima. Ces fours faisaient
partie d une fabrique particulière dont
le personnel appartenait à ce seigneur:
ils ne lui fournissaient que des objets qu il destinait, soit au Shyaugoun, soit a scs amis. Les pièces
produites comme tasses et plats portaient à leur pied, en décors bleus, une série de lignes parallèle.-
ressemblant aux dents d un peigne ; c'était
la marque de fabrication des fours officiels.
On leur a donné le nom de Koushidé (dents
de peigne). Ces pièces sont très précieuses
et d’une extrême rareté aujourd’hui. De
nos jours, les fours d’Okotchi ont perdu
peu à peu de leur ancienne importance.
fig. 93. Cette pièce est en porce¬
laine décorée et reproduit un garçon en¬
dormi sur un livre. Elle paraît dater de
l’ère d’An-ei (1772-1780).
Okotchi Yaki.
Karatsou Yaki.
Les fours des Karatsou-vaki sont
«y
dans la province de Hizèn. Les pièces dites
1 loridashi-karatsou furent fabriquées pen¬
dant l’ère de Kwan-eï (1624-1643). Elles
sont d’une grande solidité et à émail bleu
noirâtre. Les plus précieuses avaient à l’in-
tig- yt. — Garçon endormi : Okimo.no.
Collection du Musée impérial de Tokio.
térieur de leur pied l’aspect frisé du crêpe.
Leur formé circulaire n’est pas souvent d’une régularité absolue. Elles ont été déformées o
endommagées par su, te de la température trop élevée du four et enfouies dans le sol par I,
fabricants < j u i les avaient mal réussies. Plus tard, on les a retrouvées dans des fouilles. Leur nom de
lloridashi (déterré vient de ce fait.
Les Tehosen Karatsou sont des pièces fabriquées à Karatsou depuis l’ère de Kwan-ei (1624-
1 f> j >) avec du kaolin al dns glaçures a])portées do Tchosèn (Corée). Le nom de Hibakari (rien que le
leu qu 011 leur a donné aussi, vient de ce que, fabriquées avec des matières coréennes et par des
ouvriers coréens à Karatsou, elles ne devaient aux Japonais rien autre que le feu nécessaire à leur
cuisson. Ces pièces, d une terre rouge noirâtre avec des glaçures blanches et bleues, consistaient en
midzoulsoubos (pots à eau , en plats, vases et jattes.
Takatori Yaki.
Les Takatori-vaki sont des pièces fabriquées à Takatori dans la province de Tchikouzèn.
I.e potier coréen , naturalisé sous le nom de Hatehizo, qui avait suivi le seigneur de cette
province, Xagamasa kouroda, lors de son retour de Corée, la 3'“ année de Keitchô '>«/, était
gendre d'un de ses compatriotes, qui avait accompagné kiomasa Kato, seigneur de la province
de lligo, et qui s'elail fait naturaliser sous le nom de Shinkouro. L’un et l’autre, ouvriers
fort habiles, étaient originaires du district céramique d'blo, en Corée. Ces deux artistes construisirent
des fours à Takatori, sur l'ordre de kouroda, et fabriquèrent divers objets de poterie, très lins et très
solides, à la glaçure d'un brun rouge mêlé de jaune ou de noir. Ces pièces sont désignées depuis sous
le nom de ko Takatori (vieux Takatori . Sous Tère de Kwan-ei ( 1 62 j-i(‘> j3 , Djirozaëmon Igarashi,
originaire de karatsou, dans le llizèn, était très versé dans l’art céramique de Séto et autres
I0C4 dités. Le seigneur kouroda lui ordonna d’exercer son talent avec Hatehizo à Takatori. Leur
industrie lil alors des progrès très remarquables, et surtout leurs pots à thé reproduisant les idées du
célèbre maître de Tchanoyou, Knshou Kobori, sont très distingués. Les 'Takatori-vaki sont d’une
terre tri*v lim* et d une glaçure blanche, bleu clair ou cendrée. Il y a une espèce de pots appelés
I nslmu Takatori. Ces pots ont une belle couleur d’or obtenue par une certaine température du four.
1 ,.s jours de Takatori furent tranférés la 7e année de kwan-ei ( 1 638) au pied de la montagne
Shirahatavama, dans le district de llouami.
Satsouma Yaki.
Lorè-ine des Satsouma-vaki date de l’époque de l’expédition japonaise en Corée, sous
n 1
r.T<‘ de lîounrokou 1 1 ’m)2-i 09 ">). Yoshihiro Shimazou, seigneur de Satsouma, ramena à la suite
de son armée un nombre considérable de potiers coréens, parmi lesquels se trouvaient les
nommés llotchou et Bokou llei. Hotchou et ses ouvriers vinrent tous se fixer et fonder des fours à
Dzyosa où ils avaient été appelés par Yoshihiro qui y avait sa résidence. Telle est l’origine des
Satsouma-vaki. Le seigneur Yoshihiro, amateur de Tchanoyou, commanda à ces fabricants un grand
nombre de pièces à thé faites à son goût. Kilos étaient d’une terre très line avec une glaçure colorée
eu bleu, jaune et noir; les plus précieuses étaient à couverte blanche dite Dakatsou (émail couleur de
lézard). On appelle Gohondé articles à l’honorable cachet) les pièces que Yoshihiro appréciait le
plus et marquait de son cachet personnel ; et ko Dzyosa-no Hibakari rien que le feu du vieux Dzyosa),
celles qu’il lit fabriquer avec la terre et la glaçure importées du Iloruki ou fleuve Jaune de Chine.
Lorsque Yoshihiro transporta sa résidence à Kadjiki, il lit venir Hotchou à Tatsou-no Koutchi dans
le même district, lui ordonnant d’y fonder une fabrique et le chargeant de former des ouvriers.
Bokou llei visita, sur l’ordre de Yoshihito, tout son territoire de Satsouma et d’Osoumi et y
262
découvrit de nouvelles matières nécessaires à sa fabrication. Yoshiliiro, transporté de joie à celle
nouvelle, lui lit établir des fours à Nawashiro et le nomma chef des ateliers et des ouvriers qu'il était
chargé de former. La fabrique de Nawashiro produisit, dès lors, avec succès des pièces d une terre
blanche et transparente ressemblant à la porcelaine blanche et des pièces diles llakeme, Mislum.i < I
Sounkorokou, à l’imitation de celles de Corée.
OUVRAGES
Fig. <p. — Petit chien, Koro (brûle-parfums). — Collection de M. Seisouké Ikeda, Kvauto.
Cela semble fabriqué par un grand artiste sous l'ère de Kwan-boun 1 (>(> 1 - 1 (‘>72 . L’animal a
l’air tendre et naturel.
Fig. 96, — Bulle-parfums en forme de Kwanmouri. — Collection de M. Biilchi Ouyeno, Ohsaka.
Pièce à décor d’or d’un travail délicat, peut-être de Kwansei (1789-1800).
Hagi Yaki et Matsoumoto Yaki.
Les llagi-yaki sont des pièces produites à Ilagi dans la province de Nagato. La P année
de Keitcho (1098), Teroumoto Mori, seigneur de la province, ramena de Corée le potier Li Kei
qui se lit naturaliser Japonais sous le nom de Saëmou Koraï et s’adonna à la poterie à Ilagi.
Ses produits, qui ressemblaient aux articles coréens, portent ordinairement une ébrécbure à leur
pied; aussi les appelle-t-on Wari Kodaï pied ébréché). C’est là une preuve que non seulement
les Hagi-yaki mais aussi les Satsoum-yaki, les Yatsoushiro-yaki et autres, qui ont cette ébréchure
a leur pied, sont intioduits de 1 art céramique de Corée. Les «articles de la fabrication sont d’une
glaçure jaune clair et d’une terre peu fine.
L°s Matsouinoto-yaki viennent de Matsoumoto, dans la même province. Kyusétsou Miwa,
oiiginaiie de Miwa, dans la province de \amato, étant venu s’établir à Matsoumoto sous 1ère de
kwanboun 1661-1672), construisit des (ours de système coréen et fabriqua des pièces semblables aux
1 1 n<^ i-\ ak i , qui ieruivnt le nom de Matsoumoto-yaki. Il mourut sous 1ère de llô-ei iyo/j-1711). Tozo,
son 7' descendant, esl aujourd hui à la tête de son industrie céramique.
Idzoumo Yaki.
Les Idzouma-yaki comprennent deux espèces : les Rakouzan-yaki et les Foudjina-yaki.
Les premiers lurent laits à Rakouzan, près de Matsoué, sous 1 ère de Keian (i648-i65i). Sous 1ère
de Lnho 1 67 > 1 680), 1 habile potier de llagi, Gombeï Kouraki, élève de Saëmon Koraï, appelé
par le seigneur de Matsoué, s’appliqua à améliorer les Rakouzan-yaki. Pendant dix-huit ans,
il continua 1res activement la fabrication avec la terre et les glaçures apportées de ilizèn. Ses pièces
sont pour la plupart des tasses à thé et des Midzousashi (pots à eau , dont la qualité a une grande
ressemblance avec les llagi-yaki, mais dont la forme est plus originale. On les appelle aussi Gombeï-
vaki et ou les appréciait fort. Après la mort de Gombeï, cette fabrication fut continuée par son élève
llarirokou kada. qui n'eut pas de successeur.
Ilarousalo Matsoudaïra, seigneur de la province, connu après son abdication sous le surnom
de Foumaï, appréciait profondément le Tchanovou et devint grand maître de ces cérémonies. Sous
1ère de Kwansei ijNp-iNoo, Foumaï lit fabriquer à Rakouvama, à l'habile potier Soumiyemon
Nagaoka des pots à thé imitant ceux de Corée. Il lui lit élever aussi des fours dans son château de
Yedo, la FF* année de Bounkwa (1816). Les descendants de Soumivémon continuent encore sous le
même nom. à Rakouvama, 1 industrie céramique.
Les fours des Fou jina-vaki furent fondés à Foujina par le potier Yodjibeï la ire année de
Meiwa ijb'i ; les produits ont un émail tendre et de l'éclat. Le célèbre potier Zenshiro Tsoutchiya,
li\é d'abord à Mitatchivama, vint s'établir à Foujina, appelé par Foumaï, sous l’ère d’An-ei 4772_
1 -So H \ fabriqua d'après ses ordres des articles de Tchanovou. L’industrie céramique y prit
dès lors un ^rand essor qui dure encore. Il eut pour successeurs Zenshiro II, Zenrokouro III,
Zenrokou IV, etc., jusqu’à nos jours.
Bizèn Yaki.
Depuis les débuts de Fart céramique à Imbé dans la province de Bizèn, les six familles
Mori. kimoura, Térami, Ohibiki, Tonguou et kanêshiguê s’occupèrent de père en fils de la
fabrication d'objets servant à l'usage ordinaire, pots à thé, brûle-parfums, pièces en forme
d'animaux et statuettes, dont le caractère distinctif est une trèsgrande solidité et un goût de simplicité
primitive.
Sous 1 ère de Seitokou ( 1 7 1 1 - 1 7 1 5) , le potier Ounteï fut célèbre pour la fabrication de
bouteilles à saké et de vases; sous l’ère d’Enkio ( 1 7 1 1 - 1 7 1 8 , Djinshitchi Kimoura fabriqua de
superbes petits lions, que l’on appelle Gobou-shishi lions de deux décimètres). Sous l'ère de Iloréki
(1751-1763), I leïshiro , potier très habile pour les dessins, fabriqua divers objets d’ornement
(Okimonos . Sous l’ère de Meiwa 1764-177 1), Sakoudyuro était aussi connu par ses objets d’ornement.
Sous celle de Kyowa (i8oi-i8o3), Ryomeï Mori montra beaucoup d’adresse dans les pots à thé.
La 3e année de Tempo (i83a), ayant découvert une cuisson plus commode, les fabricants de
Bizèn-yaki établissaient, au lieu des anciens grands fours, nombre de petits et achevaient la cuisson
en douze ou treize jours seulement, alors qu’auparavant il leur en (allait trente. Mais, par suite de
l’excès de fabrication, leurs produits sont devenus très mauvais.
2(54
OU Y RAGES
Fig. 97. C’est un grand ouvrage de presque
Fig. ()-. — Singe, Okimoxo objet d’orneruenl).
Collection de M. le baron R. Kouki.
particulièrement appréciées des Tchadjins (amateurs
mètre, d’une exécution très vigoureuse cl d une
couleur admirable. Au coude du singe «»st la
signature de 1 artiste : Jxokoutcho Mori.
o
l ier. 98. Belle pièce éclatante comme
un laque; le revêtement est dune glaçure
bleu foncé et est décoré de Karakousa, dans
le genre que l'on appelle L-Bizèn Bi/.èn
tlécoré .
Fi^. c)<). C'est aussi une pièce dite
F-Bizèn iBizèn décore), et les plumes du
pigeon ont tout à fait la couleur de la nature.
Odo Yaki.
Les fours d Udo-yaki se Iroiiu nt a
Odo, près de kütchi, dans la province de
Toça. La 2e année de Sho-o |i(’> >b, ladayosln
Yamanooutchi, seigneur de la province, til
venir d Ohsaka un des élevés de Nmseï
Nomoura, Shohakou llisano, qui établit h->
premiers fours d Odo et retourna ensuite à
Ohsaka. Sous I ère d Lmpo 1 1*7 1 1 (»Sn ,
Mitsouhisa Morita fut envové par le même
seigneur chez Shohakou pour achever ses
études. Après plusieurs années «h* séjour
chez ce (hunier et de visite dans plusieurs
lieux de fabrication, il revint à Odo, où il
fabriqua avec succès des pots à thé imitant
les Go hou de Corée. Ses tasses, ou se ma¬
rient le pin, le bambou et le prunier, sont
de Tchanovou .
Awadji Yaki.
Les fours d’Awadji-yaki furent fondés par Mimpeï Kashou, habitant d Inada dans la
province d’Avvaj i . De famille riche, savant en littérature nationale et habile dans le Tcbanoyou,
Mimpeï, préoccupé de créer dans sa province des ressources industrielles, s'adonna à la fabrication
de la céramique, qu’il avait étudiée chez Shoueï Ogata, fameux potier de Kyauto. Revenu dans son
village après ses études, il y établit des fours la 5e année de Tempo i8*35) et consacra à ses entre¬
prises toute sa fortune. Le prince Matchisouga, seigneur de la province, informé du fait, subventionna
sa fabrique et le nomma chel des ateliers. Ainsi ses efforts furent couronnés de succès et sa fabrique
&*■ *r
atteignit une pros pari ta toi la que sa production égala en valeur la récolte du riz des onze villages
environnants.
Des pièces d Awadji-yaki sont d’une terre tendre et d’une glaçure bleue ou jaune. 11 y a des
pièces imitant très habilement las articles d Armani et les porcelaines bleues et blanches ou à
décors biens. On les appelle aussi les Simpeï-yaki . Depuis la mort du fondateur Mirnpei, la 21 année
de Dounk vou ( 1 8(>2 j , ses successeurs continuent la fabrication qui est devenue pour la province une
véritable source de richesse, grâce à la persévérance de Mimpe'i.
Kishou Yaki.
1 1 OXOll
Les premiers tours
(Xeïrakou , ipii, a p | * e
d.
9
a
• kishou-yaki lurent construits par le célèbre
par le prince l’okougawa, seigneur de la province
potier Zengoro
de kii, vint de
Fig. i)H. — IIotkI, Okimono.
Collection d»- M. Iliohei Mourayama, Ohsaka.
Fig. <)(). — Pigeon, Okimono.
Collection de M.Seîsoukê Ikéda, Kyauto.
Kyauto s’y fixer at. fabriqua des pièces sur son ordre. Ces pièces avaient une grande ressemblance
avec celles de kotchin (Annam ; leur glaçure est violette, jaune et bleue. Après la mort de Zeïiakou
Hozén, las potiers de cette localité continuèrent jusqu’à nos jours l industrie de la céramique.
Sanda Yaki.
Les fours de Sanda-yaki étaient établis près du temple Miwa d Arima, dans la province
de Settsou. La 8° année de Temméi (1788), Sobeï Kanda établit les premiers iours a Sanda,
et appelant kamésouké, potier de Kyauto, ainsi que laitchiro, leïdjiro <*l auties ouvriers
d,‘ llizen, il fabriqua des porcelaines bleues à décors bleus. La ire année de Kiowa (1801), ayant
découvert des matières de glaçure en Seidji (céladon), a Koka, dans le meme district, il produisit,
après des essais pénibles et nombreux, des Ko Seidji vieux céladons), ressemblant aux articles de la
dynastie chinoise des Ming (i368-i66i). Cette imitation est si parfaite que l'on no peut la distinguer
de l’original. La 6e année de Tempo (T836), le potier Kikousahouro Matsomlaïra vint de Koult . .
travailla dans la fabrique de Sanda à produire des pièces à décors rouges. Après son retour à
Koutani, des ouvriers continuèrent sans cesse à fabriquer des décors rouges, mais ils sont loin
d’égaler ceux de l’ancienne fabrication.
O
Koutani Yaki.
L’origine des Koutani-vaki date de 1ère de Keïan if> |8-it> >i ). Ce lut losliibarou Manda,
seigneur de la ville de Daïshodji, qui lit établir par Saidjiro Goto et Gonzaéruon famoura les pre¬
miers fours au village de Koutani, dans la province de kaga. Les matières employées à cette Imbri¬
cation ressemblaient à celles de Séto, mais les produits n’étaient pas comparables à ceux d<* ces
derniers fours.
Sous l’ère de Mandji (i658-i66o), Toshiaki, Jils de Toshiharou, qui voulait, comiiu» ><ui père,
développer l’industrie dans son territoire, envoya Saïdjiro Goto à A rit a pour y faire ses é*tudes. La
défiance qu’on montra pour un étranger ne lui permit pas , d abord , de suivre de près les
procédés que les fabricants de la localité gardaient précieusement. Il dut débuter, en qualité d«*
domestique, chez un fabricant dont il ne put arriver à gagner la confiance qu'au bout de trois années
de service et à force de travail et de dévouement. Obligé d épouser une femme du choix de son
patron, pour dissiper jusqu’à l'ombre de ses soupçons, Saïdjiro Goto put enlin être initie à la fabri¬
cation des porcelaines. Il consacra quatre années à approfondir l'art céramique jusque dans >< s
moindres détails. Une fois en possession du secret des procédés, il quitta Arita furtivement, abandon¬
nant sa femme et l’enfant qu’il avait eu d'elle. Son retour à Koutani marqua une nouvelle ère pour
son industrie céramique. Il fabriqua alors de belles pièces avec les matières trouvées a Souizaka. On
voit encore, dans ce village, un socle en porcelaine en forme de lotus, sur lequel est assise une statue
de Bouddha. C’est une des premières pièces d’essai qui furent fabriquées par l'artiste. Le célèbre
peintre de Kyauto, Morikagué Kouzoumi, alors de passage à Kanazawa, se chargea des dessins et
ajouta ainsi à la beauté et à la renommée des produits- On les appelle Morikagué-sliitac articles aux
croquis de Morikagué).
L’industrie céramique de Koutani, abandonnée dans la suite, fut reprise la 7'' année de Bounkwa
( 1 8 1 o) , par llatcliiyemon Yoshidaya, marchand de Daïshodji, qui releva les anciennes fabriques et
fournit des pots à thé d’une glaçure ressemblant à celles de Kotchin. La (>e année de Tempo i<ST>),
Riémon Miyamoto s’occupa de continuer la fabrique de Yoshidaya et fut secondé* dans ses travaux
d’amélioration par le peintre 1 fatchiëmon Iida, qui appliqua de l’or sur les décors rouges et ajouta encore
un nouveau genre de dessins, dont il avait trouvé les modèles dans un livre illustré d’anciennes encres
de Chine. Plus tard, le célèbre potier Zengoro Yeïrakou de Kyauto, appelé à Koutani par le seigneur de
la province, fit réaliser à l’industrie des progrès très considérables et réussit à produire les Kinrandè à
décors rouges. Les porcelaines qui se sont fabriquées à Koutani de cette époque à la notre consistent
pour la plupart en pièces à décor rouge et en Kinrandè ou Nishikidé.
Shigaraki Yaki,
L industrie céramique de Shigaraki, dans la province d’Omi, remonte fort loin. La 8e année
de Guenna (îbaa), le fabricant des Shigaraki-yaki fournit, sur l’ordre du Shyaugoun Tokougawa,
un boite a poudre de the a bande blanche au milieu et a deux demi-anses, où l’on peut garder le
thé très longtemps sans qu’il perde de son amine. La fabrique devint dès lors très célèbre pour les
pièces à thé. Sons 1ère de Kvvan-ei (162/j- 1 Ojt), le fameux maître de Tchanoyou, Masakasou
kobori, fil faire au meme artiste des pots à thé d’un nouveau genre. G étaient des objets plus lins
([ue la pièce du Shyaugoun, et de là leur vient le nom d’Enshou Shigaraki (Enshou étant le surnom
du Maître kobori). On appelle Ninseï Shigaraki et Shimbeï Shigaraki les divers produits fabriqués
par Ninseï el par Shimbeï avec la terre de cette localité.
Banko-yaki,
Les Banko-yaki sont dus à un riche marchand de Kouwana, dans la province d’Icé,
r
(iozaèmon Noumanami, dont le surnom était llosounsaï ou Rozan. Etant lui-même un grand ama-
leur de Tchanoyou, il s’occupa de céramique par goût, sous 1ère de Ghénboun (1736-1740).
Mais, potier amateur, il se plaisait à faire cadeau de ses pièces à ceux qui les lui demandaient.
Il fabriqua des Bakou-yaki et, faites à s’y tromper, dos imitations de Kotchin et de Hollande.
Appelé par h* Shyaugoun Tokougawa, la 6e année de Temméi (1786), il s’établit à kommé, faubourg
de Yédo, où il continua sa fabrication. Ses produits portent comme marque les deux caractères
« Bau-ko » ; aussi les appelle-t-on ko Banko (vieux Banko), ou Yédo Banko. Il y en a une
espèce, dite Banko Seidji, d’un bleu tendre, qui diffère par là des Seidji de Chine. On ne sait pas au
jusle quand les lbnrs et les procédés de (iozaèmon furent abandonnés. Aujourd’hui, ses pièces sont
d une extrême rareté.
Les Banko-yaki modernes datent de 1ère de Tempo 1 83o- 1 84 3) seulement. Ils remontent à
Youselsou Matsoumotoya qui s’occupait de céramique à l imitation des Bakou-yaki et des Banko-yaki.
Ses pièces portèrent aussi les deux caractères Ban-ko, avec 1 autorisation de Gorobeï, petit-fils de
Gorozaèmon. Les fours de Banko-yaki continuent encore à produire un grand nombre de porcelaines
suivant les procédés anciens.
Séto Yaki.
L industrie céramique de Séto, dans la province d’Owari, malgré son importance et sa
renommée anciennes, n’avait fourni que des poteries, et la fabrication de porcelaines y était encore
inconnue. Ge fut b* potier Tamikitchi kato qui s’occupa pour la première fois de cette fabri¬
cation dans les fours de Séto, sous 1ère de kiowa ( 1 80 1 - 1 8o3 . L’industrie céramique, dans cette
localité jadis si importante, était jusque-là menacée d’une ruine imminente.
Tamikitchi, jeune frère du potier kitchizaëmon kato, avait compris que cette industrie ne
pouvait prendre un nouvel essor que si I on abandonnait la vieille routine qui se perpétuait depuis
des siècles et dont on n’avait pas tenté de s’affranchir. Il avait établi pour des essais de nouveaux
fours où il cherchait à produire des porcelaines imitant les articles de Nankin (Chine); mais il échoua
par snilc de l'insuffisance de ses études. Il se mit alors à visiter, comme simple domestique, pour
dissiper toute défiance professionnelle, les grands centres de fabrication céramique tels que llirato,
Al ita, kameyama et Takata, dans les provinces de kyoushou. Quatre ans après, il retournait dans
son pays en possession des procédés secrets adoptés dans les différentes manufactures et s’adonnait
à produire la première porcelaine bleue et blanche qu’on eût faite à Séto. Il obtint un succès
immense qui rendit à Séto sa prospérité d’autrefois. On appelle ses pièces Sometsouké-yaki (porce¬
laine à fond blanc avec décors bleus), tandis que l'on donne aux pièces de poterie ancienne le nom
de Hongio-yaki (poterie propre). La nouvelle fabrication de Tamikitchi exerça une grande influence,
non seulement à Séto, où presque tous les ouvriers abandonnèrent de plus en plus la fabrication des
poteries pour s’occuper des porcelaines, mais aussi à Tadjimi, dans le province de Mino.
Mino Yaki,
Dans les fours de Mino, la première fabrication de porcelaines date de lu i" année ,1a
Bounkwa (i8o4j seulement. Ce fut un marchand de céramique d’Ohsaka, nommé Mol, ci Nislng.m a,
qui, apportant comme modèles des pièces de Hizèn, lit produire des porc, daines dans les l'ours de
Tadjimi au district de Doki (Mino). Plus tard, à Kasahara, à Isoumagi, lliddnokoura, etc., dans
le même district, d’autres fours fabriquèrent aussi des porcelaines. On complu aujourd liai, dans
le seul district de Doki, i3o fours. Des Mino-vaki sont d une terre transparente et consistent surtout
en porcelaine bleue et blanche à décors bleus.
Toyo Rakou Yaki,
Les fours de Toyo Rakou-vaki sont établis près de Nagoya, dans la province d Owari. Depuis
la [3e année de Tempau (i84a , le potier Toyosouké Oki, qui était aussi habile dans l'écriture, la
poésie et le Tehanoyou, devint le chef potier de la maison du seigneur de cette province, et s'occupa
de fabriquer des pièces à 1 imitation des Rakou-vaki, d où leur nom de I oyo Lakou-yaki I <n kou-\ aki
de Toyosouké, le son initial Toyo se prononçant aussi llô, de là le nom de llo-Rakou
11 a découvert le moyen de laquer la faïence. Ses produits sont ainsi revêtus • Atérieureunnl
d’une couche de laque décorée de dessins d’or, tandis qu'ils gardent intérieurement le carnetèn*
propre du Rakou-yaki. Mais n’étant pas assez fins pour le service du Tehanoyou, ils ne >orv<nl qu'au
service de table ordinaire ou à celui des gâteaux. Il mourut le i 1 novembre, la /année d \nst-i |8*)8).
Soma Yaki.
Les fours de Soma se trouvent à Nakamoura, dans la province d Iwaki, dont I onuim- date
de l’ère de Meirèki (i655-i657). Ce fut un samouraï nommé Tanaka qui avait été* cn\o\é* a Iwautn
par son seigneur de Nakamoura, nommé Soma, pour étudier l’art céramique chez b* célèbre potier
Ninseï, et qui, revenu dans sa ville après sept ans d’études, réussit à produire des pièces de poterie
a Nakamoura. Ses produits sont d une terre sablonneuse très grossière, recouverte d tin émail couleur
de cendre. Ils représentent, pour tout dessin, un cheval au galop qui avait été* peint par le célèbre
peintre Naonobou Ivano lors de son passage dans cette ville. Le nom de Soma-vaki vint de ce que
les fours avaient été établis dans le territoire du seigneur Sonia.
o
Imado Yaki,
Les Imado yaki sont fabriqués a Imado (district de Tèshima , dans la province de Mousashi.
Sous l’ère de Teïkio (1684-1687), le potier Ilanhitchi Sliiraï confectionna des Do-bouro (four-
neaux en terre), à l’usage des Tehanoyou, et des Hibatchi (vases à feu), que l’on appelle Imado-
^aki. I endant I ère de Kiôho (1726-1735], Ilanhitchi II employa h* premier l’émail et produisit des
pièces semblables aux Rakou-yaki. Dès lors, les articles de fabrication se multiplièrent et se comp¬
tèrent par dizaines. Ils fournirent surtout des services de table. Ses successeurs, Ilanhitchi III, IV
et \ , fabriquèrent aussi des statuettes de femmes et d’enfants (jouets) qui ressemblent à celles de
Foushimi et sont très appréciées à cause même de leur simplicité.
Kenya Yaki.
La première fabrication J os Kenya Yaki est due à un potier nommé Kenya Mioura, né à Yédo,
qui avail débuté dans les imitations des pièces du célèbre potier Kenzan Ogata, sous l’ère de Tempau
(i83o-i8'|3). Dans la suit*1, il prit pour modèles les ouvrages de l’artiste en laque Ilaritsou Ogawa,
qui avait incrusté, sons lèri* do Ghénrokou i68'i- i 70 3), dans ses pièces en laque, de petites ligures
d animaux, plantes, fleurs, etc., en faïence, de sa propre fabrication. Kenya produisit dès lors, avec
succès, de petits ouvrages eu terre représentant admirablement les êtres du règne animal et du
règne végétal.
T I S S U S
A l’époque de la sécession, par suite des guerres civiles, l’art des tisseurs fut pour long¬
temps (ni décadence. Lorsque, en Ten-shyau (1073-1592), Toyotomi llidéyosbi centralisa l’Empire,
il surveilla <*t. encouragea les tisseurs de Kvauto. Il lit transporter leurs métiers à l’endroit
nomme aujourd'hui Nislii-jin et s’occupa beaucoup de leur développement. Auparavant, un tisseur
(bis Ming était venu sur les frontières de Lldzoumi et y avait fait connaître la fabrication des
soieries. Des artisans de Kvauto s’attachèrent à lui, apprirent ses procédés et parvinrent à
fabriquer de nouveaux (issus.
I) autre part, un certain Itehii-hayato avait appris d'un Chinois le tissage du brocart, et,
sans parler des brocarts du style Ming, tissait des brocarts de goût japonais. Enfin , des
tisseurs de Nislii-jin faisaient du Ito ni-shi-ki très beau qu’on pense être une transformation du
Yamato nishi-ki .
I n certain Tawarava tissait un brocart particulier appelé Kara-ori-nishiki (brocart tissé à la
chinoise'. L’idée en était venue du Shy-okou ko-nishiki fabriqué sous les Ming. C’était une chose
charmante et de liant goût. < hi imita aussi les tissus hollandais, et l’on fabriqua du morou d’or et
d argent .
Vers la fin de Ten Slivau 1 >92), un certain Xomoto apprit d'un Chinois, à Sakaï, la fabrication
du Kinran. Ce tissu ayant eu un grand succès, il en fabriqua beaucoup et devint très habile à ce
tissage. A I imitation des tissus chinois, on lit du Don-sou. On peut en travaillant ce tissu produire
Lava. C’est ce qu'on appelle Shi-tehinn Donsou, très employé pour les ceintures de femmes. Aujour¬
d'hui encore on se sert beaucoup de cette étoffe. Ainsi l’industrie du tissage à Kvauto se développait
rapidement et créait quantité de produits artistiques.
Vers la fin de Kei-tclivau ( 1 A9 Y- 1 (»*2 5 , les tisseurs de Nishi-jinn, parvenus à faire de belles
étoffes, étudièrent la fabrication des draps hollandais et inventèrent une espèce particulière de tissu
qu’on appelle Tora-mén-ori. A cette époque aussi on tisse le rinzou. Cette fabrication, bien que
d’origine chinoise Ming) est bien japonaise par le dessin emprunté aux anciens tissus japonais. Cette
étoffe, très belle, est très vantée et surpasse les produits chinois analogues. L’industrie de Kyauto,
occupant de très nombreux tisseurs, eut alors une très grande prospérité. Pendant la période Ghèn-xva
1 ()o‘)- ibaj), un ouvrier chinois vint à Sakaï en Idz-oumi, et enseigna le tissage de Kinsa à des gens
de ce pays. Deux artisans de Kyauto, un certain Matsou-ya et un certain Zeni-ya allèrent à Sakaï
apprendre le procédé des Chinois et commencèrent la fabrication à raies avec des fils d or, travail
t rès beau, très délicat et d’une qualité supérieure. C’est ce qu’on appelle Matsou-ya lvinsa et Zéni-ya
Kinsa, très vanté des gens du temps.
En Keian(i648-i652), un tisseur de Kyauto, imitant un tissu de Elimé, essaie pour la première
fois de faire du velours, et il obtient un produit égal à ceux de Chine. 11 créé alors le velours W ana et
le velours Shima, étoffes supérieures, dit-on, au velours chinois.
En Tenwa, en Djyô Kyau (1681-1684 et 1 684-1688), le métier des tisseurs de Kyauto va toujours
se perfectionnant et personne n’achète plus les étoffes chinoises. Depuis ce temps jusqu à Chèn-
boun 1736-1741), les industries de Nishi-jinn progressent toujours. On tisse des motifs de Heurs
délicates et l’on obtient un coloris délicieux.
Pendant les années En Kyau, le Bakoufou protège ces industries. Mais 011 en vient à
réglementer la production. On interdit la fabrication des tissus ornés de Heurs décoratives aux t isseurs
autres que ceux de Kyauto. On établit des restrictions à l’engagement des ouvriers. Cette protection
méticuleuse eut un résultat opposé à celui qu’on espérait. L’activité indépendante des tisseurs se
relâcha et Part fut arrêté court dans son développement. Aussi dès lors, jusqu’à Temméi 1781-178,, ,
c’est-à-dire pendant quarante ans, on ne produit rien qui sorte de 1 ordinaire.
En Kyauliô (1716-1736;, à Kiryu en Kôdzouké, à Icé-zaki en Shino-tsouké, et a Ihi-thibou
en Mou-çashi, on tisse différentes étoffes très belles, au moment même où l'état des industries de
Kyauto commence à péricliter.
Pendant les années Tempau (i83o-i844,, 1° luxe atteint un tel débordement que le Bakoufou
promulgue des lois somptuaires. 11 interdit au peuple l’usage des vêtements de soie ; aussi voit-on
les industries du Nishi-jin décliner brusquement. Alors les ouvriers font des recherches et fabriquent
des étoffes de coton si bien faites qu’au premier coup d’œil il est difficile de les distinguer des tis>u<
de soie. Ces étoffes, telles que le Mendonsou, d’un prix très modique, obtiennent une grande vogue
Cependant, les industries de Nishi-jin ne peuvent plus rivaliser avec celles du Kwanto. \ Kiryu,
en Kaudjouké, paraît Ishida Kourau, qui compose toutes sortes de tissus ornés et produit en quantité-
une excellente fabrication. Cependant, vers la lin de Tempau (i83o-i8jj>, un excellent ouvrier
apparaît encore à Nishi-jin ; c’est Daté Yaçouké qui projeta d’arracher Nishi-jin à sa décadence.
Lui -même fabriqua des brocarts des Kinran, des brocarts de Yamato, des Donsou splendides.
r
Etudiant les procédés anciens, ceux du lïata-ori et ceux des tissus de la Chine, de Elude et de l'Italie,
il lit des expériences, obtint des résultats dont il lit part à ses confrères, chercha à réveiller 1 ardeur
des maîtres tisseurs. xMais Yaçouké ne fut pas compris, ni suivi. On riait de cet ardent chercheur
et l’industrie de Nishi-jin allait toujours déclinant. Le peu qu’on y faisait de soie ou de toile ne
servait qu à empêcher la fermeture des ateliers.
hn Bounkyou (1861-1864), le Shyaugoun lokou-gawa lyé-motchi vint à Kvauto, suivi <1 un
grand nombre de clans. Kyauto, devenu alors le rendez-vous de l’Est et de l’Ouest, fut aussi le centre
de la demande en matière d industrie. L industrie du tissu reprit sa prospérité. Los ouvriers dispersés
furent rappelés et les machines reprirent en hâte leur activité. Cependant, les tissus de cette époque
ne sont pas dune belle qualité de fil; 1 ornementation 11 est pas combinée heureusement et n’évite
pas le mauvais goût. La véritable renaissance n’eut lieu qu’à la période suivante, en Meidji.
MAITRES ET ŒUVRES
1 akéda Sh^au-kourau, de Arimatsou Moura, en Owan, eut 1 idée, en Keitchyau (1 3q6-iGi5),
d’appliquer le kauketchi au coton. Lorsque Tokou-gawa Yoshi-nawo entra en Owari, il lui offrit
un specimen du pioduit et en fut, dit-on, très chaleureusement félicité. Ses descendants conti¬
nuèrent de fabriquer ce tissu qu’on appelle Arimatsou Shibori, du nom de la localité. Plus tard,
27 I
J
plusieurs dizaines de maisons s’occupèrent de cette spécialité qui devint célèbre. Les envoyés de
Lorée et de Chine, qui passaient par cette station, ne manquaient pas d’y faire arrêter leur
voiture. Ils improvisaient une poésie et partaient après avoir acheté une pièce de ce tissu.
You-zèn était maître teinturier à Kyauto, en Kan-yei iGa4-/044)« Bon peintre, il employa
son talent à sa teinture, obtint sur étoffes des fleurs, des oiseaux, des animaux, d’un coloris
délicat. Ce procédé, connu sous le nom de You-zèn Zomé, a été conservé jusqu’à nos jours.
Ivanéda Tchyoubéé florissait en Geimboun (entre 1781 et 1801 . Il mit toutes ses forces au
service de 1 industrie de Nishi-jin, tissa toutes sortes de nouveaux modèles, fit peindre par Marou-
yama Okyô la fête du printemps à Ivarno, et la course de chevaux à Kamo, qui faisait partie de cette
fête, et les exécuta sur étoffe. Il demanda à Ivomawi Ghèn-ghi l’arrivée au Japon du prince royal de
Corée et lit, aussi dessiner par les maîtres Ivei-boun, So-jyoun et autres des paysages, des fleurs et
des oiseaux, qu’il tissa en Donsou ou en Ivo-hakou, ce qni excita une grande admiration chez ses
contemporains.
A cette époque, à Edo, la mode était pour tout le monde d’avoir de beaux portefeuilles ou de
belles blagues à tabac. Pour satisfaire ce goût, il tissa des Sarasa et des Kanto avec de l’or,
d une qualité et d’un dessin magnifiques. Ses importations de Chine étaient loin d’approcher de
ces objets qui jouirent d’une vogue énorme. Obligé de faire face à de nombreuses demandes,
l’chyoubéé combina des nouveautés et produisit ainsi beaucoup de choses précieuses.
1*1. I.WIII. — Bkocahts 11 soins. — Tdioubéo Kameda de Kyauto.
1 . Brocart lamé, lissé de chrysantèmes et de paulownia, sur un fond imitant 1 avanturine
d’or de laque. Travail du j‘‘ Tchoubée.
2 . Mauve d’or, t issé* par le 7'' Tchoubée, d’après la doublure du manteau de Toyotomi
llid éyoshi. La linesse du travail esl supérieure, même à l’original qui est de la fabrication de Ming.
> . Armure soie crimie en tissu croisé, imitant la natte chinoise appelée Ampéra et tissée
d oiseaux 1 1 « >— « » .
\ . l'aille noire, tissus fait par le 9° Tchoubée. Les caractères chinois tissés en blanc, d’après
le célèbre ealligraphe \\ oguishi, de la dynastie des Shing.
*> . Soie imprimée. La particularité de ce tissu consiste dans ce que la soie de la chaîne et de
la trame sont laquées avant d’être montées sur le métier. Le dessin représentant un paon, est imprimé
après coup, en or ou à la laque.
f> . Tissu façonné, exécuté par le io° Tchoubée, durant la période de Bounsée (1818-182!) .
Sur un fond thé est lisse, en noir, le temple Kinkakouji, avec une finesse prodigieuse de détail.
7 . Soie tissée de carte géographique. Œuvre du 11e Tchoubée, vers la période Tempo
1 1 83o— 1 8Y3) . Ce fut un dessin nouveau pour l’époque.
8] . Gros crêpe. Tissu exécuté par le i3e Tchoubée d'une façon très curieuse, imitant le papier
froissé, employé pour les chapeaux officiels. La saillie des cotes du crêpe est très prononcée et
irrégulière. Il y a là-dessus des armoiries en or ayant une surface paraissant plate.
Amano I ouça-yoshi florissait en Bounsei (181 8-i 83o) . Employé au Nishi Honganji, il changea
plus tard son nom en celui de Sakoujvourau. La beauté des tissus qu’il inventa amena une renaissance
des Tsou-dzouré-nishi-ki. Il a une réputation d’ouvrier fameux. Comme œuvre remarquable de Fouça-
yoshi, on cite les cinq empereurs d’après la peinture de Tchô-dèn-sou, du Nishi Honganji. Ses
meilleurs élèves sont : son frère cadet Yaçouké et la femme de celui-ci, O-mon, et Yama-shina-
Ya Séisouké.
(shida Kourau, tisseur de Kiryu, en Kaudzouké, travailla activement en Bounsei et Tempo
(entre 1818-1844). Ingénieux et adroit, il inventa des procédés commodes pour taire des dessins dons
les brocarts et produisit à Kir vu quantité de magnifiques tissus.
Foudji-i-shyau Zaémon, qui était marchand de fils de Kouroumamatchi, à Sakaï, en l<l/.oumi,
imita, la tannée Tempo (i83i , le Sagara Dantsou et les tapis de fabrication chinoise. Puis, mettant
en pratique ses propres idées, il fit tisser par Idzoumi Ribéi, du Kimoumatclii «le la meme \ilh‘, l«*s
étoffes qu’il projetait et qu’il appela Sakaï Dantsou, et dont il entreprit la vente en gros. On voit là
l’origine du Téami Dantsou. Son métier tomba pour quelque temps; mais son descendant Shyau-
tarau, devenu familier avec toutes sortes de procédés de tissage de velours, inventa un procède
particulier de tissage du Dantsou et, la 3e année Bounkyou i i8fi3), commença a en produire. < hi voit la
l’origine du Souri-komi Dantsou. Ce procédé a fait des progrès extraordinaires et est devenu
l’industrie la plus remarquable de Sakaï.
Daté Yaçouké était, à Nishi-jin, fabricant de rinzou espèce de satin broche . Il étudia la
peinture et la chimie et releva l’industrie de Nishi-jin. Il rechercha les anciens procèdes de notre llata-
ori et étudia aussi les tissus de toutes les contrées de la Chine et de l’Europe. Lui-même créa loute>
sortes de nouveaux tissus. Ce fut un excellent guide pour les autres tisseurs.
Ses copies des anciens Kwannons, appelés Sabi-ori de Dathé tissu> rouilles de Date sont <1 un
coloris distingué et d’une qualité très belle.
Il a fait encore plus de quarante Kwannons, dont la beauté n’est en rien inférieure a une
peinture. Enfin, il a été admis au nombre des artistes de la maison impériale. Il est mort en iSq3 d.
sa cinquante-quatrième année.
Ills
PI. LXYI11. — Brocarts et soies. — Tora-iti de lvyauto.
[9]. Soie imitant la peau de serpent, tissée par Daté Yaçouké, durant la période de l'einp"
( 1 83 o- 1 84 3) . Par une combinaison de soies, noires, brunes, bleues, rouges, vertes, etc., mélées a la
soie sauvage, l’effet obtenu rend parfaitement l’imitation de la peau de couleuvre.
[ioj. Brocart lamé d argent egalement tissé par Daté 4açouke. Les faucons dans le nuage <<
détachent sur un fond d’argent.
[ 1 1 j • Velours imprimé, fabriqué par Daté Yaçouké, pendant les années de kayéi 1 N j<X- 1 sV!)
Sur un fond, composé de trois couleurs, des dragons sont imprimés par h* procédé de teinture dit d<
« Youzèn », aujourd’hui très répandu, mais qui fut une nouveauté sous ce temps.
[i^j. Soie façonnée dite « Kanton ». Travail de la fin de la vie de Date. La couleur, <1 un
brun rouillé, donne 1 efïet d un vieux morceau. Des papillons, de dimensions varices, sont tissés sur
un fond rayé en plusieurs nuances.
PI. LX\ III. — Tissus d’auteurs inconnus. — Marquis Toshitsougou Mavéda.
L 1 3 j - Robe en gaze lamée, pour représentation de No, de l’époque de Bounkwa 180 181 X
Sui une gaze de soie, d un violet lonce, se trouve tissé en or un char garni de Ileurs
[i4]. Robe pour représentation de Nô, en soie brochée de glycines en mauve tendre. Tissus
de l’époque Bounkwa (1804-1818).
. 1 5 ! ■ robe de soie brochée et lamée. Le fond consiste en hexagones rouges, verts cl bruns.
Il y a là-dessus des éventails jetés. Sur ces éventails se trouvent, richement tissés en couleurs, des
oiseaux et des fleurs.
‘ ifi . Robe de brocart lamé. Des paniers à fleurs sont tissés sur un fond quadrillé.
TABLE DES MATIERES
Pages.
Avis aux Lecteurs . v
Puirwr . ix
INTRODUCTION
I. Aperçu général . . .
II. Dons naturels «les Japonais. — Leur goût pour les Arts .
III. Caractère particulier de l’Art japonais .
IV. Histoire abrégée <les Beaux-Arts japonais .
i
4
6
1 1
PREMIÈRE PARTIE
DEPUIS LES ORIGINES JUSQU’AUX ANNÉES TÉMBYAU SHYADMOU TÈNNAU (XLV)
LIVRE I
Arts primitifs.
Pages.
Chapitre premier. — Milieu social . i5
Chapitre II. — Kvolution cl caractère des Beaux-
Arts ii cette époque . 2 i
Chapitre 111. — Peinture . 22
Monuments . 23
Chapitre IV. — Sculpture. .
Monuments .
Chapitre V. — Architecture.
Chapitre VI. — Arts appliqués
Métaux .
Monu ments .
Céramique .
24
2-4
2.6
28
a9
a9
— 274 ^
LIVRE II
Époque de Souiko Ténnau (fin du VIe siècle, commencement du VII .
Pages.
Chapitre I. — Milieu social . 35
Chapitre II. — Evolution des Beaux-Arts à cotte
époque . .'ES
Chapitre lll. — Peinture . 3o
Chapitre IV. — Sculpture . 4i
Monuments . 4>
(iii.vpi'riu; V. — A roliitoclure
Monuments .
I ndustries artistiques
Métaux .
Objets d’art .
Tissus .
Monuments .
P.igr*
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I >
I'
*
I »
i<i
»6
d»
•:
LIVRE III
Époque de Ten-tchi Itr XXXVIII, 668 671
Chapitre premier. — État social de ce temps au
point de vue des Beaux-Arts . ^
Chapitre II. — Evolution et caractère des Beaux-
Arts de cette époque . 5.1
Chapitre lll. — Peinture . 5.1
Monuments . 55
Chapitre 1\. — Sculpture . 5~
Monuments . 58
Chapitre V. — Architecture . Go
Monuments . im
Chapitre 5 I. — Arts industriels . tii
I ravail des métaux . 6i
Monuments . G»
Tissus . (è,
Monuments . (i .
LIVRE IV
Époque de Shyaumou I r (XLV, 724-748).
Chapitre premier. — Etat de la société de ce temps
par rapport aux
Beaux-Arts. . .
63
Chapitre II. — Evolution
Arts. . . .
et caractère des Beaux-
66
Chapitre lll. — Peinture
Monuments. .
68
"O
y
Chapitre IV. — Sculpture
Monuments. .
J
7 4
Chapitre V. — Architecture . -(»
J
Monuments . . -(J
J
Chapitre \ I. — Arts industriels . —
/ y
Métaux . -S
J
Monuments . -,j
Sculpture et niellure. — Objets . Ho
Céramique, poterie et verrerie. Objets. . S i
lissus et teintures. — Pièces . Si
Objets décorés île peintures . H >
*
DEUXIEME PARTIE
ni: KWAMMOU VU BAKOUFOU DE K VMAKOURA
LIVRE I
Kwammou Ipr
Ciivpithk puimiik, I, K lut social <lans scs rapports
avec les Beaux-Arts . 85
Chapitre II. K vol u lion et caractère des Arts il
cette époque . qo
( .11 verrai III. Peinture . m
Monuments . q5
Pages
Chapitre l\. — Sculpture . q(S
Monuments . q~
Chapitre V. — Architecture . q8
.Monuments . q8
Chapitre \l. — Arts industriels . ioi
Laque . ioi
Objets . i os
LIVRE II
Époque de la Régence des Foujiwara
Ciiapitri premier. Condition de la société de ce
temps au point de vue des Beaux-Arts. .
Un venin II, Histoire et caractère des Beaux-
Arts de ce temps .
Chapitra III. Peinture .
Monuments . . . . .
Croquis .
Chapitre IV. — Sculpture
io.i Monuments .
I O"
/
1 °y
1 |3
. . /
• I I
Chapitre N . — Architecture. . .
Monuments .
Chapitre NI. — Industries d’art
Métaux. — Objets .
Laque .
Tissus. — Objets .
1 1 5
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1 U)
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I •>. 2
TROISIÈME PARTIE
LE BAKOUFOU DE k VMAKOURA
Chapitre 1*111 mii n. — Condition de la société de ce
temps par rapport aux Beaux-Arts. . . .
Chapitre II. — Caractère et développement des
Beaux-Arts à cette époque .
Chapitre 111. — Peinture .
Monuments .
Chapitre IV. — Sculpture .
Monuments .
Chapitre V. — Architecture
Monuments .
i *8
1 ‘-vq
i 3 i
î
• :>4
Chapitre VI. — Industries d’art
Métaux .
( )bjets .
I .nques .
Objets .
Céramique. .......
( )bjets .
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i3-
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QUATRIÈME PARTIE
DEPUIS LES SHÏAUGOINS ASiïlk.VGA .11 SOI 'Al SIIYAK'.OIN TOklll I1AV A
LIVRE I
Ashikaga
Pngcs.
Ch a pi tu k premier . — Conditions de la société par
rapport aux Beaux-Arts . i4>
Chapitre II. — Evolution et caractère des Beaux-
Arts de ce temps . i
Chapitre 111. — Peinture. — K rôles . J 4 7
Procédés techniques . 1 48
Artistes et œuvres, écoles de Toca, de Ka-
couga et de Takouma. . . . i jj)
Ecole Sonne - Youèn . îor
Chapitre IV. — Sculpture . i.r
Genres et procédés. — Maîtres et œuvres. —
Oùivrcs bouddhistes . 1 . uS I
Masques. . • ">
Chapitre Y. — Architecture . » < »< *
Monuments . iBi
Chapitre VI. — Industries d’art . H* •
Maîtres et œuvres. — Ciseleurs . i * » »
Armuriers . Hi|
Gardes . . P»*»
Foute . . . tUi'
Laque . . . Hit*
Maîtres et œuvres . iti-
é
Céramique. — Maîtres et œuvre*. . . . HiM
CINQUIÈME PARTIE
KWAMPAKOU DES T0V0T0.MI
Chapitre premier. — Conditions de la société par
rapport aux Beaux-Arts . iji
Chapitre 11. — Caractère et développement des
Beaux-Arts à cette époque . i j.3
Chapitre Ilf. — Peinture . \-\
Maîtres et œuvres. — Fcole Kano . i -(>
J
Ecoles Ounkokou, Ilae.eenwa, Soea . i —
o n j j
Ecole Toca. . . . . .
Chapitre IV. — Sculpture . i-K
Genres et procédés. — Maîtres et . i
Chapitre A. — Architecture . i Su
Monuments . 181
Chapitre \l. — Industries d art. — Artistes cl
œuvres . |S.
honte. — Laqueurs . iSd
Maîtres et œuvres .
Céramique . iHd
Genres et maîtres . iSf>
SIXIEME
PARTIE
TOkOl GAWA
( 1 1 a i > 1 1 1 : i piir.Mii.ii. Fiat « I o l.i soriél ('• par rapport
aux Beaux-Arts . . . .
CiiAi’inu II. Cnrarlrre ri évolution (1rs Beaux-
Arts de celle époque .
Chapithf. III. — Peinture .
Kxpcntion . » .
Mailrrs rl crimes. Kcolrs Toca, Souilli-
voshi, kwaii lliun, Renaissance japo¬
naise, . .
Kcolrs Kami. Oumkokou, Sogn, llaeegnwa. .
K co le» Ouki Y or .
Kcole Min S I» î 1 1 . chinoise moderne .
F. rôle Maron Varna, Shitljo, Kislii .
l'iiimm; IV. Sculpture .
O.cnres cl procédés .
Mailles cl cr u \ ers .
Ciiaimtrr Y. \rchit edure .
Monuments . . . .
Prises.
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lu rr : les ( i o I o cl leurs élèves . *jÛJm
Kcole Yokova H écoles dérivées . ü36
i >rnemcnts de salu e. — Les I himolada, école
de l\ vaille» . a3()
Décoration des sabres. - — Kcolrs d Osaka cl
du reste du Japon. . '«4°
Niclleiirs. 1rs Mournkami . ‘*4' 1
Armuriers. . . . .
Ferrures, gardes .
Fondeurs .
Laque . . .
Maîtres et œuvres .
Céramique. . .
Kio Yaki. — Xinseï Nonomoura .
Mohei Kinkozau .
Dohatclii Takahashi. Rokoubeï Kiomidzon.
Kïsen Okouda .
Moukouheï Aoki . . . .
YoheV Seïfou. — Zorokou. Makiomidzou
Kenzan Yaki .
Kenzan Ogata. — Yeirakou Aoki .
An ta Yaki .
Okolchi Yaki. — Karatsou Yaki .
Takatori Yaki. — Satsouma Yaki. .
Ouvrages. — lia o i Yaki et Matsoumoto A o k i .
n r>
Idzoumo Yaki. — Bizen Yaki .
Ouvrages. — Ado Ya k i . Awadji Yaki. . . .
Kishoti Yaki. — Saiula Yaki .
koutaiii Yaki. — Shiffaraki Yaki .
O
Banko Yaki. — Seto Yaki .
Mi no Aaki. — - Toyo Rakou Yaki. — Sonia
Yaki. — Imado Yaki .
Kenya Yaki . .
Tissus . .
Maîtres et œuvres .
Pages,
a 4 a
a43
9.44
243
946
90 I
9.33
934
a 5 3
■ > .3 f »
-
9;)-
908
909
960
96 1
969
9.63
a64
26.1
266
26“
4
268
269
269
TABLE ALPHABÉTIQUE
DES GRAVURES
EN COULEURS
ET PLANCHES HORS TEXTE
l’agps.
Amitla (PL XXIX .
Amida (PL XXXI .
Arrivée de l’Amida sauveur et des a. 5 Bosatsou
(PL XXVII). . .
Bateau de passage (PL LV) .
Ben Zaïten 1 PL XV) .
Boite à écrire, en laque (PL LL .
Boites en laque PL LXVI) .
Bon Tèn (PL XIX) .
Brocarts et soies PL LXVIII .
Caricatures d’animaux PL XXX) .
Cheval de Ilaniwa (PL I) .
Cigogne PL XL\ I) .
Coucher de soleil au bord d un estuaire PL XLII .
Dessins d’animaux PL LX1I) .
Dévie de Bouangou [la] PL XIA ) .
Djizau Bosatsou (Grav. en couleurs, 111 .
Ecuries (PL XLVIII) .
Ecrans, dragon et tigre PL XIA .
Empereur Guio [F] (PL LP) .
Fête shintoïste (PL L1I) .
Fleurs et oiseaux PL XL1X .
Fresque de l’intérieur du Koudou de Ilaurvou ji pein¬
ture] (PL AT II) .
Femme sous les arbres du Shvau-sau-in PL XIII .
Figures d’hommes, en terre PL J .
Foudau-mvau AVau (PL XXI\) .
Foughen Bosatsou (Grav. en couleurs, Il .
Garnitures de sabre (PL LXA) .
Gentokou visitant Koméi dans la neige PL LA IIP.
Guigueitennio (PL XXA .
Goudatsou Bosatsou PL XXAT) .
Hatsonnédana et meubles décoratifs (PL LXA II . . .
Ileidji-monogatari , makimono PL XXVI) .
Intérieur de la pagode de Daivuin PL LXIII). . .
Juitcimenannon (PL XVII .
Ju-i-ti-men Kwannon (Grav. en couleurs, I . . . .
Kinkakou (PL XL ATI) .
Kondau PL AT) .
lxwa Ghèn Kci (PL XXI) .
Kwannon aux onze faces (PL XL1 .
Kwanzéon PL 111 .
Alakimono des miracles de Kacouga Gonghen Kenki
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(Grav. en couleurs, IV) .
Makimono des miracles de Kaçouga Gonghen Kenki
(PL XXXVIII) . . . . .
Makimono de paysages (PL XL 1 A ) .
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Mariage de renards PL LII J .
Monjvou Bosatsou PL XL .
Munjvou en mer PL Xl.lll . .
Xiwau PL XXXIX .
Xvorinn Kwannon PL IA . . . .
Objets de Shvau So-in PL XX .
Oiseau de Ilaniwa PL I .
()no-no Komati eHaçant. pal le lavage, les mots
ajoutés sur un manuscrit ancien Grav. en cou¬
leurs, A .
Ornements de sabre PL L X I A .
Pagode llauwau-dau Bvo-dau-in PL XXXIII . .
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Pagode llauwau-dau Bvo-dau-in intérieur
PL XXXIV . * .
Pavillon llioun-kakou du temple bouddhique Xishi-
honganji PL I .
Paysage PL X LA I .
Pavsage PL LUI .
Paysages PL L1X .
Paysages PL LXI .
Paysage d automne PL Xl.ll .
Pin couvert rie neige et canards sauvages PI. I X
Portail du temple bouddhique a Xisliihongnnji PI. I
Porte Aoméimon de Nikkwau PL I.XIII .
Portrait du prince impérial Shvau Tokou PI. Ail .
Portrait du prince Shvau Tokou l'aishi PL X X X A II
Portrait de Sodzou Gond/au PI. XXII . . . . . . .
Rouleaux d’écriture et de peinture rie la bible
bouddhique PL XXXA .
Scènes du Ghenji Alonogaturi PL X X A III .
Scènes ries illustrations de la \ie de Ban Daïnagnn
PL XXX .
Senju Kwannon PL XXXII .
Senzoui Biobou PL XXIII .
Shi-kongo PL X A 1 1 1 .
Shoga poursuivant Kanshin PI. LA III . . . . . .
Shvaka et ses deux acolytes PL A .
Shvau Kwannon PL XI .
Six Tamagawa [les] PL LA II .
Sous une averse PL LA .
Tabernacle en Tamamoushi PL II .
Tamontèn PL XVI .
Théâtre PL LA I .
Trois patrons Amida les] PI. X .
Yakoushi Sauzou Boutsou PL XII .
Anima Koji PL XL) .
Zo Tchyau-ten PI IX .
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TABLE
ALPHABETIQUE
DES GRAVURES
Aiguière a tète de (Ira (fou fi<>-. , .
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Armure fig. 74 .
Armure imbriquée (ig. j8 .
Bai Giietsou Ro théière lig. 8q i ...... .
Befïrov du Todaïji fig. .
Boite lin*. -8 .
Boite de bijoux en makié fig. \o .
Boite ii écrire fio. ;5~ .
Boite a écrire en laque fig. y.» .
Boite a 1er de bâton de |>èlerin, en makié, repré-
sentant le dragon de Kourikara fig. \\ . . . .
Boite laquée (ig. 5o) . . . .
Boite a livres canoniques en makié fig. 3q . . . .
Boite a médicaments (lio. Xo .
Boite ii médicaments I i • . Si .
n
Boites ii tbé fig. Ht) j .
Brocart décore d oiseaux et d animaux Iraoments
n
'•g- ■»: .
Brùle-|>arlums en forme de Kwanmouri fig. q6 . .
Brùle-narlums en forme de bon f i . 5 a .
Brûle parlimis en forme de bon lig. 6a i et a]. .
t.abinet aux manuscrits poétiques, eu laque lig. 60 .
t.aisse a pieds pour transporter les livres cano¬
niques, en makié fig. pi . . .
( .anards sauvages,
Koro brûle* parfums
(fig-
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( laparaeon décoré
fiK- 4;) .
( .asque (ig. t) . .
( .asques lig. .5.5 .
(.asques en forme
île poisson fig. >6 .
Cercueil fio. t- .
r> y
(.liainettes en tonne de feuilles de prunier lig. i i .
Cloche fi ff. là .
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( docile ( I ig. i (i .
I )i;corations de 1 époque de Tèmpis fig. oS, >q. 3o,
’> i . . f a . 3 > .
Enfant sur une vache fig. 6j . . . . . .
Etagère fig. — .
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Etendard en bronze dore lig. ■>.> .
Garçon endormi, Okimono lig. q3 .
I lakouzod/oti, Okimono objet d ornement lig. 8a .
I lassli vau-in façade principale lig. 86 .
Iloteï, Okimono objet d ornement lig. Ht > . . . .
I loteï, Okimono lig. qX .
Info boîte à médecine lig. “()..... .
Iwnhibé fig. iq . . .
Iwahihé lig. ao .
Kaçouga Jinjva de Xara plan lig. 3y .
lxondo temple doré de l oshiodaïji lig. d \ . . . .
Kwannon lig. 58 .
Maison antique { lig. 4 . .
Makoue I la te lu vase décoré lig. Xà .
Masques de Xo fig. (Là .
Malsoué-no Midzousasbi pot à eau lig. t) i ’ . . .
Midzou-sashi pot il eau lig. Xd .
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Miroir ii grelots fig. fi .
Montures et accessoires ornés pour sabres lig. 54 •
Mors lig. 11) .
Xetsouké de bœuf li g- 68) .
Metsoukés du diable lig. (i- .
Xetsoukés de domestique et de garçon de boutique
fig. -2' .
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Xetsouké d enfant et de singe lig. ~o .
Xetsouké llakouzbsou lig. tSc)'' .
Xetsoukés de haricot et de singe fig. -d .
Xetsoukés de Iloteï et de coquillages lig. 71 . . . .
Xetsouké de Seinnin lig. (i(i .
Ornements de casque fig. 10 .
( )rnements dessinés sur un cercueil lig. 18 ... .
Ornements sur un sarcophage de [lierre fig. 1 . . .
Ornements de Sbumidan, a Konjikidau lig. ji . .
Ornements de Sbumidan dans la bibliothèque, à
Konjikidau fig. 42 .
Paon et vieux pin (lig. 68 .
Peinture de tabernacle en Tainamoushi lig. 21 . . .
Pendeloques en forme de feuilles de prunier
fig~ M .
Personnage de pierre lig. 3) .
Petit chien, Koro brûle-parfums ] lig. q5 .
Petite maison Okimono lig. q4 .
Pigeon, Okimono lig. qq .
Plateau, en laque lig. 61 .
Pommeaux de sabre (8 a, 8 b, 8 e . . . , .
Pot ii thé fig. à 1 .
Rideau brodé fig. 24 . . . . .
Sabre fig. 7 .
Sarcophage de pierre fig. 2 .
Slrakougata coupe sacrée lig. 88 .
Shimanovo llatehi vases à rayures lig. qo .
Shitènnau (fig. 35' .
Singe Okimono (fig. qy .
Sonnailles de cheval lig. 12 .
Table à lire fig. 5y .
Tablette et boite à écrire I i o*. -6 .
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Tasses fig. 89) [4] .
fasses de porcelaine fig. 58 .
Tau de l'Est du temple Yakoushiji, en Yaïuato
lig. 2.5 .
Tau ii cinq étages du temple de Mouro-ji lig. 38 .
Temples de Bouddania lig. 22) .
Temple shintoïste (plan (fig. 5 .
Théières lig. 87 .
Théières fig. 8q [2] .
Théière lig. 8qï [5] .
Vases ii fleurs avec pivoines en relief lig. 4p)- • •
Mentaux de laque décorée lig. 5q .
Vase octogone (qa) .
Wanhi à dessins d’émaux lig. 45 bis .
Wauhi [manteau religieux] (fig. 45 .
Pages.
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OUVRAGE PUBLIE
PAR LA
COMMISSION IMPÉRIALE DU JAPON
à l’Exposition universelle de Paris 1900.
ÉDITÉ ET IMPRIMÉ PAR M. DE BRUNOFF
4. Place Denfert. 4
PARIS
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